Comme annoncé sur ma page facebook il m’a fallu quelques temps pour me remettre de problèmes de santé qui sont toujours en cours de résolution, mais qui me donnent un peu de répit aujourd’hui pour clôturer ce chapitre, pour ceux qui ont suivi les épisode 1 et 2. J’espère par la suite revenir sur des sujets plus légers. Je rappelle que si ces 3 articles paraissent assez généralistes, les autistes par leur vulnérabilité en tant que tels, sont bien souvent plus facilement victimes de harcèlement rapport à leur difficulté à interpréter ou réagir aux situations sociales abusives.

Ici je vais donc tenter de vous donner un maximum d’outils et quelques pistes pour s’en démettre ou s’en sortir, de manière non exhaustive. Pour rappel le harcèlement moral est pluriel, sous diverses formes, individuel ou collectif, hiérarchique ou transverse, et nécessite dans le cas où il est avéré (c’est à dire qu’il se répète et ne vous permet pas de travailler dans de bonnes conditions et/ou vous met en situation de danger pour votre santé mentale et/ou physique) quelques réactions auto-défensives. Dans l’ensemble, les deux points à ne pas négliger restent les suivants : 1 – ne restez pas seul. 2 – N’attendez jamais pour agir. Car même s’il se produit de manière ponctuelle, l’entreprise est aujourd’hui assez fragile pour que la donne puisse basculer du jour au lendemain. Il suffit d’un changement de manager, d’équipe, de lieu, d’une baisse de croissance ou même d’un mot, bref, de trois fois rien. Et pour se défendre ou le faire cesser, mieux vaut anticiper et savoir être son propre bras armé. Parfois cela peut cesser tout de suite en le faisant simplement remarquer à la personne concernée (ayez des témoins), d’autres c’est plus compliqué, et la data, l’historique, et les traces écrites permettront d’atténuer la casse. Il n’y a pas de solution unique. Il y a celle qui vous convient le mieux au moment donné, l’important, une fois de plus, c’est d’éviter d’être lésé ou brisé à l’issue, ce qui arrive malheureusement encore trop souvent, et encore plus souvent trop tard, quand le mal est déjà fait. D’où l’importance de ne rien laisser filtrer d’anormal dans vos relations au travail.

Une nouvelle fois, je rappelle qu’il est primordial de bien savoir identifier le harcèlement moral avant de pouvoir le nommer comme tel et ne pas le confondre avec un conflit passager. Je vous remets ici le test de LIPT.

La Stratégie sur place.

Ok, vous avez pris une bonne connaissance des chapitres un et deux et le harcèlement est avéré. La problématique reste de tenir le coup alors qu’on vous pousse dans vos retranchements, qu’on vous agresse, qu’on vous isole, qu’on vous méprise, insulte, menace et toute forme d’atteinte à votre dignité et à votre intégrité.

Rappelez vous sans cesse que la perversion n’appartient qu’aux pervers, n’acceptez pas de la partager. Et aussi que vous n’avez pas ce temps à perdre et que votre énergie ne doit plus être dépensée dans la bassesse des autres, vous avez mieux à faire avec aussi Comme on dit sur les internets « Do not feed the troll » (neither the monster). Restez courtois en toute circonstance, surtout si votre bourreau ne l’est pas. Rappelez lui ainsi qu’il y a certaines limites à ne pas franchir et ne vous abaissez pas à son niveau. N’oubliez jamais la politesse même si vous lui en voulez à mort pour ses comportements. Soyez beau, marquez la laideur de son comportement. Gardez toujours un ton neutre. S’il va trop loin et attend des réponses où il n’y en a pas parce que la question est absurde, répétitive, qu’il insiste lourdement répondez simplement que vous ne comprenez pas pourquoi il insiste, demandez lui pourquoi, ce qui le fait douter et d’exprimer ses attentes clairement, ne lâchez plus rien. S’il est en colère au téléphone, mettez le haut parleur. Une nouvelle fois vous ne devez pas rester seul si vous êtes harcelé, il vous faut des témoins. Évitez physiquement le huis clos et n’importe quelle situation sans témoin. Demandez à laisser les portes ouvertes, s’il s’agit d’un entretien « informel » sur la qualité de votre travail, demandez l’assistance d’un DP, si ce n’est pas possible, demandez devant témoins la raison de la convocation si vous n’en avez pas été prévenu au préalable et que ça n’est pas le cadre habituel, demandez également pour quelle raison si cela concerne le travail et que vous n’avez rien à vous reprocher, un tel entretien ne peut se passer devant les collègues, ou faites préciser la raison de la convocation par e-mail, si vous êtes pris par surprise et que le sujet est extraterrestre, récapitulez l’échange ensuite par e-mail. Enregistrez. recopiez mot à mot. Saisissez au quotidien un historique précis, et daté (gardez le sous le coude). Répondez aux mails anormaux, toujours avec politesse et neutralité, en restant professionnel. Tentez par tous les moyens de faire préciser par écrits à votre harceleur les reproches qu’il tient à vous faire, et justifiez, toujours de façon neutre et par écrit, le travail accompli, une erreur de travail corrigée. Soyez irréprochable, rappelez vous que vous l’êtes, arrivez à l’heure. Ne vous excusez pas sauf à avoir commis une faute ayant de graves conséquences, et si c’est le cas rattrapez le coup. Ne tombez pas dans le zèle. C’est un piège. Faire plus pour prouver à votre harceleur qu’il a tort sur votre capacité et vos compétences de travail ne va faire que lui donner des raisons supplémentaires de vous charger et vous le reprocher à la moindre erreur. Et plus vous en ferez, moins vous serez à l’abri, et plus vous donnerez de raisons de vous faire des reproches, la spirale infernale vers le burn-out. Distinguez bien le « un peu plus que la moyenne » qui reste acceptable, du « trois fois trop » qui en amènera toujours plus et qui à terme vous empêchera littéralement de faire quoi que ce soit correctement.

Dans le cas du « vénère » qui en a toujours plus à vous demander, des explications pour un oui pour un non, semer la confusion dans votre esprit et vous demander toujours plus de justifier où il n’y a parfois rien à expliquer, vérifier sans cesse si vous avez bien fait ci ou ça de manière suspicieuse, répondez sobrement sans en rajouter. Coupez court.

« Oui », « Non », « Ok » , « bien », « D’accord » (en boucle) peuvent vous aider à couper court à une communication absurde qui n’a de visée qu’à vous mettre à mal (n’en rajoutez que le moins possible si vous savez d’avance que tout ce que vous direz sera utilisé contre vous, c’est souvent le cas). Évitez tout débat où vous ne seriez pas entendu. . . (utilisez pour ça des écrits. Courts). Lorsqu’on ne vous donne pas les outils ou informations nécessaires à l’oral, demandez les à l’écrit. Une non réponse est une preuve.

Parfois, quand la situation se répète trop souvent, dire à son harceleur (devant témoins) que la façon dont il répète les situations malaisantes, tentatives d’intimidations, remarques négatives verbales, s’apparente déjà à une forme de harcèlement assez caduque qui ne vous permet pas d’avoir un bon relationnel avec la personne ou d’effectuer votre travail dans de bonnes conditions peut lui faire l’effet d’un rappel à l’ordre. Mais une nouvelle fois, il vous faut des témoins. (des témoins qui ne partagent pas forcément l’avis de cette personne par rapport à votre situation).

Sur les interprétations psychologiques ou de votre caractère… Ne lâchez rien non plus, vous n’avez pas d’informations à donner de votre image de vous même ou de détails de votre vie privée pour justifier une baisse de productivité. Même si c’est le cas et à moins que vous deviez effectivement prendre des jours pour réglez le souci, si vous avez le choix de garder votre jardin secret pour vous, faites le. Le harceleur utilisera tout ce que vous lui donnerez pour vous affliger d’une incompétence qui lui permettrait de justifier son harcèlement. Votre vie est parfaite et vous n’avez aucun problème de fond, ne partagez que les informations personnelles qui ne permettent pas de vous critiquer : vous faites du sport tous les tant. Vous êtes allé à un vide grenier dimanche, personnellement j’ai une préférence pour les trucs chiants dont tout le monde se fout et sur lesquels il y a peu de choses à interpréter, ou je reste vague (j’ai passé l’après midi en balade avec une amie qui a un chien également… alors non seulement c’est véridique, mais en plus personne ne souhaite en savoir plus). « J’ai vu un spectacle avec mon amie machine » (parlez du spectacle et pas de Machine qui est en instance de divorce parce que son mec l’a trompée et extorqué, hin). Pas de phrase négative « j’ai fait les soldes avec le peu d’argent que j’ai puisque c’est le seul moment où je peux m’en payer »… (restez dans la réussite et le positif, le positif amène le positif, vous avez fait du shopping, c’est ça qui compte). En revanche, permettez vous de demander à votre harceleur ce qui lui permet à lui de savoir mieux que vous-même et vos très proches ce que et ou qui vous êtes, sur quel aspect de votre apparence ou de votre manière d’agir ou de parler il se base, et le rapport qu’il y a avec le contexte de votre travail (oui parce qu’y en a pas, en fait), éventuellement son niveau d’études en psychologie (mais pas si directement). Demandez lui (toujours posément, la question du ton est primordiale, je vous dirai en une phrase pourquoi plus bas), CE qui lui permet de fonder un jugement sur votre caractère et votre psychologie en tant que collaborateur alors que ce qui vous préoccupe c’est le travail tandis que vous n’avez que des rapports de travail, justement. Bref lui rappeler que vous n’êtes pas des potes et que seul Dieu, votre famille et vos amis ou un praticien spécialisé peut poser ce genre de diagnostic.

Pour rappel un homme à une place hiérarchique forte qui crie fait montre de son autorité. Une femme en même place est (perçue comme….) une hystérique, une femme en position d’infériorité hiérarchique, une folle, et un homme pareil. Vous êtes peut-être déstabilisé par ces comportements, mais pas instables, voilà pourquoi vous ne devez laisser aucune prise à vos interlocuteurs quand leurs actes ou leur mots sont déplacés. Par ailleurs votre énergie ne sert pas à débattre de leur opinion sur vous. Donc gardez le travail en tête, laissez Vénère s’exciter tout seul, n’entrez simplement pas dans sa spirale. Dès que c’est hors cadre, restez dans le cadre, recadrez. Une remarque infondée sur un vêtement? « Vous ne saviez pas qu’il y avait un règlement intérieur sur le sujet » (s’il n’y en a pas), « Vous allez vérifier dans le règlement intérieur que vous avez fait une erreur vestimentaire et ne la referez plus le cas échéant ». Neutralité. Professionnalisme. Courtoisie.

Ce ne sont que quelques exemples mais les stratégies sont multiples face aux aussi nombreuses intrusions et irrégularités que se permettent les aggresseurs. Il en existe des quantités en fonction du cas qui vous préoccupe. Lancez vous dans cette étude en fonction de la situation qui est la vôtre.

Quand c’est trop c’est trop, en revanche… et là… avant de finir ainsi lisez encore la suite …

Je lis avec une délectation sans fin, les de la Reine des expertes sur le sujet des discriminations insidieuses (mais aussi parfois très ouvertes) quand on est dans le camp des dominés en entreprise… Et si c’est tellement inspirant, rappelez vous surtout qu’il faut de l’endurance, du savoir-faire, beaucoup de subtilité et réfléchir de façon posée avant de passer à l’action, mais dans tous les cas et avant d’être en capacité de mettre certaines de ces actions en pratique (rappel que @napilicaio fait un travail professionnel et sur mesure pour chacun.e de ses pépites et pépitos et qu’avant de vous lancer seul dans une guerilla, mieux vaut comme elle, connaître son terrain par cœur. Si elle ne recommande pas de se lancer seul.e dans la guerilla anti harcèlement, et comme le rappel est bon, de NE PAS RESTER ISOLÉ DANS tous les cas, ses threads sont toutefois parsemés de petites astuces pour éviter des moments difficiles.

Une dernière chose, très loin d’avoir la fonction stratégique intégrée, (autiste, hin…) les threads de Napi ont aussi cette fonction spécifique pour nous, d’aider à décoder ce dont nous ne nous rendons pas compte ou que nous ne savons pas interpréter des situations de travail y compris et surtout celles qui ne nous concernent pas (c’est déjà chelou de base vu de notre fenêtre, on a du mal à jouer la neurotypie autant que c’est épuisant si bien que nos bâts blessent souvent exactement là où au moment d’être victime, nous ne saurons comprendre ni pourquoi, ni comment, ni d’où ça vient, ni pourquoi le harceleur est encore plus méchant que l’Orangina rouge alors qu’on a rien fait, ni non plus Où se positionner dans un contexte de bordel généralisé où les neurotypés savent très bien à quel bord se ranger pour tirer leur épingle du jeu quand on aura que « INJUSTICE » à la bouche à se retenir que ça nous échappe que ça nous concerne nous ou le voisin, même si on l’aime pas spécialement, enfin pas plus qu’un autre quoi…).

En parallèle.

J’ai beaucoup parlé d’écrits et dans pareil cas, en particulier du harcèlement qui est marqué par une forme de pression insidieuse faite pour que vous la remarquiez mais pas forcément les collaborateurs ou qui s’ils le remarquent n’iront pas spontanément vous défendre, souvent pour ne pas se retrouver à leur tour dans la même situation, tout ce qui vous porte préjudice et qui est hors cadre de votre harcèlement est à prendre en compte. L’entreprise est irrégulière, vos tâches ne correspondent pas à votre contrat, à la convention collective, votre statut/coefficient/salaire ne correspond pas à votre niveau ou à votre poste (apprenez à décodez votre fiche de salaire, trouvez et lisez votre convention collective), l’employeur ne souscrit pas à un organisme de médecine du travail, l’affichage obligatoire n’est pas affiché, les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées, on vous fait travailler pendant vos congés, votre arrêt maladie, le télétravail n’est pas encadré juridiquement, l’employeur n’a pas proposé de mutuelle obligatoire, a refusé de vous en octroyé une, vous avez des preuves des pots de vins, d’emplois fictifs, on vous demande de rester plus tard sans l’officialiser, les locaux ne sont pas aux normes, on vous refuse des congés sans raison légale valable, etc etc sont autant de cumuls à apporter à votre dossier. Vous pouvez justifier vos heures supp en répondant à n’importe quel mail avant de partir du bureau (pensez également à en envoyer un en arrivant, seule votre adresse la date et l’heure comptent, imprimez tout .pdf et papier), les mails sont autant de preuves. Pour le verbal, notez tout.

Personnellement je suis pour le « garder tout sous le coude » et laisser faire jusqu’au point de non retour si vous en arrivez là (je rappelle que ce n’est pas le but, personnellement je n’éprouverais aucun plaisir pour chercher à tout prix des torts à l’entreprise et me formaliser de ces irrégularités qui sont plus que monnaie courante et rarement dénoncées tant que tout le monde y trouve son compte), mais rappelez vous qu’en Anormalie, ce sont autant de pièces qui peuvent jouer, un jour. Et si vous comptez vraiment aller au procès, rappelez vous une nouvelle fois que 2 ou 3 mois d’ancienneté ne suffiront pas à faire cesser ces agissements et qu’il sera aussi facile de vous licencier à peu de frais très simplement à la moindre remarque évoquant ces anormalités. En revanche rien ne vous empêche de vous faire accompagner en parallèle par un psy ou par un avocat conseil ou un syndicat tout au long de ce process, et de consigner toutes vos preuves comme un petit écureuil craignant l’hiver. Si vous n’en avez pas l’utilité tant mieux. J’ai déjà dit qu’en toute affaire et quelle que soit l’issue ou votre culpabilité, l’avocat gagne toujours, vous c’est moins sûr. En revanche pour la question des prud’hommes, n’importe quel avocat vous dira que plus c’est long et plus c’est bon. De nouveau tout dépend de vos attentes, de si vous voulez en découdre ou simplement vous extirper de cette situation et rompre votre contrat sans perte d’indemnités. Une nouvelle fois, vérifiez toujours vos droits auprès de personnes dont c’est le métier et cela vaut également dans le cas où le harcèlement nuit à votre santé. Il ne s’agit pas d’attendre le burn-out pour faire constater un état dépressif, ou anxieux, de fatigue généralisée du à de la surcharge. Vous n’êtes pas superman dans un tel contexte, et si je pisse dans un violon en vous le rappelant et que vous n’avez pas entendu votre corps et votre cerveau hurler au mal-être ou l’avez mis en sourdine comptez sur lui pour vous le rappeler de manière bien plus offensive si vous n’apprenez pas à mettre le frein, à dire stop et à défaut de pouvoir vous aménager des pauses en congés, en négociant un télétravail, ou de vous faire arrêter aux premiers signes. Les arrêts maladie, le constat par la médecine du travail, le signalement à l’inspection du travail, sont autant de preuves à charge à long terme que votre état soit lié au travail, le contexte en cas de litige peut largement faire peser la balance de votre côté à l’addition des cumuls de preuves précités. Vous cotisez pour être en bonne santé. Vous avez le droit et le devoir de vous protéger avant de vous retrouver arrêté pour 3, 6 mois et parfois ne simplement plus être en capacité de travailler pendant plusieurs années. Une autre chose et sans même parler de prud’hommes, cette même constitution de dossier peut également vous servir de levier de négociation dans le cas d’un départ amiable (et indemnisé). Une bonne indemnité de départ est parfois préférable à un long procès qui ne cessera de vous rappeler cette horrible situation et vous freinera à tourner la page. Une fois de plus, il s’agit ici de vous, de votre cas personnel face à la situation vécue et de vos attentes. La plupart des personnes harcelées ne savent le formaliser qu’après coup, et bien souvent, ce n’est pas de réparation de préjudice qu’elles rêvent mais elles regrettent le respect et la dignité auxquelles elles ont droit, les excuses qui auraient du être faites. L’indemnisation d’un préjudice s’il permet de mettre un peu de beurre dans les épinards, de donner un peu de temps pour réévaluer sa situation, se réorienter ou prendre un peu plus de temps pour choisir son prochain job ou juste retarder l’échéance d’une obligation de travailler pour sa survie, ne répare en revanche aucune blessure d’égo, aucune confiance en soi brisée. Voilà également pourquoi il est essentiel de bien savoir se situer dans son contexte avant de choisir l’option à prendre. Une nouvelle fois, cela n’exclut pas non plus de garder son poste, se faire muter, attendre que le bourreau prenne sa retraite, régler la situation de harcèlement en interne de sorte à ce qu’elle ne se reproduise pas. Dans tous les cas, TOUT le soutien que vous aurez est primordial que ce soit dans l’action, dans la résolution ou l’amortissement de cette mauvaise passe.

En parallèle (Bis).

Ce travail et cette situation est peut-être tout ce qui vous occupe et vous maintient, ou l’a été, et la perspective que cette situation même malaisante s’arrête vous effraie (et oui, même avec un grand attachement à de la merde, certains préfèrent une merde bien familière à un caca de wombat bien moulé en cube peut-être légèrement plus affriolant donné), ce n’est pourtant pas vous. Ou peut-être vous vous êtes tellement investi ou avez connu si peu d’autres structures que vous ne pouvez concevoir une telle situation que comme un immense gouffre qui vous attend si vous réagissez trop vite ou trop brutalement. Pourtant arrivé à de telles situations, il est peut-être également le moment de faire le bilan. Parfois on est mal payé juste parce qu’on a pas su négocié un salaire ou une augmentation, alors que Schmoltruc qui ne fiche rien gagne plus. Parfois on ne sait plus à quoi d’autre on est compétent tant on a l’habitude de faire la même chose. Si l’inconnu et l’imprévu créent des blocages infranchissables et épuisants pour les personnes autistes, la force de l’habitude et des routines fait vite oublier ce dont on est capable et l’inconnu peut infliger une frousse paralysante. Une situation de travail qui s’arrête, dans le contexte actuel européen de crise dans lequel on est, ne devrait pas être perçue comme un échec ou prise au personnel, même si la culture de la performance au détriment de l’humain est l’erreur commune que commettent la plupart des entreprises dans un contexte de capitalisme maladif qui ne fait la part que d’une petite minorité. L’entreprise saine c’est 50% d’humain bien dans leur slip et 50% de pognon bien géré. (Je rappelle l’importance d’être soutenu y compris psychologiquement dans ces démarches, consulter un psychologue/iatre ne fait pas de vous un malade mental juste une personne qui s’aide elle-même à un moment donné (j’insiste sur ces praticiens là, les psychanalystes vous expliqueront tout par votre mère, mais dans le contexte on est pas là pour raconter votre enfance, ou faire venir la mère de votre persécuteur, les psychologues/iatres ont bien d’autres cordes à leur arc pour vous aider à franchir certains pas ou questionner votre devenir, il suffit d’être précis avec eux et de vous en faire recommander un bon… Le coaching, la sophro, le Yoga, tout est bon pour votre bien être s’il est consenti, c’est comme les avocats et les médecins fonctionnels, souvent vous aurez les meilleures recommandations en en parlant autour de vous… Voilà aussi pourquoi parler aide à surmonter et trouver des solutions précises et s’organiser dans le temps pour retomber sur vos pattes, je radote, je radote, mais si vous êtes seul comme je le suis et que vous ne savez pas à qui vous adresser ou peur de demander de l’aide, dites vous que si je peux le faire vous aussi, et que ce n’est pas en vain que l’union fait la force, je ne vous parle pas ici de forcer des mains d’amitiés et d’amour, juste de vous octroyer le soutien que vous méritez à un moment donné pour ne pas vous retrouver à ramasser à la petite cuillère en laissant une situation pourrie se décomposer et pondre ses œufs en vous sans réagir avant que les larves n’éclosent… je fais cette métaphore dégueulasse pour vous pousser à réagir et élaborer un plan d’action d’empouvoirement global), ce n’est pas une signature Faustienne sans durée fixe si vous ne le souhaitez pas. Ce sont bien souvent des entreprises qui déshumanisent qui vous mettent dans ces situations de pertes de repères, il est donc important hors cadre du travail d’en décrocher, de faire autre chose, d’établir un état des lieux et une liste de vos besoins, de vos manques et de vos envies pour faire le tri, trouver la résolution adéquate et aller de l’avant.

Une dernière fois il n’y a pas plus de profil type de harceleur que de harcelé. Voilà pourquoi il faut dédramatiser et ne jamais céder à la culpabilité dans ce contexte.

J’ai lu tant et tant de ressources pour rédiger ces trois articles, que je me dois de vous les faire partager. Certaines vous seront très utile sur le coup, d’autres sur le plus long terme, les voici, vous en retrouverez certainement dans d’autres sujets sur le travail (ce sujet intarissable qui me préoccupe tant même si je nourris d’autres projets en dehors du blog et que j’en apprends encore tous les jours). Si cet/ces article.s vous a/ont aidé en quoi que ce soit, n’hésitez pas à le/s faire partager ou en parler autour de vous à des personnes concernées. J’aurais également plaisir à lire vos retours si vous avez mis des choses en place ou comptez le faire dans les commentaires ou de manière plus privée par mail dans ma rubrique contact D’ici là, travaillez bien, soyez heureux comme des poissons dans le bon bocal !

Sources :

Marie Hirigoyen – Le Harcèlement Moral au Travail (à mettre dans toutes les mains des personnes actives). (lien direct vers son site, mais vous trouverez le livre en neuf ou d’occasion très facilement).

Le Twitter de Maria Da Silva. Alors je vous mets le twitter de Ze Saint of la survie au travail, mais en tant qu’alliste, je vous invite très sincèrement à aller vous renseigner sur toutes ses activités, cette femme, NA, haut potentiel, qui connait bien plus que moi tous les travers de la discrimination au travail, fait un travail COLOSSAL sur l’égalité de traitement des personnes racisées dans l’emploi, les femmes en particulier, et en ce qui me concerne c’est un régal tant ses enseignements sont denses, vastes, précis et sourcés. (si vous êtes peu déconstruit ou informé sur la réalité du racisme, je vous conseillerai de lire en silence et dans la paix d’une bougie parfumée en maintenant une bonne hydratation de votre organisme tous ses posts et de bien vous renseigner avant d’intervenir pour dire n’importe quoi, à vos risques et périls car en tant qu’experte sur son sujet, à votre place je ne critiquerai pas sans avoir autant de bagage, et elle en a tant que ce serait difficile d’être à son niveau : son job est aussi truculent que sérieux et d’une rare richesse, perso je ne connais pas de personnes blanches qui en font autant sur la discrimination 🙂 Une PERLE. De la bombe de balle bébé. Inégalable de LOIN. (de toute façon si vous ne vous renseignez pas c’est vous qui perdez, moi je ne m’intéresse qu’à l’autisme et certains sujets plus globaux sur le travail).

Stratégies de santé mentale au Travail : un site canadien très riche en data pour gérer au taf. (personnellement je me suis abonnée à leur richissime newsletter, jetez un œil aussi onglet par onglet, vous y trouverez beaucoup de réponses et de solutions et c’est bien ça qui aide à résoudre les problèmes), dans le cas qui nous occupe, je ne saurais que trop vous recommander cette petite page de vertu en particulier pleine de bon conseils sur les comportements à adopter en amont de ces situations.

Ce mémo imprimable depuis votre photocopieuse préférée de Place de la médiation qui tient discrètement dans tout endroit où on peut le ressortir à tout moment pour s’aider soi-même à souffrir les moments les plus harassants de la vie de harcelé.e.

Ce récap, même si je ne suis pas d’accord avec l’entièreté. Notamment sur la partie de l’enregistrement, dans le cas des harcèlement à huis clos. Ou s’il me paraît évident qu’utiliser un document enregistré devant une Cour n’est pas forcément du meilleur effet, l’avoir sur soi, pour retracer et décortiquer mot à mot ce qui a été dit (déjà pour pouvoir relire et noter si harcèlement il y a ou pas à tête froide), d’autre part en consignant les enregistrements, rien n’empêche de les présenter sous forme écrite, avec date, heure , jour, nom des témoins. Pour pénultième rappel que c’est la répétition qui fait le harcèlement et qu’on est pas toujours en mesure d’écrire sous le nez du harceleur ce qu’il est en train de nous dire. Également pertinent comme preuve additionnelle car pour rappel en cas de prud’hommes, l’employeur a tort sauf s’il peut prouver qu’il ne s’est pas mis en faute et c’est à lui d’apporter ces preuves. Moi j’dis y a pas de petits moyens, même si je n’ai pas eu de raison d’utiliser cette technique jusque là, je crois qu’en situation de vulnérabilité, en particulier de harcèlement sexuel, les remarques et allégations et autres menaces sont à prendre en compte. Charge au jury d’apprécier la chose (je ne sais pas qui inventerait des phrases de harceleur si ce n’était pas le cas… même s’il y en a qui ne doivent représenter qu’une minorité).

Le mal connu Droit de Retrait (qd tu es acculé au pied du mur et que tu flippes pour ta vie avec raison, seul au monde face à ton boss sur un îlot désert, lui, couteau à la main et… non je galèje, là, mais à situation désespérée, issue en conséquence), à lire pour bien délimiter le cadre de son exercice, autrement à vos risques et périls de licenciement justifié.

C’est en tout petit petit petit au dessus du logo dans les onglets du haut pour éviter la ruée… MAIS TOUT Y EST avec un onglet spécial sur le harcèlement. Et aussi tout ce qu’il faut savoir sur le respect de la procédure de licenciement (qui est un autre gros manquement fréquent des entreprises qui passe assez souvent inaperçu si on est pas assez renseigné) Comme disait un de mes philosophes des temps modernes préférés « Connais tes droits, ce sont TES DROITS » (Joe Strummer – The Clash « Know Your Rights »).

inspection

Pour plus d’infos sur le French Wild Work, encore de la Data, notamment sur la recherche de médiateur pour résoudre un conflit, connaître les conditions de la rupture conventionnelle etc… Ils ont des permanences.

En cas de conflit :

Tout nouveau tout beau, je l’ai découvert dans mes recherches sur le sujet, désormais tout est possible en ligne en quelques minutes, un site qu’il est bien et complet, à condition d’avoir les notions juridiques nécessaires (d’où l’intérêt de ne pas y aller seul, ce n’est pas parce que tout y est que cela se substitue à un avocat, moi je suis même un peu sceptique, en pensant que ceux qui s’y essaient risquent surtout de récupérer le minimum d’indemnités quand c’est justifié ou très caractérisé, alors qu’un bon avocat saura détecter toutes les subtilités qui ne seront pas forcément dans les grandes lignes). Mais pour une procédure simple ou de la lecture pour évaluer sa situation, c’est très utile, et très bien fichu.

En mode bout du rouleau. ^^ (uniquement en extérieur, tous les samedis après midi avec une combinaison anti bactériologique)… J’ironise, mais n’étant pas assez « accurate » sur le langage safe et l’humour safe, voilà ce qui a égayé ma semaine après une interdiction de quelques semaines d’écrans du à des soucis de santé passagers ainsi que… Le Cheese Challenge (que je ne mets pas en lien n’assumant que moyennement mes rigolades dans un monde de non nullipardes en majorité dont je me suis auto-exclue il y a de ça quelques millénaires, quand j’étais une sorcières cachée dans les Balkans sous la protection de Baba Yaga).

Pour précision, j’ai fait ces recherches pour aider les personnes T.S.A à pouvoir mieux formuler et se resituer dans le contexte d’une situation de harcèlement, ce qui est la difficulté majeure que nous rencontrons. Je n’adhère actuellement à aucun syndicat car j’ai mes projets fixes, vous pouvez toutefois m’encourager sur mon lien tipeee dans l’onglet d’accueil du site, ou consulter mes autres articles dans la rubrique du blog consacré au travail, il y a et il y en aura. . ., n’hésitez pas non plus à m’alimenter de vos sources pour les relayer également ici). Je crois foncièrement à la possibilité de s’épanouir dans des structures qui ne laissent personne de côté mais également que ces structures peuvent générer des revenus sains et éthiques pour tous ses intervenants, pour en avoir fréquenté, pourtant subir les mauvais traitements de celles qui ne respectent pas les règles, et cela peut survenir à tout moment, n’est pas acceptable et doit être combattu, corrigé. Si le tableau de mal-être en entreprise est globalement très noir au regard des statistiques, n’oubliez pas que c’est à chacun d’y apporter la pierre nécessaire à en faire une édifice stable et accueillant. Une bonne gestion du passage au digital, un bon traitement des employés sont un début et un gage de ces réussites, je m’emploie moi-même à faire avancer cette tendance dans un futur proche. et j’aurais toujours plaisir à échanger sur ces sujets.

Sur ce, j’ai passé (évidemment…) plus de temps que prévu sur cet article, et mon besoin de Yoga des Yeux (oui ça existe) urgent, m’appelle. Je repasserai donc plus tard pour les fautes (comme d’hab’, vous avez l’essence, je finaliserai l’emballage et le bolduc APRÈS). Travaillez sereins, à défaut, protégez-vous.

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3 commentaires sur « Harcèlement moral au travail Ep. 3 Outils et ressources pour en sortir. »

  1. merci de tout cœur pour tes articles, je viens encore d’identifier apostériori des comportements inadaptés de la part de mon harceleur (normal quoi ! mais d’où puisait-il toute cette inspiration?)

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  2. MERCI DE TOUT COEUR pour tes articles. Je viens d’identifier a posteriori un comportement subi. c’est presque déprimant, mais ça me montre que j’ai un peu tourné la page 🙂 Mais où mon harceleur trouvait-il toute cette inspiration ?

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