Aujourd’hui l’Asperger des tréfonds qui parle toute seule et fait Un avec le vent (comme Cami dans Soul Calibur) va t’expliquer comment parler meilleur, quand tu parles de nous, que tu sois une personne autiste, valide, ou un média. Ce sera court (pour une fois). Et tu sauras enfin l’essentiel quand tu t’exprimes sur notre gueule, en loucedé ou en public. Toi aussi, aide Joy à faire de l’inclusion, en ne laissant pas dire Porte Nawak sur les autiss’, (tu me remercieras plus tard), parce que bon, ça suffit un peu les clichés, les tragédies, les gentils et les méchants, les vrais et les faux, la vie c’est pas un conte de Machiavel alors on va plutôt essayer de voir comment on peut faire évoluer le bouzin en employant les bons mots de l’ouverture d’esprit et de la tolérance, histoire que l’autisme soit enfin vu tel qu’il le devrait : une particularité qui fait totalement partie de l’espèce humaine parmi d’autres, de manière naturelle et qui n’a à pas être stigmatisée pour sa différence comme chacun des êtres de cette planète.

Je vais ici vous reproduire un Thread de twitter de Ann Memmott, autiste, conférencière et consultante, parfois en brut et parfois avec mes propres annotations ajoutées, à qui un étudiant a demandé comment parler positivement d’autisme dans un sujet d’études. Pour t’aider je vais mettre les trucs moches en caca d’oie, et les trucs cools en Rose Pimpy.

 

  • Premier Truc : Stop les délires scientifiques sur la Tragédie, le Fléau de l’autisme. Arrêtez SVP d’utiliser tous les mots pathologisants du monde pour nous décrire. Maladie, souffrance d’autisme. On ne souffre pas d’autisme. On souffre de l’ignorance de la population normative à notre sujet et du manque d’inclusion d’une société qui ne veut pas s’adapter à nous de la même manière qu’on établit des règles d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. On est connectés différemment, nos gênes dans la grande chaîne de l’évolution se sont dit : « on va en programmer un pas pareil de temps en temps pour casser la routine », c’est tout. Ça fait partie de l’évolution. Il a récemment été découvert qu’un des gênes en lien avec l’autisme était tout jeunot, et qu’il avait à peine 10 000 ans, ce qui signifie juste qu’il a sa raison d’être dans notre évolution, et que c’est sûrement une bonne chose, par que de fait, on est pas contre nature.

  • D’abord il faudrait pouvoir dire Personne Autiste, sans que ça troue le cul aux puristes des Aspers trucs et des Kannermachins, aux neurotypiques, aux médecins pas à jour de leurs connaissances sur le sujet, à la rigueur Personne avec autisme (je ne colore pas, on va le laisser neutre çui là, même si Ann trouve ça nul), encore que si je sais que Josef Schovanec aime bien cette expression et que certains s’y retrouvent comme je m’y suis retrouvée un moment quand j’étais en plein diag, je ne me ballade pas dans la vie avec mon autisme d’un côté et tout ce qui va bien à part dans deux sacoches différentes, en fait, je suis tout le temps autiste que j’aille bien ou mal, avec des trucs cools liés à l’autisme, d’autres moins, et les mêmes dans tout ce qui n’a rien à voir avec, ça fait au moins un puzzle à 4 pièces, mais à la fin ça fait de moi une seule personne, même pas divisée en 4, même quand je ne m’adonne pas à mes Intérêts Spécifiques, même quand je ne suis pas en shutdown ou en mode stim’ on, même quand je ne supporte pas un son ou des lumières ou une situation sociale et ça ne s’arrête même pas quand je prends un bain ou que je vais me coucher, c’est factuel et ça ne changera pas. On ne dira plus non plus « Personne avec un Trouble ou un Désordre du Spectre autistique« . Je ne suis pas troublée. Je suis pas en bordel, ni même dérangée.  Là dessus je veille au grain que ma tête soit relativement bien rangée, un peu comme mon appart. De même pour citer Ann, vous ne direz pas d’une personne noire qu’elle a un désordre de la pigmentation parce que c’est insultant et discriminant, ne venez JAMAIS parler de nous comme des défaillants, des déficitaires de quoi que ce soit. Je n’ai rien de moins que vous et vous ne m’êtes pas humainement supérieurs non plus. Cimer beaucoup, déso pas déso.

 

  • Évitez aussi le terme « dysfonctionnement«  au sujet de nos différences. Je ne dysfonctionne pas non plus comme si j’étais une télé cassée. Le mot que vous souhaitez employer est bien « Différence« , différence dans les fonctions cérébrales. Différences communicationnelles, interactionnelles, sensibles. Différences de notre approche dans la résolution des problèmes. Différence de nos forces et de nos atouts.

  • À bannir aussi le terme « déficit« , et tant qu’à faire « restreint« , « obsessions répétitives » « idées fixes » « bug », caractère obsessionnel etc. Si vous souhaitez évoquer nos domaines de spécialisation, d’intérêts spécifiques, nos champs d’expertise ou nos talents, parlons alors de « capacité à mobiliser toute notre attention de manière passionnée ou intense, ou de grande concentration sur certains sujets ou activités », c’est plus respectueux de ce qu’ils sont pour nous et de comment ils nous sont vitaux, et quand même tout à notre honneur, je ne vois vraiment pas pourquoi on en parlerait comme des défauts ou des problèmes. Après tout on ne dit pas d’un neurotypique passionné par l’aviron ou les mots croisés qu’il a un intérêt restreint ou un caractère obsessionnel pour ces sujets, je ne vois pas pourquoi on le ferait d’une personne autiste. Si Jean-Gontrand est neurotypique et qu’il est fan de foot et connait le nom de tous les joueurs d’une équipe de telle année à telle année, je ne vois pas pourquoi Marie-Danielle, qui est autiste, et qui connait toutes les races de chiens aurait un intérêt restreint pour les chiens comme si c’était une tare alors que Jean-G. serait admirable pour son domaine de prédilection.

  • Au lieu de « défaut de contact oculaire«  pour ceux que ça concerne, parce que certains d’entre nous en sont tout à fait capable de regarder dans les yeux ou bien grugent pour donner le change en regardant entre les sourcils (sache aussi que pour ma part, si je te regarde dans les yeux, tu le sentiras et que c’est signe que je t’apprécie beaucoup ou que ce que tu racontes retient toute mon attention)… Essaie plutôt « Utilisation ou usage  du contact oculaire différent ». Au lieu de « Comportement éprouvant«  ou « sautes d’humeurs, caractère difficile, imprévisible etc » « Comportement de détresse » est plus approprié, parce que dans ces cas là, ce qu’on essaie de faire généralement, c’est d’éviter la surcharge, ou la douleur, pas d’embêter le monde avec notre Hyper Sensorialité ou le fait que notre cerveau ne sache pas traiter trop d’informations en même temps sans avoir un court-jus, et accessoirement, souviens toi aussi que c’est un réflexe très humain de notre part, et pas du tout et un nouveau « déficit d’appréhension » des choses qui nous entourent et nous agressent. Triple cimer beaucoup.

  • « Par dessus tout, le langage inlassablement négatif qui nous entoure est l’une des principales causes de la faible estime de soi, alimentant les terribles statistiques de la terrible espérance de vie écourtée des personnes autistes et du grand taux de suicide présent dans la population autiste. Ne participez plus à ce langage et à cette négativité, soyez le changement. Travaillez avec nous à faire évoluer les choses. »

Cimer – Zoubi.

 

 

 

 

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