Si vous attendiez la suite de la série sur les sorties de Zone de Confort, c’est en cours, j’attends juste le retour d’une personne de haute compétence sur le sujet du monde du travail, avant de vous le passer, mais comme ça doit faire bien deux semaines que je suis pas venue ici, je vous fais un passage éclair avec l’énergie qu’il me reste un lendemain de soirée où j’ai du décompenser, mais clairement sans avoir assez dormi.

On va parler des gens qui brûlent vos calories neurologiques. Des aspirateurs de ton temps précieux qui ne leur revient pas. Ceux pour qui tu te demandes parfois « Mais pourquoi, je fais autant d’effort pour supporter tout ça alors que je sais pertinemment que ça ne mènera à rien ». [SPOILER : parce que justement vous ne voulez pas être comme eux, donc vous préférez rester poli quand la fuite n’est pas possible]

Du temps perdu à ne pas économiser plutôt pour aller à Oahu ou Honolulu, qu’on ne rattrape plus.

Je suis dans une période transitoire assez compliquée, par parce que j’ai des choix à faire, mais plutôt des preuves, maintenant que j’ai à peu près obtenu ce vers quoi j’aspirais tous ces derniers mois de traversée du désert, le temps de ne pas tout accepter juste pour la survie. Du coup, j’aurais idéalement besoin de pouvoir faire la sieste un peu tout le temps sauf que c’est tout ce qu’il faudrait pas qu’il me prenne de faire tant que je n’aurai pas passé le cap d’avoir gagné la confiance difficile de mes interlocuteurs dans ce qui m’occupe. Je ne peux même pas tant donner de détails pour le moment tant que rien n’est acquis, rien ne l’est jamais et tout peut se dégrader à tout moment, d’où une vigilance accrue qui me pourrit excessivement la vie (oui bien sûr, je parle évidemment du travail, what else?). Mais surtout avant d’en arriver à cette étape cruciale, j’ai dû dealer avec des personnes vraiment difficiles ces derniers temps, et franchement je me sens tellement loin de l’Autistanie que j’attends parfois presque qu’un gamin à vélo me mette dans le panier du devant de son guidon avec un torchon sur la tête pour me ramener chez moi sans avoir à pousser sur les pédales, un peu comme si j’étais une tarte tatin mal retournée.

 

Dans ces périodes de grand tri aussi, je suis assez seule et morfondue certains soirs, parce que je n’ai pas toujours les bons amis à qui parler. Hier ma pote de ville natale m’a appelé, et ça m’a fait grand bien, mais comme mon peu d’ami.e.s est à moitié à 400 kilomètres et l’autre peu dispo ça réduit drastiquement mes opportunités de prendre des avis extérieurs pour trouver les bons moyens d’adaptation, donc me voilà aussi à avancer un peu en aveugle et donc à marcher sur des œufs pour que mon plan pour conquérir le Monde, enfin juste le mien, hein, fonctionne. Ma BFF vit de grands changements et elle est sur-fatiguée à l’issue de ses semaines aussi, avec très peu de dispo, mon référent des Grandes Réflexions vient lui aussi d’achever un travail d’art et passe maintenant une période difficile aussi, et ma cops d’enfance a des gros soucis de santé qui font qui m’inquiètent autant que je sais qu’elle refuserait de le savoir ou de l’entendre dans ma voix ou le lire dans mes yeux, donc je risque pas de venir l’emmerder avec mes pâles soucis à côté. Et mon autre pote à qui j’ai proposé récemment un déj, j’ignore si elle me fuit ou ce qu’elle traverse, mais je vois aussi qu’elle n’est pas très dispo, et pourtant elle aurait à m’en compter maintenant qu’on est à même poste.

 

Hier en sortant seule j’ai constaté l’ampleur de ma prosopagnosie en huis clos, je vais toujours au café du coin une paire d’heures quand j’ai bien fait toutes les tâches que je m’étais fixée, soit faire de la formation en ligne, soit mater Netflix sur la tablette, ça m’aère un peu tant qu’il fait beau, sinon je serais totalement cloîtrée et ça pourrait devenir étouffant et disons aussi que je dois avoir besoin de ça, que je ne faisais plus depuis un bail : étudier la sociabilité des autres au cas où j’arrive à en tirer quelque chose de bénéfique pour mon avenir. Leul’. Du coup, je me demande vraiment pourquoi j’embarque la tablette vu que dès que je mets un pied dehors, c’est comme si je matais la télé tout le temps, mais sans pouvoir choisir le programme, et avec le volume trop fort (hier aussi, j’étais au tel avec ma pote, le café partiellement vide et d’un coup le brouhaha est monté à son comble, et genre, mes oreilles ont encore fait une overdose de tintamarre, forcément aujourd’hui, je me sens partiellement vidée de toute once de fuel, et je crois que même le magnésium que j’avale pour tenir les quelques heures avant la sacro sainte nuit de repos que j’attends depuis le lever, il y a 4 heures à peine, s’est mis en grève). Damn it, comme à force d’y aller faire une ronde par weekend, des gens me reconnaissent ou me disent bonjour ou me demandent des nouvelles du chien et parfois je suis infoutue de faire le lien, de me rappeler qui c’est, si je l’ai déjà vu et de quoi on a pu parler, j’aimerais que l’alcool ait bon dos dans toute cette affaire, mais comme j’ai la tête trop préoccupée en ce moment pour me la mettre et passer en mode festif, je suis aussi trop limitée pour engranger des litrons, et je ne risque pas de m’en plaindre non plus (Note : réorganiser un anniv’, pour reprendre le goût des sourires amis…. Note bis : ne pas oublier de mettre de la bouffe sur les tables, y a un traiteur bio vegan juste en face du lieu auquel je pense, j’aurai pas d’excuse de ne pas le faire).

Et d’un autre côté je me pousse un peu à sortir, même si c’est tout le temps au même endroit et pas forcément intéressant, parce que côté réseaux sociaux, j’ai récemment aussi largement eue ma dose de shitstorming et autres insultes gratuites, parce que OMG, estimant que même si je maîtrise un sujet et qu’on m’invective à répondre à savoir si je peux me permettre de parler ou pas en tant que concernée ou non, et dans la mesure où la discussion n’était pas politique, j’ai quand même le droit de faire l’économie de ce que je sème publiquement sur les dits réseaux sociaux ou pas, et comme dans la vraie vie, je ne dois rien à personne sur les expériences que j’ai vécues ou non et dont en prime j’ai pas forcément envie de me rappeler vu que pour le reste tout va bien, merci. Résultat et outre l’agressivité de l’injonction première, qui de base ne donnait aucune envie de s’enterrer plus loin dans le sujet, de plus que j’avais autre à foutre de plus fécond que de me justifier sur twitter ce jour là, je me suis faite de traiter de conne, de harceleuse quand je ne faisais qu’exposer mon droit de non réponse et de ne rien devoir à personne etc. et la personne te répond alors que t’as dit que t’en voulais pas et ça te saoule, mais c’est toi qui harcèle, obviously. À ceux là, quand vous insultez des gens qui ne vous ont rien demandé, que vous êtes vous même allés chercher pour vous en servir comme caution et support, en arguant de critères de persécution des uns et des autres à tout bout de champ, si ce schéma vous est répétitif et que vous passez votre temps à vous sentir menacé, posez vous les bonnes questions, parce que ma distance à ce genre de basse et viles insultes entremêlées de présupposés hasardeux sur la pseudo image que je tiens à renvoyer, juste parce que vous n’avez pas eu les réponses attendues en dit peut-être long sur votre sempiternelle auto exclusion spontanée. J’en ai déjà fait état ici et sur mes comptes persos à plusieurs reprises : si ton amitié a pour vocation de venir un jour ou l’autre chier sur mes murs et te toucher le clito chaque fois que mon avis est différent du tien ou simplement plus nuancé, va juste te niquer dans ton coin, parce que j’ai pas besoin de ce genre de partage inutile encore moins pour plussoyer de tes formidables arguments pour vociférer que tout est nul, tout le monde est con et la vie est injuste. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà » disait le sage Pascal, et s’il y a bien une chose dont je fais gravement l’économie en ce moment, c’est la négativité des autres et me garder d’avoir une vision à sens unique autocentrée. Je vais ponctuer avec une autre citation de philosophe des temps modernes : « C’est mon Choix » Evelyne Thomas. Ma vie et mes non-œuvres te saoulent et c’est parfaitement ok, mais s’il te plaît tu n’as qu’à faire une chose, t’en auto-éjecter et faire ce que je fais, aller là bas où la météo est mieux. J’ai aussi envie de dire que quand on souhaite le respect, la meilleure façon est peut-être de commencer par en communiquer aux autres, ainsi on a moins de surprises, parce que dans ce monde nul et injuste bardé de trous du cul vu de cette fenêtre là miser sur une tolérance des autres qu’on a pas soi même, c’est un peu piper le jeu dès le départ.

 

 

 

J’ai passé une première semaine enfin seule sans personnes déconnectées de la réalité ou qui vivent trop dans leur tête depuis dix semaines et sans possibilité de les éviter parce que j’étais dans un non-choix de faire de la cohabitation bureaucratique avec et je ne peux pas encore dire que l’air est redevenu tout à fait respirable, vu la somme de travail à rattraper qu’elles m’ont laissé en souvenir à chaque fois, pour laquelle je vais certainement devoir battre le fer pendant encore trois long mois si et seulement si je franchis la ligne de la période d’essai avec ciseau pour couper le ruban et modifier ENCORE mon mode de vie de façon améliorée et champomy à la clef mais pas avant Noël, j’ai pas besoin de me faire tartiner le cul et d’enfiler les costards que les gens des réseaux soç’ pour qui c’est un sport récréatif ont taillé pour moi (encore moins si c’est pas du sur-mesure) et que j’ai jamais vu en vrai, appelez ça du mépris, je m’en bats les ov’ et ne compte pas m’arrêter en route pour vous regarder chouiner et m’accuser de non conformité à leurs attentes quand j’ai péniblement besoin de toute cette énergie là pour améliorer mes conditions de vie dans une réalité plus tangible, quand j’ai décidé de faire ce travail trop longtemps laissé en stand by de communiquer un peu mieux, de compter avec les neurotypiques et de démêler mes pinceaux et mes tares communicatives seule et sans les ateliers d’aptitudes sociales préconisées dont je n’ai pas les moyens en ce moment.

Du coup on va encore causer survie, parce que revenant de là, je m’en suis pour une fois pas trop mal démerdée (encore que j’ai des progrès à faire, et que depuis le diag, si ma modération est ON, elle est d’autant plus compliquée, que concéder à ménager sans cesse la chèvre et le chou pour me faire valider par un milieu basiquement excluant et validiste est un foutre tour de force, qui me pompe exactement tout le reste quand je ne suis pas occupée à gérer mon stress face aux vampires énergétiques… forcément toutes les incitations à l’ouvrir de travail m’envoient des Warning et que c’est dur de la fermer…).

J’ai du colloquer 6 semaines avec … J’ai pas de mots. Une personne qui roule son monde sans arrêt en mode pilote automatique et utilise sa bouche uniquement pour justifier de sa qualité personnelle en crachant comme un lama fou sur tout le reste du monde en skred à la moindre occasion, et avec des alliés créés de toutes pièces qui sous cette menace flagrante n’ont guère eu d’autres choix pour s’en sortir que d’en être alliés, justement pour diminuer les foudres. Comme j’ai pas cet instinct grégaire il a fallu que je trouve une soluce pour m’en sortir sans fracas. Disons que quand j’ai parfois l’odieuse sensation de radoter comme une aspie que je suis, en me culpabilisant grave quand je me prends en flag ou qu’on me coupe, ou que je coupe, que je m’exprime mal (vous seriez étonnés de mon niveau trou de pine à l’oral, à comparé de ce que j’écris) etc, ce type de personnalité peut s’avérer terriblement rassurant pour son petit non-égo flétri, mais quand même : ça vous bouffe toute une hygiène de la bonne humeur et j’avais pas signé pour ça. Idéalement, il aurait fallu appliquer la méthode dite du « Canard ». Et plussoyer tout, soutenir même en connaissance de daube, approuver, rentrer dans la combine, etc. Mais je suis en plein apprentissage et c’était une condition bien temporaire, je m’en suis servie comme un exercice de style. (à nouveau quand vous croisez ces gens dans votre vie et à quelque échelle que ce soit, et chaque fois que vous en avez la possibilité, il n’y a tellement pas de réponse satisfaisante à apporter à ces profils types, que fuir, surtout avec la fatigabilité que suppose un TSA, fuir sera toujours votre meilleure option). l’Option Fuite n’étant pas dispo cette fois ci, et j’ai tellement appris des neurotypiques de bureau ces derniers temps, que j’ai pu la jouer plus fine que ça.

1ère cible de la meuf : son collègue de bureau. Cette personne m’en a dépeint un portrait déformé dès mon arrivée : « il ne fait pas le job, son comportement au bureau (supposément nonchalant et branleur) directement lié à son origine en fait un incompétent, mais comme il a 15 ans de boite et qu’il connait vaguement le job, on ne peut rien y faire et il faut rester tolérant » (vous le sentez, là, le niveau de crasse?) La personne se présente comme un ancien dirigeant d’une entreprise européenne d’un autre pays, elle valide ses compétences propres par ce biais.

 

Au début j’ai rien dit. Si vous ne pouvez pas fuir, ne dites jamais rien qui puisse vous mettre en péril dès les premiers temps. Laissez dérouler, le temps de cerner la chose et l’étendue du shitstorming, agissez en connaissance de cause, après une bonne étude de terrain, c’est plus safe, un autre truc : déballez pas votre vie à personne sans savoir à qui vous avez à faire, je sais que ça peut paraître évident pour certains, pour pour ceux qui sont des truffes pour détecter les nuisibles comme moi, prenez vraiment le temps de savoir à qui vous avez à faire avant de donner du perso, balancez juste quelques cacahuètes factuelles dont tout le monde se fout en attendant de pouvoir vous dévoiler ou pas, et restez naturels. En revanche le soir, je me suis empressée de checker les compétences de cette personne et de vérifier qu’elle n’avait eu de poste en manager nulle part que d’exécutante dédiée à la vérification de données. J’en ai déduis que si la personne a besoin de justifier ses compétences sur du fake, la prochaine chose à vérifier ça va être ses qualités opérationnelles réelles, parce que quelqu’un de réellement compétent n’aura pas forcément besoin de s’en justifier à tout bout de champ en puisant sans arrêt dans ses souvenirs inventés de poste mirobolant quand on l’a même pas remis en question, bonus si t’es manager qu’est ce que t’es allé te foutre en bout de chaîne et pourquoi faut autant que tu daubes sur ton collègue direct, apprend on ça en management (spoiler : nan, j’ai pris des cours là dessus aussi)?

 

J’ai rien dit et le collègue ne disait rien non plus de la semaine. J’ai fait le canard impliqué à la formation (des fois ça partait tellement dans tous les sens pour trois clicks, je galérais pour ne pas décrocher, mais j’étudiais aussi que le discours de la personne était fort confus pour des trois fois rien, ça pourrait servir, ç’aurait été mieux qu’elle cause pas h24, je croyais que j’étais un peu veugra à ce niveau là, mais maintenant je sais qu’y a des gens qui m’écrasent et très facilement là dessus aussi, et puis ça m’a fait miroir, tu veux pas finir comme ça : tu continues donc tes cours de comm’ jusqu’à ce que tu saches réguler et utiliser les bons mots et pas avant.

 

Et j’ai réclamé du taf, la personne m’a refilé un truc… « Qu’elle avait pas eu le temps de faire depuis février« . De la compta, autant de gros classeurs que de mois. Je pense qu’elle m’a filé pour que ce soit insurmontable exprès, sauf que je suis speedy gonzales, et ça désormais, je ne l’affiche plus, j’en ai trop chié qu’on m’en colle trop juste à cause de ça, j’ai bien pris mon temps, mais si j’ai finis trois jours avant la deadline. Genre la compta, ça se laisse de côté parce qu’y a pas le temps et c’est donc pas grave, et moins important que de mettre des bordereaux de réception dans d’autres classeurs. J’ignorais que c’était possible, mais on en apprend tous les jours… J’ai gardé cette réflexion pour moi, ça m’a permis d’aller me planquer faire tout ça pendant une bonne semaine seule dans un petit bureau. Keep the smile, tous les soirs, je passais lui faire un point sur mes avancées avant de partir. J’ai eu un problème d’argent au bout d’une semaine (ma banque me hait depuis que j’ai demandé à changer de conseillère et me fait des plans foireux toutes les deux secondes). ça m’a sauvé, quelque part, j’ai pu dire que j’ai pas les moyens de bouffer à la cantoche dans la rue d’en face avec elle et ses alliés, les écoutant dauber en triple dans un lieu bruyant et incommodant (véridique j’ai pas manger pendant 2 jours cette semaine là, qui m’a aidée? des autistes.. et oui, au mois d’août tu taffes et t’es seul, parents en congés etc, heureusement que même en désaccord on est encore suffisemment au fait de notre préca pour pas encore se laisser en rade les uns les autres, encore un shutdown et la personne du taf a bien sauté sur l’occase que j’étais hyper mal pour m’en rajouter.) Mais bon post dépannage, Peppouze dans mon petit bureau avec ma petite compta, mes salades de riz et mes bananes, j’avais la GROSSE PAIX ROYALE, le pied (et twitter). Bonus, je suis passée pour le maillon faible, la meuf pauvre de passage, la personne se méfiait donc pas et pouvait se satisfaire de son mépris en me filant des leçons de morale la roue tourne, tout ça.. (ouais enfin surtout la banquière a mis trois semaines à se tirer les doigts et c’est là que j’ai demandé à en changer sur le principe, même si je ne parle plus à ces gens et que j’ai du ouvrir un compte de safety et leur laisse que le loyer et les charges obligatoires pour jouer à leur jeu du plus infantilisant).

 

Ensuite son collègue est parti en congés, du coup j’ai du taffer en face de cette personne. Là j’ai commencé mon étude documentaire (j’ai cru que  j’allais crever, on me disait « viens à telle heure (plus tard que l’heure officielle) c’est pépérou », je venais plus tôt, ça me donnait l’occase quand j’en pouvais plus de me barrer plus tôt aussi et de m’infliger tout ça que deux heures de moins, celle de tranquillité le matin, mais c’était toujours ça de pris et je partais sur l’air de : « Finis bien, à demain, ne reste pas trop tard non plus, tu vas t’épuiser ». À personne fausse, fausseté égale de rigueur. J’en pensais pas un mot. Mais je l’ai écouté attentivement, questionnée etc. Genre je bois tes paroles, je te soutiens etc. Raison de plus pour elle de pas se méfier. Quand son collègue est parti et qu’on m’a filé une tâche un peu imprévue où j’avais pas les éléments ou des accès informatique, elle a shistormé que ce ce collègue est vraiment naze et que je risquais ma place si je refusais la tâche auprès de son boss, que c’était déjà arrivé etc… Elle a failli m’avoir, j’ai formalisé par mail avec les éléments que j’avais et que j’avais pas direct adressé en copie et cette personne et son collègue absent pour me couvrir le cul et imprimé le mail en cas d’embrouille. J’ai dit t’inquiète, je vais aller voir ce chef ce midi après mon mail et m’expliquer avec lui, j’assume parfaitement ms limites aux tâches confiées et ferai de mon mieux avec les moyens qu’on me donnera. J’ai profité de la pause déj. ^^ De une, tous les éléments étaient dans un classeur à mon effet avec les process, de deux elle m’avait vendu cette tâche comme une grosse responsabilité, alors qu’on me demandait juste de faire une mise en page basique, de trois je suis allée voir le chef en mode je suis prête à tout, mais dans la limite des billes que j’ai, il m’a répondu no problemo. J’ai attendu son retour de la cantoche, je lui ai dit, en mode lolilol, Monsieur Truc a été très compréhensif (ensuite elle a accusé son collègue de pas m’avoir assez formé, là ça sentait le bitch You’re gonna pay for all this shit) ça l’a tuée, c’était que le début, de la résistance. Elle m’avait deux fois loupé avec la compta finie bien à temps et maintenant ça, je restais calme en attendant de voir ce qu’elle préparait. Un autre soir elle est partie à un truc de divertissement de boite et elle m’a fait juste avant, parce que je tentais de lui dire que j’avais compris et que je pouvais faire un job de remise en forme de certains docus confidentiels sans son chaperonnage, et elle m’a sorti que j’étais punie de pas y aller ave elle et le collègue, pour faire ce taf seule en leur absence. J’ai fait le job, et laissé un mot avant de partir, tu n’hésiteras pas à me redire si j’ai fait une faute (je savais que j’avais assuré), suis rentrée plus tôt chez moi, pour le coup, pour une fois, oui parce que sinon fallait que je reste en heures sup’ à rien faire et que je parte en même temps qu’elle…

Keep the smile, la terreur commençait à changer de camp, je la déroutais de pas tomber dans le panneau. Je lui ai tendu une grosse perche, j’ai commencé à causer spontanément à raconter des fakes détails de ma vie, à la faire beaucoup parler de la sienne en échange, comme elle se méfiait pas j’ai eu les infos que je voulais : cette nana était une fumiste de base et vachement fière de ses entourloupes, en prime, même là elle avait  réussi à semer la merde et se prendre mille balles de salaire en plus que ses collègues à même poste pour bien semer la zizanie ensuite à souffler à ses alliées qu’elle ne devraient pas faire ci ou ça par rapport à leur poste etc, bravo, la nana, bon ça avait quand même valu quelques augmentations à certains, et tant mieux, en échange je racontais j’ai une vie parfaitement chiante où il se passe jamais rien et un chien : azy va trouver de quoi dauber sur moi auprès de tes copines, now, je t’attends, t’as rien. Et je l’attendais. Du coup elle a commencé à fuir le bureau dès que possible et là j’ai pu bien apprécier son job et ses compétences. Je ne jugerai pas vu que ça m’a bien arrangé, mais en gros, outre elle arrivait avec une heure de retard tous les jours, rajoutez une heure de machine à café et deux de dej, et entre une et deux par jour à fuir le bureau pour aller bavarder avec ses copines (et autre grattage au tel à la moindre occase pour éterniser le truc sur du rien), voilà qui nous laisse environ 3h de taf réel, et là la compta de février liée au débordement, tu la sens. Elle voulait que je trouve une solution pour ça (lol). Pas de problème. Maintenant tu vas tous les matins checker l’entrant et le sortant avant toute chose, ça prend réellement 5 minutes (en vrai dans son système temporel une bonne demie heure, par A + B je lui avais sorti un  système qui ne lui donnait plus la moindre excuse de ne pas le faire, j’en témoignais devant ses sup’ en sa présence, je venais de lui retourner un peu le truc, je regrettais pas), et bim : un café de moins. Ensuite elle est partie à son tour en congés et me suis rapprochée de son collègue, ENFIN. J’ai découvert une personne hyper compétente et efficace (comme de par hasard) par rapport à son portrait raciste excluant, et bim même si c’était déjà le cas depuis un moment, j’ai annoncé que j’avais plus de problèmes de sous, et lui ai proposé qu’on mange ensemble. J’ai adoré ce mec. Humble, sage, croyant, juste et modéré, et une force zen comme t’as pas idée. Comme moi il ne supportait pas ces repas de cantoche à bitcher sur tout et n’avait aucun doute sur le fait que ça cause sur son dos. Avec les autres gens j’ai été super polie et souriante tout le temps, sans jamais en dire trop plus. (technique du point météo, je vais pas rester là, on va pas être potes, donc c’est pas la peine de se fatiguer à raconter sa vie et si on est potes par hasard, tant mieux, mais j’étais pas là pour ça et en tant que sous poste, ça m’a bien arrangée aussi de pas être considérée). Du coup, j’ai profité de l’absence de l’autre pour faire des « vues« . On est d’accord que j’avais aucune obligation à tout ça et que je me doutais que le collègue dirait jamais rien à l’encontre de l’autre auprès de la hiérarchie, mais y avait quand même pas moyen que je laisse passer une fourberie généralisée pareille. Et pour sa diarrhée verbale sur le collègue, et pour moi, et pour les suivants et sa main mise à faire flipper les autres sans cesse avec sa bouche à merde. Et quand même j’avais bien joué, avec le coup de la trouille au chef qui m’aurait pseudo viré, elle avait fini par bouder (ouais : boudé) une journée complète en allant se réfugier chez tous ses ami.es pour pester à fond, résultat ils ont pété un plomb aussi qu’elle les a saoulé pendant 48h et s’est décrédibilisée vu que qui faisait le job pendant ce temps : Hello.

 

J’étais quand même rincée d’écouter toutes ses salades le peu de temps qu’elle était là et le collègue m’a confirmé aussi qu’elle était usante et que lui aussi était au bout de sa vie depuis qu’ils étaient en colloc’ dans le même service, mais rusé, il a pris l’autorisation de « changer de bureau » pour se rapprocher de son service PILE au retour de congés de l’autre. Franchement j’ai passé une des meilleures semaines de ma vie avec ce type, et bonus, comme on échangeait pas mal, il m’a filé un plan pour contrecarrer ma banque (en or, le plan), et moi des trucs pour son régime. (quand tu communiques bien ta vie peut devenir magique, cqfd). Fallait quand même que ça se passe plus comme ça au retour de l’autre, donc j’ai fait des vues… J’ai trié des trucs, suis rentrée dans plus de bureaux, et j’ai bien montré comment trop ce job est pas une activité de débordement du tout, et que limite tu fous rien jamais, donc grosse arnaque, jusquà ce que les boss s’arrachent les tifs que c’est pas possible de payer quelqu’un qui en a si peu à foutre (ils m’ont carrément filé les archives de 85 à scanner à la fin, je craignais pas qu’ils me virent,  fallait quand même quelqu’un pour garder le bureau). Résultat j’imagine qu’à son retour, ma personne a dû avoir pas mal de « débordement supplémentaire » et qu’hurler à l’informatique qui marche pas dès que faut faire un vrai truc à faire a pas du durer longtemps. Par ailleurs avec son collègue on a bien expliqué à son chef qu’elle foutait pas mal le seum avec ses fausses excuses, et aussi trouvé un moyen de la mettre en vue sur ses horaires réels… Magie. J’ignore la suite, mais je savais l’essentiel, le collègue cool était enfin en paix, et il allait vraiment falloir qu’elle justif’ ses activités. Et puis ils ont eu en place quelqu’un qui ne se met pas en fausse alerte tout le temps et ne se plaint jamais de rien… Bon la personne avait prévu de partir et elle comptait que je resterai plus longtemps (pour récupérer son poste de Mort Par Ennui au Bureau), mais j’avais chopé un autre job, et ça n’avait jamais été dans mes plans de rester là de toute façon.

 

Je vous jure ça m’a tué énergétiquement. Et les sourires, et voir les boss, les cadres etc pour mettre tout ça au jour… J’ai offert une plante dépolluante pour le nouveau bureau de mon pote en skred (on a rigolé sur le genre de pollution à éviter…), le dernier jour avant que son bourreau revienne. J’ai aucun regret, juste après tout ce que j’ai morflé en harcèlement et humiliations élémentaires ces dernières années, j’ai trouvé la stratégisation récompensante. Est-ce que j’ai du aller dauber sur la meuf auprès des autres pour faire sa pub alors que j’étais personne ? Nan. Dénoncer ouvertement qu’elle foutait rien? NAN. Est-ce que j’étais blâmable de quoi que ce soit avec tous mes kilos de sourire s de bonjours, être bien à l’heure avant tout le monde etc. Nan. Et puis au moins la factu sera faite (j’ai pu aussi en aligner un ou deux en route qui se roulaient dans des notes de frais exhorbitantes à comparé de leurs petits camarades raisonnables, imputées sur des non projets, ça méritait aussi c’était des vieux blancs sexistes et racistes, n’a foutt’). En route j’ai pas lésiné aussi à répondre aux « Alors ça se passe bien? », par des « Oui avec le collègue qui est beaucoup moins confus et ordonné dans ses explications et son orga que notre débordé de service, là, c’est devenu beaucoup plus facile (tu parles, fallait pas avoir inventé la poudre en plus avec une personne aussi chaotique pour être débordée de rien faire, mais mon collègue était résolu ordonné et compétent, reconnaissait complètement que fallait vraiment en vouloir ou être en plein chaos dans sa tête pour trouver les tâches débordantes, je me suis dit au passage, fallait que ça se sache). Why mes meilleurs collègues ont toujours été des personnes racisées et le lien avec l’autisme : je ne sais. Mais merci aux crapuleux qui m’ont appris à procéder par imitation pour les désamorcer avec les mêmes armes, le calme et la distance en plus, vous m’avez fait leçon, j’ai retenu.

ça a été mon exercice pour m’apprendre à être une bonne responsable et non plus une exécutante qui râle en chœur que tout va mal, que les patrons sont pas cools etc. Du coup y compris avec les responsables je savais m’entendre aussi et ne pas être la serpillière de service, vu que demain c’était mon dernier jour de secrétariat. Mais le pire était à venir.

Ensuite je suis vraiment passée à Girl boss au dessus d’un autre laron et là, je suis quasiment tombée d’une falaise en découvrant l’étendue des dégâts faits à l’entreprise. Je suis obligée de détourner un max pour ne pas me cramer, mais c’est idem. En mille fois pire, j’ai du dégommer à la masse en tenant tous mes nerfs pliés en 1000 dans le fond des poches ni vu ni connu, mais ça a fini de me ruiner, j’en suis à peine remise.

 

J’ai qu’une boss au dessus de moi, et croyez moi elle est super woke, woke au point d’avoir pris ce type et de l’avoir supporté trois ans, alors qu’il lui sortait par les trous de nez au bout de trois mois, mais elle a eu pitié. Et là, je reprends où je m’en étais arrêtée au job précédent, j’arrive en avance, je travaille plus dans la technique ou le secrétariat potache, je suis boss, je me comporte en boss, je me sape corpo-bossy-pimprenelle parigote une pointe classy et light un jour de temps en temps. Le gars se pose pas tant de question, je vais pas juger, mais à un moment quand tu viens comme si t’étais en slip ou en pyjama chez toi pour te faire un plateau télé avec des chips dans le canaprout, tu te dis quand même, ah ouais il habite vraiment là, quoi. Donc le gars passe sa vie à faire des réflexion sur toutes les nationalités qu’il sait. Impossible de savoir ce qu’il vote, si c’est conscient ou pas, t’as à faire à une vraie girouette, on se croirait devant les pires émissions de TF1 avec Vincent Lagaffe comme anim’, je veux même pas m’abaisser à dire pire que les états des lieux que j’en ai fait à ma daronne toutes les 72h par nécessité tellement j’en pouvais plus de cette nonchalance, même pas la feinte de faire quelque chose, non ouvertement rien et fier de sa connerie, j’aurais pu en vomir tous les matins au réveil, mais j’ai tenu bon y compris parfois en rêvant que mon organisme secrète de la dopamine en mode tsunami sans prendre de drogue, j’ai même éventualisé qu’il ignorait souffrir d’un TDAH, pour trouver la moindre explication (des fois je l’appellais à 30 centimètres de moi et il répondait pas parce qu’il jouait à Candy Crush, je le dérangeais et il se réveillait surpris « Hein, quoi? », et si c’est pas ça alors je vous garantis c’est hyper grave, et je suis désolée de devoir rappeler que si on a un problème de diag avec l’autisme, le manque de moyen pour aller faire diag tous les neurotypiques foireux qui se remettent jamais en question est d’une ampleur trois fois plus monstrueuse, mais là quand même, ma sidération n’a rien d’exagéré. Mon niveau de PTSD auditif s’intensifie, et j’avoue je vois pas comment je vais pas perdre des plumes en route ni me retenir de finir par l’insulter ou avoir envie de l’emplafonner (il a parfois fallu que j’aille me cacher aux toilettes pour reprendre mon calme), je suis en flip méga, en période d’essai, là je peux pas perdre la place, le gars va se barrer dans un mois grand max, mais après les semaines d’avant, je sens la distance du mois restant comme une dernière ligne plutôt sinueuse que droite avec des troncs d’arbres et des trous d’eau partout. Bref, faut que je fasse tout le contraire de ce que je ferais en temps normal pour que mon malaise soit pas perceptible et que ça se retourne pas contre moi. (nota : ce truc d’inversion peut parfois être d’une grande aide pour relativiser et calculer son prochain pas sans faire de gaffe). Malus : la dirgé n’a aucune idée de l’ampleur de la catastrophe de la personne qui nous occupe, son bureau est délocalisé). Donc va falloir que je sois pas énervée, donc va falloir que je sois proportionnellement au même niveau de zen que ma colère et mon anxiété généralisée. Niveau de difficulté : +++++. Planning prévisionnel : impossible de louper une heure de sommeil et gros besoins de compensations et de recracher sa bile quelque part en perspective pour les semaines à venir. On a frôlé les dommages collatéraux.

 

Résumé, il « travaille » dans son coin, en toute opacité, personne sait trop ce qu’il fait, il se branle du produit, refuse des tâches parce que ça le saoule, et ricane bêtement all day long en regardant des vidéos sur son ordi ou dès que quelqu’un dit un truc, te balançant tous les clichés de merde que la Terre a chié depuis le début de l’humanité sans aucun dosage ni modération et est mdr de toute cette finesse… Et… et plus tard, quelqu’un m’a rappelé cette personne : « Tout le monde est con, tous les collab’ sont con, machin est conne, etc ». En fait il taffe que quand la dirgé lui demande un truc et pas de gaieté de cœur, les mails sont du genre « faites ci faites ça », le cordialement, optionnel. Pire il fait des conneries plus chères que son cul en toute discrétion et  refait payer pour les corriger quand y a plus simple et sans frais. Logique zéro.

 

J’avais plus que mon sourire et mes frusques et fallait qu’il me forme. Au début j’ai commencé à demander pourquoi il faisait comme ci ou comme ça y avait pas de réponse. J’ai du extraire les process incontournables un à un en l’obligeant à me faire le plus menu détail pour le pousser dehors plus vite. Un jour je l’ai vénère, comme il  était en congé la veille pour de l’administratif perso où fallait se déplacer (tout ce qui pouvait se faire à distance il le faisait évidemment au bureau à la vue de tous), le lendemain je l’ai obligé à me montrer tous les trucs à faire qui datait de la veille, un à un pour pouvoir penser à des trucs qui détournent mon attention de sa connerie invasive et polluante. Bref je l’ai mis au travail, l’angoisse totale, le soir il était assomé, le lendemain… Il a pas entendu le réveil !? Quand j’ai capté que je l’avais mis au bout du rouleau j’ai reproduit le truc jusqu’à ce qu’il prenne enfin ses jours de congés en rab en anticipé, parce que ça commençait à bien faire et des documents perdus et des outils qui ne servent à rien et des refus de tâches pour des raisons fantaisistes, il avait décroché pas seulement depuis que j’étais là mais à peu près depuis sa prise de poste, en fait, ça n’était d’aucune aide. Mais j’ai gardé le smile, la politesse, tout du long pour pas qu’il puisse gueuler ou se plaindre de moi avant son départ, je lui ai même orga un pot en afterworks et terminé Balzac. Résultat, il a fui. Partout. Tout le temps que c’était possible les dernières semaines. A la poste à 5mn … pendant 40 minutes, à aller faire des courses pendant le temps de job, ça m’a permis de constater les trucs à faire vraiment… et de m’y mettre, quand il y était pas.

 

Le problème, c’est que ce mec sans aucune gène, a généré un tabou et une absence de communication totale au sein de la boite, bref une atmosphère malaisante pour tous où personne n’ose dire un mot vu le rebondissement qu’il ne loupera jamais pour sortir une bulle de plus. Donc … Je suis allée manger avec les autres, un par un, puis tous, puis j’ai invité la dirgé aussi pour péter ce truc. La première semaine je leur ai aussi demandé de rédiger leurs fiches de postes pour que tout le monde sache enfin ce que fait son voisin (c’est des jeunes, donc peu d’ancienneté, avec un stagiaire par an en prime pour le surcroît d’activité, j’vous dit pas, c’était Noël dans leurs yeux, on m’a demandé de faire du process, I proceeded). Je me souviens quand c’est venu au tour d’un responsable technique qui avait pris l’habitude de prendre des sandwichs tous les midis, parce qu’il est basiquement plus débordé que les autres vu sa responsabilité, de m’emmener faire une terrasse pas cher pour faire connaissance un jour où il aurait un peu moins de boulot, on est sortis par un beau soleil, il a étiré tous ses bras vers le ciel, et il a fait « OUAH COMMENT CA FAIT DU BIEN DE SORTIR ». (Dieu sait pourtant comment c’est plutôt bien mon truc de rester dans mon coin avec mon sandwich, mais là ça faisait plaisir à voir, mais comme ça m’a fait de la peine pour ce petit jeune qui travaille dans son coin sans un mot qu’il se soit retrouvé si longtemps à partager le bureau avec l’autre aussi si longtemps).

 

Je comprenais toujours pas comment ce mec était là. On lui a filé un samsung de fonction, il a refusé en précisant qu’il possédait déjà un tel (auquel il répondait pas) ça servait à rien (en effet). On lui a proposé des produits de la boite de super bonne facture et utiles au quotidien, il a refusé. (parce que tout est nul, je vous rappelle)… Je confirme que c’est hyper difficile de rester de bonne humeur entouré de gens qui tirent tout vers le bas, j’en ai chié très concrètement, alors mes sourires ont eu super mal pendant un bail, le soir j’étais en PLS HS devant des trucs rigolo sur netflix pour pas y penser et ça non plus c’était pas simple. Ce gars m’a posé un vrai dilemme au niveau du rien à foutrisme inconscient, parce qu’il n’était même pas méchant ni manip’ (tu vois il m’a pas tiré dans les pattes comme l’autre d’avant) mais dans l’absolu de toute l’humanité c’est entre Idiocracy & Les idiots et en même temps tu sais qu’il a un rab de conscience et qu’il est pas idiot (t’as jamais entendu quelqu’un de non natif ou fils de parler espagnol comme ça : JAMAIS), hyper dur de faire la part de ce qui est fait exprès ou pas, encore plus de comprendre le mécanisme qui mène à ça. J’ai pris le tel m’en suis servie. M’en suis servie à chaque fois qu’il était pas là pour lui mettre la patate sous le nez des trucs qu’il fait pas et le faire chier pendant ses absences pour arrêter de passer 107 ans à trouver ce qu’on me demande depuis l’Ohio depuis 3 jours (mais gentiement : est ce que tu peux m’aider sur ceci ceux là, on tire pas sur une ambulance, ce gars n’a jamais été foncièrement mauvais ou sournois, juste désarmant), mais bon, quand tout est planqué comme ça, des fois c’est chaud de trouver les trucs. Alors qu’on taffait tous dans le silence, sauf les interruptions du gars pour rigoler dès qu’il voit un truc et dire de la merde dès qu’on lui demande pas son avis, y compris devant les clients, progressivement à force de partager les repas (il ne mangeait jamais avec nous, toujours dans son coin ou dehors, à midi pile : boum, claquage de porte et même pas un « à toutebonap’), les langues se sont déliées, ça a allégé l’ambiance, on a pu commencer à bloquer à plusieurs quand l’autre disait des horreurs. J’ai lancé le truc, un jour il a fait après avoir lu un bout de journal « Errrf, mais t’façon l’autisme asperjjaiiirre c’est juste une mode ça va passer« . J’ai répondu : « Non, y a un problème de sous diagnostic comme la France a beaucoup de retard etc… » les autres gars tête baissée ont tous levé la rétine sur moi comme si de rien, elle s’est tu direct, et ils ont eu un sourire de contentement que j’ai perçu du coin de l’œil. Silence de Mort. J’ai souri à la fin et embrayé sur les autres trucs sur lesquels on est super late, et toc. Une autre fois elle a vu une photo de céléb et jeté un « Tu savais qu’il avait ressemblé à ça machin? » « Oui. C’est un acteur, il a changé d’apparence plusieurs fois, la mode était pas la même entre 80 et 90 ». C’était toujours très fort, le volume était envahissant (mais je dis ça avec une hyperacousie, j’exagère peut-être sans savoir).

La deuxième semaine j’étais à la ramasse totale tellement j’en pouvais plus (de fatigue), mais j’ai commencé à avoir du soutien de la part des autres responsables. Du coup j’y suis allée franco, à la énième réflexion sur les accents et les origines (le mec insistait lourdement quand un collab étranger parlait bien français comme si c’était un truc impossible, il mettait des collabs externes en malaise… mais aussi les boulangers « haha c’est un truc des îles ça, vous z’êtes d’où vous »!?… t’es à côté t’as envie de t’enterrer profond ou de lui enfoncer une seringue avec de l’anesthésiant pour tigre en souriant à la personne concernée) : « Mais t’as un problème avec la nationalité des gens ou c’est une carrière de linguiste loupée, tu votes où  la fin, huhu? »… Keeping the smile, les autres ont pris le relais quand elle a retenté le coup « Tu ne peux pas dire ça« … « C’est quoi ton problème » etc on rigolait à chaque fois sous cape. Il a fini par cesser. Je vous passe d’autres trucs complètement dégoutables qu’il faisait, bref il a aussi fallu lui apprendre la propreté, oui comme les petits chiots, on parle de caca, là, j’en reviens même pas d’être en train d’écrire ça, et je vous garantis que vous ne voulez pas savoir. A vous prendre la femme de ménage (à qui j’offre le thé, depuis) pour la sienne perso.

… ça a fini chaque fois qu’elle a sorti une bulle, on a coupé « C’est raciste ». FIN. Plus un mot. Maintenant il est parti, mais il faut encore mettre en place tout un travail transverse…. J’ai la foi, mais ces gens m’ont minée. Mais quand on pas le choix de la cohabitation, faut parfois y mettre les moyens. La ton emprunté est important, j’ai appris ça d’une autre manip’ qui copinait pour l’effet inverse : la division, on ne va pas la remercier pour autant.

Je dis que j’ai failli y laisser des plumes en route, parce qu’à un moment il a bien fallu que j’aille voir la dirgé pour faire un état des lieux pour savoir quand il se barre, un matin elle m’a appelé du far west sur le gsm pro avant que tout le monde arrive pour me dire comment elle en pouvait plus et comment ça faisait depuis deux ans déjà qu’il devait partir mais rien n’y faisait et il semblait pas pressé de chercher du taf ailleurs… Pendant 20 minutes… Ma boss entre deux rendèv au fin fond du Guatapalta avec la ligne qui brûle. Quand il est enfin parti, ça a été mon tour, et j’ai failli me griller tellement j’avais buggué dessus, les gens ont rapiné à la boss que j’avais monologué un coup sur lui, malgré toute ma pondération, mais je croise les doigts que le coup ait été rattrapé depuis, sauf qu’il faut aussi que je deale que la dirgé a mal à la confiance après ce phénomène et pour cause, qui a fait contrat trois ans comme si c’était des vacances, et j’ai encore du boulot, parce que maintenant il faut que je me couvre d’être inscrite dans la continuité de ce gars qui a tant opacifié et assombri le job, et que je ne prenne pas les foudres qu’il n’a pas pris par rebond dans la face, donc encore beaucoup de serrage de fesses en prévisionnel.

 

Juste pour dire ne laissez pas TOUT passer, si votre vie en dépend et que toutes les issues sont cramées, c’est le moment d’agir. Si c’est plus dommageable de laisser passer que de réagir, réagissez le temps qu’il faudra pour désamorcer ce genre de bombardements sensoriels ultra violents et usant, mais prenez bien garde à vous aménager en fonction de l’objectif voulu d’avoir tout le repos nécessaire pour assurer sur le long terme et rester distant tout le temps de la démarche, ne tombez pas dans le piège des insultes, ne vous mettez jamais plus bas que ceux qui tentent de vous descendre, si vous ne voulez pas être jugé en retour. Il y aura encore deux ou trois articles sur le travail, et j’espère plus trop y revenir ensuite, et passer à d’autres choses plus relaxantes, mais c’est de bon cœur si ça peut aider, quoi qu’ébouriffant, si vous n’avez pas la pleine confiance n’y allez pas, repensez le truc jusqu’à avoir comblé toutes les failles éventuelles, et bouché tous les trous, gardez en tête qu’il suffit d’un mot, d’une attitude, d’un geste pour tout perdre, soyez fins, calmes, heureux, ordonné, on ne peut être un exemple qu’en se comportant de manière exemplaire, rien de mystérieux dans tout ça. Mes stratégies de pimbêches peuvent sembler manip’, mais je vous rappelle que la manip’ c’est quand vous êtes harcelé au taf par ces gens là, sur de mauvais critères et qu’on vous réduit en bouillie, qu’on vous humilie gratos, je lutte contre ça, j’utilise les techniques de ces personnes comme levier uniquement pour les remettre à leur place, pas les acculer contre un mur pour jubiler de les avoir offensé.

 

Très focalisée sur la prochaine étape pour garder ce job et en faire un truc vraiment bien organisé et dans une bonne ambiance de travail, j’ai peu de temps de décompensation, je ne suis pas à l’abri, je le sais bien, j’en ai trop souffert où je n’en serais pas là pour inverser la donne. Et en ma qualité de « jeune » vieille nouvellement cadre… J’ai le cap des 4 mois d’essai à passer.

 

J’ai commencé à renouer avec la neurotypie et comme aller faire un tour au café, voir de nouvelles têtes pour ne pas souffrir de l’absence de mes amis en ce moment, après ces 5 ans d’errance sans diag, la finalisation du processus, l’acceptation et balayer devant ma porte pour améliorer mes conditions, l’image que les gens ont de moi à l’extérieur est parfaitement déplorable aussi. Etre l’autiste du quartier, c’est aussi la folle du village, et pendant toute cette absence des maigres immondanités des lieux où j’ai pu naguère prendre quelques habitudes, les gens ne se sont pas privé de cracher dans mon dos de leur avoir tourné pour mieux m’occuper de mon cul, là encore un énorme boulot m’attend, et si je souris bien gentiment à cette hypocrisie lisible sur la figure des gens, connaissance d’antan que je recroise, je ne perds pas une miette de tout leur mépris. Je ne dis trop rien, mais je fais le nécessaire aussi pour détourner leur condamnation sans appel. Bien entendu il y a de fait de nouvelles têtes et certains anciens ont bien commencé à les contaminer. Mais je veux mieux que ça. Parce que ma vie ne se résume pas à une culture de café, et que ce soit qui ont besoin tous les jours pour se donner une consistance et faire les beaux en s’imaginant ça se saura pas qu’on est validistes et autismophobes : je vous vois. Au milieu de ça, il y a toujours et heureusement, quelques rares personnes qui ne m’ont jamais défoncé gratos, parlé salement dans mon dos, et ont un respect inoui, simplement comme elles l’ont pour chacun et c’est à elles que je m’attache.

 

Hier ma prosopagnosie m’a joué de diantres tours, et je commence tout juste à associer des noms à des visages qui me paraissaient autrefois inconnus à chaque virée ou que je confondais, et j’ai reconnu un mec que j’ai vu souvent et qui comme les trois autres qui ne me rient pas au nez en pensant que je ne m’en rends pas compte, a passé un peu de temps avec moi après le coup de fil de ma pote. Il m’a sorti quelques compliments, et je n’ai rien vu venir, et j’ai sévèrement buggué au retour, comment il est difficile pour des personnes comme nous, avec TSA, de s’inscrire socialement avec toutes ces options manquantes à la livraison dans le vaste monde et dès le premier jour, j’ai eu un peu de peine pour moi, d’avoir été aveugle à ce gars du même âge absolument adorable, et comment à parfois m’auto exclure sans m’en rendre compte à force d’exclusions que j’ai pas demandées, je loupais aussi trop souvent les personnes bonnes pour mon poil, et qui ne traite personne de con, j’y ai aussi vu un micro espoir de ne plus commettre les erreurs passées même si il y aura toujours des ratées et que si je pouvais me défendre avec de meilleures armes pour travailler en meilleur accord avec moi même et l’entourage je pouvais peut-être aussi développer quelques compétences à l’extérieur du bureau et me redonner une chance. Ce que je vous débite là et plus haut, ce ne sont pas des choses inventées de toutes pièces, mais bien des applications à des cours que j’ai commencé à prendre en communication, pour mes objectifs de travail mais aussi pour m’aider dans la vie courante, consciente que je n’ai plus ressources suffisantes après tant d’épreuves pour ne pas m’autoriser à utiliser toutes les béquilles que je peux  trouver pour vivre un peu plus décemment et courageusement, ni plus ni moins. Oui j’ai mal aux autres, mais ces dernières semaines, j’ai aussi réalisé un tas de choses, sur la peur d’aimer et d’être aimé, de manquer et d’activer un plan de redressement général et comment personne n’a le droit de me pousser à faire des concessions là dessus, et si ça aide quelqu’un de passer par là et réusitant ces petites astuces ou en improvisant de nouvelles dans des situations où on se sait vulnérable et en danger sans possibilité de le dire ou de s’en extraire simplement, je suis là, je ne peux que vous inciter aussi à lire sur tout ce que vous ne comprenez pas, qui vous fait défaut, à vous occuper de vous, redressez les tirs ratés, tomber mal, retomber, retomber mal, se redresser encore, se redresser toujours mieux, tomber mieux.

Je ne corrige pas les fautes, car ma mission sociale continue et que je dois continuer d’œuvrer, c’est mon seul répit, avec netflix et une peu de distraction, le temps de créer une vraie zone de confort puisse-t-elle durer le plus longtemps possible… Courage à tous, et bravo pour ce que vous êtes et ce tout que vous pourrez encore devenir, il n’y a pas d’erreur qu’on ne puisse recycler à un autre meilleur moment, comptez sur vous, vous le valez mille fois, même si vous m’avez insulté un jour et que je m’en bats les steaks dans les vastes profondeurs. Je ne connais pas d’anges et ne rêve pas d’en devenir un, et sinon ils feraient tous « cui, cui » et alors je serais morte…

 

Evidemment, j’ai plus eu les cuillères pour sortir, et j’ai corrigé à la place… Demain, je retourne sur le terrain…

 

 

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