Très clairement, cet article risque d’être plus sommaire que le précédent sur le toucher, et sûrement moins fôlichon et complexe que celui que j’ai le plus hâte d’écrire sur l’Ouïe… quant à l’odorat… (là je crois qu’il va me falloir BEAUCOUP BEAUCOUP d’Ironie pour le boucler, et pour terminer, sur le goût, et donc les éventuels problèmes d’alimentation et de syndrome et autres maladies fonctionnelles ou psychiatriques et autres comorbidités qui les accompagnent, que je garde pour la fin, pour raison de beaucoup de Data à engranger sur le sujet avant d’y arriver et de faire au mieux pour n’oublier personne… avec sûrement un petit détour par les théories les plus fumeuses qui circulent en ce moment sur le sujet du microbiote dont on sait encore trop peu de choses pour lui attribuer la responsabilité de telle ou telle maladie/condition mentale ou fonctionnelle de manière formelle, comme s’il fallait un seul responsable quand tout est imbriqué dans tout, il vous faudra beaucoup d’eau pour digérer celui là. DONC LA VUE.

Comme d’hab, je risque d’employer beaucoup de « On » tout en me basant à la fois sur mes observation personnelles, mais aussi quelques articles un peu sérieux pour étayer mes propos. Libre à vous d’en extraire ce qui vous paraîtra utile, pertinent, proche de vous, ou de m’en faire un retour dans les commentaires ou via mon contact ou ma page facebook (mon actuel twitter est en veille pour le moment dû à de récents victimblaming et autres joyeusetés) si j’ai oublié quelque chose ou que vous n’êtes pas d’accord.

Hormis que j’ai littéralement une vue merdique découverte à mes 4 ans, j’ai récemment découvert les affres de la photophobie, qui expliquent aussi et malgré moi la rareté de mes posts, quand je ne me retrouve pas embrigadée à devoir me défendre comme un vieux zombie sans jambe contre des attaquants d’un niveaux de foireux proche du pathos, mais pas assez pour taper de trop dans la merde, tellement ça éclabousse. Et croyez bien que c’est pas de la tarte à la chantilly de devoir vivre H24 avec des lunettes de soleil pour pouvoir sortir dehors, voire même rester chez soi et faire des choses routinières.

 

Et bien entendu, on fera un topo sur les trucs qu’on trouve moches et qui nous piquent sensiblement les yeux au point d’en baver à mort de pas avoir le choix de les regarder, tandis que le cerveau, pendant ce temps là, et sans explication tangible hurle littéralement à la mort subite de nous planquer ce truc diaboliquement hideux qu’on ne saurait voir immédiatement sous peine de Meltdown Made in Hell . Ne vous méprenez pas, ces visions d’horreurs sont sans aucun lien avec le bon ou le mauvais goût, l’injonction médiatique à la beauté et la normativité corporelle des pubs et de la société qui nous renvoient à la gueule en permanence qu’on est trop et/ou pas assez ceci, cela, mais bien que notre petit cerveau qui subit déjà tant d’affres à affronter un monde qui n’est pas au point du tout sur son acceptation de notre différence de fonctionnement cérébral, voir carrément validiste, psychophobe et parfois eugéniste, a parfois tellement de mal à procéder à certaines visions (on ne parlera pas de Bernadette Soubirou non plus) absolument insupportables de manière totalement randomisée, sauf quand par recoupements et expériences on finit par se connaître un peu mieux sur ce petit caprice d’indomptabilité neurologique de : « ça NON, définitivement hors de ma vue » etc… Et appliquer la technique usuelle de non choix vis à vis de nos phobies personnelles, qui ne sont pas toujours que de l’ordre du social et FUIR. FUIR des yeux, des jambes, de tout ce qu’on peut concentrer en énergie quand c’est possible pour éviter l’agression visuelle Et ça vaut autant pour les objets que pour les gens et le plus commun ennemi : les lumières fortes.

Quand c’est très très laid  à tes yeux, no matter what it is. Que tu dois faire du resting face comme ça :

Alors qu’intérieurement tu es comme ça :

Et vous me copierez 100 fois « Je suis neurotypique et fatigué mais je ne le serai jamais autant qu’une personne autiste même quand elle ne fait rien », ceux qui doutent de la douleur sensible réelle que certaines images peuvent nous occasionner sans provenir d’un film d’horreur où c’était préalablement scénarisé… vous avez du bol. Je rappelle que dans nos vies, un des (parmi tant d’autres, heureusement qu’on vit dans nous mêmes et qu’on a pas toujours de recul, je crois que sinon on serait déjà à la queue leu-leu devant une falaise en attendant notre tour pour sauter) plus gros problèmes qu’on a en permanence, c’est que le scénariste a mis les voiles et qu’on a pas le texte alors que tous les autres le connaissent sur le bout des ongles et sont en possession du 06 du réal en cas d’hésitation. Conséquemment, nous voilà bien quand tous les autres attendent notre réplique et qu’on essaie de faire ou dire quelque chose qui passe inaperçu dans le contexte pour donner le change :

et que dans 99% des cas, on sait pourtant très bien quand ça ne passera pas.

 

Les yeux. Fenêtres sur le monde.

Très bien ceux qui ont 10/10 aux deux, je crois que vous ne connaîtrez jamais votre bonheur et c’est tout tant mieux pour vous, et je ne connaîtrai jamais le vôtre, et parfois en dépit de l’habitude et de ne pas connaître autre chose sans prothèses oculaires, ainsi que j’appelle mes lunettes, mes lentilles de contact qui par l’intermédiaire d’un ophtalmo qui pour pas rajouter à mon anti-séduisance d’ado a obligé ma mère à ce que je porte des lentilles de contact, en dessous de moins huit de myopie, c’est déjà un handicap en plus d’être astigmate, si bien que sans ça, bah je vois que des grosses tâches colorées sans délimitation bien précise, un peu comme « des auras » toutes mélangées mais sans connexion avec l’univers ou la moindre secte.

Donc en fait, un peu comme pour Asperger (il paraît qu’on doit dire Aspinazies en ce moment, surtout les femmes depuis que la chasse aux sorcières est ouverte suite à un subit retour d’obscurantisme et de plongée dans les années sombres où se font les premiers pas de la découverte de l’autisme), environ jusqu’à mes 4 ans, j’étais pas hyper au courant de rien y voir. Donc j’en retenais un max avec les oreilles, et pour le reste je devais déjà me chanter la pub Ricorée ou le générique des Snorkys dans la tête en attendant que ça passe. C’est là qu’une des maîtresses de la maternelle a débusqué la patate et a tout de suite alerté ma mère. J’y voyais queude’ au tableau. De près ok, de loin SOS.

Mom a failli s’évanouir. Je crois qu’on a du filer urgemment chez l’ophtalmo qui a confirmé la double peine de myope et astigmate. De là, avec mes nouvelles lunettes à montures blanches à la Laurent Voulzy en robe à manches ballons, je me suis mise à lire très vite et bien. Au point de jouer à lire à l’envers en me retournant pour lire le texte de classe sur le cahier de mes camarades assis derrière moi dans les salles de classes en U, et en faisant la fière en lisant à voix haute sans gêne pour leur montrer que j’étais meilleure (j’étais déjà sympa comme ça). Me suis faite traiter de vantarde un nombre incalculable de fois (quand je ne me faisais pas pousser, filer des bogues de marron dans les pulls ou pousser/exclure desjeux et autres acrobaties depuis le plus haut possible, ou être enfermée dans le local poubelle, les toilettes, j’en passe… J’ignore où je n’ai pas été harcelée en fait… jusqu’à la dernière école… jusqu’au travail aujourd’hui encore. J’étais parfois chargée de mission par la maîtresse pour m’occuper (ce qui était très difficile puisque je ne m’ennuyais jamais toute seule), ce qui n’est pas évident quand tout le monde est un étranger hostile sauf deux, à apprendre à compter de 5 en 5 ou de 10 en 10 aux derniers, lire, leur apprendre la prononciation de certains mots. J’ai inventé les liaisons. Bon ok, plus humblement, j’ai pas eu besoin qu’on m’apprenne à les faire.

 

Encore il y a peu ce tweet qui résume tellement la situation que ce soit à l’école ou dans l’entreprise, pour ceux qui arrive à se débattre pour y rester, fait beaucoup écho à nos situations :

validisme

De retour de chez l’opticien, alors qu’elle me portait dans ses bras pour regarder … les trains au travers de la vitre, comme j’aimais que mon père me porte pour le faire (ceci n’étant pas un IR spécifiquement masculin), ayant eu la joie de  grandir en face d’une grande gare. Passion TGV, et transports de marchandises. Quand je demandais à mon père ce que le train transportait, il me répondait bien souvent « Des patates ». J’imaginais facilement que ce train devait forcément aller très loin pour distribuer autant de pommes de terre au monde, en premier lieu aux personnes qui en avaient le plus besoin pour survivre. J’avais ce type d’autisme hypercassescouillesverbal avec son propre idiolecte, qui aimait les train et les objets qui tournent, vous n’imaginez pas mon bug la première fois que j’ai vu un hublot de machine à laver… et combien de temps j’ai passé à regarder tourner celui de la laverie de mon logement étudiant plus tard. Que toutes les machines sans hublot crèvent d’obsolescence programmée et que les autres survivent. (Imaginez ma gueule quand j’ai découvert le sèche linge de laverie… avec le plus grand hublot… comme si on m’avait caché ça pendant 30 ans)… Et puis, dans les bras de ma mère cette fois, j’ai vu les fleurs d’un logo de chaîne d’hôtel, au loin, j’ai dit « Oh Maman regarde les fleurs, je ne les avais jamais vues ». (là elle a failli collapser pour la seconde fois en moins d’une semaine).

J’ai donc grandi avec des culs de bouteille, en gros j’ai pas bien compris ce que signifiait « Voir » par rapport aux gens qui y voient même sans leurs lunettes avant mes 15 ou 16 ans. Du coup il a fallu que je retienne tout d’une oreille sans le savoir pendant longtemps ou peut-être que je le faisais naturellement, après tout j’ai une ouïe de compétition, les deux sont possible. D’autant plus atterrant, qu’on m’a rarement vu réviser, et qu’avec un instinct de compétition aussi proche que l’envie de mouvement spontané d’un protozoaire (égal à la tête à Toto), je suis partie du principe que de toute façon entre ça et des dents de « lapin » ou « squelettor » comme on m’a appelé au collège, il y avait peu de chances que je perde mon pucelage un jour et que c’était pas très grave, c’était pas comme si il était vital que je comprenne le sens et l’intérêt du flirt, du sexe, du genre, tout ça, et ce tas de choses importantes dont mes parents ne nous parlaient jamais sauf lorsque j’ai eu mon 1er petit ami et que ma mère a eu le réflexe immédiat de m’emmener chez le gynécologue pour prendre la pilule.

 

Tant que je pouvais dessiner, aveugle ou non, le reste m’importait peu. J’ai su dessiner et malgré quelques restes, j’ai perdu le goût de le faire par désintérêt, tandis que quand tu dessines, bien ou mal, tu exorcises à la fois tout ce que tu as à procéder et tu es le maître de ton monde où il se passe ce que tu veux. C’est vrai de l’écriture, mais l’aspect visuel de dessiner des objets, des humains, des rêves, des fantasmes, purger l’inconscient, c’est déjà un peu posséder tout ça sans besoin de l’exposer au monde. (dans mon cas, je sais que d’autres ont plus soif d’être exposés en règle générale, mais  pour les Notorious que j’ai croisés, croire que ça va te donner un meilleur self est une hérésie, c’est surtout plus de responsabilités et la notion que pour que ce soit durable soit tu vas devoir soit taffer triple, soit avoir un plan B et C à tout moment et t’affranchir de la nostalgie du temps où on t’offrait des fleurs sans lever le petit doigt et où tes pets étaient un cadeau à ton public… sans parler des accidents de parcours).

Il a fallu que je dorme avec mes lunettes sous l’oreiller  pendant presque plus de vingt ans et encore parfois aujourd’hui (à côté de l’oreiller) : « pour y voir dans mes rêves ». Sous peine d’angoisse, de la peur du noir, du néant. ça n’étanche pas la soif de voir, ça étaie la curiosité d’en voir un max au cas où ça dégénère toujours plus. J’ai sous estimé la valeur de la vue parce que je n’y voyais pas et que capituler était de raison tout ce temps.

J’ai encore ce souvenir extrêmement humiliant des sorties à la piscine avec la prof de sport où je me fais engueuler et qui sait que je nage bien mais ne comprend pas que je refuse parce que mes lunettes doivent être déposées au vestiaire et qui m’oblige à suivre une ligne au fond devant tous les autres pour marquer que je suis de mauvaise volonté et parfaitement capable, et qui me sort de là quand elle découvre que ce qu’elle appelle une ligne au fond, est pour moi une autoroute où j’ai tout loisir de slalomer en zigzag sans bien voir la délimitation des ligne troublées par le mouvement de l’eau. Bref, pas vraiment des yeux de rapace, quoi.

 

Je me rappellerai toute ma vie la première fois que je suis sortie dans la rue avec des lentilles de contact. Comme si je voyais le monde pour la première fois.

En me disant « Comme c’est grand et coloré », tout ce que mes lorgnons ne m’avait permis de voir, avec les verres divergents, et toujours un peu rayées, un peu floues (toujours sous l’oreiller la nuit, aussi).

Plus tard il a fallu passer aux rigides, parce que les souples, qui ont tendance à s’encrasser plus vite et ont un certain coût aussi, tournaient sur mes yeux à cause de la pilule (et oui, mesdames, sachez le, avec les souples, c’est possible). Après en avoir cassées et perdues pas mal, c’est devenu le confort d’une vie, et avec grand soin. Mais ça se garde deux ans, et le coût en est diablement réduit, ça m’a permis de garder les lunettes pour le soir plusieurs années ou de ne changer que les verres quand ma vue bougeait encore. J’ai fait 3 ans de vidéo en parallèle de mes job, et perdu 2 dioptries (et un trapèze qui est devenu patatoïdal dans la foulée), d’un coup, la première année, mais je ne les regrette pas.

Et puis j’ai continué à travailler, sauf la clim’ et quelques personnes très laides de l’intérieur qui transpiraient un peu trop leur noirceur, je n’ai pas eu de grands ennemis visuels, sauf certains éléments de décoration. En tout cas peu qui ne se soient pas tiré des balles dans les pieds par eux-mêmes, en fin de compte. Et internet, est devenu mon meilleur ami à partir de 2004.

Et j’ai travaillé tout ce temps (ou presque). 5…10…15…18 ans.

Et puis je suis tombée une fois… Et la suivante m’a mise K.O technique. Ce que j’ai perdu en premier : la vue et cette extraordinaire capacité à écrire des heures devant un ordi, savoir planifier mes tâches, 1 jour, une semaine, 1 mois, 1 année en avance. La concentration aussi, et la mémoire à court terme.

 

La photophobie. Des migraines à algies complexes déclenchée par la lumière d’un ordinateur pour lesquelles je suis tenue de prendre des anti-épileptiques et qui en cas de crises terminent de m’achever.

 

Je me trouvais déjà cliché, post diag. Les trains, les objets qui tournent, les objets tout court, les collections (de cuillères, de grenouilles, de poupées, d’objets vintage etc etc etc…

etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc,

 

etc.).

La mémoire, la vitesse de traitement, l’hyperverbalité, les fringues confortables. (Merci à tous les pulls et t-shirts chauve-souris à encolure large qui ont sauvé mes aisselles du contact au textile depuis 1999. Au moins.

L’hyperacousie. (alors ça, ça fait toujours marrer les NT qui n’y croient pas, à cause de toutes les fois où ils pensent que je ne les entends pas ou que je ne les écoute pas, parce que mon esprit ou mes yeux se portent ailleurs alors que j’entends et j’écoute tout, mais que je ne peux pas toujours apporter la réciprocité attendue à leurs propos. Même si trois semaines plus tard après avoir « procédé » à ce qu’il fallait retenir de l’information et que j’ai peut-être enfin une solution, ou de quoi étayer… Je suis capable au milieu de rien, de le leur signifier, alors qu’ils ne se souvenaient peut-être même pas m’avoir dit ci ou ça.

 

Un peu de « maladresse » je ne sais jamais bien comment positionner mon corps, et j’ai parfois des postures peu usuelles dont je ne me rends moi-même pas bien compte, et pas que ça à foutre de me balader avec un miroir ou apprendre à faire des duck face. (je fais déjà assez le canard au boulot, et 18 ans comme ça à l’échelle de mon TSA, c’est long, mais surtout c’est épuisant). La première fois que je me suis vue me me mouvoir pour un exercice de vidéo quand j’étais à l’école, j’ai pris peur. Les fois suivantes aussi.

Mais des retards moteurs pendant des semaines et la photophobie, je ne m’y serais jamais attendue. Par exemple j’ai fait ma dernières crise sous traitement le 1er août, et j’attends toujours le retour de mon petit doigt droit. Je me cogne, j’oublie dans la minute ce que je m’apprêtais à faire, je n’ai plus d’ordre du moment de le faire, j’oublie des choses avant de quitter mon domicile quand ça m’arrive encore, je me trompe d’horaires dans mes rendez-vous médicaux (souvent) voire de jour, je me trompe de direction du métro, de station, j’oublie de mettre de la harissa dans mes chips (j’aime les trucs pimentés et les aliments texturés sans goût, et les trucs qui arrachent comme le riqlès). Mon système nerveux a pris cher… J’ai des migraines depuis 5 mois. Parfois des vomissements… quand elles sont moins fortes. Je bois du Yerba mate avec du gingembre infusé dedans, du CBD à dose triplée par rapport à d’habitude quand je veux juste limiter la cigarette et être plus détendue, mon traitement anti-épileptique pour contrer mes migraines à algies (ou hémiplégiques) a été augmenté d’un tiers fin juillet. Je ne sais plus depuis combien de temps je ne dors plus. Je ne peux pas sortir sans lunettes de soleil et casque isolant du bruit, je ne peux pas regarder un écran sans verres anti reflets bleus, tous les écrans son en mode « nuit », j’utilise l’appli f.lux pour que la luminosité s’adapte à l’heure à laquelle je me suis réveillée tout au long de la journée.

 

Privée de tout ce dont je n’ai jamais su me passer en le sachant déjà, face à la pire de mes angoisses : perdre l’usage de mes mains et de mes yeux, EN MÊME TEMPS. Ô bien sûr, me voilà ni avec les mains coupées, ni aveugle… J’ai perdu 4 kilos dans la foulée, me suis faite harcelée par une vieille harpie avec des pseudos connaissances sur l’autisme après un grave SPT, du victim-blaming, précisément et de la remise en cause de diag officiel (ça aide bien à contribuer au reste… je ne vais même pas vous parler de mon boss PN et harcelant, du coup), l’ombre de moi même est devenue invisible.

 

Toutefois, j’ai désormais une micro idée de ce à quoi ça ressemble quand ça vous prend d’un coup, et je ne le souhaiterais à personne.

 

L’enfer ressemble à ça.

Les vertiges, la photophobie, ensuite les jambes qui se coupent, la tachycardie (plus ou moins avec un accompagnement de panique, pour que ça amplifie bien la suite), ensuite le corps droit qui se paralyse. Avec une préférence pour la main droite, parce que le cerveau qui  marche mal, gauche ou droit, compense pour l’autre, jusqu’à ce que l’un ou l’autre… ou les deux si ça dure longtemps, cède.

Les brûlures dans le milieu du crâne, juste là en plein centre du système nerveux, et non-Dieu sait comme je suis sensible à mon intérieur, malgré une hyposensibilité à la douleur, derrière les yeux. Le système nerveux qui hurle. Parce que la conscience lui a dit :

« Tais-toi et marche », et le corps a répondu : « Oui mais je suis fatigué », alors la conscience lui a répondu « Je m’en fous, on en a besoin, sinon on va crever d’une autre manière, on fait ça pour bouffer, donc marche, on trouvera bien un moment ». Et le corps qui répond : « Non mais, ça fait des années que tu dis ça, autant qu’on marche, et moi j’ai déjà cédé une fois, mais tu n’as pas voulu entendre ». Et la conscience qui commence à basculer dans un état qu’elle perçoit de moins en moins qui maintient la barre plus haut que le corps ne puisse le supporter et qui répète « On s’accroche, on s’accroche »… Le cerveau gauche qui commence à faire des vagues, et qui est malgré tout un organe avant d’être une pensée, le droit qui éponge et inversement… et patatras.

Error 404, « brain not found ».

Je n’ai pas voulu écouter. Pourtant j’étais prévenue. « Vous êtes épuisée », « vous êtes épuisée il faut vous arrêter ». « Arrêtez vous, MADAME, svp », pour vous mêmes, les amis, les praticiens. Mon diagnosticien TSA : « IL FAUT UN CASQUE N’importe quoi MAIS UN CASQUE on s’en fout la marque même des écouteurs ça atténue toujours!!!« … On rigole pas avec la fatigabilité des aspies. Je me suis prise pour David voulant affronter Goliath, sauf que j’étais joy, et que j’avais aucune stratégie sauf la survie.

 

4 crises en 15 jours. ça a commencé par une sinusite sphénoïdale. Une saloperie qui vous donne des douleurs crâniennes tellement fortes qu’à un moment, niché dedans, c’est toute votre sensibilité qui explose, la motricité qui fait peur, et les crises d’angoisse et de panique qui suivent. Nichée pas loin du tronc cérébral, cette bactérie, qui nécessite un traitement d’antibiotiques lourd. L’un entrainant l’autre… Ajoutez moi une grosse louche de SPT, et nous y voilà.

 

Aveugle, paralysée, traumatisée, mais à aller comme une bête au travail malgré tout, jusqu’à ne plus pouvoir se lever. Effectuer des gestes du quotidien normalement. 4 crises en 15 jours. 27 ordonnances en 5 mois. Une rechute. Un IRM, deux scanners, un ECG, beaucoup de prises de sang, d’analyses d’urines, de chimie de toute sorte.

Et le patron, compréhensif comme un bras d’honneur, qui sans cesse souffle le chaud et le froid, cherche l’erreur, étourdit, demande des choses pour lesquelles il n’a pas fournies les informations. Mais j’ai continué.

 

Comme une teuhbé.

Tous les soirs le psy, l’EMDR, l’ORL, le généraliste, le neurologue, les rendez vous aux UMJ, aux gens spécialisés dans les suites judiciaires consécutives à un viol en réunion. Une vie privée de tout droit à en avoir une. Ou le moindre divertissement.

 

Forcément entrer dans un supermarché avec des néons est une plaie, ls transports sont une plaie. Oui, l’hypersensibilité à la lumière quelle qu’en soi.ent la/les cause.s est une Infamie terriblement épuisante, très loin de ce qu’une personne qui ne les vit pas peut s’imaginer. Là j’ai une pensée émue pour quelques imbéciles diagnostiqués par des psychanalystes pour enfant, se targuant d’avoir forniqué avec leur praticienne qui caricaturent volontiers les autistes ayant ce genre de problème, qui portent des solaires ou autres dès qu’ils mettent un pied dehors et des casques pour atténuer le bruit. Les autistes validistes existent, et ont leurs entrées au gouvernement, ne croyez pas que leur pseudo ‘pureté’ les épargne de la moindre corruption, de soif de notoriété ou de décider qui est ou non une personne autiste.

L’enfer ressemble aussi à des notions subjectives telles que ce qui n’est pas beau et ce qui est très joli dont la yeux insatiables ne saurait décrocher.

Les objets et les gens « moches ». Cette notion est bien subjective et extrêmement variable d’un sujet à l’autre. Mais pourtant une réalité bien tangible.

Il y a de ces TSA qui ne supportent pas la vue d’un objet ou d’une personne qu’ils jugent désagréable à regarder (que cela n’ait rien à voir avec des -ophobies systémiques de quelque ordre que ce soit). Mais si je trouve un objet ou une personne beau/belle, comment faire quitter mes yeux de cette fascination? Je peux regarder une machine à laver ou un sèche linge dans le hublot tout le temps de la machine et plus si je n’avais pas peur de paraître trop louche ensuite dans une laverie.

Le NEZ de certaines personnes. Alors là c’est limite honteux et totalement inapproprié en société, mais si je vois un nez fascinant et qui sort de l’ordinaire, impossible de regarder la personne autrement que fixer son nez. J’ai deux amies avec des nez extraordinaires qui me troublent chaque fois que je les vois… et évidemment je suis obligée de le leur signifier. L’une en a un tout petit, l’autre en a un tout bizarre, mais je trouve les deux parfaits dans leur pseudo anormalie loin de ces nez identiques et sans intérêt qui font environ 99% des nez qui attisent peu mon attention. La seconde amie dont je parle, a eu un second enfant il y a quelques années, il s’agit là d’un nez qui se transmet de génération en génération, ayant croisé son frère qui a exactement le même (sûrement hérité du père, parce que leur mère en a eu totalement ordinaire), ma première question à l’annonce de la naissance de la troisième génération fut « Cet enfant a-t-il au moins le Tarin Familial? »… Réponse : « Oui ». Imaginez ma joie… et outre sa bonne santé, ce qui m’importait le plus dans cette nouvelle.

Si je trouve une personne belle dans le métro, quelle que soit sa forme, sa couleur de peau, son look, imaginez combien de fois je pourrais me faire insulter de la fixer. Parfois je les prends en photos (mais aussi les mecs avec des couilles de Cristal… pour mon album perso… au cas où je dénonce tous ceux qui insultent des femmes, les violente de quelque manière que ce soit par sms via le 3717, donc là aussi, Jean-Mi, fais gaffe à ce que tu fait dans les transports).

En prédiag, il se trouvait une petite table pleine de jouets derrière moi. J’ai passé plus de temps à observer les jouets, le dos tourné au praticien en répondant à ses question à le regarder lui… quoi qu’il portait une chemise à fleurs différente à chaque rendez-vous, une autre diversion pour que je puisse aussi le regarder de temps en temps, enfin surtout sa chemise. Mon propre appartement pourrait être reclassé en Musée des objets idiots. Si je n’avais pas cessé de collecter depuis toutes ces années, par précarité et envahissement, j’aurais terminé ma vie comme Rembrandt, totalement démunie, mais avec plein de babioles autour de moi, pour raison affective. Enfin j’aurais pleuré pour un pot de Petit Filou vu dans la poubelle de cuisine (clairement je l’ai fait, ou les ai sauvagement sortis de la en secret et passé à l’évier pour les « sauver » d’une fin écrabouillante mortifère)

 

A contrario, je suis vexée par les objets que je trouve laid, les regarder est déjà difficile pour ne pas dire pénible et contraignant, alors y être confrontée chaque jour dans une mesure contrainte, me rend littéralement dingue, au point d’éviter sciemment le dit objet ou la personne tant que faire se peut. (Level de difficulté au travail : 10 sur 10… jugement des autres « la sale snob »). Je n’y peux strictement rien, c’est mon Hans qui décide. Pas moi.

 

Je vous vois venir avec vos moi aussi neurotypiques : ça ne vous arrive pas toute la journée, allez boire une tisane et revenez plus tard. Vous n’aimeriez pas aller à la poste, si vous étiez à ma place. Et j’ai des listes longues comme le bras de ce type d’exemples à me faire traiter de snobasse parce que je peux buguer à tout moment ou éviter soigneusement un truc/une personne dont mon cerveau a décidé à l’unanimité de lui-même sans concerter mes carences adaptatives au préalable : « ça oui, ça non, ça c’est pas possible ça fait trop mal aux yeux »).

 

Être sous antiépileptique à 38 ans… sérieusement? Sinon je suis chez moi en ce moment, du coup tout est très joli et dans mon état de vie au ralenti, c’est toujours ça pour le moral. Je vous laisse je dois aller affronter le sol en carreaux abominable de mon point relais habituel.

Et toi, c’est quoi tes problèmes sensoriels avec tes yeux? (dis moi tout dans les commentaires, ça m’intéresse).

Next : L’OUÏE (un très très vaste sujet, je ferai des articles intermédiaires d’ici là, parce que sinon on ne va pas se revoir avant dans 3 mois).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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