(et je ne le fais même pas exprès)

La 7ème semaine.

Mes cauchemars sont doux, à côté de ça. Pourtant il y a le traitement, je suis chez moi depuis un an. Il marchait, ce traitement, très bien, au début. Je fais bien sûr des migraines des Enfers quand j’ai trop forcé sur l’ordi ou les veilles de soutenances parce que je ne peux pas m’empêcher de faire du non stop, jusqu’à être sûre de ne rien avoir oublié pour présenter mon projet. C’est pour l’avenir… On a vu ce que celui des vingt dernières années a porté, j’aimerais bien éviter de foirer les trois prochaines en cessant de croire en moi au profit des autres, comme j’ai fait cette erreur. Plus que 30 ans avant la retraite (mais clairement pas pour la mettre à profit vu qu’on ne reverra jamais la licorne des cotisations), mais le droit à la paresse, au moins, à 70 ans, parce que sinon, c’est quand ?

Détroit, toujours Détroit…

Ça va très bien chez le neurologue. À la dernière visite de contrôle, j’avais oublié de dire que j’en faisais encore des sévères, je n’en avais pas eu depuis deux mois, j’ai oublié. Mais elle ne repart jamais sans moi, donc elle m’a attendue, et le lendemain, avec le maintien du même traitement : paf ! dans ma face ! La Grosse Bertha ! En plein dans le mille entre les deux hémisphères, l’aura motrice… Et cette rencontre inattendue de Mr. Panties. Et de sa télé, souvent et beaucoup. En reconfinement. Ça fait bizarre, une télé, encore plus en grand écran, encore plus pour mater YouTube. Et puis c’est vrai qu’on a bien rigolé cette été, quand l’État nous a donné une petite récréation pour sortir, moi j’étais bien, à table, les jambes sur la chaise d’en face, avec mon livre, quand la terrasse vient d’ouvrir et qu’elle est vide. En short, avec mon Perrier tranche. Le début de l’hydrolisme. Il y a eu quelques sorties, bien sûr, parce que la menace fantôme (Le Covid) pesait encore… et puis surtout, très vite, j’ai pas trouvé la trêve rigolote. Au début on revoit du monde (j’entends par le monde, les 3 personnes que je fréquente à la fois de manière plus ou moins constante, en fonction des saisons et des périodes), on est content. Et puis il y a les connaissances. Et si tu les fréquentes peu, tu les croises, surtout, mais t’échanges pas les numéros, c’est un moment, 2 pintes, 3 pintes, un p’tit pipi… et au lit ! Et puis j’ai quand même le stress de la formation. Je ne rigole pas avec ça. Après il y a eu Mr. Panties. On se connaissait de vue, enfin moi, je me rappelais de sa tête, facile avec un chapeau et un costume tout le temps, et un visage très particulier, idéal à reconnaître pour personne avec prosopagnosie légère. Enfin c’était sur un malentendu, moi à ce moment là je fais le constat général que des gens ont vraiment « vrillé » après le confinement, et que c’est assez moche à voir, alors je sors pour pas être trop trop isolée pendant qu’on peut et puis pour user un peu les jolis vêtements vu qu’on a quand même passé le début de l’année en pyjama et qu’on s’est fait arnaquer le printemps. Ça fait du bien. C’est toujours ça, parce que de toute façon on sera ré-enfermés. Il était tôt. Il y avait eu une bagarre. À Paris il y a des bagarres de rues assez très souvent, c’est même plutôt commun, parfois on a tendance à l’oublier : deux types (ou plus) se mettent des patates, de préférence loin des gens qui apérotent (c’est plus urbain), ça dure rarement plus d’une minute et ils repartent chacun de leur.s côté.s. Fin. On a pas besoin de savoir pourquoi ni comment, surtout si on les connait pas. C’est bien quand ça s’arrête. Mais la police est venue, peut-être une demie heure après. Moi j’allais rentrer, je l’ai regardé regarder avec son copain, la police qui arrivait. Ça m’est venu comme un réflexe, je leur ai dit : « — Non, on part, faut partir, ça sert vraiment à rien de rester, ils vont faire fermer, y a même rien à voir« . J’étais avec le chien. Et on est rentrés.

Mais à la semaine 7, j’aurais jamais imaginé ça. Et que tout commence par de la constipation, surtout ! Pourquoi ils ne le disent pas dans les films ? Ils parlent de vomi, ah ça ! Le vomi, ça vous fait de ces scenars… mais pas la constip, même la diarrhée, ça fait des scénars. La Constipation : éternelle oubliée du 7ème Art, parce que ça fait pas de drama et qu’on ne peut rien imaginer, je suppose. Et donc cette visite du neurologue le 12, la routine, normalement. Pareil, pas de migraines depuis 2 mois… Sauf la semaine précédente. Encore. J’ai eu droit à la piqure d’urgence. Une aiguille dans le haut de la cuisse… Je n’ai même pas bien sentie la différence dans les heures qui ont suivies, disons que ça n’a pas fait effet tout de suite. Bon mais je venais de finir ce gros exam sur lequel j’étais non stop depuis des semaines, peut-être 5. La création de mon site internet pro, pour la suite de ma nouvelle vie, et qu’il est très beau, et qu’il a tout de suite eu des stats excellentes, et encore maintenant. Je ne voulais pas faire la même chose que tout le monde dans cette profession, je voulais que ça me ressemble. Je sais pour quel secteurs d’entreprises je veux travailler, il fallait que j’agisse en adéquation, surtout en prévision du Projet 10 qui me tient encore plus à cœur, que j’ai en tête depuis un an. Mais voilà, une fois l’exam passé, la Grosse Bertha s’est collée à moi comme une grosse tique. 3 jours sans migraines… Et rebelotte. Mais sous traitement. Les pires. Pires que les toutes premières quand je n’en avais pas. On ne sait plus ce qu’il se passe dans ces cas là, on est que Douleur et on subit, et quand ça ne passe pas, on est plus que Douleur constante, on est plus. Tout court. Des jours durant et il est hors de question que je prenne des opioïdes pour ça un jour. J’ai de la chance d’avoir un bon neurologue pour m’éviter ça aussi et être dispo quand j’en ai besoin. Le corps se traine comme il peut, le cerveau agit comme il peut, il fallait pourtant que je continue à bosser. Même avec les triptans, ça n’allait pas mieux, j’ai tout essayé. Repris de l’aspirine, bien que ça ne marche jamais très bien. Du Dafalgan, éviter quand même au max le triptan. Et puis une après-midi allongée, et puis une journée et une nuit, parce que si j’étais allée aux urgences céphalées comme il l’aurait fallu, je serais tombée en route, assurément. Un léger mieux. Le médecin. La nausée. Les paralysies constantes, les difficultés motrices qui annoncent le casque suivant. Le généraliste a pensé à une irritation du côlon (c’est vrai que durant une dizaine de jours j’ai mangé n’importe quoi en random et surtout tout sauf mon régime habituel, il y avait de la bouffe chez moi, et beaucoup de gras, j’avais organisé un apéro le 13, avec une partie de Juduku (si vous avez des copains qui ont de bonnes punchlines, je conseille… si vous avez des copains qui parlent trop de leur vie ou qui ramènent des sujets glauques quand vous avez envie de faire la fête, je conseille aussi… y a un minuteur sur l’appli), un peu ruiné par une pipelette, mais le Juduku c’est bien aussi si quelqu’un a un peu abusé du sirop pour la toux, ça oblige à donner un temps de parole à chacun et à arrêter de raconter ses problèmes avec sa mère. Bref, ça détend. Mr. Panties est passé aussi, finalement, après son émission préférée. Il y avait eu l’AVC de mon père fin 2020 qui m’avait fait souci 2 mois le temps d’aller les voir, en plus de la fabrication de mon site from scratch et dans les règles de l’art, avec Elementor (entre autres, me suis lâchée sur le design), pas ce blog qui est ma kitchenette, et qui n’a rien à voir. On a pas vraiment fêté Noël, ma mère a eu une autre très très très mauvaise nouvelle aussi, personne n’avait le cœur à la fête. D’habitude on se baffre et on est contents. Là on avait à peine faim et puis je bossais. J’ai quand même passé une après-midi à jouer à laser X avec mon filleul. Et vu rapidement mon BF… pour un autre projet de ma formation, rien de folichon. Du reste je n’avais aucun rêve de jour de l’an, ce qui m’a fait rentrer de là bas avant. J’ai mis cet état sur tout ça, ça me paraissait logique. Genre un ulcère psychosomatique, comme dans Malcolm, mais sans le sang. Et plus possible de rien avaler, quand on a la nausée, que le gingembre n’y fait pas grand chose non plus. Il m’a aussi donné une ordonnance pour un bilan sanguin si ça n’allait pas mieux dans les 4 jours. J’y suis allée 48h plus tard. Après avoir passé 36h dans le noir. J’aurais du aller aux urgences céphalées la veille, mais deux heures après le réveil je ne tenais plus debout et quand je me levais pour aller boire ou pisser, je me paralysais. Je serais tombée au 1er néon du métro. Le lendemain j’y suis allée au réveil, comme un 18 mars 2019… Le lendemain d’une nuit de cauchemar, dont je ne me rappelais pas encore, sidérée, dissociative, traumatisée, et empaquetée dans la douleur comme un cellophane de caca où ne peut penser qu’à ça et s’en débarrasser. Comme alors, je me suis levée, je me suis habillée, j’ai pris mes lunettes de soleil, je suis allée directement là bas, péniblement. La rédemption. Et coup de bol, m’a confirmé le neurologue de service : personne, « Pas comme la veille à la même heure ». Un samedi, en plus. La 23 janvier. Une perf, une ordonnance de Sumatriptan en cas de récidive. J’ai renvoyé tout de suite en rentrant un mail à mon neurologue, qui m’a dit plus tard qu’il allait sûrement falloir réajuster le traitement. De retour et voulant en finir de savoir quel était cet amont de grosses daubes physiques qui me tombaient sur la figure tout d’un coup, je suis allée faire la prise de sang sans attendre, là où c’était ouvert. Parce qu’on était samedi, que dimanche ce serait sûrement fermer et qu’il fallait attendre en plus, les résultats après. Que j’étais aussi essoufflée très souvent ces derniers temps en plus de dormir mal alors que j’ai de quoi pour que non. Et puis j’ai eu les résultats le soir même, qui m’avaient été annoncés samedi. Une légère carence en fer, une bonne en vitamine D… et une autre anomalie étrange, que j’ai décryptée avec les connaissances du bord. Et quand j’ai cru comprendre, j’ai appelé le numéro d’urgence tout de suite, sur le site d’Ameli. La dame a chaleureuse (autant que faire se peut dans ce genre de situation), réconfortante, pédagogue, informative. Lundi dans un état toujours aussi merdique, je suis retournée chez le généraliste, à la première heure, j’ai expliqué à la dame de l’accueil ce que la dame de l’urgence m’avait dit de mon anormalie, que c’était urgent, que j’aimerais que mon généraliste me rappelle vite, je pouvais m’attendre à tout sauf à ça. Pas à mon âge, pas après ces dernières semaines de stress et de fatigue, pas après toutes les cochonneries que j’avais mangées. Pas le moment, et surtout « Pourquoi faire et il manquait plus que ça pour me foutre le seum, encore à moi, maintenant ? «  et pourrir quelque relation déjà pourrie ou sous peu. Le généraliste m’a rappelée deux heures plus tard pour savoir si je pouvais venir, pour m’aider à lancer la procédure qui me guérirait, comme je l’avais choisie parmi les deux options expliquées par la dame des urgences au téléphone. J’ai été reçue par son interne qui a compris que j’avais tout compris, j’avais déjà pris rendez-vous avec une nouvelle spécialiste l’après jour suivant, mercredi 27 janvier. J’ai trouvé le moyen de dire encore un tas de conneries, comme je relativise parfois vite… en apparence… j’avais pas encore réalisé, surtout. Surtout quand il est question d’éviter de perdre son sang froid au risque que le stress s’intensifie, parce qu’après ces grosses Bertha de Migraine, une micro goutte de 2 microns de stress, c’est le retour de la Grosse Bertha avec sa massue et son lance flamme sur ton système nerveux en purée des migraines des épisodes précédent. Je suis repartie avec de la vitamine D et une autre prise de sang, que j’ai fait dans la foulée ou le lendemain, je ne sais plus. Comme ça j’avais les deux bras piqués, et un beau bleu sur l’un d’eux. L’urgence était moins urgente avec le rendez-vous chez le spécialiste prévu le mercredi. Non, c’était le lendemain, je me souviens, j’ai attendu et je me les gelais en faisant la queue devant le labo, parce que Covid, tout ça. Et puis c’est seulement en sortant que j’ai réalisé, et que je me suis mise à pleurer sur « Comment mon corps a-t-il pu me faire ça ? ». Je me suis mise à pleurer et puis c’était moins urgent, finalement, pas si grave que la montagne que je m’en étais fait, (peut-être) j’allais attendre un peu un retour au calme après ne pas avoir su d’où venait les douleurs, après deux semaines de mal quasi continue. Me reposer un peu. Elle était là l’urgence, surtout.

J’en ai parlé aux personnes que ça pouvait intéresser directement. Ma mère, premier réflexe. Et ce que j’allais faire de ça, parce que moi, je peux rien faire sans comprendre comment ça marche, alors comme d’hab j’ai retourné internet. Et j’ai tout googlé à côté de mon anormalie du moment par rapport à d’habitude. Même « harissa ». OUI, même « harissa ». Vous allez comprendre plus tard, mais c’est quand j’ai tapé « HARISSA » à côté de mon anormalie, que j’ai compris que j’avais atteint le point de non retour de mes recherches sur mes entrailles. Dixit la meuf qui a le VIDAL chez elle et qui lit des articles de recherches sur divers sujet sur des sites de recherche du bout du monde, en anglais, quitte à avoir un onglet dictionnaire à côté et que ça prenne mille ans… pour deux pages, en police 2. (Et après ça geint que ça a pas une minute pour lire un bouquin ordinaire, oui, oui).

Semaine 8 – my body, Google & I

Quand la pire crainte que je pensais avoir évincée et qui jamais n’aurait pu me tomber dessus m’a regardé avec un large sourire, les deux bras déployés pour me dire « Viens faire un câlin« … Ce sentiment étrange d’être entrée dans une dimension parallèle. Cette nouvelle planète inconnue (non parce que moi je le compte dans ma vie d’aspie… ça arrive dès que je fais un truc, c’est pour ça que j’aime bien le Covid, il n’était rien sensé se passer sauf ma formation, le reste du temps c’est fatigant, donc quand c’est pas prévu, c’est relou). Se frotter les yeux, et voir que c’est encore là. « Embrasser ses peurs pour mieux les dompter » j’ai lu un jour. Qui « embrasse » la peur, en vrai ? Qui roule des galoches à ses phobies ? Perso, dans ces cas là, je fuis. Et ça a failli arriver… jusqu’à ce que je change d’avis parce qu’en fait c’était une fausse frousse. Le tour dans ma tête a vite été fait. Contexte. Logistique. Organisation. Moyens. En fait, par un étrange alignement des planètes, j’avais tout à dispo. Le bon contexte, le bon timing, le temps de m’organiser, de voir venir, les moyens de gérer. Et ça ne se reproduirait pas deux fois. Je n’allais pas me sentir affublée d’une terrible affliction comme ça, et juste trimballer mon seum toute seule comme une idiote, qu’on ne me reprenne plus à ce piège là. Alors, avec mes vieux réflexes d’administrative, j’ai fait le nécessaire, pris les rendez-vous, trié les papiers, rempli les dossiers (et appelée une coach, aussi : une amie, qui est déjà passée par là). Surtout j’ai anticipé, j’ai pris rendez-vous chez une spécialiste, dans un cabinet qui ne fait que ça. 1er réflexe. Voir comment ça allait s’annoncer et quelles étaient mes chances de réussite. Faire un premier examen. Pas de bol… Quand j’ai validé le rendez-vous sur Doctolib, je n’ai pas tilté à la confirmation que j’aurais à faire à une remplaçante. Ces saloperies ni faites ni à faire dans certains domaines de la médecine, qui bien souvent privilégient leurs stats de cours empirique à la réalité humaine de leur patient. Comme antan, j’avais été dissuadée de retourner chez un gynéco à moins d’un soupçon de tumeur… Et nous y revoilà… Chez les spécialistes du cul, pour détailler mes intérieurs, à savoir jusqu’où peut mener une constipation, quand JAMAIS nous n’en avions croisée (sauf en début de voyage dans un nouveau pays : systématique). J’avais hâte de ce rendez-vous, pourtant. Mettre les choses à plat, voir comment ça s’annonce, à quoi ça ressemble, ce qu’il va falloir mettre en place, et le trac.

J’y suis allée confiante (comme une cruche fondue qui est pourtant allée un peu trop à l’eau). J’ai répondu à toutes les questions de l’interview. Je n’ai eu que les pires scenarii comme projection d’avenir (j’aurais du m’en douter), et pourtant j’avais bien démarré l’entretien par l’explication du pourquoi je ne foutrais plus un pied chez certains spécialistes, en particulier ceux du cul, sauf obligation (à part qu’elle était pas vraiment gynéco non plus). Mais j’avais cet exam à passer, suivant rigoureusement la procédure Gooooogle et l’avis de ma coach. Allons-y. Donc en résumé j’allais crever de mon anormalie parce que j’étais vieille et que ce type d’anormalie à mon âge, ne pouvait qu’empirer. Elle me conseillait aussi d’aller directement dans un hôpital suréquipé comme si j’étais déjà en train de crever (MINUTE PAPILLON, LA DAME A QUELQUES DERNIERS MOTS À DIRE!). Elle évaluait aussi mes médocs actuels comme des circonstances aggravantes de mon état, des risques supplémentaires. Bref, je sentais l’apocalypse à plein nez, à l’écouter. Moi j’étais venue pour un examen. Je me suis pris le pire que la terre ait chié, j’en ai saigné trois jours, elle n’était même pas désolée, juste « hihi, j’y suis allée un peu fort, vous allez saigner beaucoup hihi ». (Là on peu décemment imaginer une longue suite d’insultes ad hominem que je rumine encore). Je cherche encore ce qu’il y a de drôle, parce que j’ai effectivement eu mal trois jours et je me demande encore comment ces gens ont le droit d’exercer sans responsable derrière eux, parce qu’à l’hôpital ça doit être des catastrophes ambulantes. Et je vous passe l’état de ses pompes et de certains endroits de son cabinet pour un endroit spécialisé. « Vous n’êtes pas venue pour rien quand même », me dit elle avant de me faire son foutu exam (dont je n’ai jamais eu les résultats 6 semaines plus tard), après m’avoir expliqué qu’elle n’était pas apte pour l’examen pour lequel j’étais réellement venue. Saleté. Et de nouvelles prises de sang. Allez hop. Un petit pipi en route et un ou deux que j’avais déjà fait 3 jours avant, on sait jamais… Formide. Elle me proposait de reprendre rendez pour l’exam que j’avais prévu, je répondais oui… Et j’annulais le soir. Après tout ça pouvait attendre, je m’étais peut-être plantée sur Google, qui dit tout et n’imp’ d’un site à l’autre sur un sujet (on s’étonne qu’y ait des complotistes à foison, après ça… des sites qui marchent trop bien pour les esprits sans libre-arbitre). Quand je recevais mes résultats, je constatais que rien n’avait changé, que ce n’était pas grave grave grave. Qu’effectivement l’examen pouvait encore bien attendre (mais pas trop non plus). Mais c’était sans compter qu’elle m’enverrait un mail de merde, pour continuer à me promettre le mauvais temps, la mort subite et des complications médicales sans fin à moins de me faire une ablation dans la seconde. Double saleté. Elle me rappelait à l’examen que j’avais annulé, me disant que mes résultats sanguins étaient de très très mauvaise augure par rapport aux premiers et qu’il était finalement urgent de le faire. Elle me foutait le seum, j’avais pas besoin de ça. Je lui demandais un peu ironiquement de m’éclairer de ses lumières sur le jeu des sept différences qu’elle avait trouvé entre les premières prises de sang et celle là, avec des sources médicales fiables, elle en rajoutait que finalement c’était même encore bien pire que tout, et je répondais que je ferais son examen ailleurs. Je prenais rendez-vous AILLEURS-ELSE, donc, en me promettant de bien lui écrire de la merde si je ne m’étais pas trompée sur la non-gravité de ses pataquès inspirant le flip sur mon futur proche où la mort m’attendrait désormais à tous les coins de rues avec mon traitement actuel. Bah ouais parce que vivre paralysée et dans le noir à cause de migraines à aura motrices sans traitement sans pouvoir se lever ni regarder la lumière, c’est bien mieux, peut-être. Non, c’est pareil. Je crois qu’on a pas le même Vidal. Ma psy et la vraie pro que j’ai vue ensuite me l’ont confirmé…

Le weekend semblait sans fin, j’oscillais entre braquer une banque et faire une razzia sur Vinted façon nouveau look pour une nouvelle vie… et … rien, en fait, j’ai trimé malgré que j’étais malade comme une chienne deux jours avant. D’un coup je n’avais plus une seule migraine, et même la super patate, fait étrange : aucun signe de dégradation comme annoncé par la remplaçante. Rien de très miraculeux non plus, vu le nombre de triptans écumés les jours précédents, en discutant avec Mon Cléon par messenger, elle me parlait du gingembre, et si le maté (avec gingembre) ne faisait plus grand chose pour mes enclumes… J’ai testé la Ginger Beer au Naturalia du coin en promo. Ça m’a coûté 5 CHERS litres dans la même semaine… Mais j’ai tenu. Surtout, outre le fait que ce soit sans alcool, c’est aussi super meilleur que la bière (essayez la Belvoir mais un conseil si vous n’en avez pas les moyens : Volez là chez Naturalia, parce que pardon, mais même en promo à 3,29€ au lieu 3,99 WHAT AN ECONOMY, buddies, on se fiche bien de nous pour un peu de gingembre, un peu de citron, de l’eau et de la fermentation, consignez au moins les bouteilles, Belvoir ou Naturalia, on sait pas qui se renfle le plus des deux!). Ça coupait quand même court à la nausée et la migraine en même temps. qui sait si j’allais même retourner à la selle sans faire des scoubidous avec tous mes boyaux… J’en prenais pour le weekend, et continuer à trimer 10h par jour tant que faire se peut pour rattraper les deux semaines d’avant à moitié clouée au lit, ensuite je faisais le calcul entre un ratio idéal d’une bouteille et demi par jour sur 30 jours, et la petite tranche de Brie noire marquée « Banqueroute » de la roue de la fortune faisait pop up dans ma cervelle… Donc je retournais chez ce bon vieux Lidl acheter l’épice et la racine fraîche… jusqu’à ne plus utiliser que l’épice, avec de l’eau. Directement. Tout simplement, en gardant Belvoir pour les grandes occasions et les dîners avec l’Ambassadeur (ou quand mon ami Ammour vient prendre le goûter ou quand je petit déjeune chez G. par exemple : oui bizarrement le confinement m’a amené… de nouveaux amis, des gens que je connaissais si peu avant et ça nous a rapprochés semble-t-il). Depuis j’ai un mal fou à imaginer comment les gens qui achètent toutes leurs courses dans les chaînes de Bio type Naturalia ne sont pas de droite, cachés sous l’appellation trompeuse de Bobos supposés Islamogauchiasse comme il se doit. Sortir dehors était déjà trop politique pour moi de toute façon.

Semaine 9 – Je sais quand même quand j’ai raison, merde.

Voilà, je dormais mal, tout me rongeait en attendant ce fichu examen pas urgent, finalement si, finalement finissons en, ne serait-ce que pour faire fermer sa bouche qui pue à une remplaçante sans expérience avec un nom à particule qui fait penser à du fromage coulant, qui semble-t-il n’avait pas tant besoin de faire d’études que pour dire qu’elle en avait fait avant de choper le bon mari côté rive gauche… (On les reconnaît à l’arrogance et au tout petit carré de soie à 2000 boules avec un tout pitit noeud, façon 50’s… et des Stan Smith dégueulasses (alors que désormais t’es personne si t’as pas des Veja… j’ai pas de Veja… j’ai des critères sur la tenue des médecins, surtout quand tu vois que c’est fait exprès ou que c’est de la nonchalance assumée) avec un beau teint zéro défaut et bien bronzée du ski, hein, le genre qui avait pas vraiment besoin de faire des études, parce qu’elle savait déjà tout, comme Pôpa, qui n’en ont rien à foutre de ton stress alors que justement elles sont tenues de le mitiger, sauf que t’es pas dans leurs critères : t’as plus de 35 ans, donc tu es vieille, donc tu vas crever très vite, alors 40, ça n’existe pas dans leur monde ça tombe sous le sens… sauf que rappelez vous de temps en temps qu’on a été comme vous à croire qu’à 20 piges on savait tout mieux…kof kof… oui, le rappel fait mal dans les deux sens). 6 semaines plus tard elle m’annonçait un autre résultat qu’elle n’aurait jamais du avoir par le labo et que la merveilleuse personne que j’ai vu ensuite m’avait déjà annoncée la veille : elle a pris 1 sur 5 Google, direct (parce que là, ça sonne comme du harcèlement… et que la praticienne qu’elle remplace devrait savoir comme elle m’a traitée). Je ne me suis posée aucune question en attendant, j’ai bossé et fait constaté à mon BF et ma mère, que cette foutue remplaçante était bien malveillante (je n’avais pas rêvé ni exagéré) et n’y connaissait rien. Forcément, le jour de l’exam, je ne pouvais pas être tranquille. C’était en fin de journée, donc après le boulot que je fais à la maison, où avec ce truc, je suis essouflée dès que je marche 30 mn, où il a fallu aller quand il fait nuit à 18h et que j’ai peur à cause du PTSD et que je n’y étais jamais allée avant… Et puis j’entendais des voix derrière la porte où j’attendais seule, en me disant que la spécialiste avait du m’oublier. Et intérieurement je pestais, en me disant que deux fois de suite, j’allais finir par imploser si elle était clonée sur la précédente. Surtout, hormis les deux praticiens qui rentraient chez eux et m’ont demandé qui j’attendais, il y avait ce type grossier comme tout, au téléphone, qui n’arrêtait pas de mater dans l’entre-porte, pendant que je retenais ma vessie en soufflant comme un buffle dans mon masque, mal assise et claquée de la marche et de l’attente, s’il y a un truc qui me fait peur, c’est les toilettes partagées des cabinets de médecins durant Covid. Ça va j’avais mon gel hydro en micro spray. Je n’ai pas eu le choix d’y aller, je déteste les toilettes publiques : j’en ai foutu p.a.r.t.o.u.t avant de m’asseoir ouù que ce soit. Et après aussi. Et bien sûr j’ai fait semblant de tousser, remuer les attaches en métal de mon sac pour qu’on m’entende de l’autre côté de la porte et que le supplice de cette attente s’arrête enfin. Comble du dégoût quand le mec est allé dans les chiottes où j’étais avant, qui n’étaient pas faite pour lui, malgré les six autres mini salles d’attente et autant de toilettes, fallait que ce soit là (ma tolérance très limitée des autres dans l’espace public). Et enfin, j’ai vu une meuf avec un très beau manteau s’enfuir, la colère contenue. Et puis la praticienne m’a détendue TOUT DE SUITE. Je lui ai parlé de la remplaçante, des exams, de sa non-habilitation et de ses promesses de beau temps, elle a dit « Ok, alors je ne vous fait pas plus attendre, et je suis désolée pour mon retard, on fait cet examen tout de suite installez vous ». ENFIN !? (et des excuses, dis donc, l’autre, en retard, n’avait pas pris cette peine). Et je crois que c’est à partir de là qu’on m’a perdue. Elle me posait des questions, en installant le matos, et je répondais, j’étais perdue, à ce stade, plus concentrée sur rien, et c’est là qu’elle m’a dit de tout arrêter (de parler) et de focus sur l’exam. Là j’ai compris, là j’ai senti, et vu, et je me suis effondrée. C’était pas grave, non, mais c’était là quand même. Et c’était pas « Rien », non plus. Non, c’était plutôt « Tout et le Monde », et un basculement complet dans une autre dimension sans compte à rebours préalable ni annonce dans le Journal Officiel. Passé le temps de réalisé, j’ai donné mes examens précédents, elle m’a expliqué deux trois choses à savoir sur mon état et sur la suite, mon poids à surveiller, parce que j’avais pas vraiment décollé des 48kg depuis l’année passée même en ayant un peu zappé le sport par moments, surtout en périodes d’exams.

Je suis ressortie, et j’ai appelé ma mère (déjà par flip, post couvre feu de traverser assez seule des rues pas très éclairées et croiser deux crackheads semi-hurlant), pour lui raconter, elle déjà effarée parce que la fille d’une de ses copines affronte un terrible cancer et sa peur que ça m’arrive avec toute son empathie. Elle savait, mais le pronostic étant bon, elle était assez soulagée en prime que je puisse lui confirmer que rien n’était aussi grave et surtout que l’apprentie d’avant s’était correctement fourré le stylo MontBlanc dans l’œil. J’ai rien contre les bourges (moins qu’avant, j’ai eu le temps de laisser pas mal d’aigreur aux chiottes ces derniers temps, surtout quand des bourges t’en as autant dans le 17ème que chez les Punks et les anars si tu fais l’erreur de regarder de trop près, et que le fond est le même) sauf la mentalité de certains qui n’ont pas toujours l’éducation, mais quand ils sont crétins et qu’ils essaient de te faire gober leur ignorance, ça me met hors de moi. Ma mère était contente, moi aussi. Un peu comme si d’un coup, la société me déroulait le tapis rouge sur un malentendu. Exactement pour ça en fait. Les jours suivants j’étais liesse. Je bossais, j’étais liesse, j’avais du mal à me concentrer aussi, et puis je trainais quand même un morceau de colère. Et l’apprentie ? L’apprentie, bien sûr, je l’ai remise à sa place, et comme elle était très intelligente, elle a retenté de me coller le seum, j’ai dit non merci et finalement elle souhaitait « me fournir ses documents de références », là je lui ai répondu que c’était ma première question, justement et que c’était bien parce qu’elle en avait été incapable qu’il valait mieux s’en arrêter là : idiote et fière de l’être jusqu’au bout. Le morceau de colère, je l’ai plié pour le ramener à ma psy et voir comment m’en débarrasser et le traduire en mots sans affect, la liesse, je l’ai gardé sous le coude pour plus tard, quand la première bataille serait gagnée, dans 3 ou 4 semaines après les examens suivants et complémentaires. Ça a été difficile de pas faire comme si c’était déjà gagné, alors je me suis laisser rêver un peu. La psy m’a aidé à traduire la colère en mots courtois. Et puis j’en ai parlé à Mr. Panties, et il n’avait toujours pas compris, enfin j’avais vu juste, il préférait vivre dans le déni, je l’ai laissé dans son mensonge à lui-même. J’ai gardé un peu de colère encore sous le coude et les jours passant, elle est partie, après tout, il n’en valait pas la peine, et ne méritait de m’accompagner nulle part, ni dans une cave sombre, ni sur une Île Caribéenne, c’était lui qui passait à côté de quelque chose, pas moi. Les hommes sont lâches facilement et sans surprise, la virilité est chose fragile car dès que le monde ne leur appartient plus ou que la personne qu’ils croyaient vouloir n’est pas conforme à leurs attentes, ou cassée, on sait qu’y a plus personne, c’est sans surprise. J’avais toujours été honnête avec lui, soit que ça ne lui était jamais arrivé auparavant, soit qu’il était né avec un complot international monté contre lui, il me soupçonnait du pire, pour une énième fois et devisais de qui j’étais de manière complètement erronée, en même temps quand on vit la nuit et qu’on dort le jour, je n’avais rien à en attendre. Je suivais mon bonheur depuis un an maintenant, malgré cette foutue Crise, je n’allais pas m’arrêter après, surtout que j’avais encore pas mal de projets. Ensuite, les fuites de cerveau se sont amplifiées…

Le lendemain je passais donc fatalement à l’étape « Nouvelle tenue pour une nouvelle vie ». Je ne vous parle pas de fringues super classes, de marques de luxe que je suis fichue de trouver pour rien en retournant le Vinted après avoir vendu quelques trucs aussi… Non, non. Je parle de fringues de confort, comme si le confinement et un an de formation à la maison n’avaient pas suffit. Vu ce que j’allais avoir le droit de manger ou non pour aller mieux : que c’était promis… mais dans quelques semaines, encore. Et pas de bol, plus le droit de manger des trucs « bons », que je laisse vivre leur vie à mes monomanies, pire, il fallait que je rajoute (encore comme si j’en prenais pas déjà assez pour satisfaire mon flip de Covid et mon Asperger … oui je dis toujours Asperger j’ai du mal à n’avoir foi que dans un livre d’ « historienne de la Psychanalyse » (si on remplace « Psychanalyse » par « Bullshit », partout où on le trouve, on voit ce que ça donne et c’est pas la HAS qui va me contrarier, et clairement, j’ai pas vraiment le temps pour tout ça ces temps ci). Si la santé est dans l’assiette, sachez que la frustration l’accompagne parfois souvent. Pas grave. Liste des choses auxquelles j’ai droit : les légumes verts (de la torture). Bon ça va, je gère les choux de Bruxelles, les épinards et les brocolis. Les autres choux. Le blanc, j’aime le chou blanc cuit mais sans les lardons. Alors les choux : problématique, parce que si c’est très bon pour la santé et meilleur cru, par expérience (à un contact des autres assez traumatique) je sais que si on en abuse ça transpire non seulement par tous les pores, mais aussi à travers le tissus, alors imagine ne devoir manger que du chou… Outre l’odeur qui colle si tu n’as pas de hotte ou 24h de beau temps avec de très grandes fenêtre et beaucoup de portes après ta cuisine, certes ça fait fuir tout ce que tu croises, mais il n’empêche que ça pue, et quand je dis ça pue, on va pas se mentir, on sait très bien que ce qui est déplaisant dans l’odeur du chou… Bah c’est que ça sent un peu le pet, quand même. Et j’ai beau pratiquer 3 bains de bouche par jour et adorer l’ail frais, je préfère sentir l’ail de la gueule (au moins tu sais tout de suite ce que c’est) que le pet. Les céréales. Ahlala… Comment j’aime pas. Comme c’est beaucoup une question de texture et que le muesli et les noix j’aime pas (la texture, le goût ça va), ça demande de mixer avec de la boisson de soja, de riz, d’amande mais pas de lait que je tolère pas (le début de la galère). de l’ovomaltine (pour endormir le faux lait… parce que même le lait végétal je ne suis pas fan)… et saupoudrer le tout de super levure. Je suis très supers-aliments, là ça va être la fête.

Mais j’ai commis des erreurs de régime (malgré moi), heureusement Google était là (et tous les sites dédiés sur mon état) pour me culpabiliser à mort avec toutes ses contradictions totales d’un site à l’autre, pour foutre le bordel. Les noix, on m’a recommandé les noix : problème, j’aime pas. Les fruits secs, aussi (non plus sauf les figues, mais c’est récent, je les préfère fraîches, c’est mon fruit totem, j’ai des végétaux-totem). Et donc je me suis enfilée plein de trucs qu’il ne fallait pas (avec de légers abus) sans le savoir, selon CERTAINS sites… comme du lait de soja, du boudin noir etc. Bref, j’ai failli devenir frugivore. À la fin (et comme encore maintenant), pas le choix : je mange tous ces trucs super sains que je n’aime pas, et franchement j’ai rien contre les recommandations des médecins, mais je ne vois pas du tout comment je vais prendre du poids sans fromages qui coulent et qui puent, heureusement les chips et la pizza 4 fromages dominicale n’ont pas été abolis. De fait, je mange quand même une bonne grosse cochonnerie industrielle par semaine (genre les chocos premiers prix à 1,10€, là) parce que le soir, j’ai des fringales. Bref : nourriture réconfortante (ou juste de routine) interdite. Alors on était déjà confinés, je sortais peu, faire les magasins ça fait longtemps que j’ai arrêté, pas de culture, pas d’alcool, il reste quoi à part la Ginger Beer, les vins bio Le Petit Béret sans alcool et le néant ? Ah oui… les potes, les potes avec qui on a pas d’actu parce que Covid, mais qui parlent de tout (tant qu’on ne les voit pas trop pour éviter les répétitions). Si, quand même, il restait les fringues sur Vinted, mais je vois pas l’intérêt si c’est pour pas sortir, et j’ai pas les moyens pour les jogpants version femme de la même marque que ceux d’Eminem (avec des jambes moins sexy), sinon j’aurais commencé par là depuis longtemps. Donc je bosse, je prends soin de mon corps et je suis heureuse toute seule dans mon coin… Forrrrmid.

Il a fallu des compensations… Semaine 10

Donc j’ai fait des mises à jour. J’ai mis à jour le panier du chien et son harnais (il le fallait parce qu’être à deux de tension avec un chien de 10kg qui l’air de rien a une force de traction qui foutrait la honte à Superman, si ça allait encore, dans les semaines à venir je savais que ce ne serait pas gérable), et puis réparer sa patte (elle a une petit luxation congénitale, on a fait appel au tapis orthopédique de chez Satan (Amazon : pardon d’être pauvre) et des bijoux, d’ailleurs ça me gratte d’en refaire, j’ai un ami qui me tente beaucoup de ce côté là, depuis que je lui ai conçu un petit grigri l’an passé.

Et je me suis contentée de mon bonheur. J’allais aller mieux (en mangeant des choses pas bonnes sauf pour la santé, c’est pas comme si je cuisinais ou que je pouvais m’enfiler de la K-food et tester tout ce qui me branche sur Uber-Eats en dépit des nombreuses offres plus affriolantes qu’il m’envoie tous les jours… surtout quand on est foutu de s’enfiler une Poutine extra cheese tous les 4 matins de La Maison de La Poutine… quand le livreur ne se plante pas d’immeuble quand on faisait des plateaux télé avec Mr. P pour égayer le couvre-pot-aux-roses-au-feuilleté du n’importe quoi, là… avant qu’on se pseudo-habitue).

En vrai, je ne me suis pas contentée de mon bonheur. Je me suis noyée dedans. Finalement, même si j’avais prévu de bosser début février / mars et que c’était un peu foutu, ça tombait bien de rester chez moi plus longtemps. C’était pour la bonne cause (la mienne, as usual). Donc je changeais mes plans, vu que tout ça allait durer. Tous mes plans. Même mon voyage imaginaire à Détroit de dans un an et dont j’ai absolument pas les moyens et qui a été déjà reporté de deux. Ça tombait bien puisque de toute façon, j’avais prévu de rester bosser à la maison. Ça tombait bien, parce qu’a priori mon dernier patron n’allait pas tarder à manger ses morts. Ça tombait bien parce que cette force d’inertie que je n’avais pas invitée se prolongeait. Et que le temps… C’est des projets, des idées et de la tranquillité pour les mettre en place, être à jour de route, se développer personnellement. C’est tout ce que j’avais cru que je mettrais à jour durant ma formation, mais non parce qu’elle est à plus que plein temps et que je fais du non stop du lundi au dimanche, sauf ces 3h du vendredi au dimanche où je m’offre une heure de blog (mais pas ce weekend par exemple).

C’est bien parce que ma vie ne sera plus jamais la même quand j’aurai traversé ça si j’arrive jusqu’au bout. Et que ça me va. Que je ne suis pas stressée.

La semaine 10 j’ai donné des news de ma vie à Mr. Panties (une mise à jour), et comme attendu, il m’a quitté et ça ne m’a pas perturbé. C’est lui qui se passait du meilleur et c’est pas comme si on pouvait vraiment compter sur les hommes dans mon cas, à la fin, ils sont toujours bien libres de nous laisser faire leur job à leur place, rien de neuf.

La semaine 10, je volais au vent (dans ma tête). Et je souriais beaucoup. Même quand je tombais de fatigue parfois à 19h. Et c’était sans compter la 11ème semaine, maintenant que je commençais tout juste à m’adapter à cet état. J’étais à fond dans la logistique. Et puis très vite, tout était calculé. Juste encore de la sale paperasse à faire. Mais moins de migraines déjà. Par la force du gingembre en poudre, parce que la Ginger, c’est quand même super reuch.

La semaine dix j’ai aussi pissé beaucoup et très très souvent. Ça ressemblait à une infection urinaire sans infection, un vrai bonheur.

Stupeur et trépignements…

Bon alors là, j’avais quand même du pain sur la planche, mine de rien, des révolutions comme ça, ça ne s’improvise pas. Au taf, j’ai mis le turbo. Il fallait avancer. Mes journées ont été mornes, très très mornes et pleines de boulot, la concentration revenait enfin un peu. Avec des objectifs : finir ma formation, pas dans le rush dans mon état. Il fallait continuer à positiver, malgré ma peau qui se transformait en peau des serpent en dépit de 1,5L d’eau par jour… et 1,5L d’eau… par nuit, et 3 pipi. Je ne dormais plus depuis janvier de toute façon. À force on s’habitue. Seul avantage : se foutre de la crème partout, tout le temps : autorisé. C’est devenu un festival entre les textures et les odeurs (je reco : easyparapharmacie…), y a eu lâchage : la compensation pour positiver, parce que là encore : toujours rien de gagné, il fallait encore attendre deux semaines pour confirmer des résultats positifs. Faire attention à son régime, à son traitement, à sa position au coucher. Trépidant, comme on peut se l’imaginer. Flipper en marchant, avoir des petites douleurs, des tiraillements, de ci, de là… tout le temps. La force de l’inertie ne suffirait qu’un temps de ce côté là. Et alors être privée de rollers : LE BLUES, alors que j’avais que ça à foutre dans le garage de l’immeuble aux heures creuses depuis qu’on m’a offert des flaneurz en cotise pour pour mes 40 années. Et même pas d’EMS de chez Wish, parce que quand la commande est arrivée ils m’ont mis le point de livraison dans un lieu clos, donc il a juste fallu attendre le remboursement, et après renseignement, c’est pas conseillé. Et plus le droit de faire du renfo, du cardio… Condamnée au YOGA (je pense que ça pourrait être très bon si je m’y mettais. Problème : je ne m’y mets pas. Et du Pilate : gif d’ennui, j’ai la flemme de chercher, c’est bien le Pilate, mais pas assez musclé, à un moment j’aurai pas le choix. On m’a proposé une attestation spéciale pour aller à la pistoche… mais avec le Covid, j’ai décliné, je réviserai ça dans un mois ou deux.

La semaine 11, entre ravissement et flip que tout s’arrête d’un coup… Se retenir de tout… d’en parler… de MANGER DES TRUCS BONS… pas fun. Que du taf. Et de la crème. De la Topi (ça j’ai toujours du stock), une huile weleda 2 flacons au prix d’un, des bains au monoï… parce que le monoï c’est la vie même en hiver (sachant que j’ai pas vraiment droit au soleil non plus… LOL… sauf aux ampoules de vitamine D… pas ptdr…), des bougies au monoï, du fake parfum Chloe de chez Lidl (ils l’ont hyper bien imité, je ne devrais pas vous le dire, bon mais il tient mal c’est un peu décevant), le diffuseur d’huiles essentielles, détourné avec d’autres trucs qui sentent bons : du lâchage complet. Cette semaine là, je n’ai vécu que d’odeurs réconfortantes (et d’overdose de trucs sucrés que je ne mange pas d’hab, avant de me raviser… qui ne m’ont pas fait prendre un gramme… non mais parce que les mandarines au kilo c’est bon, mais on se lasse vite…). Et puis j’ai buggué sur un truc total random : les illus des tarots de Marseille. J’ai acheté trois jeux dont j’avais pas les moyens (j’en ai revendu deux direct au même prix), et deux paires de boucles d’oreilles, pas chères en soi, mais j’ai une mutuelle qui rembourse rien, et un peu j’ai perdu gras de pognon lors de des mises à jours annuelles sans comprendre (la consultation neuro, ophtalmo, pneumo, le psy as usual, et le reste… j’ai changé d’option et c’était pas mieux… beaucoup de fric perdu avec cette arnaque. À ce jour Grand Optical n’est pas sûr que je passe chercher mes lentilles de contact avant cet été (incompréhensible parce que j’ai -8 et que j’ai toujours été remboursée, et après trois tentatives d’explication j’ai toujours pas compris s’ils avaient bien recalculé et fait le devis ou pas et pourquoi je leur devrais la moitié quand même, s’il y a des opticiens parmi vous…). Et puis une subite envie de boucles d’oreilles j’ai flingué toutes celles que j’avais (je porte tout le temps les mêmes jusqu’à ce qu’elle meurent d’usure naturelle, bien sûr j’ai acheté deux paires, dont une qui ne servait à rien. Il a fallu beaucoup de ventes sur Vinted, et malgré tout… j’ai encore quelques dettes que je rembourse un peu plus tous les mois. C’est pas comme si j’avais eu un salaire la moitié de l’an passé… (ni une compensation). Et peu importe, après cette folie temporaire (ohlolo dépenser 40 balles de futilités et culpabiliser à bloc après), je me suis ressaisie et j’essaie de me faire des petits sous à côté en comptant comme une fourmi pour la bouffe.

Semaine 12.

La semaine douze je commençais à être confortée sur l’idée que tout allait aller mieux et que ce serait confirmé. Je trépignais encore, et pour ne pas m’épuiser sur l’écran, je voyais mon pote A. avec qui on fait des balades et des goûters pas loin de chez nous, pour marcher, pour prendre l’air. Il y a eu de grands soleils et c’est ce qui faisait du bien, même si je me fatigue vite. Le semaine douze, pas d’état de dégradation et plus de migraines.

La semaine 13, enfin.

La semaine 13, enfin j’avais des confirmations. Qu’après le dernier exam tout allait bien, et même mieux : que tout se produisait en plus comme dans mes souhaits. La semaine 13, même si j’avais deux gros exams à passer, je prenais le petit déjeuner chez G., et puis un autre jour on faisait un micro apéro sans alcool pour moi, où j’arrivais armée d’un paquet de chocos 1er prix et d’une bouteille de Cabernet Rouge sans alcool le Petit Béret. J’appréhendais parce que je n’ai jamais « pas bu d’alcool » dans une soirée où les gens en boivent, pas en intérieur chez des gens. Pour moi tout le monde en boit ou n’en boit pas, entre les deux : je ne suis pas dans cette soirée / ce moment, que ce soit chez moi où à l’extérieur. Alors après ces grosses frousses je pouvais en parler et commencer une espèce de recueil de ce que les gens en disent, c’était chouette. Quand G. m’a invité, c’était en présence de connaissances, des gens que je croise dans le quartier, au petit café quand ça existait mais avec qui je ne « participe jamais aux soirées », et ouais, je suis la nana que tu croises un instant et qui ne vient pas aux soirées, ne cherche pas à être invitée, passe son moment de dépôt de bilan apéritif et rentre chez elle avant que tout le monde parte en after, ou même avant minuit, ou fait 3 petits tours et puis s’en va : parce que le sommeil à 21h : C’EST LE PIED DEVANT TOUT LE RESTE DE LA VIE. C’était cool de pas avoir envie de picoler. C’était marrant aussi de voir les gens picoler et parler de sous-marins et d’autres trucs random (et fun… note pour plus terre, les soirées de bonhommes ont des sujets de conv + fun) mais vlà je connais que des gens qui savent se tenir, j’étais pas inquiète, et G. n’habite pas loin. 6€ de VTC à 21h et au lit ! (et pourtant il y avait de la raclette). Je ne serai pas détendue des sorties à moins d’avoir fini ma formation de toute façon. Surtout j’ai un peu freiné quand j’ai compris que j’étais capable de me mettre en burn out chez moi toute seule en me mettant la pression sur mes projets, donc j’apprends depuis janvier à réguler mon temps de travail et arrêter de culpabiliser (j’en suis pas encore là) quand je n’ai pas fait 12h non stop. Bien sûr j’ai envie de faire avaler leurs deux bras aux gens qui me disent que mon boulot est trop précis parce que je ne veux oublier aucun détail quand je fais une présentation. Les réactions des garçons sont tendres et mignonnes. Je leur ai dit ce que j’avais parce que c’est dans la conversation… faire une annonce m’emmerde un peu, il y a une partie précieuse à ne pas partager ce que je vis, et en même temps tout finit toujours par se savoir autant Cut The Crap une bonne fois pour toutes qu’on en finisse. J’en ai parlé à quelques proches et des moins proches, qui tous mes soutiennent. Après c’est compliqué d’appeler tous le monde un par un même si certains sont moins proches et que je le dis pas à d’autres que j’apprécie de longue date juste parce qu’on s’est pas beaucoup vus ces derniers temps, et que surtout ce temps d’attente d’avoir des certitudes, j’étais pas pressée de trop me confier à moins que ça tombe dans la conversation.

Mais faut dire que la confirmation était sans appel. Et qu’il fallait ça pour me rassurer.

Donc voilà, les jours se sont écoulés… Et voilà la 14ème semaine : je suis enceinte et je suis très heureuse. Mon bébé va bien, il a « la nuque très fine ». Il est « trop beau chouchou », « il est parfait votre bébé » dit la sage femme. Et je l’aime beaucoup, elle est pro, elle ne me harcèle pas. Le syndrome de Down est écarté, ça peut s’annoncer. Je ne mange que des trucs que je n’aime pas du tout mais qui sont bons pour lui. C’est un garçon. J’ai trouvé un vrai Bola Indonésien de sale hippie à 6€ au lieu de 99€ chez mamanculcul.com ou je ne sais quelle marque d’entourloupe à bébés, j’hallucine comment le lobby du bébé est pire que celui de Big Pharma : ça on vous le dit jamais. À tours de mails on te propose d’acheter un tas de choses chères qui vont finir pleine de caca et de vomi et d’un éventail de consistances aléatoires qui auront toutes les même point commun : l’odeur. Mon gamin a un nom, mais par prudence, ici nous l’appelleront pour le moment Chicken Nugget, tchitchi pour les intime. Que veux tu dire non au bonheur quand il se plante dans ton bide avec 6% de chance de tomber pregnant ? Le truc des hormones n’est absolument pas une connerie : on devient quiche et on est CONTENTES. J’imagine que c’est parce que j’ai eu du temps. J’imagine aussi le gros doigt de la Vie qui A désigné mon utérus pour faire nurserie pendant quelques semaines pendant qu’il en est encore temps. Et j’ai aucun regret. Au bon endroit, au bon moment, avec la personne qu’il fallait. Quelqu’un que je ne pourrai pas détester demain (pour le moment). Je vais passer ma formation, et j’aurai encore du temps pour lui après le congé mat (je crois, j’espère… j’ai le temps de m’organiser).

C’est hallucinant comment on sacralise la mère en France et ça m’épate tous les jours, parfois je me demande à quelle date il serait judicieux d’apparaître sur toutes les collines d’IDF façon Bernadette Soubirou pour rappeler au monde comment en France, aussi, si t’es pas une mère, la société ne te considère pas sauf comme de la mer-de. Que tu sois seule ou pas, tant que tu es mère, t’inquiètes, la société en à quelque chose à foutre (ouais ça me révolte, encore, de fait), pour que tu manges, que ton enfant mange, que tu puisses continuer à enfanter, à parenter, pour que tu partes du taf plus tôt, pour des crèches, des nounous, on t’offre des couches gratuites etc. Seule, je le vois encore mieux à la lisière du purgatoire : tu ne vaux rien, tu bosses, tu te tais, tu partiras en vacances un autre jour parce qu’il faut que tu trimes pour que les autres (qui n’ont pas forcément plus besoin de ta tune que toi) partent, eux, la caf ne fera rien de plus si tu crèves la dalle, et tu continueras à trimer… pour tous les autres sans exceptions jusqu’à ce que tu sois deux et/ou que tu procrées. Non : on est pas libres dans ces conditions, en France. Ça fait mal, même. Cette tranche d’imposition de la classe moyenne de quelqu’un de seul qui ne gagne pas tant que pour vivre à peine (oui la préca aussi, je connais bien, mais vlà c’est pas le sujet du jour, je dis juste que dans la frange basse si encore tu paierais pour des gens qui ont moins, ce que les riches ne font pas, ce serait normal, là c’est pas le cas). Ça fait mal pour celle que j’étais, celles qui sont, et qui seront seules. En France, il vaut mieux être seule avec un enfant ou mal accompagnée, que seule tout court, à moins de pas mal de largesse de fric ou de famille ou de beaucoup de soutien extérieur, sinon tu es laissé de côté, et c’est tout. En plus des injonctions à la maternité, au mariage etc. Si tu finis pas le mois, c’est juste parce que tu te démerdes mal, que t’as pas fait les bonnes études, que tu travailles pas assez. C’est un traitement odieux. Tant que tu es avec Jean-Connard ça va, si tu es avec Jean-Connard quoi qu’il te fasse et que Jean-Connard se barre : retour à la case vieille casserole et comme c’est toujours de notre faute : bah tu l’auras bien cherché ou fallait pas être (f)rigide du cul, bitch. C’est aussi mal fait que la tranche d’imposition au dessus du SMIC qui s’étale jusqu’à 70 000€ de revenus / an. On s’étonnera plus qu’il y ait de fait autant de Jean-Connard, conditionnées à la recherche de Jean Connard que beaucoup sont.

Bref, je suis acceptable aux yeux de la société (ça aura pris 40 ans) : LOL. Et bien sûr il va falloir déménager. Et oui. Bon, tant que t’es petit, ça va tenir quelques temps… mais en vrai, pas trop, et j’aime déjà pas trop que tu grandisses à Paris, on serait mieux en bord de mer, j’espère que ta daronne trimera assez pour se tirer de là à temps, t’sais. Parce que pas plus qu’hier je vais compter sur un bonhomme pour assurer ta survie. On va juste laisser la porte ouverte, parce que de base, c’est pas comme si les darons s’occupaient le plus de vous, je pense qu’on est encore très loin du compte, et t’as vraiment pas le pire (enfin qu’on croit, qu’on verra, c’est déjà pas gagné, en fait, mais pour toi, je ferai ce qu’il faut, sans casser de pot, sans faire de drame, parce que no matter what, après ce que j’ai traversé avant toi : on s’en sortira).

Tu prends des pauses, sous les ondes de l’echo. T’avais pas 12 semaines, en revanche faut pas trop trop t’asticoter sinon tu retournes dans tes planques, de dos, et plus moyen que tu te retournes : le show ne dure que 3 minutes pour faire coucou, ça me rappelle quelqu’un. Tu n’auras pas une éducation genrée (et aussi qu’il est très galère de trouver des lots de pyjama sans qu’y en ait systématiquement un avec des rayures bleues et je refuse que tu aies l’air de sortir de prison, même entre nous). Je ne te parlerai pas comme à un retardé (même si on va pas se mentir : une fois arrivé, tu seras loin d’être fini), tu es une personne, tu auras le droit à ce qu’on te parle comme à une personne. Avec Amour, sans faire de syllabes qui ne veulent rien dire pour autant. De toute façon tu connais déjà tout blur et Divine Comedy par cœur et pas mal Thérapie Taxi. C’est peut-être un peu tôt pour ton éducation sexuelle, certes, mais en même temps on ne sait pas ce qui vient après la Gen Z. Si ça se trouve la prédiction de Marc Renton dans Trainspotting sera exacte plus tôt que prévu : « Dans 1000 ans, y aura plus d’hommes, plus de femmes : que des branleurs ». Avant de savoir que je te portais, je parlais souvent avec Mr. Panties et ta tante de « Qui sont les gens qui veulent à tout prix mettre au monde de futurs réfugiés climatiques ? », sans comprendre. Maintenant que je suis passée du côté plein de lumières douces à led pastel qui changent de couleur de la force : je peux juste te dire que c’est pas de l’égoïsme. Ni de vouloir à tout prix laisser quelque chose au monde comme un vieux Narcisse, ou la peur d’être seul ou d’avoir tant d’amouuur à donner, nope, buddy : c’est juste les hormones, tu sauras donc en allant acheter des préso si tu es hétéro : que t’as pas intérêt à les oublier si tu veux pas te reproduire parce que le Beta HCG est un social traitre quels que soient les idéaux de la personne qu’il envahit. Aussi tu auras des couches lavables, pas pour le bien de la planète, pas pour faire genre on est des parisiens bobos bios éco-responsables qui se la pètent, non, c’est juste que je filerai pas 1 centime à Pampeursse qui m’aura harcelée pendant 9 mois avec ses pubs sur le oueb et si sur un malentendu tu lâches trois kilos de fleurs en public et que j’ai rien qu’un pull Chanel comme neuf que j’aurai payé 4€ sur Vinted à te mettre sur le cul : j’hésiterai pas à rentrer en soutif, même si ça se passait en plein milieu d’un rayon de Auchan.

Pour celles qui savent pas : dès votre première visite à la mater, ils vont tenter de vous sponsoriser. Moi on m’a filé un Tote Bag Marque CHOSE, avec 1000 échantillons et bons cadeaux pour des trucs moches qui coutent chers pour dépenser la PAJE avant que l’enfant arrive. J’étais impressionnée par les marques apparentes des sponsors dans les stades de foot et sur les joueurs, mais là dessus on vous bat avec un seul ovaire sans le moindre entrainement. On retiendra toutefois le biberon anti-chiasse dans un format acceptable et qui ne te demande pas direct de prendre un abonnement à sa marque pour avoir plein d’avantages (aussi chers qu’achetés en produits un à un) qui servent à rien comme des tisanes détox pour ta mère, qui sera déjà bien détoxée vu le nombre d’oméga trois, de fer, de B9 et de vitamines tous les jours qu’elle s’enfile pour que tu sois nickel, seul truc utile du lot et sera bien contente de s’enfiler un petit demi si elle tient les six mois d’allaitement de comme dans ses rêves. Au prix de ces mille choses qu’on va trouver au rabais parce que ta mère est une championne des bonnes affaires sur le web : on fera des voyages pour que tu vois plus le monde et que tu aies les yeux plus ouverts et tu feras les études que tu veux, le sport, la musique que tu veux pour te donner une idée : je suis même prête à CUISINER si ça t’aide à savoir lire plus tôt. Et Pampeursse se prendra ça dans les dents sur ce qu’on lui aura pas acheté qui pollue, en plus. En attendant j’en profite un peu pour que tu mates tous les trucs que ton père aime bien sur Netflix, histoire de te faire une culture d’actualité avec Bill Burr, Dave Chapelle, Ricky Gervais, Chelsea Peretti, Jamas Acaster, Trevor Noah, Hannah Gatsby etc… même quand ça me gonfle (ça te laisse le soin de développer ton esprit critique tout seul vis à vis de la cancel culture, vu que mon opinion, à terme, tu t’en foutras quand on nous reprochera d’avoir laissé passer Macron… alors qu’on avait même pas de boulot… tant que tu continues à tout mater en VOST et que ton anglais est bon), tant qu’on arrive à bout de revoir Brooklyn Nine Nine avant que t’arrives (level : easy). Sinon pas de bol, c’est pas avec moi que tu regarderas la télé, mais avec un peu de chances d’ici que tu sois pré ado, Sardou, Drucker et tous les acteurs français qu’on se tartine depuis MA NAISSANCE qui hantent les plateaux télé auront enfin disparus. Cela dit ton reup n’est pas fan de foot non plus, donc tu gagnes ça aussi, si t’as de la chance, je vais pas m’intéresser au SuperBowl tout de suite. Et foi de moi, tu ne sauras jamais qui sont Zemmour et Hanouna (mais Nabilla et Afida Turner, plus tard… peut-être).

Donc voilà, le temps de boucler cet article, j’aurai passé la semaine 15 avec bonheur et tranquillité. Un peu de vague à l’âme aussi dû au Covid, mais ton parrain veille sur toi et nous a envoyé un lave vaisselle pour tes bib qui stérilise TOUT. Ta grand mère a déjà envie de claquer toute sa paie pour que tu sois le plus beau de la mater, alors qu’on lui dit qu’on le lui interdit pour se focaliser sur les choses sérieuse. Bien sûr tu auras des tonnes de doudous et mes copines sont déjà folles de toi.

En ce moment comme on en a un peu eu ras le bol de changer de l’eau que pour la Ginger Beer, on teste aussi tous les trucs sans alcool quand on voit quelqu’un et c’est fun (franchement les sites de concours, vous devriez m’inviter pour faire des tests comparatifs), au cas où un jour les débit de boissons rouvrent avec des chiffres Covid bas pour voir un peu de gens et retrouver un semblant de civilisation… quand je serai ronde comme un ballon et qu’il faudra sortir de nuit avec mes gardes du corps, quand les journées seront trop chaudes pour pouvoir rester dehors. Pour le moment (sauf la Ginger Belvoir Bio qui remporte tous les suffrages), c’est pas net de choisir ce qui est meilleur entre la Tourtel twist citron menthe et son goût de chewing gum et la IPA Hollandaise de Casino.

En ce moment aussi, maintenant que je l’ai annoncé à mes plus proches, qui se font une joie à 99%, il y a dans les 1% une moitié de sans opinion et une autre qui va m’apprendre à parenter mieux que moi-même sans en avoir les critères de sélection, cette dernière est fun et ceux qui sont jaloux, ou frustrés (ouais, ça commence, c’est un peu relou on a pris le parti de les ignorer, parce que c’est pas correct, en fait, je ne te fais pas pour le plaisir d’embêter les autres donc on va pas se soucier des réactions puériles). Il y a aussi ceux qui se nourrissent de leur propres fantasmes sur qui je suis et ne me connaissent qu’à 2%… Et il y ceux qui vont bitcher leur propre misère : parce que j’aurai mis du Safran dans leur vie pendant leur Covid !

Meanwhile, surtout je trime et je prépare ta venue. On a déjà des sapes de marques qui vont faire hurler des gens parce que j’aime pas les Mickey et que je veux que tu sois looké comme un p’tit thug tout mignon (je rappelle le sens de l’expression T.h.u.g ici : «The Hate U Give Little Infants Fucks Everyone»). Parce que les gens aiment bitching like the bitches they are, je pourrais donner moult détails… mais j’ai la flemme ou alors c’est mon Bola de Hippie à 6€ au lieu de 99 sur mamancucul.com qui fait effet.

Sauf les frustrations nutritives et La Galère des Enfers que c’est pour trouver des fringues de grossesse vraiment chouette (et pas pouvoir faire des flaneurz alors que j’en rêve littéralement toutes les nuits en matant les casques à paillettes-), y a des trucs supers cools dans la grossesse : pas de règles, pas de migraine (même plus besoin de l’appli f.lux), on peut (et l’on se doit de…) se tartiner d’un tas de crème tout le temps pour plein de trucs, le rêve d’une vie (l’huile pour les vergetures, le SPF 50 pour éviter le masque, un tas de trucs hydratants malgré 2 litres d’eau par jour…), au moins problème de peau (ça refile des merdes au début, temporairement, mais j’y ai eu droit). J’ai pas encore assez de ventre pour être prioritaire partout dans les files et sur les sièges, mais en même temps c’est pas une météo virale faite pour sortir et on trime.

Les gens sont globalement chouettes et avenants. Ceux qui te jugent, sont globalement drôle et ridicules (en + qu’en étant pas enceinte). On ma demandé si j’avais eu des envies de grossesse, nope, vite fait (le bug sur les tarots divinatoires, quelques abus de clémentines, au début), en revanche j’ai les oreilles supersoniques de nuit, et j’ai besoin d’odeurs rassurantes tout le temps autant te dire que tout est fourré au Monoï : parce que j’ai le droit ! J’ai eu les changements d’humeur au début, mais rien d’affolant, en fait, je suis donc défoulée sur les incivilités de rue quand ça s’y prêtait (donc les gens qui t’emmerdent avec ton chien etc. claque la porte d’entrée sachant qu’y a quelqu’un derrière, ce genre de trucs), mais non je suis ne suis pas passée du rire aux larmes. Et je suis pas trop stressée depuis que je sais que tu es un garçon tout parfait, et ça c’est cool. Ta mère te parle et elle est relax. Bien sûr on a eu des retours de PTSD aux dates affligeantes « anniversaires » concernées, mais voilà, t’avoir ne réparera rien de tout ça, à aucun moment je ne t’ai vu comme du pain béni pour fixer ça, je continue le job avec la psy là dessus et on laisse le temps s’emplir de nouveaux souvenirs en espérant que le cauchemar continue à s’effacer petit à petit même s’il y aura encore des réflexe de PTSD, des flashbacks. On vaut mieux que ça. Et dans ces cas là j’ai l’esprit en lutte pour que ça passe vite, et foutre ces trucs là dans la poubelle des pensées, parce que rien ne me gâchera le fait de te porter.

J’aimerais faire une écho par jour parce que tu es plus intéressant que Netflix, mais on ne peut pas, en revanche, il paraît qu’on peut aller à la piscine. Il faut voir si beaucoup de gens ont le droit d’y aller en même temps que nous, mais si c’est pas le cas ça serait chouette, parce qu’il faut quand même continuer à faire du sport et que sans ça je perd la motiv’ pour bosser. Et que le cardio, le renfo, les flaneurz, on ne peut pas.

T’as déjà une nounou qui est étudiante, super fraîche, adorable, déconstruite et lucide et qui en garde déjà plein en qui je peux avoir confiance parce que c’est de la famille d’une famille d’amis. Et t’as un chien, haha, d’avance !

Au moins toutes ces années de démerde vont enfin servir à quelque chose de plus précieux que ma vie d’avant.

On peut voir le tableau noir, mais toi, tu t’es faufilé, j’ignore comment, à pic. Au bon moment, au bon endroit, à la place qui te sied. Je n’ai pas à courir dans les métros. J’ai le temps de préparer ta venue, j’ai un plan pour la suite pour le taf et que tu ne manques de rien. Je n’idéalise pas, je ne vis pas sur un nuage de marshmallows, mais l’orga y est et pour l’instant on est bien. Et puis on a eu la maternité qu’on voulait, parce que franchement, la première qu’on a visité, c’était un peu Shining… Bon on a encore un peu de temps vu que là l’appli grossesse + nous dit que tu as la taille d’un poussin Bantam du Pékin.

Ah ouais, et on a un compte insta pour ceux qui veulent bitcher dans les chaumières et sur les messenger, tu peux nous suivre (quand on est là) sur @mottafacka où vous saurez tout sur mes entrailles.

P.S : il est entendu que je ne répondrai pas aux questions que je jugerai indiscrètes, au cas où 😉, toutefois portez vous bien !

2 commentaires sur « Je serai toujours où vous m’attendez le moins. »

  1. Pardon d’avoir posté en ce moment alors que de toute évidence, vous avez bien mieux à faire que de lire et valider des commentaires qui du coup ne sont plus adaptés à votre situation.
    Je suis abonnée, je devrais être prévenue quand vous posterez à nouveau. 😉
    A bientôt, prenez soin de vous. 🙂

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    1. Bonjour Nathalie, il n’y a pas de souci, c’est vrai que le début de la grossesse n’était pas simple et que c’est beaucoup de changements, j’essaie de lancer un nouvel article depuis deux semaines mais j’ai aussi beaucoup de rdv de suivi et autres, si les commentaires sont ouverts, c’est qu’il ne faut pas hésiter à en laisser ! Belle journée.

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