Quand on parle de sensibilité ou d’hypersensibilité (un mot tellement en vogue dans les médias mainstream et autres sites complodiplomatico-naturels.quiches qui s’intéressent à la Neuroatypie, ce grand pays, le plus souvent via d’énormes clichés et raccourcis mal ou peu documentés — j’ai lu il y a peu qu’en mangeant plus de brocolis on guérit de l’autisme… par exemple  (autistes : arrêtez le chou tout de suite, on a besoin d’être en nombre pour faire valoir nos droits…) ^^ — qu’il n’y a même pas besoin de tiret à ce mot dans lequel on peut fourrer un tas de trucs, un peu comme dans une dinde de Thanksgiving ou une tomate farcie.

 

On pense plus facilement aux sentiments, aux susceptibles de nature, aux tempéraments lunatiques ou changeants, aux pathologies comme la bipolarité, aux passifs-aggressifs, et la sensibilité émotionnelle en vient à devenir pathologique si elle est « hyper » et classée dans le DSM comme une maladie au même titre que l’hyper-acousie -thermie fonctionnelle dans son équivalent sur le corps… À ceux qui s’émotionnent à la vue d’un coquelicot et ça devient jour de fête nationale sur leur page facebook, qui ont beaucoup d’Empathie (un autre terme polysémique assez discutable et très présent dans les conversations entre T.S.A et neuroatypiques, en général) et il faudrait que tout le reste du monde pleure ou s’émeuve de la même émotion comme si on était tous foutus pareils, à cause d’un coquelicot qui vient de perdre un pétale ou de Machin qui a dit un truc méchant à la photocopieuse (une pensée spéciale pour les HPI qui ont de manière réccurente la caractéristique assez commune de cette hypersensibilité neuroloco-émotionnelle malgré eux, qui en bavent beaucoup par ce biais qu’ils ne maîtrisent pas toujours (cf. Siaud Facchin trop intelligent pour être heureux), on dirait Struggling with feelings, dans la langue de Shakespeare, et facilement bouleversés par une chose ou une autre et que je ne tiens pas à critiquer en traitant de ce sujet (par exemple, vu que je ne vis à l’intérieur de personne d’autre que moi-même pour filer d’autres exemples de NA, je suis rarement sensible mais trop souvent micro traumatisée par des choses visuelles, auditives, olfactives, ou des évènement parfois très furtifs qui ne font aucun sens pour une personne dite neurotypique et me filent des bugs sur lesquels je ne peux pas passer tant que je n’ai pas trouvé une raison qui me paraît rationnelle — là encore un terme discutable — tandis que si mon diagnosticien me prête un haut potentiel (incalculable avec un résultat hétérogène « typique » du SA qui ne veut pas dire grand chose, marquant de grands pics sur la vitesse de traitement, la mémoire et le verbal, et des stalactiques enterrées dans les profondeurs abyssales sur les repères visuo-spaciaux et d’autres trucs qui me font basiquement chier comme les mathématiques et les volumétries ; ça reste (souvent) incalculable selon ces tests (Wais & Weschler) qui sont conçus pour les neurotypiques par des neurotypiques (ne le prenez pas comme une insulte et sinon rappelez vous qu’autiste en est encore une aujourd’hui, en France, en 2019… Ceux d’une autre génération diraient « Ravi de la crèche », mais c’est idem, aux States ils ont longtemps parlé de « retardés »… La médecine franco-croissante disait « débiles » (et c’était dans ce qui devait être le DSM et les enseignements de l’époque, encore en 2000 dans l’apprentissage des tests de QI chez les psy, et débile était expliqué encore il y a peu par le manque d’iode des femmes enceintes de certaines populations dans un doc d’Arté (parfois je craque mon slip et je mate un docu d’Arté en replay en mangeant des Chips à la Harissa, je mets le lien quand même pour ceux qui comme moi s’ennuient beaucoup, même avec un emploi du temps de Sinistre)… ouais, ouais, rien que ça. Et il faut encore être bien français et ethnocentré pour y porter tant d’attention… J’ai vérifié… Une fois de plus on est un des pays à s’attacher le plus à la notion de Q.I (perso, à l’échelle des Réseaux sociaux, je mettrais Kim Kardashian et Nabilla dans mon top trois des best smart girls ever, personnellement, j’ai pas de 3… Ah Si !  Leslie Turner, je suis fan), parce qu’elles excellent en communication sur les Réseaux Sociaux et je suis fan de cet aspect là de leur niveau de maîtrise)…

 

Un peu comme dans le domaine de la psychanalyse, les français aiment apparemment bien se rajouter des boulets surannés au derrière pour garder leur souffrance au chaud, mais par pauvreté et double chromosome X, je ne voyage pas assez pour faire de telles déductions, je me renseigne juste au delà de mon nez et de mon nombril, parfois, et admettons que nous ne soyons pas tous anti-progrès (on aime beaucoup aimer rien en FR) (#notallfrenchies), le reste du monde nous adore pour notre authenticité en pleine période de corruption et désormais officiellement fascistes depuis les dernières élections, le vieux continent, la longue histoire, ce que je trouve dans certains cas une vraie plaie d’Égypte, j’aurais tendance à résumer que grosso merdo on nous kiffe pour notre côté kitsch et folklo (la baguette-le béret-le-coq, sportif ou pas, et Notre Dame qui a cramé et qui sera plaquée Lagardère, Dassault, Macron, Nike, Flying Emirates & Bouygues dans 5 ans… belle ambition… LOL, et la religion est quand même une des rares Maison qui roule le mieux avec les Narcos malgré un tas d’horreurs cachées depuis, et le Vatican et son lot de pédophiles violeurs défiscalisés aussi a largement les moyens de la reconstruire donc sauf la défiscalisation des grands groupements d’entreprise qui nous tiennent tous par les gonades et les ovaires, (avec les Narcos, donc, dont je suis totalement fascinée par l’organisation entrepreneuriale des Narcos tant au niveau économique, que hiérarchique ou politique, ou simplement technique, en pensant aux sous-marins conçus par eux-même pour faire traverser leurs babioles vers le continent d’en face (je m’intéresse aux entreprises et à la politique des États-Unis depuis Reagan en ce moment, obviously pour le moment j’ai pas compris grand chose), c’était déjà le cas avant, mais je creuse le sujet, et le constructeur de voitures allemandes qui a arnaqué tous les Ztazunis toussa, HSBC et le blanchiment légal, ça me fascine) je comprends même pas comment les crêchés à l’œil dans des châteaux particuliers du Vatican ont pas aligné la monnaie direct, mais un autre ami (sûrement les « dons recommandés » ont fondu dans l’incendie) m’a aussi dit que c’est les riches qui ont le plus besoin d’argent, donc si je combine les deux, et j’ai confiance en mes amis, je comprends mieux le fonctionnement du monde, cette digression de ouf… ma santé revient… ).

 

Dans notre cas (j’utilise souvent le nous pour parler de mes pairs, de ceux qui s’y reconnaissent vu qu’on est pas tous foutus pareil, donc pas comme Henri IV) je comprends que certains n’apprécient pas et je le fais pour ceux qui s’y retrouvent, ça fait se sentir moins seul, l’unité, le travail d’équipe, le principe de non-shiting dans les boots du voisin, peace & love toussa) j’ai envie de vous dire, qu’on a été tellement gâtés par la nature que ce qui me vient en premier quand on parle de « sensibilité autistique », c’est pas mes « 7 nuances de Bof » émotionnelles à la Louis T. , par rapport à ma difficulté à comprendre les émotions des autres et les miennes propres et comprendre les situations sociales avec un GPS qui me renie à chaque pas, de la réaction appropriée à avoir au moment voulu, mais plutôt les fringues, les odeurs, les bruits, les aliments et les images qui piquent. Bref un truc typiquement atypique qu’on a : l’agression générale ressentie indicible dans un premier temps dès qu’il se passe le moindre quelque chose d’imprévu ou déplaisant qui nous conduit facilement aux meltdowns et aux shutdowns parce que le processeur cérébral, si on compare le cerveau à un ordinateur, reçoit trop de données en même temps qu’il n’arrive pas à traiter dans la masse par rapport à la majorité normative (là encore un mot fourre tout). Même un truc Infraordinaire.

Je voulais commencer par le toucher (mais tous les sens y passeront, promis, car certains, dont je fais partie, cumulent, ces difficultés liées aux sens…) et j’avais envie de parler de choses légères. Du coup, on va parler chiffons. Textiles. Vêtements. Sapes. Nippes. Frusques. Braies. Chlapes. Slips et chaussettes. PEAU. Cheveux. Matières. Texture. Et aussi de contact direct. Donc un peu de cul, forcément.

Considérant que la population mondiale est composée d’environ 7,637 milliards d’êtres humains. Que la population autiste probable avec les données approximatives qu’on en a à ce jour serait donc d’environ 76 millions, donc qu’on pourrait occuper à nous tous ces pays là à NOUS TOUS en se serrant plus ou moins :

Pays

on est quand même beaucoup, à subir nos propres emmerderies. Et je ne le répèterai jamais assez, quand vous nous trouvez chiants, casse-noix, incompréhensibles voire incohérents (tandis qu’on est de l’autre côté de la barrière assez certains de nos logiques intrinsèques ou en train de se faire le froc parce qu’on se rend compte qu’on est pas des pros du NT-matching), pain in the ass et snobs et autres assburgers, dites vous qu’on en est les 1ères victimes conscientes (ou PAS… c’est piégeux aussi, et ça l’est aussi parce que certaines personnes perverses peuvent user d’un diagnostic pour cumuler diverses malveillances et prédations envers leurs pairs en prétendant ne pas le faire exprès) et que c’est pas pour notre plaisir ou celui de vous faire chier qu’on en souffre en 1er lieu, et là vous commencerez peut-être tout juste à comprendre quelque chose de l’autisme. Ou juste du handicap invisible en règle plus générale.

Outre que me nourrir enfant (surtout faire en sorte que je daigne m’alimenter de quelque chose sans que ça me tracasse de trop vis à vis du goût et de la matière ou que je refuse basiquement sans connaître le goût en avance), me peigner, me faire me brosser les dents, me laver et brusher les cheveux était une simple plaie, façon attentat unidirectionnel pour m’embêter la vie encore plus que je la trouvais déjà pas nette à 3 ans, mes premiers souvenirs remontent là. LE TOUCHER, et les MATIÈRES m’ont toujours fait souci. À plein de niveaux. À plein de sens, aussi. Pour moi l’hypersensibilité c’est vraiment ça, parce que malgré ce fichu QI verbal qui culmine à un niveau pas aussi prétentieux que l’Himalaya mais un petit Mont Canigou, quand même, (genre je comprends plein de trucs à tout le monde et des fois que dalle y compris à moi-même, un genre de cordonnier pas mal chaussé, plutôt avec une pompe de luxe à un pied et l’autre nu et qui n’a pas réalisé qu’il a un clou rouillé enfoncé dans le talon jusqu’au tétanos et que la route est très longue jusqu’au domicile… à cause de… l’HYPO sensibilité à la douleur physique, et rien qu’elle, dont on parlera aussi…)

Vus les objectifs de ma mère de souhaiter avoir conçu deux polytechniciennes pour rattraper le coup de son enfance à l’école qu’elle a pas pu avoir malgré qu’elle soit encore championne de dictée avec une écriture parfaite, une classe plus classe que la Reine d’Angleterre sans le moindre artifice, juste de la propreté, de la politesse, un sens de la morale et de la convention d’un autre temps, gamine, j’étais mieux sapée et certainement plus propre qu’Harry et William réunis, vu le soin qu’elle y portait. Et je détestais tout bonnement ça parce que les vêtements amidonnés « ça gratte ». Pourtant, mes parents ne gagnaient rien. N’étaient pas des enfants de Nababs, juste des déshérités de bourges qui ne s’entendaient pas entre eux en ne laissant que le retentissement de leurs dégâts en héritage à leurs progénitures, oh je ne me plains pas, les aristos ont fait plein de bâtards, comme ils disent dans GOT, j’ai hérité le level Jon Snow, mais je suis pas sûre que je m’en sortirai aussi bien un jour, en fait, (c’est une autre histoire aussi). Je vais pas vous faire le topo sur le sacrifice d’une mère pour ses enfants. Je suis une fille de championne du sacrifice. Elle aurait pu être scandinave ou jouer dans un film de Lars Von Trier sans problème pour la partie éduc’ des gosses. et ne rien lâcher pour qu’on fasse des études supérieures malgré des revenus bien maigrichons. Mais à l’époque des francs on pouvait encore faire partie de la classe ouvrière ou moyenne et faire quelques trucs ce qui n’est plus le cas.

Donc, avec RIEN. Et je vous laisse croire ce que vous voulez, en ayant pas bossé jusqu’à mes 7 ans et mon père (The Other Grand Aspie) au chomdo tous les 4  matins malgré d’incroyables talents… trop peut-être… (lol, vous devinez pourquoi)… J’ai porté des vestes autrichiennes, des vêtements de la marque Bonpoint, des jupes plissées, des plastrons en velours, des ballerines vernies au quart de pointure près, tout ce que j’ai eu de blanc n’a JAMAIS délavé… et était  souvent brodé… avec des étiquettes en tissus à mes noms et prénoms que maman cousait dans les coins, je faisais la joie visuelle des maîtresses de petites classes par mon aspect. Réalité : j’ai maudit la laine tant de fois qu’aujourd’hui elle se venge à chaque fois que j’en porte et bouloche spontanément à mon contact en une heure à peine, sûrement parce qu’elle s’en souvient. Je suis née en 80, donc j’ai eu des CAGOULES, 100% LAINE, et des cols roulés (les matières étaient moins inflammables en ce temps, en fait où les matières synthétique sont devenues majoritaires dans le paysage textile urbain). On m’a lavé les cheveux à la camomille en priant que je les garde blonds et que je frise pas alors que je déteste encore aujourd’hui les cheveux, en général, je comprends même pas pourquoi Darwin fait qu’on en a encore à l’heure des perruques + je trouve cet artefact ignominieux sur le fait qu’avec une bonne coupe on peut te faire croire à la beauté d’un homme, alors qu’imagine le sans son bun ou sa couette, là, 2 secondes, t’arrêtes de rêver direct (jusqu’à ce que la seule coiffeuse que je supporte qui me touche les cheveux me sorte que comme ma mère qui fait semblant d’avoir les cheveux lisses depuis ses 20 ans : « Mais ta nature de cheveux, elle n’est pas raide… En fait ». J’ai aussi eu des souliers dont il fallait attacher le bouton avec une pince spéciale. Et des chaussettes de marque « DD » que ma mère m’enroulait autour du poing chaque fois du bout au talon pour vérifier que ce serait la bonne pointure. Auj’ tu prends que 2 tailles : 36-40 et 41-162. à nous voir, personne n’aurait cru que ma mère n’avait pas travaillé pendant 14 ans avant d’entrer secrétaire au conseil général et de monter tout petit à petit de petits échelons ou que mon père se retrouvait d’un cabinet d’archi à l’autre tous les deux ou 3 ans avec des périodes de chomâge plus ou moins longues et de nombreux CDD non renouvelés… comme sa fille. jusqu’à ce qu’à 52 ans dans une ville de province, plus personne ne veuille l’embaucher en France et que les architectes nouvelle génération boutent les anciens en touche.

Heureusement, j’avais une alliée chez Bonpoint, pour faire passer la sauce à Mom. Qui s’appelait Tomasine, pour stopper un peu Maman dans ses délires de Old England (oui : comme la marque) et mettre un peu de piment et de sel dans ma garde robe. Plus de coton et de matières nouvelles mais douuuuuces, moins de trucs moulants qui piquent, plus de confort. Cette femme avait du flair et une sensibilité incroyable aux enfants de sa clientèle.

Je pense qu’on peut résumer l’idée globale sur cette histoire de sens en quelques mots. On ne supporte basiquement RIEN, et malheureusement on voudrait juste que ça ne nous pourrisse pas la vie du matin au soir sauf que ça ne disparait pas à l’âge adulte, ça s’amplifie dès qu’on est mal dans son slip (y compris au sens littéral, il suffit d’une couture mal placée ou d’un élastique qui serre trop pour qu’on soit énervé et à bout toute la journée) c’est juste des compromis constants avec nous-mêmes et beaucoup de self-préservation pour survivre. Par exemple je ne comprendrai JAMAIS comment on peut supporter de porter des strings, et j’admire de beaucoup celleux qui y arrivent sans piquer une crise de nerfs, mais je pense pas que ça changera demain en ce qui me concerne.

Je repense à la Différence Invisible, de Julie Dachez. Au passage où quelqu’un.e fait une remarque sur ses sapes dans le but de lui faire mal et qu’elle l’entende sans s’adresser à elle directement (un truc de NT ça encore, certains sont hypers fortiches pour ça), consciemment ou non de sa malveillance, et elle va dans un magasin SEULE (l’enfer ressemble aussi à ça pour nous à tout le moins à une bonne salle des tortures : bruit + lumières fortes, odeurs (j’essaie rien s’il faut vraiment y aller et alors c’est à l’ouverture) + trop d’infos textiles à traiter, socialisation obligatoire avec la vendeuse qui t’agresse parce qu’elle a pas le choix sur l’aide à te donner… et le bout du monde : LA CAISSE), se contraint, fait l’effort que le reste du monde normatif voudrait qu’on fasse pour lui, et revient avec 4 vêtements identiques MAIS de couleurs différentes, pour palier à une petite phrase sournoise d’on ne sait quelque persiffleur/se et tenter de s’adapter sans savoir de quelle planète elle vient (aujourd’hui ma garde robe est de cet ordre là : si quelque chose me va, autant en faire un stock avant que le modèle n’existe plus, par exemple même si je fais pour le coup l' »effort » de changer de temps en temps (pas le choix je travaille, et je flippe en jupe sans homme de main au bras), je me satisferais aussi bien d’être toujours habillée pareil, voire d’imposer une vie en pyjamas pour tous (par avance si je devais me présenter à n’importe quel électorat, ne votez jamais pour moi, vous seriez forts déçus). Un jour, ma mère a finalement compris qu’on ne ferait rien de moi textilement sauf ce que je supporte, et a fini par m’acheter des vêtements qui me convenaient sans faire de scène, généralement amples et de coton, elle était d’accord sur mon allure, même en désapprouvant des motifs ou des matières ou la qualité, pour que cette relouserie perpétuelle cesse et qu’elle ait un peu de répit (façon de parler, enfant t’avais pas de répit avec moi, JAMAIS) (je ferai aussi un chapitre BOUFFE, dites vous que ma Maman en a à peu près chié pour tous mes sens avec moi). La relouserie a cessé. J’avais mes 2 pulls et mes 3 jeans en multiples exemplaires et toujours les mêmes marques et les mêmes magasins, et tout est rentré dans l’ordre…

Jusqu’à l’adolescence.

Un festival.

 

Ce fut une dictature dès que j’ai su que je voulais faire « punk » comme métier dans la vie sans savoir le formaliser avec des mots tellement l’école était insupportable. Pas parce que j’étais harcelée (parce que ça, comme ça commence dès le départ, on croit longtemps que c’est normal donc on ne se formalise pas trop de la cruauté ordinaire des autres — et je ne parle pas que des enfants — même si on ne comprend quand même pas bien pourquoi « moi? » ni d’où ça sort et qu’on se dit sans connaître l’expression qu’y a quand même un truc pourri au royaume du Danemark... Jusqu’au diag (le Boss de fin) où on fait le trajet en arrière en flashbacks et on « MEH!?? » d’horreur de découvrir que d’autres n’ont pas subi tout ça alors que nous, si. Ce critère de harcèlement n’est pas de mon inventons, par recoupements, vous le trouverez dans les témoignages de nombreux aspergers qui ont subie l’école normale sans inclusion pour la différence comme une PLAIE sociale parfois encore béante).

 

Donc oui, on m’a mis des bogues de marrons dans les pulls, poussé du petit train, enfermée dans le local poubelles, les toilettes, mise au coin pour des raisons WTF en dépit et parfois pour se venger de ma douance, exclue de la classe pour les mêmes, des collèges de secteur pour les mêmes raisons, annulé des devoirs à toute la classe quand j’avais eu la meilleure note et que tous les autres avaient merdé et jusqu’à la fin, gardé mon diplôme en otage un an de plus que mes camarades malgré sa publication au J.OFF et ma mention AB (j’ai eu des mentions AB partout, mais sans rien foutre que tendre un peu l’oreille en cours). sans m’aider à trouver de stage après toutes ces épreuves dignes d’un Koh Lanta psychologique…

Oui ça, même et surtout avec des binocles en culs de bouteilles et un corps squelettique (parce qu’on m’a appelé Squelettor au collègue, longtemps…. avant que ça passe à « Limande » et Planche à pain : Alexandre N. Machin T, et Jérôme Bidule : JE VOUS VOIS TOUJOURS.

Maman a réussi par on ne sait quel truchement de ses talents pour que ses filles aient le meilleur alors qu’elle n’avait rien, à me faire rentrer dans ZE collège de bourges de la ville alors que normalement, vu qu’on était pas du même quartier, ça se faisait pas.

Comme à chaque seconde de nos vies de TSA, fallait s’adapter sans internet ni guide du routard ; mais une fois de plus, à comparer des NT, en + douloureux.

C’était la mode de Chevignon, Creeks, Imperial,  Chipie, Cimarron, des Dr. Martens coquées basses à la Amélie Poulain, des Harringtons et des t-shirt Hard Rock Café d’une autre ville du monde pour que les gosses affichent « On a le fric pour voyager et faire le World Wild Tour des H.D Café », comme signe extérieur de richesse. Tous les t-shirts avec le logo pareil, sauf la ville marquée en dessous. Bon bah ma mère se serrait encore la ceinture pour que je ne dépareille pas et ma sœur et moi on se doutait de rien ni de comment elle faisait ça. (en tout cas quand j’ai vu ses dernières fiches de salaire avant sa retraite quand et qu’elle s’est portée garante pour mon premier logement à Paris, j’ai fondu sur place), elle gagnait rien de rien.

On revient aux chiffons, là.

Creeks, Chevignon, Chipie, tout ça. Ma mère avec pas de tunes : j’ai TOUT EU. J’ai pas lu « L’empereur, c’est moi » d’Hugo Horiot, mais je crois en devinant que ma daronne a vite calculé mes besoins spécifiques et les a pris très au sérieux direct avec ses moyens du bord, sans en jamais rien lâcher, sans jamais capituler sur ma sœur et moi, alors que contextuellement la moindre dose de laxisme nous aurait perdues d’avance. L’anti frigo, que les psychacha veulent absolument que les parents d’autistes soient. (j’ai aussi un article prévu sur ceux-là… mais je prépare toujours ma cuisine de blog très en avance, kissous).

 

PAUSE MUSICALE AVANT LE CŒUR DE L’ARTICLE. je vous expliquerai après, forcément, je vous laisse vous concentrer sur le texte.

 

Donc voilà, comme Schovanec, Tammet, je suis née un jour de Monde bleu comme une orange [Paul Éluard], du talent en mois, vers la fin de l’an de grâce 1980… et après cet interlude musical que j’ai retrouvé grâce à un Monsieur que j’aime bien et qui s’appelle Crayon par l’interméd’ d’un autre certain Monsieur Karlit, vous n’imaginez pas ma gueule quand est arrivée l’ère du LYCRA et des fringues en polyesteret autres vêtements ultra inflammables et qui ne tiennent chaud qu’en été, quand y a commencé à y avoir des Zara et des Mango partout, avant H&M. Parce que les 80’s pour ceux qui ont pas connu c’était ça, (et pour remercier Monsieur Crayon, donc) en fait :

Donc ouaip. On a de gros problèmes avec les étiquettes, au sens propre comme au figuré.

Certains d’entre nous savent pas faire leurs lacets,  j’ai entendu encore récemment Schovanec raconter comment il retournait ses chaussettes pour ne pas être agressé par les coutures et moi et bien j’ai cette coupe de cheveux qui ne ressemble à rien depuis tant d’années avec une frange parce qu’un :

– la frange me donne l’air sympa (ça crée un leurre mais vu mes carences en codes sociaux en y ajoutant la politesse j’obtiens un peu de tolérance parce que ça me donne un visage rigolo).

– je n’ai pas les cheveux dans la figure… et moins ils me touchent et je les touche mieux je me porte.

– comme je sais pas me coiffer c’est ce truc en moins à faire. Ok je la coupe moi-même le résultat est parfois aléatoire, trop court c’est Spock ou Jean Réno dans les Visiteurs, le reste je le mets dans plein de barrettes (j’arrive quand même à avoir de drôle d’antennes comme Mme Mangin vénère dans Princesse Sarah). Donc vous imaginez que si je galère pour les cheveux, pour tout ce qui est poils, culture porno de la touffe à blanc etc… Je ne suis pas au point non plus et même si j’assure le minimum et que j’ai la chance avec ça de pas avoir un tablier de sapeur ou un pied de chameau, je checke mon privilège, c’est pas l’Amazonie (ou même ce qu’il en reste) avant qu’on s’en serve comme PQ ou usine à Nutella. Et personne n’a porté plainte jusque là (sauf moi, peut-être) au niveau des rapports sexuels ou de l’apparence de ce petit coin de paradis défiscalisé qui vaut encore de l’or. Même avec des bleus sur les jambes.

Un jour j’ai tenté une expérience hors de ma zone de confort.

 

J’ai essayé de porter un string.

 

Un jour.

 

2h.

 

Et j’ai cru que j’allais en crever, heureusement comme bien souvent j’étais pas loin de chez moi.

Je ne peux pas avoir de col autour du cou ou de textile qui touche de trop près mes aisselles. Le t-shirt basique, par exemple c’est pas possible, en revanche je ne peux pas non plus avoir le cou à l’air, donc j’ai une floppée de foulards mou et très doux (j’en ai même un Hare Krishna COLLECTOR je le mets pas mais je le vendrai jamais) et un vieux châle de grand mère en crochet, noir, avec des franges, EN COTON, mais très grand, donc qui tient chaud par les épaisseurs pour l’hiver et le nombre de fois que je peux l’enrouler sans me serrer le coup, cette année… j’ai réussi à le doubler avec d’autres écharpes et foulards, et j’ai trouvé ça chic, obviously que je porte plus souvent que tout le reste, qui si je le porte avec un gilet en douce moumoutte me donne un vieil air de Jon Snow, on y revient, genre quand il a la déprime. (ou de Barbara, avec les cheveux courts j’ai un faux air de Barbara… longs et bouclés, d’Anémone RIP… raides, de charlotte Gainsbourg… bref.. A girl has no name. Et si tu viens me chier dans les bottes à ce sujet, méfie toi en allant te coucher, je ne te dirai ni  où ni quand, tu vas me retrouver sous ton lit au moment où t’y attendras le moins.

Au top, toute ma vie a changé quand j’ai découvert les cols larges, bateaux, et surtout, SURTOUT, les manches chauves souris, oauais comme Jeanne Mas, j’assume grièvement ça aussi, j’ai pas vraiment le choix, en même temps. Longtemps je n’ai pas supporté l’odeur de ma propre sueur, aujourd’hui ça va un peu mieux mais à peine (enfin depuis que j’ai appris à faire du sport, j’ai été dispensée de 12 ans à la fin de ma scolarité pour raison de santé, en revanche je suis une pro du marching. Je marche où tu veux, même en milieu hostile ou sauvage, en converses, en Dr. Martens, des heures, m’en fous, des kilomètres, meilleurs moments de ma vie, mais uniquement dans la nature sauvage, en ville j’ai une attaque de panique dès que je me perds loin de chez moi et c’est souvent, je dois donc avoir rendez-vous au moins deux semaines en avance pour préparer le trajet, et malgré ça, ça ne marche pas toujours comme je veux, même au bout de dix ans à paris et au delà de 15mn à pieds de mon domicile, je me trompe encore de rues, ou prends les trajets les plus longs sans faire exprès, mais parce que je n’arrive pas à me repérer si le terrain est plat. J’ai trouvé une astuce, du coup, en ville : considérant les pentes et les montées, et ayant depuis mes 18 ans vécu à flanc de collines… de villes (Lyon & Paris), si je considère la ville comme un terrain d’anciennes collines,  là je me repère beaucoup mieux, si c’est plat, c’est le flip absolu et je me perds entre deux flaques d’eau et je me recroqueville en panique, généralement on me tire de là ou j’ai trois amies qui savent, et j’utilise le joker « appel à un ami » qui a google maps pas loin, à qui j’envoie un sms, et me dit droite-gauche-tout-droit ou vient me chercher si je dois le rejoindre seule, ça m’est arrivé très récemment suite aux barrages autour de Notre Dame, et j’ai fait un Melt. Heureusement y avait personne alentour, enfin comme d’hab, ces mêmes gens qui se cognent le couenne de voir quelqu’un en danger et qui fuient).

 

Je reviens aux chiffons, mais c’est le plaisir d’écrire, mes problèmes moteurs sont partis, retrouver l’usage de mes mains et de mes yeux et pouvoir écrire à la vitesse à laquelle je pense est un plaisir que j’avais peur de ne pas retrouver après 2 mois de maladie et de système nerveux touché et un accident de merde qui s’est greffé entre deux traitements et dont je ne vais pas me remettre de suite, encore, et ne peut pas encore parler malgré avoir déjà évoqué le sujet dans d’autres posts.

 

Donc fini les cols serrés, et vivent les aisselles libres, qui de Dieu sait qui ni pourquoi sont restées un peu à la mode depuis 2000 (merci aussi aux trucs « OVERSIZE » qui font que j’ai pas l’air de sortir en pyjama quand je flotte dans du XL alors que je fais 1.71 m par 50kg toute mouillée. Avec les manches chauves souris, tu transpires sur toi et pas dans le vêtements (du coup du évite les toxines qui moisissent sur le tissu et les odeurs^^), supportant pas mes propres odeurs d’aisselles, ça m’arrange bien. (et je vais faire un SPOILE de mort à tous ceux qui sont nés après 1990 et autres Digital-Natives : sachez que plus on vieillit plus on pue, déso mais c’est préventif, hin, vous me remercierez plus tard, ou trouverez une solution d’ici là, mais clairement pas en codant, donc penchez vous sur le sujet tout de suite et sauvez les futurs vieux que vous serez un jour aussi).

Voilà pour le haut.

Pour le bas c’est tout le contraire, faut que ce soit serré serré, genre seconde peau. J’ai eu un Mom jeans y a pas si longtemps et comme c’était pas de la popeline… BAH… LE FROTTEMENT, ça n’allait pas du tout.

Et puis il y a le pire… Je parle des sous-vêtements.

HAHAHA… Les sous-vêtements des neuroatypiques… j’imagine qu’il y a une saga à écrire en 5 volumes sur le sujet, mais je vais (LOL) tenter d’abréger. Et j’ai une pensée émue pour Warhol qui achetait toujours les mêmes, au même endroit pas jeux de 5. (in Warhol, « Ma Philosophie de A à Z et vice versa », un autre renommé dit « aspie », sur lequel j’ai eu un intérêt spécifique de mes 15 à 23 ans).

De nouveau, je ne vis qu’en moi même et c’est suffisamment compliqué à gérer comme ça pour que je limite mon empathie à mes propres expériences et observations (c’est pas nouveau, dans la science ou la politique on peut mettre n’importe quoi pour créer de la polémique- *sa-mère* et je ne le ferai pas).

Sur le sous-vêtement il me faut à la fois du CONFORT, de la forme (si ça baille, je vais le sentir, et frôler l’apoplexie), des matières douces et/ou respirantes, et surtout des élastiques qu’on sent le moins possible. Bref, des anti-sous-vêtements.

OU, le cas échéant, je peux supporter de la dentelle, à condition que ce soit bien serré serré partout, et que ça ne bouge pas trop avec le temps et que la matière soit pas trop trop inflammable comme c’est trop souvent le cas, un peu comme des jambes dans un collant résilles qui ressembleraient à des petites paupiettes. (ça encore ça se trouve facilement), mais dans un quotidien de célibataire qui s’ennuie trop souvent trop vite, au vu de mes derniers accidents en date, c’est pas demain que je vais avoir des fantasmes cochons sur qui que ce soit tandis qu’un amour courtois me satisferait aussi bien, à conditions d’avoir des atomes crochus avec la personne. (je réïtère les principales qualités des amitiés et des amours :

1- La personne ne vous fera jamais chier, et seul le temps vous le confirmera

2- La personne ne vous fera jamais chier, et seul le temps vous le confirmera

Ce n’est pas une erreur de copier-coller de ma part, gardez ça en tête et le tri sera vite fait des relations toxiques et de celles qui vous élèvent.

 

Voilà pourquoi faire du tri dans mes vêtements est de l’ordre de la missa impossibilis, pourquoi j’ai tant de sneackers et si peu de talons… parce qu’on y vient… Entre les pieds et les cheveux je ne sais pas trop ce que je supporte le moins de posséder (encore que les pieds ont au moins l’avantage d’avoir une utilité certaine). Par exemple, cette semaine j’ai marché un peu plus de 8h en 2 jours, et personnes ne m’a entendu hurler à la courbature ou aux douleurs d’orteils.

Donc là, c’est idem. Tandis que Mom se butait à ce que j’ai toujours de jolis souliers en dur bien élégants, je luttais pour obtenir des chausses lâches que je ne lâchais plus une fois acquises, sauf obligation de circonstance contraire, de sorte que j’ignore encore comment j’ai pu porter ces instruments de tortures qu’on appelait des tongs avec le pilier en plastoc et sa finition d’usine déchirante qui laisse des marques (en 90 aussi, on a inventé la semelle en mousse avec deux élastiques pour tenir le talon et le pieds, ça en revanche, c’était génial.).  Bonus héréditaire de mon père croate, nous avons beaucoup marché pieds nus en vacances, oui, oui, aussi sur le goudron par 36° à l’ombre. Si bien qu’idéalement, j’aurai toujours en rêve l’idée d’avoir des cales sur toute la plante, comme les esclaves péruviens dont s’inspirait Freud pour vanter les bienfaits de la cocaïne dans des conférences publiques, au point que ça me fasse une semelle naturelle. (« ça leur permettait de marcher durant des heures, sans être jamais fatigués… etc. in « Freud, la cocaïne et le cerveau » par l’abominable Gabriel Nahas, pour donner une vague idée de l’ampleur de l’ambiant bullshitting de ce cher Sigmund, désolée pour le lien du Monde Diplo, pas l’temps de mieux)

Donc combinez que déjà j’ai des doigts de pieds longs comme les singes, (u can call me monkey girl, je ne serai pas vexée, c’est mon signe astrologique chinois, en plus et je me tiens mal), que plus c’est large, plus mon pied bouge mieux je me sens…. Bien sûr, je vais porter des talons et des chaussurettes de fââme quand il le faut, et parfois même en être contente, mais la mort par pieds comprimés par tiges et bouts en béton armé je la connais bien, et quand on est hyperactif, et qu’on a pas qu’ça à foutt’ (calembour homophonique pourri pour les anglophones) de courir à la photocopieuse qui est à 10 mètres minimum, c’est pas de luxe d’avoir une paire de Jordan à 10€ sur Vinted, fraîchement sorties 3 fois de la machine à laver…. Pour tous les restes, paradoxalement, les variables de formes des chaussures me fascinent, longtemps je les ai collectionnées comme beaucoup de choses (moins utiles) sans les porter, et avant de finir comme Rembrandt envahi de babioles, qui a fait flambé tout son fric en bidules glanés dans les brocante et les H&M de l’époque, je me suis arrêtée net, il y a bien 7 ans de ça.

 

Vous vous doutez que d’ici j’ai spontanément zappé les bonnets et autres couvres chefs, imaginez, vu le bien que je pense des cheveux, ce que ça me ferait de vous en parler (ce qui est terriblement dramatique d’un point de vue esthétique, puisque à part ça : TOUT me va, ce qu’on appelle une tête à chapeaux… sur l’air de « allez essaie, essaie… hannnn ça te va trop bien !? » Ouais ok, prends la photo et enlève  moi ce truc de la tête d’suite.

 

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Obviously.

 

Le contact physique.

Donc en éclair et pour clôturer, j’ai toujours fait partie du club des gens qui ne supportent pas les Hugs spontanés, et il a fallu un loooong très loooong travail sur moi-même pour commencer à en supporter quelques uns les soirs d’éclipes, je vous parle aussi de ces gens qui vous donnent envie d’hurler et de taper des pieds et des mains par terre parce qu’ils vous parlent à 2 centimètres de votre propre nez, et qu’on ne connait pas ou vaguement, amis, collègues, chefs… La lie de l’humanité en règle générale. Je ne vous fait pas le topo sur LA BISE et le bonjour de circonstance dans les grands bureaux d’études où c’est de rigueur de faire le tour (oui, c’est bien moi qui rase les murs et arrive plus tôt JUSTE à cause de ça, c’est pas moi qui vient te dire bonjour, c’est généralement le contraire). La même chose que là en version pathologique :

Ouaip’.

Donc comme c’est le moment qu’on attend tous… on va en venir au choses plus intimes du SEXE.

Pour rappel, les femmes ayant un trouble mental ont plus de chances d’être abusées et agressées sexuellement en moyenne que les personnes ne présentant pas de trouble mentaux ou autre handicap. Là où le tabou est presque à égalité que la violence du viol et de l’agression en règle plus générale, c’est que sur les femmes autistes, ces statistiques… AUGMENTENT. Celleux qui prétendent le contraire ou pensent pouvoir s’en sortir en hurlant ou en tapant du pieds sont des ignorants ou des personnes qui à l’échelle de l’allégorie de la caverne Platonicienne, ne risquent pas d’en sortir.

Je remets ici ce lien de l’AFFA, qui, solidaire de toutes les femmes TSA en détresse m’a été d’un grand secours encore tout récemment, mais les faits sont là. Tangibles, réels, et encore trop mal répertoriés, donc on repassera pour la défense vu que juste sur l’inclusion c’est pas encore ça.

 

Oh j’ai eu de la chance, j’ai eu des hommes dans ma vie qui n’abusaient de rien, des plaisirs intenses, consentis, forts, parfois fusionnels et presque féériquement irréels dans leur intensité qui m’ont procuré des sentiments d’intense sérénité (et pas mal d’orgasmes, hin, certains d’entre vous savent  heureusement de nos jours trouver l’interrupteur…) mais tristement, même dans la plus stricte intimité d’avec quelqu’un que tu connais, tu ne sais jamais quand le glas de l’humiliation abusive va sonner, même avec toutes les autos préservations du monde et en connaissance de cause.

 

Non, femme, autiste ou non, tu ne sauras jamais qui se « lâchera » sur toi un jour, ni quand, ni comment, sous quelle menace ou avec quelle illusion de bienveillance, et tu peux prétexter que tes hurlements subits suffiraient à faire fuir tes agresseurs, même sans couteau sous la gorge, une seule menace de toucher à ton intégrité physique te fera tout accepter du pire éventreur juste pour ta survie physique ou ce que l’auteur de son crime voudra bien t’en laisser, n’en doute pas, et si tu en doutes encore ou que tu penses pouvoir continuer à le nier, je ne peux même pas t’envier de ne pas avoir subit ces affres, car plus dure sera la chute que je ne te souhaite pas. (non mais parce que très récemment aussi, j’ai été la victime d’une serial-harceleuse de personnes T.S.A qui a confondu spectre autistique avec trouble de la personnalité narcissique (allez directement dans le paragraphe du DSM 5, vous verrez qu’ils sont plus nombreux et en sous diag qu’on ne croit) en tentant à tout prix d’intervertir les rôles dans de multiples conférences où elle se targue d’un diagnostic par des psychologues inaptes, de fait, à diagnostiquer officiellement les TSA, tout en parjurant touuuutes les femmes diagnostiquées à l’âge adulte, ainsi que leurs associations de défense de droits dès que l’occasion se présente, et pense que nous allons en rester là.)

 

Mais voilà, en tant que reloue du toucher, je fais partie de ces têtes dures à la psychologie et à la psychiatrie crasse, qui comme après les attentats du Bataclan, marquent leur résistance et leur soif insatiable de mener une vie autonome (je vais pas m’aventurer sur le terrain de la normalité, j’aurais l’air d’être assise sur le Trône de fer une fois fondu) par le fait de vouloir continuer à sortir en terrasse, de VIVRE jusqu’au dernier souffle plein (avec ou sans nicotine) en ne négociant jamais de son bonheur primitif parce qu’on a pas moins besoin d’exister et de le ressentir dans toute sa chair et ses veines qu’une personne valide ou typique, pas moins le droit d’avoir les mêmes droits quelle que soit la teneur de la Justice Sociale du contexte, tout court, et je veux croire en l’humain.

 

Et la loi de la projection positive marche ici aussi, pour avoir récemment fait les frais d’une situation criminelle, c’est ainsi consigné sur les documents officiels de mes démarches en cours, bien que ça n’a que peu de chances d’aboutir, puisque je ne suis qu’une fâââme donc, espèce des sous race qui se débat dans la vase et les algues pour subsister , même si les jours passent et que je m’en remets très peu, à tout le moins à une lenteur que je maudis à chaque minute, que mes fonctions vitales (écrire avant de respirer, fumer avant d’expirer, voir le monde avec des yeux et un cerveau aveugle et ne vouloir en retenir que la plus petite brindille non corruptible qui veut bien se présenter à eux) font la gueule, voire me renient totalement, comme une petite coque de noix au milieu de plus gros bateaux, dans un océan sévère qui ne tergiverse jamais sur la partialité de ceux qui méritent de vivre ou pas ; Fluctuat Nec Mergitur, je ne veux pas couler, et j’ai encore besoin de toi, l’humain, l’éduqué, le respectueux, pour voir la mer sans y penser, panser mes visions, mes cauchemars, mes blessures et mes maladresses sans que tu n’en connaisses l’ampleur.

J’ai trop plié, encore trop concédé, négocié, accepté, pour accepter de capituler encore et ma meilleure copine de maternelle, la seule, me l’avait bien prédit sur une carte postale d’enfant à un enfant, un jour.

 

« Si les petits cochons ne te mangent pas… alors on fera quelque chose de toi ». (bon quelques temps loins elle m’a amicalement larguée pour une nana avec plus de swag que mes binocles, et une fois arrivées au lycée, j’avais plus rien à leur envier).

Dans un état de blob des forêts, l’hypersexualité en moins mais renaissante sans aucun compromis à faire sur ma liberté de demain, je vous souhaite la vie douce, limpide et clairvoyante, avec un petit goût de pistache et de l’air iodé dans les airbags, pour se remettre des maux qu’on ne prononce jamais dans le miroir de nos Dark places.

 

Le toucher est toujours essentiel à l’état d’âme, même quand il peut brutaliser, de la violence physique à la mélancolie la plus profonde, il ne vient jamais du hasard et son essence est toujours humaine, liée à un besoin spécifique, son absence, le non-toucher en fait partie, parce que sans lui, d’autres moyens prennent formes, sans être forcément brutaux (ce qui est à retenir de tout ça ici), la verbalité et tout autre besoin de communication même s’il parait à certains plus que d’autres le besoin le plus essentiel qu’on veuille ou non s’en passer. Tant que la notion de respect de soi, des autres y est, les barrières tombent et parfois les masques… Mais tout ça est toujours dans nos mains. Toujours. La main, comme les mots, blessent autant qu’ielles p(e)ansent. Faites  les bons choix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

….

 

 

 

 

 

Un commentaire sur « Sensibilités autistiques. 76 millions de nuances de Relous. Sens 1 – Le Toucher. »

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