Cet article sera mis à jour tout au long de la procédure de confinement total (si je ne finis pas coronavirée dans un état nécessitant l’intervention qu’il y aura).

J-15 – Au jour le jour, depuis 15 jours

Puisque l’inconscience des uns et des autres, et je parle de tous, a fait le job. De nos gouvernants, de ceux qui n’ont pas respecté les mesures de sécurité (j’en fais partie, je suis sortie 9h sans précautions d’usage depuis le 29/02/2020). Puisque l’avenir est incertain à tous les niveaux. Que l’anxiété généralisée, la paranoïa et parfois une grande dose d’inconscience, d’irresponsabilité, de manque d’altruisme, de civisme mais surtout d’oubli total de la moindre solidarité, sont présents. Puisque les chars militaires seraient arrivés en IDF le 16/03/2020. On est mardi midi, j’ai rien vu, sauf quelques vidéos de gendarmes sans masques rentrer dans des magasins dans le 18ème. Puisque je suis seule, que je n’ai pas de « refuge » secondaire, qu’il est de toute façon aussi inconscient de partir maintenant contaminer les autres, comme beaucoup ont pris la tangente ces dernières heures, et que les autres trains ont été annulés. Je vais tenir ce journal, en autiste du fond de la classe, depuis mes 48 kilos pour 1,71, à 39 ans, en formation ; avec de récents problèmes pulmonaires et ORL, peut-être pour d’autres pair.e.s, peut-être pour trois neurotypiques de passage qui en auront éventuellement quelque chose à faire, ou besoin de se sentir moins seul.e.s dans une situation similaire.

Je n’ai pas attendu. Depuis mi-février, je me suis mise en auto-confinement. J’ai un petit problème avec les germes… Ceux des autres en particulier. Je connais mon sujet, quand on est en couple, ou en famille, en revanche, y a un truc qui fait que c’est physiologiquement limite une force d’échanger ses fluides à longueur de journée pour ton petit corps précieux. Blessing you.

J’ai passé de bons moments après une année épouvantable et enfin un de peu de remise en forme, à niveau, et pas mal de mises à jour que je ne pouvais pas faire depuis mars pour raison d’attentat à ma personne. Le COVID n’a pu se dire que 3 trucs : « Je la bute, je la traverse ou je lui rajoute au moins 15 jours pour faire sa vie sans être emmerdée par la paperasse? » On verra.

C’était de bons moments. Ou presque. Juste d’être chez moi, avec le chien.  Après 5 semaines d’administration, même quand on sait s’y prendre un peu, ça ne veut pas dire qu’on aime ça. Le cul sur l’imprimante à scanner et photocopier des papiers, des courriers, pendant 5 semaines non stop. Depuis le 09 janvier. Si vous avez déjà coordonné des appels d’offres complexes (je parle de ceux qui pèsent plus de 15 kilos à la fin, copies comprises), dites vous c’est de la pisse de chat par rapport à mes dossiers en cours. (oui même sur les infrastructures du Grand Paris, je connais mon parchemin).

Je sais vivre bien en étant seule (à vrai dire, je ne comprends toujours pas comment on peut être bien avec les autres en ne sachant pas l’être avec soi-même). Mais tout le monde n’a pas « la chance d’être autiste de ce point de vue là », comme dit le psy. Ça n’a jamais été aussi vrai aujourd’hui, je ne peux pas dire que ça me chiffonne, sauf l’inquiétude pour mes proches.

Une fois à jour, j’ai même réussi à ne rien fiche plusieurs jours durant. Bizarre, ou peut-être étais-je fatiguée. Ou peut-être le cerveau qui sans forcément vous le dire, mais sait parfois mieux, ou juste fait le nécessaire pour protéger l’ensemble du Package, parce qu’on est quand même pas trop mal foutus, mécaniquement parlant, va savoir comment le Big Bang a fait le truc, s’est mis en pause. Je me suis pas trop reconnue.

Je l’avais déjà fait en 2014. J’étais encore fatiguée. La vie de TSA même en ayant l’air de péter la forme, est une vie de personne épuisée. Pendant 3 mois. Je ne voyais que mon amoureux de l’époque, qui venait une fois par semaine, un long moment. Les caissières et le buraliste. Les voisins, le gardien. Le minimum. Vraiment, c’était génial. Et ma BF de temps en temps. Pas de surchage mentale, pas trop d’informations à procéder. La journée, je faisais des bijoux. 150 en 1 mois… Aujourd’hui, j’ai des stocks à revendre et je m’y remets, mollement.

Il y a 2 ans aussi. Pendant 4 mois, je ne suivais que des MOOC sur la Transformation digitale, le Marketing et la comm’. Et puis les 3 semaines à la Bourboule, l’année précédente. À avoir les échanges minimum pour les besoins de base, et surtout pas nouer d’amitié, sauf mon BF avec qui on bitche, on rit, on chante, on mange, on boit, on part en vacances tous les 10 ans, je crois que c’est globalement tout ce qu’on sait faire, mais c’est ça qui est chouette, ça fait 23 ans. Il est passé 3 ou 4 jours. Le reste ne fut que randonnées en solitaire, sans carte au préalable, avec le chien. De la grimpette, de la marche, des chevaux, des maisons bizarres, des nuages de fées, comme en Islande.

Mes meilleurs moments.

 

Là, le début de l’histoire commence plutôt comme dans Mad Max… ou 28 jours plus tard. Nostradamus n’a pas donné de détails sur la durée exacte, Paco Rabanne et Agnès Buzyn non plus : vous avez sèchement merdé. Juste ça faisait au bas mot 30 ans qu’on savait que le début du millénaire serait emprunt de catastrophes naturelles, sanitaires, économiques, de pandémies et de terrorisme. Mais c’était y a 30, on en avait rien à foutre, non plus. Comme les pesticides dans les années 50. On sait, mais on fait l’autruche jusqu’au pied du mur.

J’ai remis de l’ordre dans mon appart et mes affaires avec un grand besoin de faire une coupure avec passé et des objets qui n’avaient plus leur place dans mon présent. J’ai pas fini. Peut être j’aurai le temps d’aller finir de ranger ma cave et de faire ma formation en même temps (j’y crois pas trop, faudrait déjà que je termine un autre site @ que j’ai pas pu avancer à cause d’interruptions des programmes trop récurrentes, la priorité c’est ça). Ma formation en cours sert aussi à y appliquer mes cours et mes projets.

 

J-4 avant la quarantaine. La fête du slip bats son plein. Il va falloir beaucoup de PQ.

 

Vendredi 13 mars. Après mes mises à jour et auto-confinement, et une bonne journée à passer l’appart au Sanytol, me voilà prête à sortir un peu. Aller au café où j’ai mes habitudes depuis… Ouille… 13 ans? C’est comme un village, on se connait, on est voisins, on a le même terreau culturel, on a tous une ou plusieurs personnes qu’on connait en commun, même si elle ne viennent pas forcément. ou qu’elles ont déménagé Des résistants et des vieux de la veille. C’est Ici Chez Moi. Depuis la rue St Maur à Belleville, de Père Lachaise au quartier Charonne, j’habite Bellevillemontant. En face de chez Christian. (ceux qui sachent sauront).

J’ai réappris après des coups très durs, qu’il fallait, avec ma condition, garder de la sociabilité, parce que tout seul, même par confort, c’est pas très bon en cas de Down (sauf si vous avez une île déserte à dépanner, quelques millions, une bonne connexion Internet et un service de livraison aérien, pour la junk food… C’est pour une amie). On a dit de bien nous laver les mains, de prendre un peu de distance, de faire gaffe à nous. Les consignes ont été à peu près respectées. J’ai slalomé et ai marché ces 15 jours avant aux 3 sorties obligatoires que j’avais. J’ai acheté un bidon de gel hydroalcoolique pour la maison 20 jours avant le confinement, 3 euro 92, entre deux, un masque réutilisable, que j’attends toujours. (qui au 21/03 est à l’aéroport international du.. Laos). Ok un masque à filtrer la pollution, ce sera toujours ça que les boches auront pas, déjà éviter les cracheurs tousseurs, qui ne se privaient toujours pas de tousser gras à plein poumons sur des mètres, les 15 jours d’avant. Ces boomers, toujours bons à te dire « Gneuhgneuh, de notre temps y avait de l’éducation », et qui ont laissée la leur aux gogues depuis. Je me suis hydroalcoolisée les mains à chaque sortie de métro, que j’ai pris une fois, de magaz’, (le strict minimum, j’aime pas les  magasins). Les mesures. Mes mains n’ont jamais autant picolé.

Dites à  un français de se laver les mains, et dans 80% des cas, il ira se les rincer dans sa merde.

J’avais fait un plein de nourriture deux semaines auparavant. J’étais quand même retournée au Casino pour du Sanytol et de la cire pour le parquet, ce vendredi. J’ai pas fait le rapprochement tout de suite avec les caddies plein de PQ et de pâtes, j’étais trop occupée à slalomer et passer à la caisse automatique où y avait personne, pour une fois.

J’avais besoin, j’avais le droit de sortir.

C’était bien. Après une semaine à prendre des bijoux en photo et continuer les mises à jour. Et pas mal rien fiche, aussi. On était entre copains. J’ai du mal à sociabiliser. Je peux passer des semaines seule à ne pas parler. Je n’aime pas les sms. Là j’en envoie plein, ça me coûte un organe en énergie à chaque fois. Je n’aime pas le téléphone, alors si je t’appelle, c’est que je tiens à toi. Si je te réponds aussi (il vaut mieux me solliciter en premier quand même). Quand j’ai besoin d’aide, je me laisse crever un peu avant, en revanche. C’est pas bien, mais je fais des efforts, là aussi. Faut que j’ai bu une bière pour devenir volubile et que tu sois mon ami, mon ami restant un bien grand mot. On me reproche de parler beaucoup une fois dehors, mais les gens ne réalisent pas qu’en ayant pas leur sociabilité, entre l’anxiété en toile de fond, la fatigue invisible, et le peu que je parle le reste du temps à part à mon mur facebook (dit aussi « la poubelle à crachats » et des pair.e.s sur le web, ou le chien, je cause peu. Les gens croient que je suis toujours comme ça. Au café, y en a je les énerve. Ça m’a gênée, un moment. Maintenant j’en ai plus rien à foutre. Vous jugez. Votre problème. Sauf Da-Crush, il juge pas. Ou alors je l’ai pas encore vu faire. J’étais là avant. Même moi j’étais pas au courant, c’est F. qui l’a dit un soir « Nan, mais si y a UNE ancienne, ici, c’est Joy ». Butain, je sais pas d’où elle est sortie, je discutais musique avec W. quandça a pop up de l’autre côté de la table, je m’y attendais pas du tout. Ouais j’ai fait 3 after depuis février, j’ai cru que j’avais 18 ans. Comme quoi, on peut créer de nouveaux liens même des années plus tard. J’aurais pas cru. J’ai une nouvelle pote. Elle s’appelle Barbie, elle aussi. Elle est NT, on se voit pas trop à cause de ces conneries de COVID, mais on échange pas mal par sms et qu’est ce qu’on rit.

Ce soir là on est rentrés avec Z. faire plus ample connaissance. On a rebu des bières, on s’est fait écouter de la musique. J’ai découvert Yargo, je conseille (sur Youtube, c’est pas sur Spotify, pour ceux qui aiment la funk). Z. ne parle pas trop. Chais pas je lui trouvais un air agressif quand je le connaissais pas, mais comme j’ai aussi des problèmes de prosopagnosie, je trouve basiquement que tout le monde a l’air hostile quand je ne connais pas. C’est les joies des TSA. On nait et on vit dans un environnement basiquement hostile par rapport à votre aisance sociale innée, où la seule option disponible à ce jour est de nous adapter et jamais le contraire. Au pire vous nous trouvez originaux, décalés, timbrés et autres, on la connait la blague, on laisse dire, parce que quand on vous dit qu’on est autiste, dans la minute qui suit, en général on voit ça  :

On ne demande pas aux aveugles de voir. Sauf ceux qui sont aveugles du cerveau. Il paraît aussi que quand ça se voit pas ça existe pas, mais j’ai pas vérifié, dans le doute je préfère partir du principe que tout existe. Z. est parti à 4h, mais j’avais des trucs à finir et pas sommeil. Je suis allée dormir à 11h08, quand j’étais à jour, je me suis réveillée à 14h36. C’était court, mais j’ai bien dormi. J’ai refait des trucs après. Mais si je dors l’aprème, ce qui m’arrive que tous les 2 ans, et là 2 fois en 4 semaines c’est trop, bah bien obligée de ressortir pour être fatiguée de quelque chose et ne pas faire nuit blanche, je crains l’insomnie comme le COVID-19.

J-3

Le samedi j’avais encore de la nourriture. Je ne me suis pas posée trop de questions. Bien sanytolée en mes planques. J’ai lu et vu sur les réseaux que les gens continuaient à remplir leurs caddies de pâtes au péku, en me disant que ça leur passerait. La médiocrité, c’est plus dur à torcher que le reste. Ça demande beaucoup, beaucoup… beaucoup de papier toilette. Perso, j’ai toujours un paquet de lingettes pour bébés au cas où. Mon cul le vaut. Disons en cas de rade, ça dépanne, surtout pour sortir acheter que ça. Flemme.

Malgré tout le PQ envolé, et toutes les nouvelles anxiogènes et sérieuses sur le sujet, et les fake news, et les gens qui ont trouvé un moyen de faire des memes sexistes (nos Yétis vous emmerdent, hin), je suis sortie. J’emmène le chien pour avoir la paix en route, c’est la seule erreur que j’ai commise l’an passé, de ne pas l’emmener, maintenant je n’oublie plus. Sauf si le trajet nécessite un taxi. Über -viol, j’ai boycotté.

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En passant sur le trottoir et comme la quarantaine commençait à se faire sentir, j’ai croisé directement le gérant, délégué que je connais depuis 13 ans, qui n’était même pas le gérant à l’époque. Il a ouvert grand ses bras avant de me faire la bise et de me dire « Hey au fait, ça ferme à minuit, après on est obligés de fermer, on ne sait pas pour combien de temps ». J’y croyais pas, mais c’était plausible. J’ai acheté un-paquet-de-cigarettes. Je fume 2 à 3 clopes par soir, uniquement quand je sors, si la soirée dure, je taxe. J’ai acheté des clopes pour ceux à qui j’en avais taxé depuis janvier. Le tout c’est de ne pas en avoir chez moi. 10 clopes par mois max, ça va, je trouve. Une soirée douce amère.

Pas d’accord pour crever, et pas envie de se quitter. Des embrassades, des hugs. Tout c qu’il faut pas. Mais bien gelhydroalcoolisé. Je n’ai entendu personne tousser.

 

J – 1,5  On va tous Crever. Juste on sait pas quand et comment. Panique générale.

Le discours de Macron. J’épilogue ou pas?

Résumé :

C’est la guerre, allez courir dehors, pas de panique. Lisez L’art de la Guerre et Toltoï, d’ici là : vous avez le tiiiiime.

On a du fric pour les entreprises, donc allez bosser, les transports en commun continuent de rouler.

Dans tous les cas on en aura plus après, de pognon : vlan. (mais allez bosser, hin).

Bref : crevez comme vous voulez.

Le mec a résolu le problème du chômage, des retraites, des places en Ehpad, la crise du logement, le trop plein de SDF, en 20mn. Une vraie Start Up. J’ai pris un sacré cours de Marketing dans la face. Ça pique encore un peu.

 

Jour 1

 

9h. Au tel avec ma BF confinée dans l’appart de son ex, qui s’est tiré ailleurs avec les gosses. Elle garde le chat. Elle est allergique aux chats. C’est limite si elle devait pas dormir sur un matelas de buanderie, sinon, parce que l’ex et la fille qui vit avec lui déménagent : c’est devenu trop grand. La classe. La discussion se terminera sur « Je te laisse, je dois absolument faire caca » et « Oué tkt, j’ai mon gardien à la porte » (qui nous a distribué les fameuses attestations ausweis… que les pénuriens de papiers wawas ne méritent pas). On a sauvé l’essentiel. On va pouvoir planifier un apéro visio.

Avant midi, les gens sont toujours en train de défiler sous mes fenêtres avec des caddies des sacs de courses et quelques valises. Sympa pour les autres. Vous vous exposez et vous vous comportez comme des animaux. La France est sauvée. On a jusqu’à midi pour faire ce qu’on a à faire, mais non, vous, votre truc, c’est ça : dépouiller les autres. Merci de perpétrer l’angoisse et la panique. À bientôt dans les hôpitaux militaires. Vous n’y croyez pas? Beh moi ça a été mon secteur de métier pendant deux ans. Vous pouvez aller travailler, les gens ont couru, encore, vider leurs comptes au DAB et remplir leurs Caddies. Sans la moindre précaution. Remplir les ambassades et les gares pour essayer de se tirer à tout prix, comme si King Kong venait de grimper sur la Tour Eiffel.

Samedi, j’ai reçu une notification pour un colis à mon point relais habituel. Fermé. Hier au matin, un mail de Vype, pour une promo jusqu’au 30 avril, avec livraison express gratuite le lendemain, une recharge achetée une offerte, de quoi tenir un bon mois. Je n’aurai rien, je pense. Au 21/03, ils persistent à dire que si. J’attends de voir le statut « en attente d’expédition », changer.

Le marché sur le boulevard de Ménilmontant : ouvert. Tous les magasins : ouverts. Les écervelés qui font la queue. Ceux qui remplissent les gares, entassés pur y entrer et montrer leur ausweis. Tous exposés, bientôt infectés. Je n’aurai aucun émoi si je ne me retrouve pas à l’hôpital pour ceux qui paieront de leur imprudence. À la pharmacie, pour avoir de l’avance et ne pas devoir y aller tous les 4 matins pour les traitements migraineux et d’asthme allergique, une femme âgée, sans masque, qui parle avec la voix enrouée en citant tout ce qui lui passe par la tête. Ma pharmacienne habituelle, ennuyée, qui répond malgré tout, sous son FFP2. Leurs masques à usage unique, à tous… que vous ne savez pas porter : vous me la copierez. En sortant, deux hommes de la soixantaine, un avec masque l’autre non, dans l’entrée de la porte, au lieu de se tenir au bandes au sol. Je dis « UN MÈTRE », c’est tout ce que je sais dire depuis deux semaines, l’autre « Oui, bah si c’est pour sortir, hin ». Et il ne bouge pas. Je répète « UN MÈTRE », l’autre « Oui, c’est vous qui crachez partout sans masque ». Je ne crache pas. J’utilise les mots minimum. Je me tiens à deux mètres minimum. Bien souvent, puisque les gens ne se tiennent pas à un mètre, je retiens ma respiration. Sinon j’attends qu’ils passent. Le type a raison : j’ai oublié de chier mon masque ce matin. Ton masque bleu qu’il faudrait changer toutes les 3 heures : LOL.

Certains préfèrent avoir de la nourriture en commençant par le frais et les cochonneries, les pâtes et puis du péku. Le riz, pourquoi faire? Et les fruits et légumes? Et puis le savon, c’est pour les faibles. Vu sur Twitter : Lidl dévalisé la veille, le peuple a besoin de chocolat et de comfort food. Toujours dans la promiscuité des uns et des autres. Depuis 19 jours, donc, je n’ai vu personne se passer de gel hydroalcoolique sur les mains en sortant d’un magasin ou du métro, j’étais la seule. Personne tousser dans son coude. Hier soir j’ai passé ma porte au Sanytol, l’intérieur et l’extérieur, toutes les poignées, les interrupteurs, je n’ai pas oublié le frigo, les placards, les boutons de cuisine. Les gens vont travailler pour leur petit capital. Patrons coupables. Dans les métros, les RER, les transiliens, les bus affluent dans la ville pas encore assez fantôme. Votre emploi sera bientôt le mien, car vous oublierez les consignes. Vous ne les appliquiez pas hier. Jean-Tarba et ses belles chemises, qui vantait la gastronomie française avec des goûts plutôt douteux, allait se tenir la nouille aux chiottes avant de serrer la pince aux potos à la cafett’ et faire la bise à Martine, qui faisait une réaction allergique à sa barbe à chaque fois. Vous pouviez être solidaires, vous pouviez dire au patron que c’est le télétravail ou le droit de retrait, les responsables c’est eux, mais il semblerait que ça ne puisse arriver qu’aux autres. Le tri va être beau. Vos masques vous ne changez pas et que vous auriez dû laisser aux hospitaliers. Vous vous la pétez bien avec vos masques, ça vous immunise de tout, de la connerie, et de vous tenir à UN MÈTRE, comme de vous laver les mains et de changer de sapes ou enlever ses chaussures en rentrant chez soi… Ceux qui portent leur masque sur la barbe, fallait l’inventer celle là. Juste maintenant sous ma fenêtre, un type chante « au clair de la lune ». Dans l’immeuble en face, les gens s’assoient côte à côte sans protection. Ils grattent leur pelouse, s’occupent de leur compost.

Je mets mon gel hydro chaque fois que je vais aux toilettes, avant, après. Manger, avant, après. Je sors le chien, je pousse les portes du pied, ou j’appuie sur les boutons d’ascenseur avec mes coudes, etc. Je ne touche rien, je détache le chien, et j’ hydroalcoolise mes mains. J’ouvre avec les coudes et appuie sur les interrupteurs pareil, même chez moi.

Pourquoi vous avez si peur d’être seul? Ah oui, la confrontation à soi-même. Les remises en questions. On est mal, sans conditionnement, il paraît. Moi ça va j’ai des problèmes d’adaptation aux autres, pour une fois la situation est mon avantage. J’attends l’hécatombe depuis mon Mirador. Vos hashtags, et LOL, me dégoûtent. Je peux vous insulter d’ici, si je veux. Plutôt regarder mon vernis qui s’écaille, des derniers moments de partages de vendredi et samedi soir, quand tout n’était pas encore fini. Avant vos brunchs dans les parcs le lendemain, et sur le canal Saint Martin, la veille les inconscients c’était nous, le lendemain tous au marché d’Alligre. « Bah parce qu’il fait beau, ça tue le virus ». Breaking News : NON. Moi non plus, je ne regrette pas… d’être une patate de canapé qui a toujours de quoi faire. Pour mille ans. Mais même 45 jours, si c’est possible, ça m’arrangerait bien.

12h50, j’entends une valise rouler dans le couloir. Allez bien vous faire Coroner dans vos campagnes. J’ai vu le hashtag « Parisiens ». Vous croyez que Paris est une ville de riche?

Renseignez vous. Et n’allez pas croire que pour ce tiers de la richesse du pays, ce soit les riches qui fasse le job.

Rappelez vous aussi, que ces Parisiens qui portent tous les maux de la province est constitué à majorité de parisiens d’origine.

13h30, enfin plus un bruit. Juste des personnes dans la rue en train de boire de la bière.

13h43. Une ambulance ou un camion de pompier au loin. Une personne qui tousse, après. On y pense forcément. J’ai un frisson  à chaque fois, mais pas la chair de poule.

14h45. Ma Responsable de formation elle aussi était dégoûtée du comportement des gens, et on se dit que c’est scandaleux.

15h00. Mon site de Vapote ne peut pas me donner une date exacte de livraison « express le lendemain, peut-être en fin de semaine, recontactez nous », via le chatbot , mais confirme que mes commandes seront livrées quand même. J’ai rempli mon attestation, je suis allée sortir le chien, et enfin Paris était presque vide. Devant le tabac, le papi qui sortait avant moi a dit « J’espère qu’il est pas méchant, au moins? »., en parlant du chien. Je groupe mes raisons de sorties pour ne pas les multiplier. Est ce qu’on vous demande si on espère que vous avez lavé votre cul avant de sortir? NON. Je n’ai pas répondu et j’ai gardé mon mètre de distance. « Pfff, la culture, hin ». (j’ai pensé « Wesh, grave, plus que toi, en tout cas ») Je pense ça va être comme ça tout du long du confinement. Étant moins nombreuses dans la rue, ils vont se lâcher, nous dire une merde à chaque sortie. Juste après, encore un gars avec une bière. Je sais même plus ce qu’il a baragouiné. J’écoute plus. J’ai gardé mon mètre de distance. Allez tous vous faire confiner. Les magasins d’alim’ : plus de queue. Fini l’Allemagne de l’Est, plus qu’à attendre les livraisons, et pouvoir faire mes courses pendant qu’ils bouffent leurs pâtes au PQ. J’ai mangé du pain de seigle avec de la brique dessus et 2 bananes, ce midi, c’était pas si mal. Et puis j’ai mis du muesli et des canneberges dans mon pot de yahourt de 1Kg. Pour plus tard. Je me serais quand même bien enfilée une pizza 4 fromages Ristorante (je vous conseille, avec un toping avec encore du fromage, c’est les mieux au meilleur rapport « qualité »/prix). Je vois pas comment Lidl sera moins blindé qu’avant le confinement quand j’aurai besoin d’y aller faire un gros plein. On verra.

15h15. Quelqu’un écoute Bananarama à fond dehors. Là, l’apocalypse, tu la sens. Bono a fait un titre, aussi, c’est un signe.

J’ai aussi un petit syndrome grippal depuis ce matin.

 

Qui s’appelle MES RÈGLES. Mais ça va, j’ai du Dafalgan. (la pharmacienne a tenté de me filer du 500mg, elle a cru j’avais pas vu la dernière boite de 1g sur l’étagère derrière en priant que quelqu’un ne la rafle pas avant moi).

Dans les barres des grands immeubles d’en face, pas de confinement. La garden party est permanente. J’attends de les voir tomber aussi. Si tout s’aggrave, avec une baisse de la demande… les loyers chuteront aussi. Je suis dans la phase utopique de la pandémie. J’ose même croire que je pourrai faire des courses de « pas que ce que les ostrogoths auront laissé ».

19h04. Les gens font de la merde malgré les mesures. Je sors le chien avec mon attestation, et ce sont toujours les mêmes errants. Qui ont pour la plupart des domiciles, qui alpagent, ont besoin de dire quelque chose à tout prix. Font chier. Je vous le dis, les meufs, particulièrement celles qui vivent en ville, protégez vous, ils vont nous emmerder jusqu’à la fin. De jour comme de nuit.

20h, applaudissements de toutes les barres du bloc d’immeuble en face pour les soignants. Cor, Saxophone, Youhous, 15mn. Malheureusement les mêmes qui « confinés » disposent de la pelouse intégrée au bas de l’immeuble, et ne prennent plus la moindre précaution, que ce soit pour s’occuper à faire du sport ou laisser les enfants jouer entre eux. J’ai peur qu’ils s’infectent au point de l’hécatombe. Le pic de contamination, aux dernières nouvelles, a été annoncé pour le 29 mars. Contradiction : là tu as vraiment peur que les soignants soient débordés au point de la menace de triage qui pèse. Le confinement de pelouse d’immeuble : vous être des gros malins.

J’ai filmé. J’ai publié la vidéo des casseroles aux fenêtres. Le saxophoniste qui a très mal improvisé un « Bella Ciao ». Le lendemain j’avais 3,3K vues. Ils vous en faut peu.

 

Jour 2 – La quête continue.

Lever 6h30. Nouvelle prévision de faire des courses. Comme une majorité, je n’ai pas les moyens de remplir un chariot, et passer 150 euro en une fois pour des réserves. Ce qui signifie aussi qu’il faudra y retourner souvent. Fini Lidl et mon caddie de 70L pour 40 euro, sans me priver de bons produits. 42 euro pour… 1 sac.

8h00, je regarde les horaires d’ouverture de chaque commerce de proximité que je connais. Lidl ouvre à 9h : trop tard, ils seront tous agglutiner à la porte d’entrée. Comme ils ont fait la queue pendant 2 jours jusque devant la grille de la porte d’entrée quand j’ai voulu promener le chien, sans s’écarter pour je sorte. La même au DAB, dans l’espoir de rentrer au bled. Je peux comprendre l’envie de partir, dans une autre ville ou dans un autre pays, mais pas celle d’exporter le Virus chez les voisins et de le propager en toute inconscience pour son bien-être personnel.

 

Sans confinement, le magasin est toujours rempli. Je ne tenterai pas. Les rayons sont rapprochés, la distance d’un mètre entre l’absence de civisme et le nombre de personne qui y ont leurs habitudes : plan mort. Casino : très grand. Trop cher. Carrefour City, je tiens ma chance, mais toujours la queue. G20 à côté de l’immeuble, les rayons sont vides, ce sont les courses de survie que j’ai réussies à faire en Jour 1. De la soupe, du pain de Seigle, personne ne mange de pain de Seigle, et pourtant ça se conserve mieux, et c’est pas plus mal pour la santé. Mes bananes. Je ne vis pas sans mes bananes, comme Philippe Katerine, j’aime qu’on me laisse manger mes bananes toute nue sous mon peignoir avec mon ma bambilla de maté/miel/citron/gingembre/thym/tea tree chez moi le matin au réveil derrière la fenêtre du web : un sacré exercice, certes, mais rechargeable 3 à 4 fois avec les mêmes feuilles. Meilleur pour le corps, meilleur pour le cerveau et la concentration. De la purée de marron, je ne mange jamais de la fucking purée-de-marron, je ne savais même pas que ça existait. Des choux de Bruxelles en boîte. 3 canettes d’Heineken.

Carrefour City est plus alléchant, j’ai réussi à faire ma provision de Gnocchis Pôtôtes, une fois que c’était vide. Dieu sait comment il restait 500 grammes de fromage râpé et un sachet de Grana Padano. Du péku éco, mais le cher. Qui dure longtemps.

Bon pas de Lidl, donc au G20. Maintenant tout le monde à une idée du Communisme, comme dit Leila. Ne pas utiliser 1 seul rouleau par utilisation, ça marche pas mal aussi (j’ai testé). Est-ce que les gens ont redécouvert le lavabo depuis? Y a t il un sondage Ipsos sur la question?

Du jus d’oranges 100% : le sachiez tu? Combiné au Zinc, la vitamine C est pas mal du tout pour renforcer le système immu (Michèle Laroque rules : pas de petits moyens). L’ail aussi, mais pénurie. Mais non, les gens préfèrent les pizzas, connues pour leurs bienfaits en cas de pandémie. Autre miracle : le chocolat noir aux amandes. Plus de Chips Bret’s au piment d’espelette (j’ai fait tous les tests gustatifs de chips : les meilleures, avec un peu de Harissa, spécialité typique du quartier : un régal). Oubliez aussi toutes les harissa « traiteur », rien n’égalera jamais le Cap Bon. Ils ont caché les croquettes pour bouledogue derrière celles pour bichons. Je les ai trouvées quand même. Le miracle de mes galettes bretonnes, ok seulement 2 paquets pour le prix de 4 au Lidl, mais ça reste une valeur sûre. Hier j’ai aussi découvert qu’un smoothie était caché dans le frigo.

BREF : j’ai de la NOURRITURE. Le magasin n’était pas plein, toutefois certains ont toujours des problèmes visuo-spaciaux sur la notion de distance métrique. Alors moi, je fais simple : quand le slalom n’est pas possible, grosse astuce : J’ATTENDS. Toujours pas de masque, j’ai trouvé nulle part où en voler. L’écharpe? On ne sait pas combien de temps le virus se molletonne dans les sapes comme dans un petit nid douillet, malgré les fakes news.

À part ça, votre manque de civisme est autant responsable des morts à venir, mais tant que vous passez en premier, ça ne vous touche pas. C’est beau la criminalité. Aux chiottes le rapport de cause à effet.

J’ai. Vaporisé. Du. Sanytol. Sur. Mon. Caddie. De. Courses. (et nettoyé la poignée, obviously)

Bref j’ai troqué mon parfum habituel pour la senteur « Hôpital », by Covid-19, Paris. Ça repousse au moins les mouches et le H1N1. Le chikungunya, je sais pas.

Capture d’écran 2020-03-18 à 10.54.45

J’ai de la foutue nourriture, c’est tout ce que je sais, je suis opé pour juste promener le chien. J’ai la chance d’avoir vue sur le jardin où je sors mon pangolin et de savoir préalablement si y a de la circule ou non. Il paraît qu’on sera un sur deux contaminés.

10h47 : j’ai 13 minutes chrono pour m’enfiler deux bananes supplémentaires avant mon rendez vous téléphonique avec mon conseiller Cap Emploi, je suis large.

De 11h01 à 11h08 : pas de conseiller Cap Emploi. 2 appels, 2 mails pour tracer, ils sont fichus de dire qu’on les a squizzé pour suspendre les allocs. (je les connais bien, j’attends toujours qu’ils incluent mon avant dernier contrat dans leur calcul : j’estime que 647 jours de droits : ç’pas assez.)

J’ai aussi lu que suite à ce que la Corée du Sud ait testé tous ses habitants : les vecteurs principaux sont la population des 20 à 29 ans, parce qu’ils échangent entre eux plus que les autres.

Sur les réseaux aussi, je vois beaucoup de Mamans, déglutir la garde de leurs enfants à domicile. J’aurais plusieurs solutions écologiques, mais j’imagine que je pourrais me faire caillasser en retour (en plus c’est carrément du recyclable et y a un vrai bonus au niveau du Climat, mébon). En revanche abandonner ses animaux de compagnie qui eux ne sont pas vecteurs de propagation : pas de problème. Chez ceux d’en face, j’en ai vu pas mal se dormir dessus, quand il faisait beau sur la pelouse.

11h43 : OMG : DES GNOCCHIS !

L’aprème : j’ai vu tous les sports défiler sur la pelouse en face : badmington, yoga, taï chi, vélo, roller quad, foot, jogging… Ils s’ennuient à 100 sous de l’heure en face.

 

Jour 3 – La quête continue toujours.

Je suis allée chercher mes rabs de pharmacie qu’y avait pas lundi, y avait personne. On était bien avec ma pharmacienne d’origine slave avec qui on se dit bybye dans la langue à dire que les gens en ont rien à foutre des mesures et que c’est scandaleux. Faites du sport les petits moutons. Mais le sport c’est trop chiant, le lendemain, plus personne.

Y avait du gel d’Aloe Vera bio 200mL à 9€ moins cher qu’à Aroma-Zone qui est fermé. Vous me connaissez, c’est la période idéale pour faire peau neuve avant l’été et avoir un appart tout proprinou de ouf.

Je ne pensais pas en arriver là dans le blog mais pour combler (sauf l’article sur les gnocchis) : j’ai mangé des sticks de mozzarella décongelés, c’était vraiment pas les mêmes que ceux dont j’ai l’habitude, j’ai du rajouter du fromage fondu pour avoir ma dose.

J’ai eu A. mon pote chamane du café au tel, qui s’emmerde autant que d’autres NT en plus d’être dans une situation moralement éprouvante, qui navigue quand même entre 2 uniques lieu de la famille. Mais qui a un masque, quand même. Un masque de scooter… Ils me manquent tous, ceux du café qui ont pris le relai-béquille à joy après ce qu’il m’est arrivé quand tous les autres ont fui. (Je mens ils me manquent pas encore, ça va on a des gsm, juste dans 3 semaines, je ferai pas la même gueule, si on en est au même stade, ce qui est parti pour).

Je lui ai proposé quand même de venir boire de l’eau chaude à la maison s’il veut, après tout maintenant qu’on est dans Walking Dead on porte tous plus ou moins du COVID-19 sur nous  et j’ai un dessus de canapé lavable et du gel hydroalcoolique, on peut totalement se parler à 2 mètres de distance (tant qu’il garde son masque de moto). J’ai repassé toutes les poignées de tout, et l’extérieur de la porte d’entrée au Sanytol, parce que ça Nytole tout dans la baraque. Et ciré des meubles et le parquet, et ciré toutes mes pompes en cuir noir (5 vu que j’ai vendu toute ma vie à l’étage et que j’ai peur de découvrir le bordel de 39 ans de vie malgré 4 déménagements… j’attends sûrement encore plus d’infectés pour en arriver là, et devoir vraiment me terrer dans mes planques avec le chien).

J’ai pas compris ce qui se passait, d’un coup, j’ai eu mon conseiller Cap Emploi en ligne, ça devait être hier, mais je suis restée sans nouvelles, comme on devait se capter depuis le 4 mars, j’attendais plus, donc lui par rapport aux autt’ qui gèrent les droits qui m’ont fait la zermi et perdre 3 mois de formation, surtout, il m’a tout expliqué CLAIREMENT, et a priori, ça va finir par être sur la bonne voie que j’ai pas à choisir entre payer la formation ou mon loyer. J’en ai tellement ras le bol de la paperasse que pour une fois je vais attendre demain pour m’en occuper. On était bien avec mon conseiller Capemploi à dire que les gens en ont rien à foutre des mesures et que c’est scandaleux.

Ensuite, entre 2 cours, j’ai eu mon rdv avec le psy par téléphone. Je crois que ça m’a détendu les épaules par rapport à mes problèmes mnésiques auxquels je suis confrontée en face de mes cours alors qu’avant je me noyais dans l’apprentissage comme dans du Peanut Butter et que je pouvais y passer 10h sans problème, et que là je suis passée de 60% de mes capacités perdues depuis l’attentat que mon corps a subit à 70%, que donc c’est pas encore ça et que c’est encore plus frustrant en étant en formation. On était bien avec mon psy à dire que les gens en ont rien à foutre des mesures et que c’est scandaleux.

Après la panique générale, les premiers témoignages de gens sur twitter, de soignants et aussi d’amis facebook qui ont été testés positifs sur la COVID, tombent.

Mes voisins en face après avoir éclusé tous les sports qu’ils connaissent la veille, là ils sont comme ça :

Avec autant de vecteurs de transmission que faire se peut, autour :

Je rappelle à titre préventif que le PIC de l’épidémie a été avancé du 29 mars au 24, et que c’est grâce à vos conneries, que non contents d’être contaminés malgré avoir pris toutes les précautions possible… Dans moins de dix jours, ça va finir comme ça :

Je rappelle aussi à titre préventif, même s’il faudra des hôpitaux effectivement plus que saturés pour que les mêmes qui vont bouffer des pâtopéku pendant 2 mois après leurs petits divertissements sans attestation ni préoccupation, que des gens risquent de venir agresser les autres, pour du fric, pour des viols. Mon psy a déjà eu une patiente qui s’est faite agressée dans le métro vide.

Prenez vos précautions. Prenez le strict minimum quand vous sortez. Ainsi que de quoi vous défendre, parce que c’est toujours quand on croit être tranquille qu’on se fait emmerder, idéalement (et vous pouvez le fabriquer vous même à moindre frais) :

 

 

Inconvénient : c’est un peu lourd à porter et à manier (entraînez vous : on nous a dit de faire du SPORT)

Avantages : ça maintient la distance raisonnable d’un mètre préconisée PARTOUT (voire plus). C’est facile à réaliser (vous avez tous un manche à balais chez vous et quelques objets contondants), sans avoir besoin de se faire livrer, puisqu’on peut plus commander sur internet. D’ailleurs j’hésite de plus à sortir avec ma tenue d’escrime et mon masque, l’épée d’1,10 mètre, pour garder la distance.

Je vois déjà les plus capitalistes d’entre vous s’en faire pour leur consommation habituelle de trucs qui servent à rien : ouvrez un compte N26, mettez le fric des trucs que vous auriez bien voulu dépenser là maintenant tout de suite dessus et que vous aurez oublié d’ici là, pendant qu’on peut plus acheter que de la nourriture et des clopes pour les accrocs au goudron dont je fus partie, et là l’épargne, elle y est. Je commence à manquer drastiquement de pognon, je ne peux rien vendre non plus. Paypal se gave bien en renouvellement mes annonces de ventes sur ebay toutes les semaines.

Le soir : apéro Whatsapp avec la maman de mon filleuil. KO à la 3ème Heinek.

Et une meuf de TF1 qui m’a demandé de refilmer les contaminés d’en face pour récupérer 10 secondes pour passer au 20h en me vantant le truc du « je fais le job pour eux, mais j’ai mon quart d’heure de gloire ». J’ai jamais été aussi heureuse de ne plus tenter de taffer dans l’audiovisuel. Imagine : j’aurais pu être à sa place. Au secours. Ça valait pas mes 3,3K vues de l’avant veille. Elle croyait que c’était de la veille, mais tout le monde s’en foutait. Les hospitaliers en sont même vénères et y a de quoi. Protégez vous, au lieu de faire exploser vos casseroles à 20h.

Jour 4 – La Fraking Rédemption.

 

 

J’ai pu faire mes courses au Lidl pour 2 semaines de plus, cette fois. Je suis peinarde pour 3 avec les courses d’avant. 43 euro : le caddie de 70L est plein. Il a fallu beaucoup slalomer et attendre que les ostrogoths passent pour garder la distance. Mais voilà, après beaucoup d’apnée, avoir marché dans le rue Oberkampf pour garder une bagnole de distance avec les gens qui n’en ont rien à foutre sans me faire écraser, ça m’a pris 1h30 au lieu de 45 max en temps normal, mais j’y suis arrivée. J’ai mon stock de galettes. Je commence quand même par les trucs pas bons des courses de survie d’avant. Je garderai le meilleur pour après. J’ai mes réserves de vaporette aussi. Ceux d’en face s’enfoncent dans la n’importequoititude. Ils s’ennuient de plus en plus. Je passe devant la fenêtre et je fais « Tsss », en les observant comme ça :

 

 

 

 

 

 

Tsssssssssssssss

 

Le reste du temps c’est plutôt :

 

 

Enfin maintenant, ça fait 6 jours, je commence à m’habituer (on est le 21, je termine l’article)…. et le frigo est plein… Du coup c’est plutôt ça, désormais :

 

 

 

 

 

 

J’ai même plus la force de les insulter, tellement les voir s’ennuyer à 100 sous de l’heure, me fatigue, alors que j’arrive pas à faire le quart de ce que je veux, même en y passant 8h par jour.

 

Le soir je fais apéro Whatsapp avec ma BF en luttant contre le faux contact de mon chargeur de portable, seule fourniture d’internet à la maison. J’ai même renommé le nom de ma connexion en « CORONAVIRUSLAVEZVOUSLESMAINS. Pas merci Free, j’ai hâte de te renvoyer ta box qui me sert à rien depuis 2 ans au bas mot. Il me restait de la bière. Ma BF était au Scotchella, comme quoi on peut organiser ses propres festoche en appart’, même seul.

Avant ça, j’ai transgresseé toutes les règles, moi la donneuse de leçon. Ohlololololo. A. est passé boire du jus d’orange sanguine à la maison. OUAIS, vous avez bien lu. UNE. HEURE. de déconfination. Je suis descendue le chercher, on a fait un check. On a pas respiré notre air. On a keep la distance, ouvert les portes avec les coudes. On s’est bien hydroalcoolisé les mains en rentrant. On s’est pas touché. Je lui ai filé un flacon de secours de gel hydro pour quand il est dans la rue. On a mangé des figues séchées, sans toucher le contenant ni les mêmes figues. Le chien a mangé un gros quartier de mandarine. On s’est hydroalcoolisé les mains plusieurs fois. A. est parti. Je me suis réhydroalcoolisé les mains, j’ai sanytolé la table basse. Changé le couvre canap’ qui devait de toute façon passer à la machine, on était en face à face à distance de table basse. 2 mètres. (Plus, parce que j’ai un poste de contrôle depuis le bureau d’hab, plus loin, mais là j’ai fait un effort (je crois?), je me suis assise sur une vraie chaise, en face. Comme il a bien relevé la lunette pour pisser, j’ai sanytolé la lunette à chaque passage (avant de me réhydroalcooliser, et après aussi. Je lui ai aussi filé un paquet de mouchoirs menthol-eucalyptus. WAR IS WAR. je crois qu’il l’a oublié, je lui ai piqué des clopes. Il m’en a laissé 2 en plus. J’ai tout sanytolé, j’ai MEF. Quand il est parti, j’ai repassé un coup avec la serpi, je mets du Sanytol jusque dans le seau de lavage de sol. Les poignées de portes. Nan, c’était sympa, ce moment d’aseptie conviviale. En vrai, ça m’a fait plaiz de voir A. Maintenant faut pas que j’oublie de faire une recherche pour l’aider à faire une demande administrative imp’… à laquelle il aurait déjà du avoir droit depuis des lustres.

Dites moi que les confinés à plusieurs vous prenez les mêmes précautions après avoir sotri les gosses, le chien et joué au badmington. J’y crois pas trop.

 

Jour 5 – Je m’en plus que fiche de plus en plus.

Quasi toute la journée je ne prends que mes cours en matant quelques épisodes de « On my Block » à midi et le soir. Bon j’étais quand même en concert avec Eminem pendant 2 heures, franchement on a fait un show génial, Marshall, Youtube et moi. C’est pas vrai j’avais la flemme de danser. J’ai eu ma sœur au téléph’ l’aprème : on s’est moqué des insensés qui font n’imp’ en se promettant de se frotter les mains (au gel hydroalcoolique, bien sûr) avec un rire de hyène quand ils seront dans des états graves au lieu de contaminer ceux qui ont fait tout gaffe partout. Sista Time. On attend qu’ils meurent, les incivilisés. On est comme ça avec ma sœur, la méchanceté dans les gênes pour Les Médiocres & les irresponsables.

 

Après j’ai eu mes parents au téléphone. Mon père a fêté ses 82 ans confiné avec ma mère qui, dixit, « a réussi à faire un gâteau au chocolat même qu’il était très BON, pour une fois ». Ma mère déteste la cuisine. Ma soeur adore ça. Moi ça va. Je me débrouille pas trop mal, juste je vis seule, donc c’est pointless si c’est pas pour partager, et j’ai pas le temps. Et beaucoup de monomanies alimentaires. Trop. Donc zéro intérêt quand y a des gnocchis, des pizzas Ristorante, des galettes bretonnes (mon nouveau truc depuis un mois), et des stocks de mozz’ à 2 euro. Là c’est la tristesse : pénurie à Carrefour City et faut que j’évite d’y aller, vu l’expé du sac plein pour 42 euro du début de semaine.

Merde. Il est 20h48 j’ai oublié de faire ma soupe de Potirons. Je reviens dans la phrase suivante. PERIOD.

Non mais l’heure est grave, quand même, j’ai failli oublier que j’avais faim.

J’ai quand même passé pas mal d’heures sur mes cours, ces 4 jours. Vendredi j’ai eu envie de frapper mon prof à distance sur un cours aussi chiant qu’instructif, sur l’ordi, mais chiant, mais qui m’a apporté 3 trucs très pertinents, mais CHIANTS. J’ai encore frôlé la mort par ennui profond de très près. Je crois que j’ai pas le même baromètre d’ennui que le reste de la population. Je m’en vante pas, je m’en plains pas. Mais ça fait une semaine que j’ai ce titre en boucle dans la tête, quand je pense à la vermine qui ne prend aucune précaution et à ceux d’en face.

https://dai.ly/xbcox0

https://dai.ly/xbcox0

Personne ne le saura jamais (enfin si, sous respirateur, à force d’avoir envie de prendre l’air à tout prix tout le temps). j’espère qu’on les forcera à écouter Bono en boucle pour tous les concerts qu’ils nous auront fait louper d’ici là.

Mon prof à distance est une vidéo de mes cours sur le web avec le prof qui parle. Je peux pas péter l’ordi… Quoique je peux peut-être jeter des boules de papier sur l’écran quand il m’énerve. Ouais, je vais faire ça, la prochaine fois.

Le soir tout le monde a passé de la musique en direct sur facebook et c’était chouette. Enfin surtout Crayon, et la sœur d’un ex et sa meuf. Vraiment sympa. Moi mes concerts avec Marshall sont en privé, je peux partager qu’avec le chien. J’aime pas être sous les Spotlights, ça fait des tâches après, et je refuse le vieillissement prématuré de la peau pour cause d’abus de moments de solitude Shiny.

 

Jour 6 – J’ai taffé, j’ai vu, j’ai merdu.

Enfin j’ai seulement merdé mon timing sur le projet à rendre mardi. Je peux le rendre, il sera validé. Mais il est pas parfait, et comme j’ai décidé d’apprendre à ralentir, je vais me laisser une semaine de plus pour rendre un truc impec. C’est le plus simple, mais ça va me servir à plein de trucs après, j’ai pas envie de le passer juste parce que tout le monde l’a parce qu’y a pas grand chose à faire. Donc une semaine, parce que ce sera mon guide pour tous les autres projets qui vont suivre. Pas de négo là dessus. Je crois que c’est la 1ère fois que je ne rends pas un travail à temps.

J’ai mangé la purée de marrons : pas mal. Mais je la garde pas dans ma wishlist des prochaines courses pour autant.

Je pense à Da-Crush depuis la veille. En particulier parce que je sais qu’il est VRAIMENT sociable, lui, et que je flippe qu’il fasse une déprime. J’en ai marre de moi de penser à lui, quand je pourrais juste ouvrir Tinder, rencontrer 3 gugusses, et passer quelques semaines / mois avec un d’eux, sans être trop regardante sur la marchandise. Ou me recentrer sur Soleil, qui est au moins aussi hyperactif que moi (si ce n’est plus). Ménon, au lieu de ça, je me gangrène la vie avec des types chouettes, qu’est ce qu’il m’arrive? Sont-ce les premiers symptômes du Conardovirus?

Bah nan. Je suis même limite inquiète. Mais j’appellerai pas, faut pas déconner, mon caractère de chiottes et moi, sommes trop fiers. Juste envoyé un sms (dont je lirai exprès pas la réponse à la seconde si j’en reçois une : trop fière).

 

J’ai recouvré l’usage des pantoufles. J’aime pas porter mes pantoufles. OK, c’est un mixup de pantoufles et de charentaises. Les charentaises c’est ok, mais j’ai peur de voir les miennes si je les déterre du placard (des Jeva, ça te fait 10 ans des Jeva, si tu déconnes pas). Là c’est un mix entre les deux que m’a refilé Queen Maman.  Et j’ai aussi recouvré l’usage de faire que des masques au gel d’aloe vera et de kiffer mon éponge Konjac avec plein de soins, vu qu’on en là du confinement. Qu’y a aucun intérêt à se maquiller et se saper pour faire 2 mètres deux fois par jour avec le chien. Nous n’allons plus au parc en face. Nous sommes réduites à ne sortir que 2 fois par jour.  C’est bien. Si je survis j’aurai une jolie peau, et si je survis pas, je mourrai avec une jolie peau. Que demande le peuple?

 

C’est le bon côté du truc. Le prochain candidat qui lance « LA FRANCE EN PYJAMA », pour les Présidentielles, il tue tous les arguments marketing de Macron en deux secondes et il sera élu direct.

 

Bon, maintenant foutez moi la paix, c’est l’heure de « On my Block » (ça m’apprendra à pas tenir mon journal de guerre au fur et à mesure, aussi).

La semaine prochaine, ça va être le début de la dégringolade. J’ai un proche (éloigné, calmez vous) qui a chopé le COVID et je sais que c’est pas faute de précaution. je vais pas dire de rester calme, ça sert à rien, on va tous s’arracher les cheveux de toute façon, avec des images plus crades les unes que les autres sur les écrans, avec ou sans télé, et parfois en bas de chez nous.

On devait en prendre pour 15 jours si tout le monde avait fait gaffe et pas envoyer les gens au taf, on vient d’en prendre pour le double,  a minima. Aujourd’hui, j’ai vu plein de gens se balader qui n’allaient ni à l’alim (fermé), ni à la pharma. De fait, je ne parlerai plus des précautions d’usage dès la semaine prochaine, vu le résultat.

 

Un twittos, qu’il est bien à suivre, passkon a les vrais chiffres tous les soirs à l’heure. Sans pollution autre.

Capture d’écran 2020-03-22 à 21.42.49

 

Tout à l’heuren après leurs applaudissements, les gens de l’immeuble en face écoutaient Zobi la Mouche à fond pour tout le quartier, toujours avec les cris d’enthousiasme de gens qui s’ennuient mais n’osent pas se l’avouer. Zobi la Mouche, avant de tomber comme elle. T’façon on dit zeh’bi, d’abord.

Ouais. Encore 4 bonnes semaines de Zobi, comme c’est parti.

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