Omerta et impunité. La Grande Hypocrisie.

 

Comment j’ai milité, comment je ne militerai plus dans aucun milieu qui supporte avant tout ses violeurs.

J’ai traîné mes grolles usées dans la rue, à une certaine période ma vie. Je croyais que mes copains clochards étaient les « vrais » derniers punks d’aujourd’hui (source : moi-même et ma quête adolescente aveugle d’identité), ça se passe en 1997, en réalité ils étaient surtout des SDF. Pourtant j’ai dormi dans leurs squatt, fait la manche avec eux sur les marches de l’Hôtel de ville, je ne parle pas de Paris, je sortais à peine de l’adolescence, ils m’ont logée, nourrie, pas blanchie ni soignée, parce qu’on était crades et que la rue c’est pas les thermes de la Bourboule, et un endroit où il fait pas bon être malade donc si c’est le cas, ta seule cure c’est l’oubli,  et tout ce que j’ai tiré de cette expérience c’est que j’ai rencontré là les plus sages et pourtant les statistiques sur les femmes à la rue me contrediraient très vite, considérons que j’ai aussi eu du « BOL » d’en avoir réchappé,  là, en tout cas, même si c’est pas très normal de devoir le considérer ainsi dans la mesure où les abus envers les femmes devraient juste systématiquement être condamnés pour ce qu’ils sont et en toutes occasion de manière inconditionnelle, enfin si on voulait seulement prouver qu’en plus de 2000 ans de Patriarcat, nos sociétés ont vraiment évolué, quand ces messieurs voudront se donner la peine de les condamner avec nous, et heureusement l’espoir fait vivre. Allez bien niquer vos poubelles, ceux qui n’ont toujours pas compris pourquoi.

Je n’ai aucun souvenir d’y avoir entendu la moindre réflexion sexiste, parce que si un seul s’y essayait, il n’avait pas le temps de terminer sa phrase que les « TA GUEULE… ici le nom de l’offensif », fusaient direct, à 3, 4, 5 meufs et autant qu’elles s’en trouvaient si c’était pas directement les autres gars à lui en coller une direct; et leurs gueules, ils la fermaient immédiatement, parce que sinon, l’une d’elle avait vite fait de leur coller son poing sur le pif, avant que les autres gars viennent le rosser, lui hurler dessus et le foutre en quarantaine le temps qu’il s’excuse et d’avoir la garantie que ça ne se reproduise plus. Et après ça encore, le retour dans la bande n’était pas garanti.

Streets got Rules.

La rue avait des Règles, où ses lois étaient inaliénables. Tu ne violeras pas, en faisait largement partie. C’était l’année du bac et avec quelques copines du lycée on traînait là tout notre temps libre et vu le peu de temps passé dans mon lycée de seconde zone, ça avait commencé l’année d’avant déjà, je peux dire que ça faisait beaucoup de temps, je pratiquais un peu les cours à la carte avec un lycée pas trop regardant, ma mère qui n’y pouvait rien, débordée que je n’en fasse qu’à ma tête, et je vous passe aussi les matières où j’étais dispensée et les mots d’excuse que je faisais toute seule et à d’autres, avec mon don de reproduire les signatures parentales… et aussi les raisons de grèves, de manifs, aussi les profs absents… autant d’heures en moins en prison sur l’emploi du temps. Balladur, enlève ton C.I.P. Déjà en seconde, on scandait ça. les manifs avaient encore un peu de sens, encore, pour annuler les réformes. La répression policière faisait peut-être aussi moins de morts et de mutilés, qui sait.

 

Je ne voulais pas faire d’études. Voilà. J’étais en rupture partielle avec mes parents, en particulier mon père à qui je n’ai en ces temps pas adressé la parole pendant 5 ans. NOT A SINGLE WORD. Ces gens de rues, qui ne nous incitaient jamais à leur propre merde, certains anciens toxicos dealers d’ordonnance de subutex nous donnaient beaucoup de conseils. Comme de ne pas se droguer pour commencer. Ceux qui se droguaient se cachaient pour le faire, Street Rules, again, pour ne pas faire de suiveurs ou de récidivistes. Donc même totalement défoncés, si on percevait qu’ils l’étaient on ne savait jamais comment ni à quoi encore moins à quel moment et où ils avaient consommé. Même chose dans les squatt, les structures étaient bien ordonnées. On avait la chance d’avoir un chargé de maintenance, Moïse, qui repérait les immeubles vides, faisait la tournée des boulangeries à la fermeture. Un jour il s’est pendu. J’ignore si c’est parce qu’on était une bande d’ingrats, mais on était une bande d’ingrats. On a squatté l’été tout un immeuble du Vieux Lyon, du coup on est passés des marches de l’Hôtel de Ville à celles d’une petite place d’église, à mancher les touristes. Comme une montée en grade. Vachement plus propre, comme endroit. Chacun son étage de l’immeuble en face. Maintenant sauf trois fils de bourges qui jouent d’un instrument pour se payer des canons, tu ne verrais plus ça là-bas. La règle pour que ça marche, c’était de ne jamais insulter les gens.

 

Un jeune couple au premier étage, pour préserver leur intimité. Lui avait été condamné par la médecine à 15 ans pour une maladie rare et dégénérative qui le porterait à terme à finir ses jours en fauteuil et perdre conscience petit à petit dans cet état de légume, se pisser et se baver dessus en avance sur tout le monde. Il ne fallait pas qu’il porte des choses lourdes non plus. Quitte à attendre la mort autant le faire en dansant, alors il a pris son sac à dos 50L sur le dos pour fuir la bulle en marshmallow aménagée par sa famille pour le préserver le plus longtemps possible avant qu’il dégénère, la route, un chien, et une meuf qu’il portait aussi sur son dos pour la balader dans tous les étages en riant pendant qu’elle moulinait des bras. Tiens, prends ça dans ton cul, la mort.

Au deuxième, les vieux clodos, ceux qui puent, je suis pas désolée mais en ce temps y avait pas de langage safe et si tu puais, et que t’étais clodo, on te disait que tu pues, c’est tout.

Au troisième les toxicos, histoire qu’ils restent à se contaminer entre eux s’il le faut mais sans contaminer les autres avec leurs seringues pourries, on parle de contamination de la toxicomanie, s’ils avaient des maladies on était pas au courant et on voulait pas le savoir de toute façon.

Au quatrième tous les autres dont un qui quand les flics viendront murer l’entrée,  dès la mi août, réouvrira la porte tous les matins. À coups de hache. On a beaucoup, beaucoup ri de Yann et sa putain de hache dans son sac à dos, n’empêche qu’à un moment, elle a servi à prolonger la vie du squat.

Au cinquième un mec dans l’immeuble loi 1901 qui fait de la résistance seul, dernier habitant légal, dans son appart meublé alors que tous les voisins résignés sont partis, et refuse de quitter les lieux avant que l’immeuble soit démoli tant qu’on ne lui trouve pas un logement équivalent au même prix, c’est la loi. Je crois qu’il s’appelle Henri Martin, parce que c’était un moyen mnémotechnique de se souvenir de son nom vu qu’on ne le croise jamais dans les escaliers qu’on ne prend que pour monter ou descendre à son étage respectif : « Henri Martin Electrolux », c’est aussi un peu grâce à lui qu’on a pu rester là si longtemps.

L’autre conseil qu’ils m’ont donné ça a été de faire des études. Tous. Chacun leur tour. J’avais beau leur répéter que c’était parmi eux que je me sentais le mieux, mais non, il fallait que je fasse des études.

 

« Fais tes études ». J’entends encore « Allez vous faire foutre » suivre, en écho.

 

« J’en ai pas fait je regrette, si j’avais fait des études j’en serais peut-être pas là, fais tes études ». Unanimes et en aparté voilà ce que j’ai entendu de chacun. Donc j’ai eu mon bac, et j’ai fait des études, j’ignore moi-même comment encore maintenant parfois, ma vellecère fait des gueuvas au sujet de cette époque, et si j’ai une mémoire de mammouth, je devais être assez mal pour qu’une partie de mon cerveau zappe beaucoup de ce temps sur lequel je veux pas trop me pencher non plus encore aujourd’hui, et même si c’est sans regret, « qu’est ce que c’était chiant » résume bien tout si l’ennui est mon pire ennemi, vraiment tout le temps que ça a duré, pas une seconde j’ai imaginé que ça me mènerait quelque part. Et juste sortir de la zone avec un langage de poissonnière ça a été compliqué aussi à la réadaptation, donc j’ai fait des études, les plus courtes, voilà. Un peu pour eux. Et pour ma mère. Et ils sont morts pour la plupart, les uns à la suite des autres, j’ai appris ça au fur et à mesure, par la Radio Zone. On appelait ça la « Radio Zone », le téléphone des clodos. Y avait pas encore de gsm ou les tous premiers. La Radio Zone, c’est le téléphone arabe. Avec son lot de rumeurs mais à la fin, quand les nouvelles ont fait le tour du centre ville, ça décante le vrai du faux, et on sait tout sur tout le monde à un moment donné variable d’une semaine à des mois, des années. Parfois quelqu’un disparaît, et tout le monde se demande où il est, s’il a fraudé un train pour prendre le large, s’il s’est tué quelque part, ou a été habitue, et puis il revient, finalement de l’hosto, et tout le monde se fout lui, « ha la honte, ils t’ont eu ».

Un jour j’avais pas de sous, j’étais en peine de manger ce soir, demain et la semaine, j’ai recroisé Yann, par hasard, qui plus tard fut mon voisin, en se rangeant des bagnoles, en se trouvant une zouz, un logement, un travail, et quand je lui ai dit ça au hasard dans la rue, vlà ce qu’il m’a dit « ET BAH t’as pas pensé à faire la CHEUM? » ( = la manche = la cheuman’ = la cheum’, en veul’, une variante abrégée du verlan, tu inverses les syllabes, t’enlèves la fin pour raccourcir le mot; comme si ç’aurait dû être une évidence, deux, trois ans plus tard, et je crois qu’il m’a dépanne les 10 balles dont j’avais besoin pour manger. Et c’est vrai, que je n’y avais plus pensé. Une fois j’ai passé quelques temps encore à leurs côtés, enfin les 3 survivants de l’époque, sur les marches, en souvenir.  Seul Yann m’a reconnu, sinon je ne faisais plus partie de la bande. J’imagine que j’ai eu un sacré Bol du DIEU du Catcher In the Rye, tous ces jours là parce que j’ai subi aucune agression d’ordre sexiste, ou sexuelle, d’aucune manière. Un jour un Pendu, un autre un mort de froid, un autre tabassé à mort, et parfois ceux qui te cherchent te retrouvent, t’as commis aucune illégalité mais tu finis enfermé en hôpital psych parce que ta famille l’a décidé, y en a eu comme ça aussi, être à la rue c’est pas juste avoir failli socialement, c’est aussi se planquer où c’est moins pire qu’ailleurs. Bref, la rue. Le plus gros flip de tous c’était d’attraper des poux de corps parce qu’il paraissait (selon radio zone) que dans ces cas là le premier qui en chopait se faisait attraper par tous les autres pour le fourguer à l’hosto et prendre un putain de bain chimique autrement ragoutant. Et même lavé et nourri, personne ne voulait se retrouver à l’hosto, plutôt se faire greffer une deuxième paire de couilles  sur les joues. Longtemps dans des moments difficiles, j’ai rêvé que tous leurs fantômes m’accompagnaient comme une armée en soutien de passer les épreuves  de ma vie d’après et qu’à partir de là il ne pourrait rien m’arriver d’affreux. En souvenir de comme ils me m’ont après, vaut mieux encore être là que là comme c’était là bas de leur vivant, comme quoi, ils m’ont bien appris, et par respect pour eux, tenir le coup. Ça a très bien marché jusqu’à ce que l’eau continue de couler sous les ponts  et que je les oublie peu à peu et que je décide de les laisser se reposer tranquille.

 

Avant ça, j’ai un peu traîné chez les libertaires du coin. Pas de problème. Mais pas vraiment d’acceptation non plus. Là j’étais encore une ado, qui venait de temps à autre filer un coup de main pour faire des travaux dans les locaux, lire un livre dans un coin, passer une soirée, faire une manif, me réchauffer dans le couloir du local radio de la radio locale. J’observais beaucoup, déjà leurs rapports sociaux, en tentant de définir ce qui les rassemblait autant au delà des idées politiques communes ou en perpétuel débat, et comme c’était facile pour eux de nouer des ententes et certaines amitiés, ou même plus, si affinités. Ils m’ont pas proposé de m’encarter non plus. Ces gens là ne cherchaient pas spécifiquement à me réunir à leur cause. D’un autre côté, j’ai vite fait le constat que malgré la gloire chantée à l’égalité et l’autogestion, certains se positionnaient tout de même hiérarchiquement plus hauts que d’autres et que vingt ans plus tard c’est encore le cas. Et puis un jour, à la énième blague sur les marins de Kronstädt, j’ai lâché l’affaire. J’ai dû repasser un soir. Y avait clairement de la lumière sous la porte. Ils passaient Abracadaboum dans le radio cassette de l’étagère au dessus du bar de la cuisine, j’étais avec une copine, on a aussi acheté un mars, et on s’est barrées.

 

Et de fait, avec ce terreau là j’ai fatalement atterri chez les punks. À un moment que j’ai pas choisi des années plus tard, totalement par un gros concours de circonstances. Encore bien naïve à mes 25 piges. Pensant que les Bérurier Noir étaient Morts et qu’ils n’auraient même plus ce dernier sursaut, comme un signe de Lazare. Ça va j’ai pas été trop embêtée, je peux même dire que cette scène là est devenue mon terrain de jeu pendant deux trois ans, et j’y remets les pieds de temps à autres et bien volontiers, avec un bon carnet d’adresses et de fiers copains supers classes, vieux de la veille et nostalgiques de temps que je n’ai pas vécus dans mon perpétuel décalage, mais c’est là que j’ai rencontré le premier Trou du Cul. On va l’appeler Fieffée Grosse Merde. Je venais filmer un concert, sur un gros festival avec un accès pour les loges. Avec le champ libre, d’en faire ce que je veux de mes bandes. On était aux cassettes numériques. Quand j’ai voulu me positionner sur un bord scène, Fieffée Grosse Merde, que je croyais chef de Captation vidéo attitré et qui l’était peut-être, ce qui ne va rien changer à la suite, m’a dit « Nan tu peux pas te mettre de ce côté : c’est Mon FIEF ». J’ai fait ok, et je suis partie. Dans ma tête j’ai pensé quel fieffé enculé et un peu « Beh si c’est ça les punks d’aujourd’hui ». À la fin du concert, le mec m’a demandé mes cassettes, genre comme si je taffais pour lui, et moi, conne, je lui ai filées s’il me garantissait que je les reverrais. Forcément il allait pas me dire que non. C’est les bérus, tous unis, bien sous tous rapports. Gnagna.

 

J’étais hébergée chez des potes à Rennes, je suis rentrée au bercail, on était tous désolés de pas pouvoir se remater cette capta, eux étaient dans la fosse pendant que filmais. Ils m’avaient beaucoup aidé, super bien accueillie. Quand je suis rentrée j’ai rappelé  le gars qui m’avait invité à filmer ce truc pour savoir comment je pouvais récupérer mes bandes. Et ce mec m’a dit qu’AssuranceTourix et son fief avaient même pas à le faire, qu’il était pas plus chef de rien que de son cul même s’il officiait un peu pour le groupe, mais que merde, je lui devais rien. J’ai pris son numéro, le gars a décroché une fois et m’a sorti qu’en gros je les reverrai peut-être dans 120 000 mois quand il aurait terminé son montage.Quand j’ai raccroché je me suis dit que c’était pas possible. Qu’il allait devoir sobrement aller se faire cuire le cul. Il habitait à 30km, et là quand je l’ai rappelé pour le lui dire, il a fait le mort, sans plus décrocher. 48h de harcèlement plus tard, et quelques menaces, j’ai pu le rencarder à la sortie de sa putain de gare et récupérer mes cassettes. Le mec m’a payé un demi. Bâtard. Je l’ai écouté faire son cake, se la péter de connaître tous ces gars, et d’autres, d’être intermittent blablablah et toutes les couilles qu’il a léché pour filmer tel ou tel groupe et faire son gros rebelle impressionnant alternatif de mes deux. Sac à merde. Plus tard j’ai juste appris qu’il avait surtout roulé pas mal de gens. Trouduc’ avait en prime réussi à se faire chourer SES bandes à lui dans la nuit le soir du concert, KARMA. J’avais aucune compassion.

Après il y a eu le voisin de quartier violeur. Là je m’étais installée à Paris depuis peu, parce que je commençais aussi à connaître trop de monde au palmarès des non décédés au champ d’honneur des punks des halles et leurs consœurs et  puis de ceux de Montreuil et des autres aussi et à y avoir trop d’amis. Lui, je lui ai échappé, je crois aussi un peu par hasard et un peu de justesse.

On va l’appeler RapeBoy. Un gros taré. De Concours, le taré. Je vais anonymer le truc au plus, parce que j’ai connu plusieurs personnes abusées par cette horreur. Quand je l’ai croisé la 1ère fois, je n’étais personne pour lui. Je sortais mon chien, et parfois quand je sors mon chien, je m’arrête au café, en particulier après une journée très chaude, à la tombée de la nuit pour profiter un peu du frais. Le gars était avec une punkette, et comme je venais d’arriver il se doutait pas que je connaissais un peu de gens dans ce milieu. À moins de me croiser avec machin ou machin, RapeBoy pouvait pas se douter d’où je sortais. Donc il m’a pris de bien haut quand j’ai dit bonjour au barman que je connaissais, un peu, lui, et sorti une phrase toute pleine de mépris avec sa copine hilare à côté. Un truc genre coucou t’es moche, ou équivalent, enfin de ce niveau, rien qui puisse m’atteindre, parce que je suis très bien, en fait. Un autre jour je l’ai croisé avec son chien, et nos clebs ont joué, et là c’est devenu mon voisin de quartier dont les clebs jouent ensemble. Quelques années passèrent ainsi. Entre temps, je devenais amie avec son ex la punkette en question, par un tout autre hasard. Sans qu’il s’en doute, j’imagine. Et lui se casait avec une autre meuf dont il devenait inséparable, donc on les voyait partout toujours ensemble, genre ça y est le gars s’était fixé. Je sais pas pourquoi cette meuf et moi on a jamais été copines, sans avoir de dossier ou d’historique avec elle, elle m’a toujours un peu regardé de travers, sans que ça me perturbe plus que ça. Dans n’importe quel milieu tu as des défendeurs et des gens qui te taillent une répute fondées sur des rumeurs intangibles, sans savoir, je lutte jamais contre ça, je laisse les feux de paille s’éteindre seuls parce que je me fous un peu de mon image, je me suis jamais trop formalisée de savoir qui dit quoi à mon sujet, disons que j’ai pas de temps ou d’énergie à consacrer à ça et qu’en même temps, quand les gens cassent, ça dénote au pire d’une forme de jalousie, ou d’une vie sans sel, ils trouveront quelqu’un d’autre demain, je suis pas inquiète. Revenons à RapeBoy. Un jour je donne un micro concert à la miroite (et oui, j’ai été Crieuse dans un groupe au doux nom de « Voltaire, Connard », un jour, when suddenly après avoir rechanté 2 fois 2 chansons en plus des 4 de notre playlist à la seule 5ème répète, le mec tente une approche façon drague, à la fin du gig. MOUAIS.

 

Mais quelques jours plus tard (à cet époque j’habite à 5 minutes de la Miroiterie, lieu autogéré à concerts) et des fois je m’y arrête quelques minutes ou plus longtemps avec le clebs. J’y vais avec son ex, et le mec tout mielleux depuis quelques temps (et moi qui fais le couillon genre je l’ai pas rôdé because Not My Type) change de visage littéralement. Et BIM, le retour du mépris, je prends mon parti d’en avoir rien à foutre après tout on a jamais été amis non plus.

MAIS, c’est là que notre Rascal, tombe le masque. Et que je découvre qu’une autre copine en a fait les frais. OK, elle a réglé ses comptes avec, la réputation de RapeBoy a morflé. On espère qu’on ne l’y reprendra plus. SAUF QUE. Le masque s’affale en tombant littéralement un peu plus et en découvrant surtout un panel de victimes insoupçonnées absolument impressionnant… tout ça par la grâce des internets. Parce que figurez-vous que les gens parlent, pensez-y bien quand vous faites de la merde, la preuve par tous les épisodes de Faites Entrer l’Accusé, dans 99% des cas ça finira toujours par se savoir ou vous retomber dessus, c’est une question de temps.

Et je vous donne en mille dans quel milieu le mec exerce son activisme de toutes les luttes.

 

… Le féminisme.

 

RapeBoy se sert de la lutte contre le Patriarcat pour choper ses proies en direct des réseaux sauç’ et des sites et fora dédiés. Easy. Donc déjà pour avoir discuté avec par pseudo interposé sans qu’il se doute que c’était la voisine à chien, le gars me promet un jour de provoc’ que si j’étais pas une meuf il m’aurait déjà passée à tabac. Et comme il a des fans, et surtout des nénettes avec qui il a couché a plusieurs reprises, carrément il a une armée de défenderesses pour le soutenir. Ironie ^^ le sujet du topic est justement l’ex chanteur du groupe de rock donc le leader a tué sa copine à coups de points bagouzés et dont je me refuse toujours autant d’écrire le nom pour pas lui faire de pub. Le mec est toujours avec son officielle, qui se doute de rien. Cet exemple pour donner une idée de l’emprise qu’il a sur ses « fans », ses amantes consentantes et ses suiveuses.

 

Retenez ceci : il suffit d’un arbre pour cacher une forêt (j’y reviendrai plus tard). S’il y a une seule chose que je retiens du viol, c’est qu’un violeur ne commet jamais qu’un seul acte. Je vous prends ces exemples qui pour moi sont les plus représentatifs, mais c’est parmi mille histoires racontées, même pas besoin de lire les journaux pour comprendre à quel point c’est partout, ceux qui veulent nier ça refusent juste de voir.

 

Mais donc les meufs parlent, et un jour, créent un groupe secret pour dévoiler le RAPESHITSTORM au grand jour et trouver une solution pour qu’il arrête. (comme ça si ça vous arrive, je vous explique la technique pour bouter ce genre de parasites hors les murs de nos orgas). Oui parce que malgré que ma pote ait déjà signalé le mec, tu te doutes que plein de gens l’ont taxée de menteuse. Bah oui, c’est bien connu, on va dire ce genre de trucs pour salir gracieusement ce genre d’angelot, or le gars est quand même aussi connu pour avoir quelques problèmes psych’ assez sévères en terme de violence gratuite, et autres sautes d’humeurs cheloues et totalement imprévisibles où par exemple il hurle sur ses meufs, fracasse la gueule d’un mec en festoche au hasard parce que ce dernier lui a filé un coup de pistolet à eau, et d’autres exploits du même ordre. Je me retrouve invitée dans une discussion par message privé pour brainstormer la technique de faire en sorte qu’il soit outé de ce milieu et grillé à vie sur le web en tant que prédateur. Mais le mal est fait. Les témoignages s’accumulent, forcément ça sort des internets. Mais ils a de bons copains qui continuent à le défendre.

 

J’apprends qu’il a proposé à une autre copine d’aller dans sa ville pendant que son officielle est absente, soi disant pour se renseigner sur une culture de la dite ville qui l’intéresse pour monter un business (à un moment le keum monte un business de quartier florissant comme ça il peut à la fois choper sur place et depuis son écran d’ordi jusque dans les petites cours des immeubles voisins où il bosse). J’apprends qu’il a menacé une JF de la vingtaine tout juste que si jamais elle l’ouvre sur le fait qu’ils ont eu des rapports, il a filmé en skred, a chopé l’adresse des parents de la JF et compte tout leur envoyer, la nana me parle de ça un jour en mp, après que j’ai dit que c’est un voisin de quartier, comme si elle voulait en savoir plus sur le gars. C’est juste un mec ordinaire qui viole, qu’il ait ou non des problèmes psych n’y changent rien, plein de mecs ont des problèmes psych et ne violent pas pour autant, plein de gosses violés ne violent pas. Là encore, c’est qu’un exemple parmi tant d’autres de ses méfaits.

 

De là son officielle apprend les mauvaises nouvelles aussi. De là, et une nouvelle fois, le mec ne paraîtrait plus jamais dans ces milieux ni aucun autre. Je ne donnerai pas les détails, également par respect pour les familles, et les concerné.e.s le sujet étant très touchy. Mais beaucoup d’hommes pleureront son départ. Et même quelques unes des meufs, y compris parmi ses victimes parce qu’il « savait être charmant à ses heures ». Pensez vous que cette Omerta qui a duré 5 ans avant que par hasard quelques femmes fassent le recoupement des activités transverses de SuperFéministeBoy aka RapeBoy soit normal? J’en fais appel à votre logique et je sais que vous allez me dire que non, même les mecs (ceux qui ont le cerveau à l’endroit en tout cas) et pourtant… Moi je vais vous répondre qu’apparemment si, parce que j’en  refais le constat plus tard.

 

Dans ce même milieu à un autre moment, un mec qui depuis des années essaie par tous les moyens d’incruster dans le milieu punk et d’y devenir notoire finit par accéder à ses fins, malgré avoir été à plusieurs reprises jeté par la grande porte pour revenir par les fenêtres. Pourtant 10 ans en arrière, la Punk Memory se rappelle de ses paroles pas très safe, de nombres de plagiats et de vols de maquettes, de travaux d’autres artistes qu’il opère. Donc le mec arrête ses conneries et devient organisateur de festoches alternatifs, autre moyen de toucher un maximum de public IRL et de se faire un peu oublier de ses exploits en date par des gens plus aguerris du milieu à qui on apprend pas à faire la grimace. Mais fort de ces expériences, et après avoir retenté sa chance, cette fois en tant que musicien, il crée un groupe (tout pourri un genre de B52’s en moins bien avec des chœurs de meufs en mode petites groupies qui le suivent partout comme s’il était une maman oie). Mais c’est nul, donc il chope pas plus, même si son influence de mec fiable croit. Par ailleurs, le gars est franchement pas physiquement agréable, et comme moralement, et dans sa tête, il est un peu pourri pour tout le reste, rien ne le rattrape. Du coup j’ai pris mon parti depuis le départ, quand on me le présente par d’autres anciens vieux keupons de la veille qui mordent à son hameçon de gros manip,  en mode « Chic type mérite sa chance », et avec ma mémoire de mammouth, je lui rappelle sa merde d’y a dix ans et lui explique que de fait, on ne puisse jamais être amis, me doutant de ce qu’il a dans les fouilles pour accéder à je ne sais quelle notor’ et enfin choper par les voies naturelles de l’amour, ou du sexe  consentant. Mais le mec trouve une nouvelle approche de faire son biz’… et se retrouve dans un groupe d’anciens keupons comme musicien, des vieux de la vieille. Pas de bol pour moi, ce groupe en question, est un groupe où officie un de mes amis très proche, dont je me prive de voir les concerts pendant autant de temps. Un jour j’ai l’occasion de lui en parler et de lui dire quand même de se méfier du gars qui avant toute chose est hyper intéressé de nature, quel que soit l’intérêt qu’il puise à vouloir devenir Roi des Keupons (SPOILER : le problème c’est que ça existe pas et que le seul moyen d’être respecté là, c’est d’être respectable). Mon pote pense que je blague, que j’extrapole,, ou que j’ ai paranoïé toute seule, parce que le gars est hyper affable avec toute sa nouvelle bande qui le légitiment auprès des autres, vu qu’il fait désormais partie d’un groupe de gens ancestraux qui ont fait les lettres d’or du rock alternatif dans les années 80, il est de fait validé auprès de tous y compris là où il s’est déjà grillé. Entre punks, on se juge pas trop, à moins qu’y ait vraiment Acte et que ce soit rendu public. Donc le gars tient le coup comme ça deux trois ans, tranquillou, sans faire de vague.

 

Et qu’est ce qu’il fait pendant ce temps? Et bien il offre un dernier verre aux meufs égarées seules dans les bars à keupons, en fin de soirée. Un petit verre assaisonné au GHB, ou à l’exta, va savoir, en employant la technique du bon samaritain ensuite que la meuf est trop bourrée donc c’est mieux qu’il la ramène chez lui parce qu’il habite à deux pas. Et c’est ainsi qu’une fois que ses proies sont délirantes, il les ramène chez lui et baise des mortes. C’est à dire des meufs inconscientes, qui se réveillent le lendemain un peu perdues et groggy et à qui il explique que c’est elles qui ont demandé du sexe avec insistance.

Quand je raconterai ça à mon ami avec qui il a joué, il me répond finalement qu’il est pas très étonné, parce que le gars a aussi fini par montrer sa vraie nature aux membres du groupe quand ils étaient en tournée, leur a piqué du fric, nié, les a embrouillé à maintes reprises sur d’autres choses, et que leur collaboration s’est de fait terminée. Mais pour les viols, il sait pas, c’est un peu moi qui lui apprend. De fait, je m’éloigne du milieu, parce que j’en ai ras le bol de ces conneries, et en particulier du bar où je sais que le mec a opéré. Le bar en question n’est pas insensible à ce sujet là et met un gros bolosse derrière le comptoir. Depuis lors, dès qu’y a un geste ou un mot déplacé vis à vis d’une meuf dans ce café là, le barman pose son pied directement sur le comptoir pour passer de l’autre côté en deux secondes et foutre le mec dehors, directement, avec interdiction de revenir y foutre un fucking orteil again. GHB man doit être décédé, parce que depuis Colonel Fabien à Montreuil, on ne l’y voit plus. Mais combien sont-elles? Voilà ce que j’ai de la peine à imaginer, en sachant que lui et RapeBoy ne sont pas les seuls, et qu’une encore autre copine y est passée. Pourquoi ces mecs ne sont pas signalés dès leur premier crime ? Parce que légalement le viol même s’il fait encore trop rarement l’état d’une plainte, encore moins de poursuites et avec des condamnations qu’épisodiques est un crime, je vous le rappelle. Pourquoi les mecs vous vous désolidarisez, alors que voilà, pas besoin de savoir quand ça arrive et qui ça concerne là où c’est partout. Si vous pensiez que ne pas violer suffit, non. Ne pas violer c’est juste le minimum.

 

On peut selon ses a priori personnels se dire aussi que c’est pas très étonnant que des punks soient des violeurs etc. Sauf que basiquement, être punk c’est être féministe, anti-sexiste, anti-viol, (« Qu’on leur coupe les couilles à tous ces violeurs de merde » chantait Franxoa Béru en d’autres temps… Combien de violeurs êtes vous dans les salles aujourd’hui en 2018, est aujourd’hui le seul truc qui me fait écho, est ce que je vous parle du proprio d’un autre café qui en a enfermé plus d’une après la fermeture?), anti raciste etc. Malheureusement le Patriarcat et la culture du viol qui en découlent ne sont l’apanage d’aucun milieu avec la même infraordinarité que dans n’importe quel autre, de la sphère privée à l’entreprise.

 

Donc à ce stade là, je me suis éloignée de la rue, des anars, et des punks. Je ne vous dirai pas que je l’ai échappé belle, je n’échappe pas à la statistique des femmes autistes qui ont vécu une ou plusieurs agression sexuelles, et même sans ça, je suis une femme, donc « Bien sûr » que oui j’ai subi ça aussi, comme beaucoup plus que les statistiques ne l’indiquent, comme nous presque toutes, autistes ou pas. Qu’on l’évoque ou non n’y change rien, parce que quand nous le faisons, nous sommes prises à parti ou exclues, on nous demande si on l’a cherché, et si on dénonce l’agresseur, bien souvent tous ses copains lui viennent en renfort. Donc oui, si vous aviez un doute, messieurs, le viol c’est bien à cause de vous tous, y compris ceux qui ne violent pas, et de cette omerta bien entretenue qui garantit l’impunité de ces criminels, et je vous expliquerai aussi un peu plus loin pourquoi. Par avance, là où l’argument « Et les hommes violés on en parle? »  est un faux argument parce que si vous avez besoin de parler des hommes violés pour faire valoir le fait que vous aussi êtes concernés, ça signifie simplement que votre cause bien que les statistiques du viol concerne à majorité des femmes, prime avant la nôtre et ça entretient de fait votre privilège mâle de vouloir vous exprimer à notre place sur une oppression qu’on subit réellement tous les jours qui va de fait nous inférioriser constamment parce que nous sommes des femmes, au passage à l’acte.

 

Un petit exemple tout con quand vous opposez les #balancetonporc aux #balancetapouffe. On vous parle de viol, et certains viennent pleurer qu’on leur a refusé un rapport ou que leur relation a mal fini alors qu’ils ont été « respectueux ». Ceux sont les mêmes, voilà pourquoi ceux qui ne violent pas, ne sont pas meilleurs que ceux qui violent en maintenant le statu quo, simplement parce que le violeur, c’est Monsieur Tout le Monde.

 

Vous savez, que je ne m’en arrête jamais là… Et j’ai d’autres exemples. Oui, encore deux. On va parler cette fois de FuckedHead.

Fuckedhead s’est illustré dans la lutte syndicaliste contre le Grand Capital et le Patronat. À tel point qu’à un moment il s’est fait chopé par la police pour un acte militant qu’il a commis sans la moindre violence, mais il a pris une peine sous forme d’amende plus grosse que son cul sous forme de condamnation à finir SDF ou presque tellement l’amende est lourde, et tellement il va lui falloir une bonne vingtaine d’années pour s’en acquitter même avec l’aide de son trop petit syndicat trop divisé, trop affinitaire aussi, parfois au détriment de la lutte ou tout simplement des viols en son sein.

 

FuckedHead n’habite pas sur place, mais pour des raisons militantes il doit souvent venir à la capitale (easy) où il a des amis pour l’héberger, et le syndicat le défraie. Mais plus que régulièrement le mec est surtout connu pour  boire comme un trou dès que l’occasion se présente, et sa notoriété tient autant à ses gestes héroïques de militant aguerri qu’à sa LOURDEUR sociale quand il a bu un coup de trop et qu’un seul individu de sexe féminin se trouve à proximité. Et quand je parle de notoriété publique, par la France et la Navarre où FuckedHead a milité partout, et dont la tête a paru dans quelques journaux, n’importe qui te dira qu’il est fort sympathique mais tellement LOURD avec les femmes quand il a bu. Pire, j’apprends par un camarade qu’il a une technique bien rodée, tiens, tiens, et bien qu’il soit logé à proximité de son café militant préféré il trouve toujours un moyen de se faire héberger par les nanas qu’il harcèle et éventuellement coucher avec pourvu qu’elles soient aussi saoules que lui. En clair, il force le consentement, ce qui revient à violer. Malheureusement c’est un peu la pratique la plus tristement répandue parce que sûrement aussi la plus efficace. « Qui ne dit rien consent, dit on », et pourtant il n’y a rien de plus faux et c’est exactement le contraire qu’il faudrait retenir, autant qu’il n’y a rien de plus désarmée qu’une femme sous l’emprise de l’alcool ou de toute autre substance psychoactive pour abuser de son silence, en étant pompeux jusqu’à l’obtention de l’acte à soutirer de la disposition d’un corps qui ne vous appartient pas et pour lequel ce genre d’individu n’a aucun respect. L’histoire se répète. Je peux citer trois victimes de mes connaissances. Et tout se déroule toujours de la même manière.

 

Le mec se réveille normalement dans le lit de la principale abusée. Acte comme si sa victime avait parfaitement consenti à ce rapport en étant même mielleux et même amoureux. L’on vous dira pour leur défense, que ces gens n’ont pas conscience de leurs actes. Cruelle Boutade. Je vais plaider quand même coupable pour tous ces bonhommes aux fuites de conscience, qui arrivent à forcer des femmes à avoir des rapports avec eux de façon aussi insidieuse, et à la conscience qu’ils ont de bander ou de se faire bander au moment de les pénétrer et qu’ils me copient mille fois, « Je ne prétendrai plus qu’un homme n’a pas conscience d’introduire son sexe  en érection dans le vagin d’une femme saoule qui n’est pas en capacité de refuser un rapport sexuel et ne remettrai plus jamais en doute son non consentement ». Au cas où il vous resterait quelques doutes, plaisir de vous partager cette vidéo :

Certaines de ses victimes sont casées. Forcément dans le doute de leur consentement ou non (alcool) et leur état de déconstruction, globalement elles n’en parlent jamais qu’entre elles, sans vraiment considérer que c’est un viol, et disent pour deux de celles que je connais « J’ai couché avec FuckedHead ». Sauf la troisième qui dit que c’est un viol mais n’en fera pas plus de démarche.

Donc Fuckedhead s’est bizarrement fait oublier quelques temps après que j’apprends ça. Sérieux, la technique je disparais pour me faire oublier et pas me faire rôder pour réapparaître est un pur truc de prédateur. Vous le saurez. Entre temps j’ai quitté le milieu syndical aussi. Déjà je suis perturbée par ma propre découverte d’un possible autisme, de deux, après 4 ans à assister à toutes les réunions, je découvre très vite que comme partout, l’affinitaire pour beaucoup passe avant la lutte, truc un peu grégaire, mais tu vois comme les gens partent en politique commerciale de personal branding pour avoir de l’influence là dedans, comme partout, en fait, et très vite un de mes référents, qui justement n’a jamais ce comportement, se barre. Mon syndicat de branche fusionne avec un autre, on m’accuse d’illégitimité parce qu’à côté de mes activités de spectacle que je garde en parallèle, je trime comme salariée dans un tas de trucs différents, à l’époque en archi, et les gars veulent donc que j’aille au syndicat du BTP. Ils ont eu l’habitude longtemps que je la ferme dans ces réunions, et un beau jour quand je l’ouvre, y a des kapos à qui ça plaît pas parce que je me range jamais à l’opinion des autres pour orienter un vote ou donner mon avis, donc ça ne change pas, je sens venir comment je serai jamais faite pour être incluse dans le moindre collectif, parce que l’intolérance c’est aussi partout, et quand t’es aspie, juste du fait de tes lacunes sociales tu dépareilles partout, de facto. Et il suffit qu’un mec interprète mal ton propos même quand tu parles pas de lui via le foutu prisme de sa sensibilité égotiste autocentrée autour de laquelle tout tourne invariablement, pour te détrousser de ta pensée initiale et de comme tu as voulu l’exprimer même maladroitement pour te démolir avec une armée de ses complices juste derrière pour le cheerleader. Bref, FuckedHead et son impunité étaient devenus la goutte de trop. Ça et le sentiment que les rares camarades à qui j’ai parlé de la possibilité de ce diag, je ressente que c’était pour eux du flan, donc pas safe pour moi sur le long terme, j’ai quitté. Et à raison, j’ai encore lu des blagues handiphobes très récemment sur le droit de vote des handicapés sous tutelle.

Au pire on m’a sorti des « Nan mais s’est toujours vu que t’es mal dans ta peau, mais t’es pas forcément autiste pour autant c’est pas comme ça ».

De 1- je n’ai pas toujours été mal dans ma peau, c’est votre déduction sommaire quand vous ne saviez pas interpréter mes comportements ou propos décalés avant diag, ma maladresse à me positionner dans vos groupes.

De 2- C’est exactement par l’entremise de ce type de propos que des gens régressent à faire le foutu effort de socialiser et déployer leurs ailes et leur savoir-faire, qui ne tient qu’à l’ignorance du handicap social des gens comme moi. Payez votre ouverture d’esprit individuelle au lieu de vous planquer derrière l’entité qui vous réunit et la présuppose par ses principes et ses règles, sous prétexte que si c’est dans la définition ça vous définit aussi parce que vous êtes à jour de cotisation.

Quand la merde du fond, remonte à la surface après l’orage.

 

Un an plus tard sans doute, je checke le réseau social facecul, première nouvelle du matin, FuckedHead vient de se faire épingler pour viol (pas par la justice évidemment, ce serait trop beau), mais l’info se pointe sur RadioSyndic et ses sites internets. Dans une autre région que ses opérations récentes, une fille a porté plainte. Ça aura pris tout ce temps. En creusant sur le web, les premières lignes que je lis sont à sa défense,  forcément, par d’autres syndiqués, tous mâles. La parole de la victime est immédiatement remise en doute. Chantage totalement abusif, demander des preuves à quelqu’un au lieu de soutenir. Chantage hypocrite parce que la réalité des fausses accusations de viol représente un pourcentage tellement infime, que la question de soutenir la victime avant toute chose ne devrait jamais se poser, où alors une fois de plus, c’est nier la réalité des faits, des stats, des chiffres, du patriarcat, de la culture du viol, bref du factuel, mesurable et tangible. Quand vous avez pas plus de preuves pour soutenir une victime avec les stats à dos, c’est a minima préférer la présomption d’innocence du violeur à la reconnaissance de la victime comme telle, c’est de fait nier les faits. Le syndicat n’échappe pas à la règle. Malgré un groupe interne féministe et anti-sexiste, les réactions qui culpabilisent la victime se multiplient de même que celles qui prennent la défense de l’accusé. Il faudra une fois de plus que d’autres l’ouvrent ensuite pour que le mec soit dégagé. Et bien que l’affaire soit un peu médiatisée, rien n’y fera, deux ans plus tard il aura encore sa place au syndicat. De quoi vous dégoûter de lutter.

Tu crois que ce genre de situation n’existe pas chez les autistes, où la réputation d’être très neutre et loin des considérations sexistes, racistes ou validistes n’existent pas? Qu’on a la pseudo pureté de parce qu’on ne comprend pas aussi bien les enjeux sociaux que les NT, disons pas avec leur naturalité, ça existe pas chez nous? Compte dessus et bois de l’eau, homie, le diagnostic d’autisme ne fait pas plus le moine que l’habit des moines pédophiles et autres curés.

 

Déjà niveau sexisme on a les mêmes champions du monde qu’ailleurs. Si tu n’es pas sur un groupe non mixte chaque fois que tu évoqueras les problématiques du Patriarcat en particulier vis à vis de femmes autistes (donc globalement plus vulnérables encore que les femmes valides, je rappelle que statistiquement niveau viol les stats s’envolent : 90%) parce qu’on se cogne hors de ces groupes (les 2 de safe qui existent) à la fois le sexisme, le validisme, la handiphobie, la psychophobie et l’autismophobie (et ouais avec tous les amalgames qui sont fait sur l’autisme on a le droit à tout ça) et au sein de nos groupes, t’as juste pas idée qu’au prétexte d’être autiste, certains mecs n’hésitent pas à chasser directement via les internets pour multiplier les conquêtes, un moyen très pratique parce qu’entre nous on aura tendance à supposer qu’on ne subira pas la pression et les demandes de faire des efforts que nous demandent les NT, sauf que du coup c’est encore plus insidieux de se faire manipuler dans nos milieux. Et venez pas me dire qu’il n’y a pas de racisme non plus. Bizarrement, c’est toujours des blancs.h.es. DES BLANC.H.E.S partout qui s’expriment sur le sujet, donc oui on manque cruellement d’intersectionnalité dans nos milieux et c’est une honte, parce qu’à un moment, ne parler que d’autisme est limitatif aussi. Quand je me lève le matin, a priori j’ai plus de chances en sortant de chez moi de croiser toutes sortes de personnes autres que des autistes, mais le sujet ne tombe pas sur nos réseaux. Pire l’omerta sur les abus de confiance est encore plus prégnante sans omettre qu’au prétexte d’être autiste et d’avoir des problèmes de communication, les gens quand tu leur pointes qu’ils viennent de dire de la merde iront se planquer derrière ça vite fait bien fait. Perso j’utilise pas mon autisme comme prétexte à dire n’importe quoi, la déconstruction c’est pour tout le monde, si certains ont des IR très poussés sur l’astrophysique ou les petits chats, je vois pas ce qui les empêche de se renseigner un peu mieux sur le splaining, la culture du viol, l’afroféminisme, le féminisme tout court le racisme ou le validisme. En revanche on a PLEIN d’assos qui poussent comme des champignons et via ces mêmes réseaux, on est toutes enjointes à en choisir une au profit d’une autre, voire cotiser à toutes, et te liker ceci et te répondre à cela pour faire partie de, et remplir le tableau excel, et répondre aux sondage etc. et c’est très compliqué en tant que femme de faire un choix dans l’intégration d’une asso mixte, là je parle pour moi, ça me paraît d’autant plus évident après le récit qui précède et je ne suis pas la seule dans ce cas. Du coup on a toute une communauté qui se retrouve à la fois sur des groupes mixtes, non mixtes et encore d’autres et qui adaptent leur discours et ce qu’illes ont ou peuvent partager en fonction du groupe où ils se trouvent pour pouvoir communiquer « entre nous » sur le sujet. Mais quand on parle de sexisme, bien souvent, le commentaire ou la réflexion qui suit c’est fatalement un cis het blanc qui sort :

« Je ne suis pas pro féministe je suis pour l’égalité hommes femmes parce que les hommes … blabla : ici un argument fumeux pour nous rappeler que les hommes sont oppressés aussi, donc même si c’est moins, NOS GUEULES, et revenons parler de LEURS problématiques en niant les nôtres, comme d’hab ». Le fabuleux #NotAllMen. Messieurs apprenez qu’en autisme ou ailleurs la lutte pour l’égalité ne passera jamais sans que vous soyez féministes. Et l’homme de demain c’est pas l’autiste inclus, c’est LE féministe résolu. Quand vous ne remettrez pas en cause notre parole quand on se fait violer, quand vous ne légitimerez pas certains de vos pairs de genre quand ils ont des propos déplacés ou des petites plaisanteries infériorisantes à notre égard, peut-être les stats changeront un peu. Si d’autres peuvent le faire, vous aussi. Vous en avez marre qu’on vous rabatte les oreilles et les lectures avec le féministes, et bien dites vous que votre virilité fragile et votre sensibilité ostentatoire qui voudrait qu’on la ferme, on en a marre aussi.

Pourquoi comment, tout est là : http://www.crepegeorgette.com/2014/07/23/hommes-feminisme/

Quand j’ai débarqué sur les groupe autisme, pour voir si je faisais fausse route où s’il y avait bien à creuser par là pour résoudre mon puzzle neuro où les psy n’arrivaient jamais à me caser nulle part (IRL, je suis parfois d’un pragmatisme désarmant), j’ai fait les frais d’un mec comme ça. Le gars casé qui fait souvent des clins d’œil à sa copine via leurs pages facebook respectives, et te cause tous les soirs pour te raconter sa journée, te psychoter un peu sur l’air de c’est trop cool de parler autisme avec toi jusqu’au moment où il évoque sa grosse bite… et sa possibilité de tracer accessoirement des kilomètres pour te la faire apprécier. Et qui à côté de ça, ne tarit pas en plaisanteries sexistes en tout genre sur sa page perso, mais quand tu lui fais remarquer va t’expliquer que c’est de l’humour et que bien sûr il est féministe mais on peut rire du viol, un peu, quand même, non? (cherchez l’erreur). J’ai bloqué.

 

Quand j’ai capté un an plus tard qu’il avait réussi à se taper quelques nanas autistes comme ça, pour les dégoûter ensuite avec ses propos parfois misogynes, parfois sexistes, parfois juste totalement déplacés, et se contredire mille fois à la fois sur son histoire personnelle, son diagnostic et la relation libre avec son officielle qui était soi disant au courant alors qu’on a su ensuite que non, j’ai eu quelques relents mémoriels…

 

Donc oui les prédations, les viols, les abus de confiance sont là aussi, n’en doutez pas une seule seconde. La statistique ne diffère pas, elle prend des ailes et s’envole littéralement. Mecs qui ne se protègent pas avec plusieurs femmes en simultané malgré une relation officielle, femmes qui savent et qui se taisent  à cause de l’effet du « missing stairs » :

« terme utilisé pour décrire un prédateur sexuel reconnu comme indigne de confiance par beaucoup de gens, mais qu’il vont simplement éviter en prévenant discrètement autour d’eux, plutôt que de l’exclure. L’analogie est celle d’une faute structurelle dans une maison, comme une marche manquante. Les habitants de la maison sont tous au courant du risque et y sont tellement habitués qu’ils mettent simplement les nouveaux arrivants en garde plutôt que de régler le problème. »

Venez me parler de la pureté de l’autisme  après ça.

Quand j’apprends plus tard, qu’outre les querelles de clochers  dans le milieu autistique évoquées précédemment, certains profitent d’arguments qui relèvent encore et toujours de cette vielle psychanalyse en dépit des recommandations de la HAS qui stipule bien que la psychanalyse ne devrait jamais avoir rien à faire avec l’autisme, en dépit du fait que la France est un des derniers pays à accorder du crédit aux psychaha’ (et là on peut parler de polysémie du terme « crédit », parce que ça rapporte beaucoup que les antivaxx en prennent de la graine si vous cherchez vraiment à dénoncer un lobbys à la dent dure vous ferez moins de mal sanitaire à lutter contre ceux-là que contre les vaccins), à cette pseudo science, j’aurais bien envie d’hurler…. mais je crois qu’il vaut mieux en rire et débiner les « influenceurs » de ces faux débats un par un.

 

Pour s’en faire une idée, il suffirait donc de regarder du côté du Pr. Gosle et de son homologue Lisa Ouss sur leur approche de l’autisme. Le Pr. Gosle, psychanalyste, pense que l’autisme demeure extrêmement rare (il parle d’une naissance sur 10 000, mais malheureusement, il semble être le seul dans ce cas et on ne sait pas bien sur quelle études ce chiffre est basé, sauf les toutes premières études de Kanner, on a fait bien des progrès depuis, on parle donc de personnes qui ne sont pas réellement habilitées à diagnostiquer l’autisme et digèrent très mal la pilule des recommandations de la HAS qui ferait perdre à la Psychanalyse son marché très juteux, basé sur des archaïsmes que les progrès et les dernières recherches en matière d’autisme ont eu vite fait de dépasser depuis le bon vieux temps de Papi Freud et Papi Lacan. Aussi il s’attache principalement à ce qu’on a longtemps octroyé les 1 ères découvertes sur l’autisme à Kanner, sans compter sur Hans Asperger dont les études plus poussées et découvertes sur le tard on largement ouvert la porte à la psychanalyse pour se positionner comme spécialiste d’un champ sur lequel elle est aujourd’hui et de manière plus tangible, bien désarmée.

Pour en savoir plus sur Gosle et le lobby psychanalytique :

Sur le traitement de l’autisme par la psychanalyse :

DOCUMENTAIRE LE MUR, par Sophie Robert :

Le problème de la psychanalyse, ça reste quand même qu’avec un gros Gloubiboulga de vocabulaire alambiqué, et des études scientifiques qui contrarient beaucoup pour ne pas dire qu’elles ébranlent complètement les premières études de Kanner sur l’autisme, les psychanalystes auront tôt fait de vous faire prendre des vessies pour des lanternes. Voilà comment en une minute on vous parle de MALADIE (au lieu de Trouble, ou de différence comme les études portent à démontrer de plus en plus que plusieurs facteurs interviennent dans les gênes qui génèrent l’autisme et la construction des personnes touchées, ce qui expliquerait également en quoi, si c’est une rareté, elle concerne la plus grande de toutes les minorités à l’échelle internationale avec un ratio estimé globalement entre 1 individu sur 60 à 100 et non pas sur 10 000, la théorie de Kanner et de l’autisme avec D.I (=définit intellectuel) sévère s’effondrant à mesure que les prises en charge les plus modernes font de plus en plus basculer les personnes supposées en D.I et non verbales vers de plus en plus d’autonomie et sans déficit intellectuel pour la plus grande majorité d’entre eux, c’est bien là que l’hérésie de différencier les Kanner des Aspergers tombe), « dysfonctionnement neurologique et cognitif », donc là on reste dans le champ de la maladie, soit de considérer que certains cerveaux fonctionne mal (plutôt que différemment) qu’on a à faire à une maladie qui se traite (autrement on s’embarrassait pas de tant de vocabulaire, même dans l’Egypte ancienne ou avec une petite trépanation on te soignait si tu n’en crevais pas dans la foulée)… et donc on veut vous proposer de l’A.B.A, du packing considéré ailleurs comme une torture sauf  pour les psychanalystes, des médocs, et une psychothérapie comportementale = aka obliger d’une manière ou d’une autre un enfant autiste à se comporter au plus proche d’un enfant neurotypique en faisant fi des spécificités autistiques de l’enfant en question, bref on nie que d’autres méthodes puissent permettre d’éviter d’obliger les autistes à s’adapter au monde et pas le contraire comme pour d’autres handicaps, à croire que l’autisme serait le seul handicap qui embête autant ces messieurs dames, tandis que pour tous les autres on tente au mieux de faciliter l’accès à l’école, et au reste de la société. (enfin on dit qu’on le fait, la réalité est plus complexe). De là on soutient la thèse que les autistes ne peuvent évoluer que par ces traitements obsolètes dont l’efficacité outre atlantique a pourtant été bien contestée. Parce qu’au lieu de considérer la différence de ces enfants, on la définit basiquement comme une tare dont il faut à tout prix et par tous les moyens effacer tous ses signes visibles. En bref, on vous dit qu’un bon autiste est un autiste désamorcé de tout ce qui fait ses spécificités, bref, qu’un bon autiste, est un neurotypique sans besoin particulier, circulez y a rien à voir.

Quel rapport avec la prédation dans nos milieux? … Et bien les vieux schémas ont la peau dure, et l’autisme ayant été réellement considéré comme tel en France que bien après les années 80 sans qu’on en parle plus comme une psychose (encore que), les personnes précitées ont pu diagnostiquer et encore aujourd’hui comme selon les croyances psychanalytiques toute personne non verbale dès la naissance de facto considérée comme ayant un déficit intellectuel comme autiste. De la même manière que comme on ne savait pas expliquer les feux follets au moyen âge on pensait voir des sorcières ou des fées, sans tenir compte des avancées à l’international on s’est dit, « si ça cause pas, si ça réagit pas, c’est forcément retardé et ça ne peut être que de l’autisme »… Et comme on n’avait pas d’autre explication sur comment ça arrive, on a dit de manière un peu simpliste que c’est les parents qui puent du cul éducationnellement, ajoutez une pincée de misogynie Freudienne, trois sabots du diable, et des griffes de chauve souris, et ce sera la faute à la Mère (beh ouais, faudrait plus être à ça près après toutes les diableries qu’on nous prête depuis la nuit des temps).

Or l’histoire et les progrès scientifiques qui ont été fait depuis approuvent pourtant largement le fait que la neurodiversité n’a rien de si rare que ça. D’où la praticité pour la psychanalyse de trouver un lien entre les progrès en neurologie et sa pseudoscience pour garder le swag (et l’apanage du marché qui va avec) et continuer à faire circuler l’idée de faire suivre des psychothérapies comportementales à leurs patients. Autiste : ton cerveau a beau être différent, on va quand devoir parler de ta relation à ta mère… Mouais.

Ce que les psychanalystes peinent à abandonner c’est l’idée que leurs fondements uniquement Kanneriens sur l’autisme sont dépassés. En restant sur la notion de distinction des autistes de Kanner et d’Asperger, ceux qui s’attachent à celle exclusive de Kanner, omettent sciemment le fait que ces critères diagnostiques étaient trop restreints dès le départ (le concept des parents réfrigérateurs vient de là, Kanner considérait également que les personnes atteintes d’épilepsie ne pouvaient pas être autistes or qu’aujourd’hui il est démontré que l’épilepsie est chose courante chez les autistes). D’autre part et selon ses critères, l’autisme serait plus rare que ce que les études sur la population mondiale ont démontré ensuite.

Pourquoi ces petits rappels dans les prédations sur le milieu autistiques? (J’y viens…)

 

Tristement encore beaucoup de personnes, et à forte raison celles qui s’assimilent aux travaux de Kanner et ont été diagnostiquées autistes par des psychanalystes, « Autisme de Kanner » dit prototypique a contrario de syndromique par des personnes de cette obédience qui omettent sciemment les travaux d’Asperger et les progrès et découvertes scientifiques qui ont été fait depuis sur l’autisme, doivent s’y raccrocher pour conserver la validité de leur diagnostic. Factuel. En particulier avec un diagnostic psychanalytique précoce. Pour précision que ce qu’on appelle un A.H.N pour « Autiste à Haut niveau de Fonctionnement » ne signifie absolument que la personne à un quotient très largement plus élevé que la moyenne mais simplement qu’elle est capable de signifier son intelligence et qu’elle peut vivre de manière autonome ou quasi indépendante. Selon ces critères culpabilisants des parents responsables de l’autisme de leur enfant par manque d’amour, on a donc pendant près de deux générations fait considérer que sociétalement l’autisme n’était pas une condition acceptable, et directement mis les enfants en institutions psychiatriques, aussi parce que c’était un peu la honte pour ces parents d’être donc accusés directement de l’autisme de leur enfant au prétexte qu’ils sont « froids et distants » ou n’ont pas donné l’amour nécessaire et autres théorie farfelues accusant le comportement des mères pendant la gestation de ces enfants, donc valait mieux planquer cet enfant mal aimé que la société ne saurait voir. Or quand on a repris les travaux d’Asperger sur le même sujet, c’est la psychologue clinicienne Lorna Wing, femme aimante et chaleureuse au demeurant, dont la fille était autiste sévère, qui s’est penchée sur les travaux d’Asperger, dont les critères étaient moins restrictifs et a ordonné une étude sur la prévalence de l’autisme en incluant ces nouveaux critères. Lorna Wing était mère d’une petite Susie autiste sévère, et trouvait le critère de Kanner sur les parents réfrigérateurs aberrant, et c’est bien en reprenant les travaux plus poussés d’Asperger sur le sujet que les premières statistiques sur le fait que l’autisme n’était pas si rare que ça, que le champ des Troubles du Spectre Autistique s’est élargi.

 

Quoi que le DSM-5 aujourd’hui et raisonnablement ne distingue plus les autistes de Kanner et ceux d’Asperger que par l’appellation Trouble du Spectre Autistique, certains s’accrochent aujourd’hui à l’idée d’une forme de « pureté » de l’autisme selon les critères dépassés des seuls travaux de Kanner et la non verbalité de naissance que ne présentent pas les Aspergers, en continuant à pathologiser ce qui est aujourd’hui reconnu comme une différence neurodévelopementale et non une maladie.

 

Ironie, monceau de témoignages sur les autistes non verbaux considérés déficients intellectuels par leurs premiers praticiens parlent de comment les mères se sont battues contre toutes les institutions traditionnelles, les diagnostics de condamnation de leurs enfants à ne jamais pouvoir mener une vie normale ou presque ou à parler pullulent dans les médias sur ces enfants qui ont réussi à aller à l’école normale malgré le harcèlement et la stigmatisation, à passer leur bac, et mener une vie d’autiste quasi ou totalement autonome. Et de Tammet à Schovanec en passant par Horiot, le fils de Francis Perrin, et ces articles tous les ans à l’heure des résultats du bac sur ces autistes bacheliers, comme si c’était extraordinaire, comme s’ils avaient relevés un impossible défi. La théorie des mères frigos de la psychanalyse des suiveurs de Kanner, en prend un sacré coup.

 

Au passage si on attribue encore beaucoup les premières découvertes sur l’autisme à Kanner, la toute première femme a avoir réellement décelé certains symptômes propres à l’autisme est une femme russe d’origine ukrainienne prénommée Grounia Soukhareva.

 

Il y a quelques semaines, j’ai été invitée par un ami autiste qu s’est beaucoup investi dans dans la cause depuis un an, à une réunion inter associations, afin de discuter de la manière d’avoir le même discours (inclusif, de préférence) et d’éviter les querelles de clocher et autres prises de gueules sur les diag, les non diag et les faux diag mais aussi ces distinctions selon des critères de pureté Kannerienne qui feraient des autres aspergers, des chiens affabulateurs traitres et malfaisants. Vous trouvez ça exagéré? C’est pourtant bien le discours préféré des personnes attachées à ces distinctions. Et si elles n’ont été diagnostiquées que par des psychanalystes, on peut de fait bien comprendre pourquoi un tel attachement à cracher sur les petits copains aspies, dont les diagnostics se multiplient aujourd’hui laissant apparaître la très large lacune observée dans la difficulté diagnostique des ces 40 dernières années.

 

J’apprécie particulièrement cet ami, lui et moi nous sommes connus virtuellement lors de nos premières recherches sur notre propre diagnostic. Diagnostiqués tous les deux aujourd’hui, il  a emménagé en Île de France pour s’investir dans une ou plusieurs associations, devenir pair-aidant, et d’autres choses liées au combat pour la reconnaissance des autistes dans la société et surtout leur inclusion. Nous passions un excellent moment dans un café du coin entre deux de ses réunions associatives, celui là même où Julie Dachez m’avait fait l’honneur de passer un moment ensemble et de discuter également après ma première tentative de diag dans le public, et il me proposait une journée entre autistes sur ce thème, un samedi dans un local d’une institution officielle de référence dans la recherche. J’acceptais puisque ça ne m’engageait à rien et que j’avais la curiosité de vouloir savoir ce qu’il pouvait se dire dans ce type d’événements et rencontrer un peu mes pairs, même s’il fallait au moins que ce ne soit pas loin de chez moi que je daigne extraire mon popotin de mes officines habituelles, ainsi que les doigts enfournés dedans à l’idée de voir PLUSIEURS INCONNUS AU MÊME ENDROIT à la fois, autistes ou non, ça ne changeait rien à mon affaire de prévoir un certain malaise à m’y trouver. Mais comme il faut aussi un peu de lâcher prise pour réussir ce genre d’exploit mon célébrissime ‘N’à foutt’ après tout ceux là qui me jugeraient feraient aussi bien d’aller se faire cuire le cul en enfer puisque dans ce cas ce serait eux qu’ils jugeraient en premier (ouaip’, j’ai une certaine croyance dans le « C’est çui qui dit qui est » et les projections malsaines que certains font porter à d’autres par effet miroir et la suite ne me contredit pas). Toutefois et bien que je rêve parfois de pouvoir envoyer plutôt ça, à la place :

J’arrivais le jour J après une bonne préparation mentale à m’y rendre physiquement. Au pire, je me disais qu’en cas de malaise je n’avais qu’à me comporter ainsi :

Donc j’y allais en Koala-face… Disons ma version du Koala face pleine d’auto-persuasion que si je souris en dedans ça se verra forcément, alors que la plupart du temps ça ressemble plutôt à ça :

Eminem-campaign-speech

Décidée à écouter plutôt que l’ouvrir. Je passais donc l’humiliante étape du tour de table de présentations (je ne sais jamais quand c’est mon tour de parler même quand c’est dans l’ordre…) en bredouillant de mes activités en lien du moment. Et j’écoutais le reste. J’y vis des personnes charmantes, avec un discours inclusif et de solides bases à la fois sur le milieu et sur l’autisme en général. Des responsables d’associations convaincants et convaincus, des personnes très actives et lucides sur les larges progrès à faire au sein de cette lutte (je pense notamment à Stef, Adamo, Thomas Poncelet et d’autres dont j’ai oublié les noms). Puis vint une femme à parler de son autoentreprise (je présume) pour défendre les autistes dans les injustices et discriminations qu’ils peuvent subir, insistant lourdement sur la nécessité de distinguer les faux des vrais autistes… Avec de gros laïus sur son cas personnel et le fait d’avoir loupé un diagnostic d’autiste Kanner dans l’enfance. J’ai horreur de remettre le diagnostic des gens en cause pour une raison très simple : je n’ai pas grandi dans leur cul, et j’en ai bien assez de m’occuper du mien, j’estime donc qu’autodiag ou non ils n’ont pas à se justifier, de même que je n’ai pas à me balader avec mes conclusions de psy et de neuropsy dans le slip pour demander à faire valoir mes droits, même si au cas où, j’ai toujours une copie dans mon sac uniquement à destination des institutions. De fait, je ne pouvais trouver qu’absolument extraordinaire que cette personne venue au monde non verbale avec de lourdes difficultés motrices et un certain retard mental, si on reprend la définition de l’autisme Kanner, ait pu par j’ignore quel truchement et prise en charge extrêmement adaptée à son cas, ABA ou autre, pratiqué à l’époque, pu faire de tels progrès au point d’avoir une telle fluidité de langage et de mouvement, mais après tout, elle n’est pas la seule dans ce cas, donc pourquoi pas. Ce que je ne comprenais pas en revanche, c’est pourquoi elle persistait à se présenter comme autiste Kanner, là où tout autiste qui traverse ces difficultés initiale s’apparente de fait à un A.H.N ou un Asperger si tant est que les deux distinguent les autistes sans autonomie non verbaux de ceux qui le sont et peuvent vivre de manière assez autonome et indépendante comme il m’a semblé que c’était son cas. Toujours est il que non seulement elle était extrêmement verbale mais qu’en plus elle n’avait de cesse de revenir sur son sujet en permanence sans trop laisser de parole aux autres, et revenant régulièrement à prendre cette parole pour continuer sur ces sujets des vrais et des faux autistes et par extension des vrais et des « faux » diagnostics. Si ça jetait une atmosphère de gêne, pour autant il était difficile de l’arrêter. Parce que de fait, on a l’impression de se retrouver avec une personne devant une assemblée qui ne cesse de traiter tout le monde de « faux ». Même sans se sentir concerné, je peux vous garantir qu’au bout d’une heure ou deux ça devient très gênant. Surtout quand dès que n’importe quel autre intervenant essaie de recentrer sur le sujet de la journée, la nana rebondit immédiatement sur le sujet pour en revenir à son disque rayé :

Je pensais, en allant dans ce sens, on va exactement à contresens de l’objectif de cette journée. Je ne me formalisais pas plus, tant qu’on veut s’appeler Asperger ou Kanner ou T.S.A et qu’on tape pas sur les petits copains, du reste les autres n’étaient pas plus dupes que moi sur le caractère un peu ridicule de cette obsession acharnée à vouloir délimiter les vrais des faux autistes dans un pays en sous-diagnostic, et je pensais que ça s’arrêterait là. Après tout, elle semblait de fait avoir beaucoup de difficultés psychiques  à mettre de l’ordre dans ses idées en ne focalisant que là dessus, autant que de rigidité à ne pas pouvoir sortir de ce sujet obsessionnel et de fait très autistique, et outre la peine que ça m’inspirait, et certainement l’extrême détresse, pour ne pas dire noyade cérébrale dans laquelle elle se trouvait, je lui souhaitais surtout que ses obsessions sur le diagnostic des autres lui passeraient un jour, au profit de la défense juridique qu’elle disait vouloir mettre en place pour ses pairs. Un autre homme pris également quelques temps la parole à plusieurs reprises, avec un énorme besoin de stimulation, et semblait également très actif dans le milieu. Surtout mon intérêt se portait principalement sur les propos à mon sens plus juste et équilibrés que tout ce que j’avais entendu jusqu’alors de Stef ainsi que ceux de Thomas Poncelet, représentant ce jour l’association Asperger Amitié avec qui nous évoquions un axe de lutte commun dans lequel nous croyions profondément, à savoir de rendre cette lutte aussi accessible aux autistes, sans dénigrer les neurotypiques et en les y incluant aussi un maximum pour les sensibiliser, par toutes voies possible, puisque le constat général est qu’ils ne le font pas spontanément et que c’est aussi à nous de trouver un moyen de les toucher sans heurter leurs sensibilités, pour informer, éduquer etc et sortir de la notion de maladie ou de cette seule vision des autistes non verbaux qui a la peau dure au niveau du syndrome de Kim Peek aka Rain Man (pour précision, si vous êtes neurotypiques et que vous passez par là, sachez que Kim Peek n’est pas autiste… même si on l’y assimile facilement dans le film qu’il a inspiré aux auteurs de Rain Man :  wiki est ton ami, et Kim avait bien d’autres problèmes que l’autisme avant d’être le génie dont l’histoire se rappelle trop peu en temps que tel).

 

Je rentrais chez moi à midi pour manger et sortir ma chienne et revenait avec un peu de retard, lorsqu’ils passaient un coup de fil à une personne d’une autre association  en province, pour des informations sur l’aide au diagnostic et le soutien à apporter aux autistes ainsi que le fonctionnement propre de la dite association. Je regrette juste qu’il n’y ait pas eu de compte rendu de cette journée, mais je demanderai à mon ami qui m’y a invité, sur la base d’autres réflexions très pertinentes sur l’autisme, entendues là bas.

 

Le reste de l’après-midi étant concentré sur des échanges libres, j’échangeais principalement avec mes voisins de table, sur des sujets plus personnels, comme le diag de l’enfant de l’un, la difficulté diagnostique et ce type de sujets dont nous parlons très volontiers entre nous de façon plus informelle. Se tenait de l’autre côté un étudiant linguiste extraordinaire, qui avait exprimé son sujet d’étude d’une façon totalement passionnante et à qui j’étais ravie de dire au revoir, et au plaisir de le recroiser. Je partais avant la fin, hey, parce que le devoir de m’occuper de mes écritures pour la rentrée m’appelait, et aussi que ça faisait trop d’interactions pour une journée, mon ami étant de son côté très sollicité, je me débrouille mieux dans des échanges individuels et ait encore de larges progrès à faire dans celles de groupes, je n’étais plus à mon aise, malgré certains rafraîchissement bons pour mes esgourdes.

 

De retour je laissais un mot à ce sujet sur ma page facebook en n’évoquant que le côté positif des choses, et je déchantais drastiquement quelques heures plus tard, quand une de mes copines TSA me dit « Tu as du croiser mon ex ».

 

Son ex, le prédateur qu’elle m’avait évoqué quelques jours plus tôt, sans que je me rappelle spécifiquement de son nom. Son ex où comment j’en ai su plus sur cette femme avec qui j’échangeais déjà deux trois mots, par le biais du blog ou de facebook. Cette femme qui s’est retrouvée en détresse à la fin de cette histoire quand elle a dû faire tous les tests de dépistage d’IST et de MST suite à ce que le gars lui ait mis une pression monstre pour coucher avec elle sans protection. Ce mec qui d’après ce que j’ai compris se présente comme une référence incontournable du milieu, parce qu’il a été diagnostiqué par des psychanalystes et pédopsychiatres tels que ceux évoqués précédemment.

C’est un très petit milieu, l’autisme. J’apprends ensuite par d’autres qu’il se tape très facilement plusieurs nanas diagnostiquées jusqu’à huit en même temps, ou à peine diagnostiquées en même temps tandis qu’il est marié, et que son officielle est au courant. Je n’ai pas accès à sa page facebook, parce que je l’ai bloqué il y a des années déjà après avoir vu quelques vidéos décrédibilisantes et d’autres bouffies d’égo. J’apprends qu’elles sont nombreuses à se taire sur le coup de la théorie de la missing chair, évoquée plus haut aussi, qu’il aime bien leur demander à boire leurs urines et pratique beaucoup la sodomie, que certaines de ces femmes, elles mêmes en couple ont de fait beaucoup de mal à en parler, par crainte. Et surtout que c’est toléré, apparemment, puisque ça dure depuis des années, et que personne n’agit. J’apprends qu’il s’est tapé la nana qui parlait beaucoup des vrais et faux autistes et qu’il partage l’idée selon laquelle, les seuls autistes sont des Kanner et valide le propos arriéré de cette bonne vieille psychanalyse que dénonce la HAS. J’apprends que ces deux là ont été amants, bien entendu, et que le discours de la nana que j’évoquais n’était qu’un re-sucé de celui de son ex. Et qu’il ne perd pas une seule occasion de se foutre de la gueule des Aspergers par des petits dessins peu élogieux sur ses petits camarades, qu’il aime appeler les « Aspienets » ou des articles sous tendant que ces « faux » autistes n’ont vocation qu’à se victimiser et se plaindre de leurs symptômes sur les internets, et s’exposer avec une panoplie sommaire pour parer à leurs troubles sensoriels avec un mépris et une condescendance sans pareils. J’apprends que l’autre nana avec qui il est sorti, espionne les femmes via les groupes privés des internets avec des faux profils et des pseudonymes pour les dénigrer ensuite quand elle ne les harcèle pas directement en public ou en privé, que la nana en question est une hateuse professionnelle qui aime à s’acharner sur la question du diagnostic des autres femmes en particulier celles qui prônent le féminisme. Et puis aussi qu’elle se gratifie elle-même de titres d’études ronflants, là où elle n’a aucune spécialité vérifiable sur le sujet, tout au plus quelles compétences en Droit sommaires. Que ces gens qui ont bien roulée leur bosse dans le milieu ont tenu les pages d’autres entités encore bien plus connues avec qui ils prennent plaisir à s’afficher pour dorer leurs blasons acquérir des notoriété et comme gage de confiance auprès de leurs victimes, et que malgré tout l’Omerta règne et leurs discours de haine et leurs abus de pouvoir et de confiance ont encore un bel avenir. Régulièrement attaqués, régulièrement ils disparaissent, et des internets et publiquement, ça ne vous rappelle rien? La technique de noyer le poisson en disparaissant pour réapparaître de plus belle ailleurs, plus tard, et trouver de nouvelles proies là où on ne les connait pas encore? Diviser pour mieux régner. Technique Basique et Essentielle dans la manipulation d’autrui, s’il en est. Une autre amie me confie le harcèlement moral dont elle a fait les frais parce qu’elle est médiatisée. Je demande à l’ami qui m’a invité ce qu’il en est et j’attends toujours son retour à son sujet. Quant aux associations spécifiquement tournées vers les femmes autistes, et par définition contre le viol, qui œuvrent en parallèle dans ce sens en lien étroit avec d’autres entités défenderesses des droits des femmes, sur les prédateurs en interne c’est l’Omerta. Quelques temps plus tard la nana acharnée à sa guerre des vrais et faux, (j’en rigole rien que de l’écrire… pourtant c’est d’une tristesse de l’ordre du puit sans fond tellement ça tire vers le bas, tellement c’est contre productif), représentante de sa propre structure également, fera de nouvelles interventions payante sur les vrais, les faux, et surtout les féministes qui ne peuvent pas selon elle décemment être autistes. La Pureté Kannerienne ^^.

C’est à dire que des gens sans la moindre formation professionnelle sérieuse et reconnue médicale ou psycho, se posent en juge et arbitre de parfaits inconnus en se basant sur des commentaires et des témoignages facebook qu’ils ont le temps de glaner ça et là comme gage d’étude sérieuse. Au cas où les autistes diagnostiqués, dont le diag relève parfois du parcours du combattant n’étaient pas suffisamment assez embringués dans les discours de « soin », de maladie à vaincre, et autres joyeuseté où l’on parle d’autisme comme un fléau à éradiquer.

Mais que les choses soient bien claires et que leurs perversions et leur narcissisme les étouffe. À ceux là :

Lorsque vous remettez en cause le diagnostique des personnes Aspergers que vous n’hésitez pas à mépriser et dénigrer dans vos zones de conforts et vos intimités sur les internets par des propos, des conférences, des dessins et n’importe quelle forme d’expression malodorante, et que vous vous exprimez négativement sur le sujet  quelle que soit la manière dont vous le faites en particulier en privilégiant votre diag à celui de tant d’inconnus sans savoir ce qu’ils ont traversé :  ce que vous remettez en premier lieu en cause… C’est votre propre diagnostique, que vous détournez par la même occasion.  Vous êtes restés bloqués sur les années 30, que soit. Vous niez et pathologisez l’autisme, parce que c’est ce que vous faites en reprenant le discours de vos diagnosticiens psychanalystes que vous aidez à couvrir de ridicule ou vous en auto-proclamant les meilleurs représentants, que soit. Vous vous vantez y compris d’avoir forniqué avec vos diagnosticiens, que soit. Prenons tout ça au pied de la lettre.

Donc vous remettez en cause hormis les progrès de la médecine, la possibilité que des médecins psychiatres spécialisés plus évolués et au fait des dernières études sur l’autisme, elles bien scientifiques encadrées et non basés sur des constats de vos réseaux sociaux, diagnostiquent aujourd’hui toute une vague d’autistes adultes passés au travers des mailles du filets, dû à cette considération que l’autisme concerne des enfants non verbaux de maman frigo qui ont été mis en institutions  pendant 2 générations à cause de la stigmatisation d’avoir de tels enfants (et + de 2 générations chez nous puisqu’on y est encore), dans un pays qui a au bas mots 50 ans de retard sur le sujet. Bien sûr, l’erreur existe. Par la même occasion vous chiez sur les C.R.A, seuls organismes publics aujourd’hui habilités à diagnostiquer l’autisme avec des équipes pluridisciplinaires pour les différentiels quand on a pas assez de libéraux qui pratiquent également ces différentiels dans des cabinets séparés pour ce faire ou que les tarifs des tests sont parfois rédhibitoires, et que certains doivent faire des kilomètres pour trouver un praticien adapté autre qu’un psychacha, autant que sur les psychiatres en libéral qui en savent pourtant peut-être bien plus long sur le sujet que ces pseudos chercheurs qui ont mal au fait qu’on veuille leur retirer le fond de commerce qu’ils font sur mon dos, et sur le votre par la même occasion ; mieux vous vous substituez à ces derniers sans le moindre bagage au prétexte de donner quelques conférences, d’avoir publié un livre, ou de faire état d’autiste de service dans la représentation des autres. Arrivé là, même Kanner en recracherait sa semoule dans l’assiette s’il en mangeait.

Vous produisez de la régression. Vous niez en ce sens le Différentiel qui est établi en collaboration avec des psychologues et des neuropsy pour valider ces diagnostics établis par des psychiatres de manière fiable avec une marge d’erreur de fait de plus en plus limitée, à mesure que les tests et les critères diagnostiques s’affinent, qu’ils concernent les hommes ou les femmes. Où sont vos diplômes en neurosciences, en médecine et vos preuves scientifiques d’un tel discours? Vous jouez très bien sur les mots, parce que parfois vous vous présentez comme Asperger ou Haut niveau vous même en y sous entendant un haut potentiel qui n’est qu’un mythe de culture populaire, alors que vous ne représentez rien de plus que la Charlatanerie de ce qui vous anime le tout au profit d’une forme de notoriété rageuse. Et ce qui vous anime, c’est d’être référents dans vos milieux et d’obtenir des fans, mais clairement pas la lutte pour l’inclusion, c’est une espèce de gloriole de l’égo, celui là même que vous critiquez des neurotypiques et des pseudos faux diagnostics asperger dès que l’occasion vous en est donnée, comme si vous représentiez une frange de la population supérieure en son savoir (basé sur ce qui est aujourd’hui une pseudoscience partout sauf en France). Régressif. Vous n’êtes pas la pureté de l’autisme, vous êtes sa marche arrière. Et surtout, vous vous grillez tout seuls, uniquement parce que les informations circulent. Je vous encourage à continuer, parce que typiquement c’est exactement ainsi qu’à force de faire des erreurs, vous finirez par vous auto-éjecter par auto-décrédibilisation, votre seul talent est là. Il suffira d’une personne pour porter plainte ou vous dénoncer publiquement pour que d’autres suivent et vous tiennent le barrage que vous méritez, après tout vous avez beaucoup travaillé pour ça. On m’a bien appris à me méfier des faux-prophètes et j’ai été servie.

 

Quand j’ai encore raconté ça à une autre copine qui a bien connu tous ces groupes privés  il y a quelques années, elle n’a même pas eu l’air surprise, mais voilà aussi ce qu’il se passe dans le milieu de l’autisme, on est sans cesse sollicité.e.s à prendre parti pour une ou une autre association.  Par exemple quand un représentant trouve que militer pour le féminisme, c’est bien, mais faut pas être trop radicales non plus, et que c’est un homme, il y a peu de chances de me fédérer  à sa cause, on ne vous demande pas de vous arracher les couilles mais bien d’avoir les mêmes droits, celui d’occuper l’espace public sans risque, de ne pas payer la taxe rose, les mêmes salaires et de ne pas être sans cesse considérées comme une sous-race, où est  la radicalité, je vous rappelle que si la misandrie est un mythe la misogynie n’en est pas un, au pire ça rend votre virilité bien fragile. Par exemple quand toutes les autres valident que ces odieux personnages sont sans cesse cautionnés par diverses institutions, quels que soient les dommages collatéraux produits en route, je ne risque de rejoindre aucune d’entre elles. Encore moins de participer collectivement à tout ça. J’ai appris une seule chose sur le militantisme toutes ces années, c’est qu’à chaque fois que l’affinitaire prime sur la lutte, il revient au même pour ses acteurs de pisser dans un violon que de hurler seul dans le désert un discours pro-neurodiversité parce qu’une fois ses détracteurs mis à jour, la crédibilité de ces discours retombe comme du flan, tout valeureux soient ils, voilà pourquoi je ne rejoindrai aucune asso tant que le mépris de ces gens sera toléré, c’est le seul militantisme qu’on obtiendra de moi, par boycott de ces comportements, je ne m’estime le porte parole de personne, de même que je n’ai besoin de personne pour porter mes idées à ma place tant que ces pratiques ne seront pas purement et simplement dénoncées et les personnes qui instillent la division purement et simplement évincées de ce qu’ils prennent pour des église où faire leur prêchi-prêcha.

Je checke ma chance d’avoir été tenue au courant de ces faits et dires avant de m’impliquer où que ce soit et tout ça restera du vent dans mes oreilles, tant que je sais qui je suis et ce que j’ai à faire, si pour ma part je souhaite lutter pour l’inclusion des autistes, sans monter d’asso ou tenir des conférences m’autorisant à chier sur mes pairs et les remettre en cause sans la moindre idée de ce qu’ils ont vécu ni de qui illes sont en utilisant des huiles du milieu comme bouclier et paratonnerre. En revanche je déplore tout autant la visibilité que veulent se donner tous les hommes au courant de ces actes comme si ça n’était pas leur problème, les pseudos #Niceguy qui ne sont pas « comme ça », les #NotAllMen qui ne sont pas capable de prendre conscience ni position sur le fait que ce genre de  types enculent aussi vos meufs, vos potesses, vos sœurs, vos cousines, vos tantes, vos marraines,  et toutes les nanas pour qui vous prétendez ou pensez avoir du respect, au sens propre comme au figuré et qui les menacent si elles l’ouvrent ou refusent les pratiques pour lesquelles vos copains violeurs leurs foutent la pression, et que vous préféreriez aussi le savoir tant qu’à faire, et ne nous défendent jamais sur ces sujets, en se dédouanant par mille excuses qui n’ont pas la moindre validité en tout état de cause.

Portez vos couilles, aussi, un jour, au lieu de venir ratisser à vos assos, vos orgas, vos événements, vos œuvres de la plus haute importance, meilleures que celles du voisin, parce que clairement si le féminisme et la sororité vous embarrassent, le meilleur moyen de vous en débarrasser c’est de lutter aussi contre ce genre de comportements et avec nous au  lieu de le maintenir sous silence par solidarité bite-couilles, vous êtes, quand vous savez ces agissements, encore plus dégoûtables que ceux qui voudraient nous faire boire leur pisse, de fait, de maintenir ces pratiques sous silence en continuant comme si de rien était et en toute indifférence, et là non plus, vos mamies qu’elles aient brûlées ou non leurs soutifs pour leurs filles et leurs petites filles ne vous disent pas merci, et quand le sexisme aura disparu de vos pratiques, quelle que soit votre façon de le cautionner ou d’y trouver mille excuses pour ne pas vous impliquer alors que ça concerne toutes vos mères, de fait, on aura plus besoin de revendiquer à avoir les mêmes droits que vous et ne pas subir le Patriarcat et la culture du viol sans cesse, donc oui le seul moyen de vous débarrasser des féministes, c’est de le devenir, de porter soutien à ce mouvement au lieu de rester des sous-hommes inéduqués et non déconstruits sur ces actes de violences, là où s’il s’agissait de pédophilie sur vos filles et vos nièces vous seriez automatiquement indignés, mais quand c’est une femme, on entend plus personne sauf ceux là pour dire qu’elles ont bien cherché, ou que les hommes aussi se font violer. À bon entendeur. Et à ceux qui ne pensent pas être des violeurs parce que vous forcez le consentement de vos proies, ayez la décence de l’honnêteté intellectuelle, en ce cas, et allez niquer vos mères bien cordialement, pour commencer, merci.

D’ici là cassez vous bien du sucre sur le dos des uns et des autres, et surtout sans moi et sans toutes celles qui font les frais des abus précités, des harcèlements, des destructions conscientes de leurs auteurs, on en reparlera quand vous serez déconstruits et que vous ne tolérerez pas des prédateurs dans vos « luttes ». Je ne supporterai jamais une organisation qui supporte les abus sexuels, en revanche je les dénoncerai toujours, simplement parce que s’il faut plusieurs voix pour démasquer un prédateur, il est évident que comme ces actes sont rarement isolés, j’aurai la patience d’attendre celle de mes pair.e.s. Et pour conclure, que le sexisme provienne d’un homme ou d’une femme (oui, les deux sont possibles) en aucun cas il ne devrait jamais permettre de remettre en cause le diagnostique de quiconque, encore moins d’en user pour arriver à des fins douteuses au profit d’une lutte réellement solidaire, résolution inclusive et sans arrières pensées. (pour les anglophones, un article récent ici, sur la remise en question des diagnostiques des femmes, au regard de nos sociétés dominées par les hommes qui les en ont longtemps exclues).

Le problème est bien là quand un prédateur évolue sereinement dans un milieu militant, terrain favorable à faire des victimes là où ils sont le moins attendus, c’est l’arbre qui cache la forêt et la honte des victimes qui en ont fait les frais, se retrouvent souvent isolées, empêchées par la honte et le sentiment d’avoir été salies ou trop crédules quand elles découvrent le pot aux roses, je serai toujours du côté ds victimes et le respect de leur choix qu’elles veuillent ou non témoigner, c’est la base, ce n’est pas à la victime d’être blâmée mais bien à l’auteur des faits, les dégâts provoqués génèrent suffisemment de troubles et de difficultés aux personnes concernées pour les accuser en sus de garder un silence qui leur appartient. Il y a heureusement des sites qui permettent de témoigner de ces violences trop courantes ou de se retrouver dans des témoignages similaires, je mets le lien également ici, en sachant que cet outil a également pu prévenir que d’autres victimes fassent les frais des mêmes, ou simplement permis de parler quand on est seul et qu’on n’a pas le soutien ou l’écoute nécessaire, souvent les victimes quand elles parlent sont vite diabolisées ou accusées de mensonge, ce qui n’est pas juste et se retrouvent de fait exclues ou s’isolent pour des raisons évidentes de ne pas en plus être accusées ou harcelées par les mêmes prédateurs ou juste pour échapper enfin à leur bourreau, ou ne plus en entendre parler le temps de se reconstruire, quand cela leur est seulement possible, si elles émettent la possibilité de vouloir les dénoncer, ou juste peur de le faire vis à vis d’une tierce personne ou dévoiler son nom : http://assopolyvalence.org/

 

 

 

 

 

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