Eminem meme avec jeu de mot « L’attaque ad Eminem » sur l’expression « ad hominem » qui signifie qui attaque nominativement.

Faire un enfant seule

Je sais pertinemment que je ne suis pas la plus mal lotie, loin de là. Au début j’ai lu des kilos de témoignages de nanas qui sont tombées enceintes et du mec qui est parti direct, qui ont passé leur grossesse à pleurer le départ du sans couilles, entre autre. Pas moi, ses insultes m’ont suffit, et j’en ai vu trop pour pleurer un mec, à vrai dire, même si je comprends, après tout ça, ça me paraît comme une grosse farce. Attendre mon bébé est un évènement heureux ainsi que tout ce qui se rapporte à sa venue au monde (sauf le transit, peut-être). C’est pas faute d’en baver parce que je ne supporte pas du TOUT les transformations physiques et le Mom Brain. Pourtant je suis bien portante dans cet état transitoire… mais frustrée… Frustrée du décentrage de mon du sens de la gravité de mon corps que mon cerveau ne veut pas intégrer, j’avais déjà des petits problèmes de dyspraxie, mais là je ne compte plus tout ce que je fais tomber, j’appelle ça les « mains en coton », j’ai trop souvent le choix de tomber et me faire mal (et donc mal au bébé) ou de laisser choir ce que j’ai dans les mains… C’est autant de squatts pour les ramasser, hier une vingtaine, grâce à l’échappée de 8 euro en pièce de mes mains, façon feu d’artifice inversé en direction du sol… Heureusement que c’est déconseillé… mais se relever devient plus compliqué, quant à mettre les fesses par terre : c’est une condamnation à y rester. Je suis au stade « Culbuto ». À 7 mois. Surtout pour me sortir du lit et m’y retourner. Je ne le fais plus, ce serait encore faire des efforts dans des positions dangereuses pour rien et le bébé n’aime pas et me le fait bien savoir en me triturant les organes un peu plus. Il bouge à un degré où c’est indécent que mon ventre fasse tant de vagues (non ça ne prédit pas qu’il sera d’autant plus actif après, ça dit juste au présent qu’il est tonique et en grande forme). BébéZilla s’en fiche, tout le fait jubiler, danser, tourner, je le soupçonne de faire de la corde à sauter avec le cordon, et toute cette énergie, il me la pompe directement, mais tant mieux pour lui, je l’envie un peu. L’enfant est farceur, quand je suis dans le bain, ma Sainte Rédemption grâce à mon BF qui me veille à distance et a accessoirisé la baignoire avec une tablette pour poser mon ordinateur et un oreiller à ventouse pour me caler le dos, il a encore la place de se positionner tout à la verticale, si bien que l’autre jour je me suis retrouvée à tenir la tête à gauche de mon nombril (ce phare pour checker sa position d’un coup d’œil) et les pieds à droite. La sage-femme m’a confirmé qu’ils avaient souvent la préférence d’un  côté, j’ai donc un bébé de droite et pas mon mot à dire (vous non plus, j’ai quand même voté à gauche pour les législatives : oui c’est les mêmes pourris, oui Pécresse a gagné quand même).

Mes grands remerciements aux antivaxx, aussi. Grâce à vous : je vais continuer à flipper ma race de me retrouver sous respirateur. Grâce à vous je serai interdite de visites. Grâce à vous, la mater me virera peut-être au bout de 48h à peine et je vais soupçonner tout du long les sages femmes d’être vaccinées ou non ainsi que tout le personnel soignant pour cette mise en danger gratuite. Et bien entendu les FFP2 de l’équipe est à mes frais.

Je ne peux plus passer du temps à côté du chien ni ramasser ses crottes. J’ai acheté un grattoir pour le dos téléscopique pour la caresser depuis mon lit (dont elle ne veut pas). On va de nouveau au parc à pisse d’humains et de crackheads, en face, où je voulais plus mettre un pied, du côté où ils pissent le moins, comme j’ai une vue magnifique dessus. C’est ça où risquer de me faire emmerder que je ne peux pas me baisser alors que je suis déjà bien servie niveau harcèlement depuis que je suis enceinte. Bien sûr on vérifie qu’il y a personne de tout ça à ces moments là, mais le dealer de ma rue qui a repéré mes horaires a fait deux tentatives d’approches. Moins de promenade pour le chien, c’est pas correct. Le quartier me sort par les yeux. Ses habitants. C’était déjà dur après le SPT, ça l’est toujours, mais avec ça en plus, c’est ingérable, de voir à quel point les hommes dans la rue sont odieux. Et ça commence dès le plus jeune âge, puisque le dimanche, c’est deux petits rouquins de l’immeuble de même pas huit ans, qui se sont empressés de me fermer les deux portes de l’immeuble au nez et de courir vers l’ascenseur vite avant que j’arrive pour pas que je les tej, alors que je portais les croquettes du chiens et que j’étais essoufflée AF : je m’en fous, vous serez roux toute votre vie et vos parents semblent vous avoir si bien éduqués que j’ai pas de peine à ce que vous soyez bully plus tard, bande de FIV. (vous pouvez vous plaindre au comité anti unsafe, c’est des mâles, j’en ai rien à fiche). Du reste j’ai chargé le gardien de votre sort.

Me demander de suivre un coaching post formation jusqu’à mi-juillet devient au dessus de mes forces et j’ai capitulé. Parfois je passe mes journées comme un lendemain de nuit blanche, d’autres j’ai un regain d’énergie quelques heures, mais pas la concentration. J’ai pris 12 kg, il reste pile un peu plus de 3 pour le bébé. Les remontées acides et l’écrasement du système digestif et des poumons pour calmer la faim, aussi c’est top. Et l’oméprazole pour éviter la gerbe, et cette praticité des tubes de Gaviscon. Les gencives qui saignent toujours plus et le dentifrice à 8€. Je refuse de croire que des femmes adorent être enceinte, soit vous aviez un valet, soit vous mentez, soit vous êtes vraiment montées à l’envers ou n’avez eu AUCUN symptôme, mais pardon, avoir les chevilles qui ont doublé de volume alors qu’il fait à peine 25°, devoir se couvrir du soleil, passer mille ans à trouver une position pour dormir, être affublée d’un mono neurone qui nuit à la réflexion, l’éveil, la concentration juste à cause des hormones, je vois pas où c’est agréable. Ou alors on a pas les mêmes hormones et vous étiez vraiment High, mais si c’est ça le bail, y a d’autres moyens, ça justifie pas d’en faire 10 qui se suivent, réglez plutôt vos problèmes avec vos parents au lieu de polluer gratos et de nous faire de la propagande nataliste. J’ai une copine, elle sentait même pas le bébé, alors que moi il me détruit les entrailles sans arrêt depuis bientôt 10 jours. Non, je crois sincèrement qu’elles oublient vite, en fait.

J’en lis forcément sur le sujet. Je mate de l’autre côté de la fenêtre les personnes qui ont peur du réchauffement climatique (je prépare notre fuite aussi, qu’est ce que vous croyez, que je vais rester vivre ad vitam dans un pays où les violences faites aux femmes ont augmenté de 11% en un an et les viols de 1/3 en 2 ans, seule avec un bébé, mais des nèfles !) ou celles qui prennent cet argument comme gage unique de déraison de se reproduire, alors même que si je n’ai pas choisi BébéZilla, que je comprends tout à fait vu que j’étais de leur bord il y a quelques mois de ça, le truc caché c’est qu’une fois qu’on a le bébé : plus rien n’est pareil, et que le réchauffement climatique, c’est juste cette évocation que bébé ou pas, rien n’empêchera jamais mes voisins d’être un par bagnole pour profiter de la clim pendant la canicule, de se gaver de viande à tous les repas, de consommer du Zara, du L’Oréal etc. en toute impunité et qu’à moins qu’on nous greffe un indicateur de consommation carbone, ça ne risque pas de s’arrêter. Du reste, j’ai déjà dit que je ne céderai pas à Pampers et que j’utiliserai des couches réutilisables Hamac, la nespresso de la couche à mini cul (traumatisée de l’analyse de la pub U.S sur le bébé Harry dans un cours d’anglais de seconde, si quelqu’un se rappelle de ça), parce que donner 3000€ / an à Pampers alors que je peux faire l’acquisition de Patricia Blanchet ou d’Annabel Winship pour me rebooster le moral quand mon lardon sera sorti, c’est NON.

ZillaBoy remue presque toute la journée désormais, reste un peu sur ma main quand je la pose sur mon ventre et qu’il vient à sa rencontre. Répond à sa façon quand on lui parle. A le hoquet et des sursauts trop souvent. Quelqu’un qui ne vit pas ça ne peut pas le comprendre, c’est clairement là qu’il manque toute une dimension à naître homme : vous nous traitez vraiment comme une sous-espèce, prétendez à des droits que vous méritez pas, en les prenant tous et nous en laissant pas le quart, faites les victimes des-méchantes-femmes, mais la réalité c’est que vous êtes pas capable d’endurer la moitié de ce que vous nous faites vivre (et suer), sans la moindre conscience de votre potentiel destructeur, et c’est pas la peine de venir chialer quand on vous le rappelle, pardon, mais la vie : c’est nous. J’ai juste compris qu’il n’y avait aucune mauvaise réponse à pourquoi on fait ou non des gosses, et que c’est pas la peine d’organiser un champ de bataille sur la question. Passé de l’autre côté j’ai de la peine pour celles qui sont strictes sur le sujet sans jamais avoir eu le simple ressenti de savoir qu’on le porte, et l’imaginer est impossible, je ne parle pas des premières semaines, mais du 5ème mois quand ça commence vraiment à remuer dans tous les sens et que le locataire se lâche en prenant vos intérieurs pour un relais château qui fait aussi terrain de jeu, là ça devient TOUT au monde. Ça reste très subjectif, c’est juste qu’aujourd’hui si pouvais retourner en arrière avec les deux points de vue je ne me passerais de cette expérience pour rien au monde et je l’aurais fait avec préméditation, cette fois, et bien plus tôt. J. me disait sur twitter « tu portes la vie sacrée », assez anodinement, mais en gros, c’est bien ce qui est ressenti, forcément c’est pas simple de croire que la seule magie Ultime c’est en fait des cellules qui se transforment en humain au milieu d’un tas de viscères et d’organes qui se déplacent pendant qu’un autre se créée pour assurer le transfert de nutriments d’un corps à l’autre, pourtant c’est le cas. Malgré toutes les déconvenues, sentir un petit être fait de soi en soi est juste magique. C’est évident que BébéZilla est encore un parfait inconnu pour moi, mais ça l’est aussi que l’admiration et l’amour que j’ai déjà pour lui sont bien là et n’ont rien de comparable au ressenti qu’on peut avoir pour les autres êtres de cette bonne vieille planète pourrie. J’ai toujours aussi hâte qu’il soit là. Je suis soulagée que la chambre soit finie. Là dessus on peut remercier sa grand mère, j’ai que ces 2 personnes, mon BF et ma daronne, et quelques amis pour me faciliter la vie de cette période, mais à si peu, je crois qu’ils font plus que beaucoup ou si ça avait été juste son géniteur.

J’ai de grands moments de solitude mais le plus souvent c’est parmi les gens, chez moi ça va, sauf les grands moments de flashbacks de SPT pour lesquels j’ai recours à l’EFT pour dormir le soir, qui marche un peu, mais aussi des amis qui même à distance sont là et tout le temps d’apprécier leurs cadeaux, de l’indispensable loutre câlin au ptisenbon en passant par les sorties de bain choupies avec une capuche en forme de tête de renard.

L’appart, maintenant que le lit et la commode sont montés, est ridiculement encore plus petit. La cuisine je ne pourrai bientôt plus y entrer, d’ailleurs je ne cuisine plus que par propulsion de choses dans la poèle à distance de ventre, mais y avait aucune négo à faire sur le lit, ce meuble sacré. Je vois pas où j’aurais pris un lit pourri ou j’ignore combien de couchages différents jusqu’à sa  majorité, là y en a pour 10 ans, je regrette pas, en attendant l’âge où ajouter les extensions, il sera pas enfermé dans un berceau-cage tout petit à se regarder à travers les barreaux, la distance est suffisante pour qu’il voit au mieux ce qui l’entoure. Et puis ça y est, on a enfin aussi la fichue pieuvre avec les tentacules extensibles que les bébés adorent. J’ai dit non au cododo. Et si me lever est trop dur on dormira ensemble, tout simplement.

J’ai toujours pas de grand stress pour rien vis à vis de tout ça, sauf du géniteur. Toujours. Le mec a trouvé le moyen de sortir une vidéo avec un titre féministe, depuis. Si les gens savaient son comportement réel vis à vis de tout ça et depuis le début. Ses propos sexistes et validistes, destructeurs, agressifs, volontairement rabaissants et humiliants. D’une telle toxicité que nulle part cette personne ne mérite la paternité ni de reproduire cette attitude avec un petit enfant au milieu, tout composé de 50% de son ADN, soit il.

La loutre câlin a un nombre d’avis positifs qui défie l’entendement pour l’endormage de lardon, le bébé est pas né qu’avec ce que je vis de manque de sommeil depuis des mois, que je ferai tout pour que cet enfant fasse ses nuits dès que possible et dans les meilleures conditions.

Il y a encore une semaine où il suffisait que je pense au géniteur pour avoir tout un tas d’insultes et de bonnes punchlines en tête en réponse aux siennes, mais ça ne fatigue que moi et n’apporte pas grand chose et surtout là dedans, il est le seul à se déshonorer par ses propres paroles. Surtout que dans cet état de neurones et d’hormones en vrac : on pense à tout et à n’importe quoi tout le temps, ça aussi c’est envahissant mais je suppose qu’il vaut mieux ça que d’être stressée. Surtout, en particulier en étant seule, la priorité reste l’autopréservation. Il a fait son choix, celui de n’assumer aucune responsabilité de ses actes, et plus le temps passera et plus ses droits s’effaceront sans retour possible. J’y veillerai. Plus j’avance dans la grossesse, plus je perds en autonomie, plus ça devient évident. L’assistante sociale que j’ai sollicitée pour m’aider dans mes démarches de Mom Solo et la psy me déconseillent aussi de faire un pas vers lui. Seule ma mère mise un vague espoir qu’il revienne pour son petit et mon BF qui est le meilleur substitut qui soit à ce jour est ferme sur la question : « être père, ça se mérite ». C’est la seule chose qui me fait vraiment passer des mauvaises journées. Je l’ai vu faire sa couvade à distance d’écran et se négliger malgré la reprise de la « vie déconfinée », j’en ai parlé au psy et en effet, il n’échappe pas à la règle : cet enfant n’existe pas pour lui tant qu’il ne sera pas au monde physiquement en dehors de ma matrice. Du coup, toute sa haine ou sa colère ou les deux reposent sur moi comme Immense Coupable où il n’est responsable de rien, même pas de son éjaculation, même si c’est à côté de la plaque et que c’est seulement pour ignorer qu’il n’a pas été à la hauteur, ni fait ou dit ce qu’il fallait quand je lui ai annoncé, mais dans tous les cas, il n’a aucune idée qu’un humain d’une cinquantaine de centimètres de long et de moins de 3/4 kg évoluant en transportant 50% de son ADN sera bientôt là. Entre le déni et l’idée que seules les femmes sont responsables de la procréation, c’est un comportement où la gêne et la honte n’ont vraiment pas à être de mon côté. J’ai pourtant pas le souvenir quand un préservatif a craqué quand on en mettait au début, qu’il ait juste demandé si je prenais la moindre contraception ni proposer de m’accompagner chercher la pilule du lendemain, ce qui se fait quand on est éduqué, et ça c’était 3 mois avant de fabriquer l’enfant. Mais le gars ose appeler ses vidéos « girl power ». L’indécence n’a pas de limites.

En une journée avec l’ex, je peux me rappeler qu’on faisait des karaokés sur l’album entier de Thomas Fersen devant la télé et qu’on passait vraiment des super moments à s’empiffrer de chips au pesto, et la seconde suivante je PRIE pour qu’il ne lui prenne pas l’idée de reconnaître MON fils pour qui il n’aura pas été là maintenant ou post partum, soit à la période la plus tendue pour moi et qu’il ose vouloir obtenir des droits ensuite. Aussi vu son comportement toxique, lâche et égoïste, que mon gamin ait surtout pas à subir des leçons d’éducation d’un mec qui n’en a de facto moins à donner qu’à recevoir. Contradictoirement, il vaudrait quand même mieux pour lui et le petit, surtout, qu’il donne des nouvelles avant qu’il ne soit vraiment trop tard et qu’on se barre, mon lardon et moi, dans un quartier plus safe, dans un endroit plus grand pour lui, et pour avoir de quoi partir en vacances plus facilement quand il sera en âge et surtout qu’il ne manque de rien. Mais bon courage pour que je pardonne vu comme il est allé loin. Heureusement ce qui l’inquiète c’est juste que JE lui ai fait un bébé sans son consentement selon lui-même, de manière préméditée (bien sûr…), que je le garde pour le faire chier lui, évidemment… ou que ce soit pas le sien (là on atteint le sommet de la bêtise). Réfléchis, Einstein, si j’avais du choisir de faire un gamin prémédité, j’aurais peut-être pris un gars avec un meilleur statut social, qui aurait fait de meilleures études et qui aurait été plus consentant, chais pas… à choiz… pour l’enfant, justement. Et j’essaie de chercher l’explication qu’il n’a jamais voulu donner, alors qu’y a rien à comprendre sauf qu’il doit avoir de gros problèmes psych pour avoir fait ce genre de cheminement.

J’aurais eu un bébé la même année que Laura Calu, Giedré, Louis T. et B. qui me l’a annoncé avant le déconfituragement partiel, en passant me chercher pour aller boire un café et sans savoir que moi aussi, j’attendais un mini cul. Et pourtant B. est clairement pas le père idéal dans son contexte actuel, prions pour l’enfant que ça change, ni n’a clairement exprimé une grande conscience de ses responsabilités renvoyant toute la charge mentale d’avance à la mère de son enfant « parce qu’elle a une bonne situation qu’elle vit pas loin de chez ses parents et qu’ils ont les moyens », car c’était le coup d’un soir, une ex, mais il a bien porté ses couilles et était là pour l’accouchement puis les 5 jours où la nana est restée à la mater. Mais non, moi j’ai eu le bol de tomber sur un géniteur qui a préféré l’autruchisme que la raison par dessus tout, un mec qui se donne une image constante qui est loin de sa réalité pour compenser un tas de mal être, un mec qui préfère encore se rendre malade, inversant le rôle de la victime et du coupable à son avantage, alors qu’il n’y a aucun des deux, juste deux personnes qui ont eu un rapport sans préservatif qui a mené à ça, un cis het qui se serait voulu (et l’a été) respectueux et aux fraises de la condition (de m***) des femmes sous le régime du Patriarcat, mais qui s’est avéré le contraire pile mis devant les faits, avec un père qui devait bien taper des briques niveau sexisme (je déduis), qui au lieu de saisir l’opportunité de se réaliser à travers la naissance du bout de chou et de contredire tout ce qu’il peut reprocher de l’éducation et du comportement de son géniteur, a décidé de faire pareil en pire, en brillant par son absence et en brossant une image fausse de lui même ensuite pour se rassurer. Si les meufs de son entourage savaient, il s’en prendrait plein la gueule. De base quand j’en parle aux futurs tontons du petit qui sont juste adorables devant tout ça, et plein de soutien, j’ai même pas besoin d’épiloguer que tous, pères ou non, ont envie de lui en retourner deux.

Je l’ai croisé sortant d’acheter ses bières fortes de clochard du soir. Il a pas vu que je l’avais vu avant qu’il me voit. Le chien qui l’aimait tant est heureusement restée très zen. Je sais pas ce que je dirais s’il me parlait. Il faudrait que je consente à des visites, au moins. Mais plus le temps passe, moins je suis autonome, moins je pense lui envoyer une photo de la maternité. Et après je serai encore plus K.O de toute façon. Donc à moins qu’il ait un choc sévère qui le ramène à la réalité que vouloir connaître son fils et être là pour lui suppose fatalement de venir au soutien de la mère : et bien rien. Je le laisse à la petitesse de ses actes et pensées me concernant. Le BF est là, et l’aime depuis le 1er jour où je lui ai dit être enceinte plus inconditionnellement que ce géniteur embrumé dans sa noirceur et son fatalisme.

Sauf que pour mon bien et celui de ma descendance, je ne peux qu’étouffer mes mauvaises pensées et attendre (sans expectatives illusoires non plus) un déclic. Et faut pas trop dramatiser non plus, y a pas de modèle, et parfois trop de famille ça craint plus que tout, il suffit de regarder un œil du côté des bourgeois catholiques pratiquants ou juste des chiffres. Un gamin sur 3 victime d’inceste. BébéZilla y échappe d’office. C’est pas la meilleure réponse du monde, mais j’ai aussi lu des témoignages de mecs qui disent qu’à choisir entre leurs pères qui se battaient pour se défaire de l’autorité parentale et surtout pas avoir à assumer les conséquences de leur éjaculation dans un vagin, ils auraient pour le même prix préféré ne pas avoir de père. Ce qui m’agace c’est de pas connaître la raison, souvent, parce que sur plein de critères comme la situation socio-économique, le handicap, le rapport à son propre père ou à sa famille (à moins qu’il fut battu et/ou incesté, sans excuser je pourrais comprendre), c’est nul comme raison d’abandon, surtout financièrement le mec j’en attendais rien et je lui ai dit tout de suite. Le pire de tout reste quand même la peur de perdre sa liberté, parce qu’au final, la réalité montre bien que si plein de darons son pas prêts, une fois que le bambin est là, ils sont très peu à être assez montés à l’envers ou cassés pour le regretter. Parce que le mec vit dans la dépendance pécuniaire de son frangin, dont il flippe le jugement comme pas permis et à côté de qui il se sent misérable et merdique, donc il a pas d’autonomie. Mais je suis la fautive… LOL. Pardon si j’ai rajouté un bac +3,5 à mon déjà bac+3,5 en un an en étant enceinte, je crois qu’y a beaucoup de mauvaise foi dans tout ça. J’oublie aussi de préciser que son plus grand complexe étant ses cheveux, sa priorité reste de s’en faire implanter en Turquie pour retrouver ses vingt ans, qui ne sont pas fournis avec la prestation. Une mesquinerie gratuite de ma part, qui ne sera jamais à la hauteur de son comportement dégueulasse avec moi. J’imagine de surcroit que la grand mère de la partie adverse ne doit même pas être au courant, bien : votre secret de famille,vos répercussions, moi je ne mentirai pas à mon fils. Il n’a même pas daigné me donner les bases sur les origines et antécédents médicaux. Vraiment l’indécence. Ma mère, elle, attend qu’il retrouve le sens du devoir pour se pencher sur le berceau en lui trouvant encore quelques sympathies (d’où j’ai des retours sur ses recherches sur le web à elle, alors que je veux plus entendre parler de ce type de ce qu’elle m’en apprend).

Bien sûr plus le temps va passer et moins je vais gérer d’être en capacité de me taire s’il voulait finalement se pencher sur le berceau, et c’est un problème sans fin pour moi. Éduquer sans dénigrer le père, expliquer à mon gamin que son père n’est pas l’horreur qu’il est, mais juste un adulte pas très adulte qui se chiait dessus à l’idée d’assumer son éjaculation au point de préférer porter le fardeau d’avoir produit un orphelin, au point de mentir à tout son entourage et sa famille sur le fait d’avoir fait un gosse, en commençant par lui-même, au point de jeter un gros boulet en flamme au milieu de sa famille à lui, parce que ce genre de tabou fout sévèrement la merde et au point que mon fils, outre de ne pas avoir de père, ne puisse se réjouir d’avoir un grand parent en plus, un oncle et deux cousins. Bien sûr, il faudra les mots, la forme et un tas de bouquins et d’autres mecs safe et bien dans leur slip autour quel que soit le mode de relation. Bon et accessoirement, me recaser de bonne heure avec un gars qui porte ses couilles, ne sera pas du luxe. Pas forcément un père de substitution, non, mais juste un mec sain qui supportera de nous honorer de sa présence et d’une meilleure implication et qui acceptera un mini humain choupi dans son quotidien sans en chier une pendule. Et devinez quoi ? La vie a aussi ça de bien foutu, qu’ils sont plus nombreux qu’on l’imagine à cette candidature au poste. Les sages femmes en savent un rayon sur le sujet. C’est même pas à ce géniteur que j’en veux, mais à moi-même, et ce bien avant d’être tombée enceinte, de pas avoir senti que profondément, ce mec avait trop de problèmes centrés autour de son unique personne pour valoir la peine d’être vécu et m’y être dévolue sur l’air de « ok, c’était pas mon premier choix, et j’avais pas prévue dele revoir, mais apprenons à le connaître » (malheureusement on avait trop de points communs, y compris culturellement… et une très grande complicité dans les débuts, avant qu’une de ses potes déboule, et jette sa frustration de vie chiante en format seum pour semer la pagaille dans notre couple, puis une seconde, qui venait cette fois de mon entourage sur une grosse erreur de jugement de ma part, cette fois) alors qu’au lieu de se voir tant de temps, de vivre l’un sur l’autre assez vite dès le début, j’aurais pu le recaler après le 1er tour. J’ai réussi à me faire engrosser par le 5% des mecs qui abandonnent sans pitié leur progéniture tellement leurs couilles leur en sont tombées il y a fort longtemps, malheureusement leur capacité à se reproduire a eu la mauvaise idée de tenir le pavé malgré tout. Et il faudrait que je pleure pour ça ? Mais dans quel univers ? Nan la famille recomp’ c’est pas mal, en vrai, j’espère trouver ça, après je vais pas lancer un appel d’offres non plus, j’ai de base assez à faire sans gosse et bien le temps vu le taf de lancement du projet 1ers mois de vie de Bébé, avant de me pencher là dessus, alors avec je pense être loin du compte de tout ce que je pourrais imaginer, donc je projette pas trop. Le pire c’est que je suivrai les recos, que je lui montrerai qui est son reup sur le web et que j’en dirai du bien (ça va me faire très mal au cul, ça) sans nier la souffrance du petit ni qu’il a chié dans la colle dans son comportement. Il va vraiment falloir plein de tontons.

Une bonne orga des routines, et la suite, on verra. Je trouve juste vraiment à chier de se priver de ça quand on est totalement aussi responsable que l’autre parent et d’en priver à la fois le gamin et les autres membres de la famille quand tout ce qu’on leur demande, c’est d’être là quand y en a besoin, sans aller faire des scènes au JAF. Encore le gars aurait un job ou une vie débordante (et quand bien même)… Le best of c’est que son seul argument, c’est l’insulte et je crois qu’il a pas conscience que l’insulte c’est déjà s’asseoir sur tous ses droits à venir s’il attrapait des remords. Comment veux tu que je veuille d’un père comme ça quand je ne reconnais plus la personne que j’ai connu (ou qu’elle cachait si bien son jeu et nombre de préjugés que j’aurais pas soupçonnés) ? Pendant ce temps là, à 500km, j’ai mon BF qui gère, qui tend l’oreille, qui m’écoute quand j’en ai besoin ou m’apporte son point de vue à tête refroidie, qui lui offre des chaussettes, des peluches, des crèmes et même… une poussette.

C’est tout ce qui me gâche foncièrement la grossesse avec le SPT, pour tout le reste ça va, j’ai revu mes plans et je me réorganise et aussi pénible que ce soit, seule dans cet état, je m’y tiens au mieux et au plus que mes forces me le permettent. Mais si ces aigreurs là passaient aussi avec du Gaviscon j’en ferais bien mon affaire. Et puis il y a la honte que je me traîne, là encore, trop empathe je suis, mais je m’imagine être la mère du géniteur, me dire que j’aurais un gamin de 43 ans qui a fait un gosse que la nana va garder seule et que je connaitrai jamais, sérieux, je m’en arracherais les cheveux en une seule poignée et j’invoquerais sûrement le Dieu de la fessée géante pour m’en donner la force. Parce que s’il en a parlé, le mytho pour se donner les bonnes raisons a du y aller bien fort. Et la grossesse est clairement pas un moment où il est acceptable d’être salie par les délires fous d’une tierce personne. On en bave assez juste de la grossesse seule mais non, Monsieur se devait d’être odieux. Ce qui est laid c’est qu’en d’autres temps peut-être que ces attaques m’auraient touchées, et je pense que ça aurait touché n’importe qui dans ma situation, t’es enceinte et le mec a juste FUIT à l’annonce, la honte est de quel côté ? Malheureusement ça tombe sur des présupposés et des insultes dilettantes qui sont toutes plus fausses les unes que les autres et je peux pas me sentir touchée qu’il se fasse de tels films dans sa tête, en revanche ça m’inquiète plus qu’il soit en capacité de se faire des films dans sa tête pour se rassurer du bien fondé de ses accusations, ça m’inquiète sur sa santé mentale et sur quelles autres réactions il serait fichu d’avoir quand un imprévu lui tombe sur le nez et qu’il ne se sent pas de taille à l’affronter. Là c’est inquiétant s’il revenait à prendre des nouvelles de sa progéniture, ce que je ne pourrais pas lui refuser sans bonne raison et qu’il continuait à être infect pour planquer ses flips. Ça m’inquiète parce que qu’est ce qu’il mettrait dans la tête du gosse si on lui confiait. Ça m’inquiète parce que je refuse que mon fils soit un enjeu dans tout ça et qu’il en souffre autrement que de ne pas avoir de père, après les horreurs que le mec a osé me dire. Et je sais que beaucoup de ses peurs sont plus liées à sa situation sociale et à son passé, mais BREAKING NEWS : les enfants se FOUTENT royalement que leur père ne soit pas Président de la République, ait la coupe de James Dean ou que leurs parents soient mariés et vivent au Château de Chantilly. Ils ont juste besoin d’un reup qui les prend sur leur torse de temps en temps, leur apprenne des trucs épatants tels que les prouts qui font du bruit et d’autres choses savantes, soient fiers de les avoir sapé en mini-daron et de poser avec et que Papa se soit donné la peine de leur fourguer un bib, une cuillère de purée et changé un slip de temps en temps. Donc forcément, ça me fume que ça le mette dans tous ses états et en même temps aucun psychomagazinepourdinde ne réfutera que dans la mesure où ils les portent pas eux mêmes, ils se sentent vite exclu du game, et que ça leur prend mille ans pour capter que oui : la moitié de ses couilles et de tout le reste est biologiquement calqué sur leur ADN. PIRE : à un mois, j’ai lu ça avant hier, les bébés ont déjà un tempérament calqué sur celui des parents MÊME l’absent de service. (et là aussi quand il remue. Surtout c’est les conséquences pour le petit. La mention « père inconnu ». Mais le gars s’en fout, à peine le confinement terminé il allait s’acheter une 12ème paire de dr. Martens. T’as checké ça t’as tout compris à son système de valeurs et son sens des priorités. Mais j’ai du mal à me résoudre à l’idée que le petit en sera privé.

J’ai aussi fait une séance de préparation à l’accouchement où les nanas sont venues avec leurs conjoints, y en avait qu’un sur les trois qui regardait autre chose que ses chaussures pendant les trois heures.

Père absent « Action Figure » : packaging de figurine vide illustré avec une petite fille triste qui attend son papa, précision faite « Père non inclus dans le jouet ».

Y a que la honte d’être une mauvaise mère que j’ai pas, tu sais pourquoi ? Parce qu’on l’est toutes D’AVANCE. Le Mom Club est pas l’endroit rêvé où se sentir à l’abri du jugement non, c’est le premier endroit où les autres daronnes vont te juger si t’as eu le malheur de pas avoir les mêmes moyens et les mêmes privilèges qu’elles. Les premières chiennes de garde, c’est elles, surtout si t’es seule, je sais pas si elles jugent plus les nullipares ou les mom solo, mais t’inquiètes, les Karen ont les premières places au Mom Club, vu qu’elles ont tout fait bien (jusqu’à ce que Chéri aille se taper la voisine et qu’elles découvrent qu’elles étaient pas plus exceptionnelles ni à l’abri que les autres). Ouais, je voudrais vraiment une Île pour emmener baby boo et mon chien, avec une bonne connexion internet pour l’école et le travail à la maison, et des gamins chouettes autour pour mon fils, sans se tartiner les auuuuuutres, mais je suis pas dupe, je sais très bien que j’aurai des « copines », pour lui et que l’asociabilité complète sera pas un choix, pour notre survie à tous les deux. Parce qu’on a besoin d’allié.e.s et que si certaines l’ont pas capté du premier coup et que d’autres pensent qu’elles seront toujours à l’abri, en vrai on sait qu’on l’est jamais, et y a que dans ce sens là que je préfère quand même être seule que mal accompagnée aussi. Bon je crache comme un lama, par moments, mais je suis (et ai jamais été autant) entourée de meuf aussi sorores et adorables dans ma condition, qui ont les bons mots et comprennent. Et de quelques mecs chouettes. Les autres ont juste disparu.e.s de ma vie, et si je regarde la leur : BOF. Entre me déchirer le cul au sens littéral et figuré du terme pour un gamin ou un pauv’ mec mon choix est vite fait.

Donc voilà, pendant que mon corps se déforme pour accueillir une nouvelle vie, changer la mienne, arrêter d’en avoir trop à foutre de la vie de gens qui ne feraient que peu de cas de la mienne par rapport à ce que j’aurais été prête à leur apporter pour les mêmes coups de pieds au cul, je ne dois rien faire. Et oui, parce que pour le bien de mon fils, il vaudrait mieux que son père revienne se soucier de lui et comme toujours, c’est donc à la femme de fermer sa gueule et accepter cette grâce (lol). D’attendre que Monsieur prenne sa place importante de profiter de sa nonchalance et de se la péter d’en avoir eu un et de s’en occuper un peu, et d’être contente de se tartiner le reste pourvu que bébé ait un papa. Quelle vie ! C’est ça aussi être enceinte, plus émotive quand je sais pertinemment que j’en aurais rien à foutre si j’avais ma tête et mon corps en entier, je dois considérer tout ça… Et ça me saoule et ça me culpabilise quand même alors que c’est bien moi qui subis et m’adapte à tous ces changements… mais pour le meilleur. Non en vrai c’est chiant. Me ferez toujours pas croire que 80% des meufs qui disent kiffer être enceintes sont pas des grosses faux culs. Je suis désolée, mais ça se voit qu’on est pas en train de sourire h24 dans la rue avec nos gros bides, mais plutôt de faire la gueule.

Mais ça fait quelques jours aussi que j’ai retrouvé le sommeil et comme la météo fait la gueule au grand ravissement de mes difficultés à me mouvoir, ça va.

Le soir et comme je n’ai plus aucune bonne série à me mettre sous la dent je mate « The Boys » et après avoir écumé tous les stand up des comiques que le géniteur aimait bien me montrer pour que cet enfant soit bilingue, grossièretés comprises, dès la naissance et garder le moindre petit (ridicule, mais on exorcise l’absence comme on peut) lien avec son géniteur j’y trouve un peu de divertissement, quand mon attention ne saute pas. Après je suis passée à remater tout Parks & Recreation et en corrigeant et en relisant cet article j’ai pas hâte que ça se termine, mais étant désormais au lit à 3 semaines des fatidiques 36 semaines, j’ai plus le choix de plus trop remuer parce que tout fait vite mal et la limitation pulmonaire pendant que BébéZilla qui a finalement un poids prévisionnel normal, fait du hip hop, je la sens très fort sous mon FFP2 obligatoire vu les risques du Delta sur les femmes enceintes au 3ème trimestre. Et j’ai beau être vaccinée, quand je lis la connerie des antivax, j’ai aucune confiance.

Du coup ces journées sont gérables. J’évite la rétention d’eau, et l’achat que je reporte des bas de contention prescrits par mon nouveau généraliste. Les hémorroïdes et la constipation par les vertus du maté, des graines de chia et du magnésium (bonus descente de nervosité). Oui porter la vie sacrée c’est aussi gérer les fluides au max…. Et je suis toujours mon régime très proche, sans le savoir, de l’ayurvédique, surtout composé de ce qu’il y a de bon pour lui, et d’aussi dégueu pour mes papilles. Je maintiens que dans mes rêves, j’aimerais qu’après l’accouchement on m’apporte un énorme plateau de fruits de mer, de fromages qui puent et de crudités, même si j’étais incapable d’en manger la moitié, juste pour l’odeur et la compensation du manque affectif. Peut-être même qu’on peut me le mettre en face DURANT l’accouchement pour que ça me motive et que l’odeur décourage aussi de s’y éterniser. Là non plus je ne suis pas inquiète. Après avoir longuement questionné ma mère, qui a trouvé ultra méga trop long la sortie de ma grande sœur avec des litres de péridurale pour retarder encore plus…ÇA-N’A-DURÉ-QUE-10-HEURES pré-travail inclus… Et pour moi 4. (Elle se plaindra que c’était long quand je lis des 48, des 24 et autres 15h en moyenne pour le premier, j’espère que mon Utérus de la taille d’une pastèque est fichu pareil que le sien pour ça).

J’ai aussi bien choisi ma maternité (l’hôpital c’est pour les malades, en période de crise de covid, en plus, il en était encore plus hors de question) et je suis contente de pouvoir faire un accouchement physio, encore plus depuis que j’ai découvert que la seule raison pour laquelle on faisait accoucher les femmes assises, c’est parce que Louis XIV en a décidé ainsi parce qu’il adorait mater, ce pervers.

Je donnerais un organe pour faire 3 séances d’EMDR rapprochées en ce moment, mais c’est pas dans mes moyens, disons pas prios, et mettre le père à la poubelle en deux séances comme il le mérite. En attendant je rumine toujours autant, et le mec a même pas besoin d’être là pour déjà me gâcher en bonne partie toute la magie de la chose. Ça aussi, ça n’aide pas à digérer.

À mon dernier passage chez la sage femme, j’ai vu mon bébé en 3D. J’avais aucune idée que ma sage femme puisse me montrer son visage en 3D furtivement, mais j’ai vu sa tête. C’était juste un contrôle et j’ai hâte la vraie écho du 19, là où on voit tout. Depuis le début j’ai envoyé formellement les échos à son géniteur au cas où ça tilte, et je ne le ferai plus, parce qu’il prend tout pour des affronts et n’est pas en mesure de comprendre que je le fasse pour le petit qui me demandera des comptes bien assez tôt et appellera tout le monde « papa » dès qu’il aura passé trop de temps en crèche. Zilla n’aime pas les ultrasons depuis le début, donc il fait bien son sketch et dès que ça appuie, trouve le moyen de se retourner et d’essayer de sticker à la paroi où il est inaccessible tant que faire se peut. Là il était tête en bas, visage, bras et pieds vers la droite, une fois évincé le cordon qui lui barrait le visage, j’ai vu sa tête, une main pleinement appuyée sur son oeil, son visage tout rond, les yeux fermés et son petit nez, et sa bouche de lover. « Il a des cheveux » m’a-t-elle dit. Je n’ai pas eu le temps de voir mais constat est que c’est bien le visage de son père, et je ne fais pas l’amalgame, c’est surtout le visage de mon fils. Il lui ressemble comme deux gouttes d’eau et il est plus beau que pas mal d’autres. Les sages femmes sont love de lui depuis mon bide, et « oh il est parfait » « oh quelle jolies têtes ». Les moches ne font pas des moches, enfin. Toute cette beauté ce sera tout pour moi après, je me console un peu avec l’idée saugrenue qu’à défaut de père je n’aurai pas à partager et à faire des concessions de gardes chiantes dans un climat conflictuel, au moins. Il sera pas beau juste parce que c’est mon fils. Mais parce que c’est Vrai. Il avait l’air assez serein malgré le dérangement occasionné, il a bien voulu poser ces quelques secondes. J’ai terriblement hâte la prochaine, et bien de la peine que son géniteur refuse de le voir parce qu’il ne sait pas ce qu’il loupe, mais c’est son choix, et je ne lui imposerai pas jusqu’au bout. J’ai juste la mission de le tenir informé des évènements pour que bébé comprenne par lui-même plus tard qu’il n’y avait rien à faire autant que ça ne venait pas de lui qui n’était pas moins désiré et ne sera pas moins aimé, que son père est juste malade et monté à l’envers. Je le fais pour mon fils. Seulement pour lui même si l’autre tend à croire que ça ne tourne qu’autour de lui. D’ici là j’ai bien le temps de dire à des inconnus qu’il est mort du Covid. Pour me détendre. On sait très bien que je le ferai pas.

Être enceinte est vraiment un état parallèle au reste de la vie. À part les gens encore plus odieux dans l’espace public que le reste du temps, c’est un autre monde, un autre corps, un autre mode de pensée, un autre espace temps. Il n’y a rien de pareil et j’ai déjà du mal avec le changement, mais tous les jours je trouve ça long. Je profite d’une trêve et d’une météo pourrie où ça va pas trop mal en terme d’humeur et de moral et de forme physique pour le peu d’amplitude qu’il me reste, mais j’ai hâte de me retrouver. Ça va pas être simple seule, de devoir tout faire avec, de pisser à sortir le chien sans personne d’autre pour prendre le relai. Mais c’est typiquement le genre de raison pour laquelle l’absence du père passe bien moyennement. Heureusement il y a les aides à domiciles, mais se cogner cette vulnérabilité après la version violente que je m’en suis prise par la figure autrement y a deux ans, puis durant les 9 longs mois de la grossesse, les insultes en option comme seul bagage, je le vis très mal. Il suffirait aujourd’hui que le thermomètre grimpe et que je ne puisse plus rien faire alors que mes journées sont déjà des défilés de livreurs amazon, thanks to mon BF, élu rôle modèle de l’an 2021 sur les fournitures du bébé et qu’il lui porte déjà autant d’amour et sûrement plus que certains pères de sang, mais je redoute le moment où ce sera idem pour la bouffe, sortir le chien, je galère déjà à sortir de la baignoire et hier j’ai du m’accrocher au distrib’ de la poste qui a roté une pièce de monnaie hors de son plexiglas pour que je me tortille à me baisser, la ramasser sur le sol dégueu et me raccrocher à ce que je peux pour me relever. Tu m’étonnes que les femmes enceintes ont plus de chances de choper une forme grave de covid après ça. Et forcément j’ai aussi hâte ce jour où je verrai de toutes petites mains vouloir traverser les barreaux du lit pour toucher la truffe du chien qui aura les deux pattes avant sur le matelas et le museau collé au barreau pour renifler son protégé. J’ai aussi hâte d’accoucher que de me faire insérer un stérilet. Je présume aussi que quand on a accouché sans péri avant, ça doit être moins douloureux une fois que tous mes organes auront retrouvé leur forme et leur place.

Le travail enceinte

Pendant ce temps là, dehors, il y a des gens qui travaillent. Ça me manque, mais c’est pas le moment d’y penser, ou seulement par anticipation parce que oui, je suis aussi obnubilée par la suite pour entretenir tout ça. Ma crainte c’est de retomber dans quelque chose qui ressemble à ça :

pub Aviva diffusée sur twitter avant retrait, représentant un homme hospitalisé qui télétravaille. La publicité suggère que l’assurance peut mettre à disposition du matériel de travail pendant que le séjour hospitalier de la personne en arrêt…

J’ai eu confirmation que j’ai obtenu mon diplôme il y a quelques jours et je me sens inutile et la tête vidée depuis mars non stop. Grossesse trop avancée pour partir quelques jours où ça ne servirait à rien ni ne serait pratique entre mon bide et le chien… pour aller dans une ville où il fait plus chaud que Paris et trop chaud dans tous les cas. Ça ne m’a provoqué aucune émotion d’avoir mon diplôme tant mes priorités sont plus à « combien de cordons bleus reste-t-il dans le frigo » « J’espère qu’ils ont remis des fruits à smoothie au rayon surgelés » (qui m’évite toute toxoplasmose sans me poser de question). « La swiss ball, bon ou mauvais investissement ? » (Le BF m’en a trouvé une aussi, finalement… j’oublie trop souvent comme je suis gâtée, aussi, pour ça, le bébé ne manquera de rien et c’est le plus important pour faire passer la pilule) et « ne pas oublier l’huile de massage pour la périnée à la 36ème semaine ». Forcément j’arrive pas, peu ou plus et je n’arrive pas à capituler même quand la coach, le psy et la conseillère de pôle emploi me disent d’arrêter. Et pourtant ça n’avance plus, alors je reste figée devant l’écran des heures en essayant de résumer benchmarks, audit et Stratégie Social Media en ciblant des prospect et même en ayant pour mission de la forme die diaporama Spark : je sèche. J’ai plus aucun sens créatif. Ou alors j’ai passé trop de temps sur le projet et ça m’a lassé et c’est galère et il y a tant à faire pourtant si je sticke à mon Gantt.

Bon mais j’ai terminé une première propale commerciale pour proposer mes services dans un autre pays parce qu’il faut bien dire que j’en ai toujours aussi ras le bol de la France et c’est pas trop mal comme premier jet pour un cerveau en purée. Après, je suis allée boire du Pimento avec des copains tous vaccinés. Le lendemain j’ai réalisé que je serai pas prête à accoucher dès le 1er septembre mais bien 10 jours avant, ce que j’avais pas vu venir si tôt et j’en ai conclu que oui : c’est là que je me repose et que je bosse plus que depuis mon lit sans forcer quand j’aurai une meilleure prise de recul après une année et 5 mois non stop. AKA sans 1 seul jour de repos complet sans regarder le taf. À nous deux Amazon Prime Video.

Quelques jours plus tard. J’ai donc bien vu mon bébé en 3D. Ce gredin n’aime pas les ultrasons (je le comprends) et il a été super difficile de mesurer ses membres. Il s’est ravisé quant à détruire la chatte de sa mère en repassant à un poids de naissance estimé entre 3,2 et 3,4kg. On me demande encore si j’ai des envies particulières pour la bouffe : oui, tous les trucs auxquels j’ai pas droit. Et pour le reste : un fer à repasser, moi non plus je ne comprends toujours pas.

J’ai atteint le sommet de la maturité matérielle avec le lave-vaisselle que m’a offert le BF en début de grossesse (ainsi qu’un pack de 90 capsules Fairy… pour plus de 3 mois sans frotter une assiette) et un aspirateur robot laveur que je peux commander depuis ma baignoire ou mon lit et tout ce qui peut me faciliter le quotidien post partum et juste maintenant, dont du stockage de bouffe pour le dernier mois. (au passage y a une grève des transporteurs de nourriture le 15 août, entre ça et le covid, je vous reco de faire vos stocks avant, de rien). J’ai beau n’avoir aucune compassion à avoir ce géniteur abandonnique, j’arrive outre la peine qu’il manque à son fils, celle que lui, loupe son bébé. Sans surprise ils ont le même nez (un nez générationnel, que le géniteur a, que son frère a et que sa nièce qui ressemble beaucoup à son père et à son oncle, porte aussi. Moi qui ait toujours eu une fascination pour les nez atypiques et générationnels, me voilà comblée, le mien n’a rien d’original, il est juste droit comme tout), et sa bouche, très distinctement de manière confondante. Une petite lippe adorable. Nous aurons gardé la beauté, et laissé la hideur des propos du géniteur à qui ils appartiennent : lui seul. Le déménagement prévu plus tard se veut engageant, et je me suis sentie comprise. Je me suis enfin mise à rien foutre, et c’est presque devenu digestible. Et il le faut, car le 1er mois post accouchement sera autrement plus difficile et solitaire. Mes gens chouettes sont là. J’ai vu une ancienne collègue du groupe Engie où j’ai fait quelques mois d’intérim y a longtemps et c’était un moment très agréable, je vois aussi T. ma petit chouquette slave avec qui on a ça en commun et qui attend aussi un neveu. Et les copains dont comme frères du café quand il ne fait pas caniculaire. Zilla m’empêche de dormir par tant de tonicité, et tout à l’heure il s’est agacé que je tenais presque un bon bout de son pied et de son derrière pendant qu’il s’étirait allègrement en dépassant de mes cotes. Je dors bien dans aucune position. Mais c’est trop émouvant tous les jours aussi.

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