Parce que le sujet de l’Autisme (et du handicap en général) ne devrait jamais être un Western Spaghetti. Ni un règlement de comptes à Ok Corral (encore moins publiquement, encore moins venant de la part de RESPONSABLES d’associations, qu’ils soient NT ou autistes).

J’ai parlé récemment de ce que les autistes se racontent entre eux. Pour la partie de quand ils s’entendent bien. Et beaucoup, ici, je défends certaines valeurs, qui concernent l’inclusion de tous, avec et sans D.I, dys, et multidys, TDA-et parfois-H, et n’importe quelle autre difficulté, d’imperceptible à sévère, même si le besoin n’est pas le même, gardant en tête que chacun a des besoins différents, et qu’au delà des troubles du spectre autistique, se trouve toujours une Personne avec ses caractéristiques propres.

Pourtant parfois, au détour de mes lectures sur le sujet… Je tombe sur des « Couacs » et des accrochages entre autistes, assos, critiques d’untel qui a dit ça ou ça, et je n’échappe pas à la règle, je ne peux pas être d’accord sur tout ce qui se dit. Par exemple quand un mec avec un t-shirt imprimé « Je suis autiste, et alors? » va chez Hanouna, l’air très fiérot pour dire [TW : ce qui va suivre est de la :poop: psychanalytique] « Que les autistes sont des GLUMEUX qui ne savent pas penser par eux-mêmes » PAS D’ACCORD (pour en savoir plus, je vous invite à lancer une recherche sur Google au sujet du « MarianGate »… même si c’est une affaire globalement désolante). Ou qu’un pédiatre comme le « Dr. » Ducanda lance la thèse tirée par ses propres cheveux que [TW : grosse :poop: désinformative basée sur aucune étude scientifique sérieuse] l’autisme vient des écrans de télés et des tablettes et est en recrudescence à cause de ça. PAS D’ACCORD. Comme par exemple de distinguer des « bons » et des « mauvais autistes« , en se basant sur le fait que ces derniers ont l’audace de prendre la parole alors qu’on ne leur a rien demandé. Et d’affirmer que certains feraient mieux de rien qu’à se la fermer au profit de ceux qui ne sont pas en mesure de verbaliser… (Complexe de la plante verte BIS REPETITA). Y compris, et principalement dans le milieu militant, je maintiens que c’est encore là encore plus qu’ailleurs que…

Hmmm…. Grmblgrmlgrml (c’est le bruit de mon bouillon de cerveau d’autiste du fond de la classe qui prend la parole cachée dans les internets quand son nerf optique tombe sur un parti pris tel que « qui sont les gentils qui sont les méchants » (sous entendu dénonciation d’un petit copain, sous entendu « JE-NOUS-ILS- devraient avoir PLUS la parole, que l’autt’ là qui fait rien qu’à nous agacer avé’ sa supériorité Aspergèèère »).

Du coup je vais encore oser ouvrir ma gueule d’ôtiss’aspie, sans m’excuser. Et il y a encore pire que ça :

TANT PIS, si je perds 1000 points en service de la cause, en autisterie acceptable et bien peignée et bien sous tous rapports, en rebut du droit à la parole qui ne devrait pas avoir son mot à dire selon certains parce que j’ai pas d’enfant difficile et que je me sens pas apte pour œuvrer dans une asso sous couvert que certains considèrent que comme « J’en chie moins« , parce que je ne serai pas d’accord avec d’autres qui défendent sûrement MIEUX que moi DA cause, j’ai pas mon mot à dire. (Ce que je dénonce pour le coup ne s’est pas adressé à moi, je le précise, mais je me mets à la place de « … » et je ne trouve pas le propos plus acceptable, vis à vis d’autres aspies et des autistes les « moins perceptibles » qui soient).

Déjà, reprocher à un autiste (et moi qui pensais que c’était pourtant clair, depuis le temps, mais que je lis régulièrement que non) de ne pas avoir l’air assez aspie/autiste, puisqu’il faut le redire :

Et  toutes mes confuses de parler encore en mon nom, de défendre avec mes moyens du bord, une cause dont je n’accepte pas d’être exclue parce que je n’ai pas de retard mental et que mes difficultés se voient moins et sûrement aussi que je ne fais pas assez étalage de ce que j’en bave sur facebook et dans nos groupes privés, ni même envers mes plus proches, et j’ai le droit aussi, et que je ne représente pas ceux qui ont le plus de difficultés, qui pour certains semblent être une majorité, alors, encore un rappel, l’autisme avec ou sans D.I : C’EST CINQUANTE / CINQUANTE (4ème paragraphe, merci). Rappel aussi, que le problème de l’autisme en France, c’est le défaut de prise en charge, rappel encore que si la prise en charge était plus simple, et adaptée, surtout, les D.I seraient peut-être plus rapidement moins nombreux. (Déjà que j’aime pas de base qu’on parle de D.I d’un enfant et a fortiori multidys non verbal, sur le principe ça m’énerve… mécétunautresujet).  Qu’on hiérarchise les difficultés des uns et des autres pour dire qui est plus légitime de l’ouvrir, je trouve ça juste scandaleux.

Donc soit on se scinde en deux et on ne se parle plus parce que certains sont tenus de se silencier du fait qu’ils en bavent moins et/ou qu’ils n’éduquent pas un autiste avec de gros besoins spécifiques en plus, mais je ne crois pas que ça rendra l’inclusion plus simple et ça pose la question de ceux qui passent de non verbal à verbal et s’avèrent être des A.H.N (pour Autistes de Haut Niveau) ; soit on partage le bateau et on arrête de se prendre pour des petits lamas lâches des internets à cracher sur le voisin depuis son mur facebook perso à attendre des militants affinitaires qu’ils nous plussoient dans les comm’ et qu’ils aident à BOUTER hors les murs ceux qui ont l’outrecuidance d’avoir une divergence de point de vue, en tant qu’autistes aussi. Soit, enfin, peut-être on se rappelle que même s’il existe plusieurs chapelles, la lutte pour faire valoir des droits est COMMUNE tant qu’elle ne préconise pas des méthodes qui n’ont pas fait leurs preuves ni n’ont de valeur scientifique établie.

Tirer la couverture à soi pour rassembler plus de gens à sa petite entreprise de point de vue perso ou associatif, est INFÉCOND. Surtout pour dire à ceux des mauvais autistes qui ne paient pas leur cotise à telle ou telle asso, de se la fermer au point de vue individuel parce qu’elles (assos, orgas) font un « VRAI » job a contrario de ceux qui se contentent de s’exprimer considérés comme des improductifs.

VOS QUERELLES DE CLOCHERS ENTRE AUTISTES SONT CONTRE PRODUCTIVES.

Autant qu’elle nuisent à LA CAUSE, que vous fassiez partie d’une asso ou d’une autre, y compris et surtout si vous ne vous ralliez qu’aux autistes avec de grosses difficultés.

Mettre un seul autiste de côté en l’étant soi même, c’est psychophobe… ET OUI. Mettre un autiste de côté parce qu’il s’exprime mieux qu’un autre… (*Félicie*…) AU-SSI! Même auto diagnostiqué. Si le diagnostic était simple et ne serait-ce qu’accessible sur des critères géographiques et pécuniaires on aurait peut-être moins d’autodiagnostiqués, non?

Comme je ne veux pas condamner sans appel ni possibilité de rédemption qui que ce soit (sauf les deux exemples de :poop: du haut), je vais expliquer pourquoi je ne suis pas d’accord avec ces notions de différencier les autismes à tout prix, en particulier quand elles viennent de personnes qui défendent les droits des autistes avec D.I (et qui elles n’en ont pas, mais se trouvent légitimes à parler en leur nom mais pas le voisin qui milite de son côté avec ses convictions propres) et en critiquant eux-mêmes que des autistes sans D.I parlent en tant qu’autistes tout court et non en tant que sans « D.I » ou en tant qu’aspie ou en tant qu’ A.H.N (sous entendu faites ça en + et là, l’apocalypse de tous les autres vous tombera fatalement sur le coin de la ch’tronche) et encore moins qu’une seule personne ou un groupe se permette de tenir de tels propos, à la fois d’un point de vue personnel et militant. (Je vous dis pas ma tête quand c’est des représentants d’assos qui se permettent, du coup) :

En revanche, ce que je ne critiquerai pas, c’est leur droit à la parole, pour ne pas tomber dans le même écueil. Oui les gens ont le droit de dire de la merde quand ils sont eux-mêmes concernés par la merde qu’ils disent. Toutefois on est pas obligé en tant que concerné aussi d’être d’accord avec la merde de l’autre et c’est valable en inversant les rôles.

J’étais en sweat-shirt de pyjama XXL dans mon petit lupanar en train de finir ma soupe miso (petits plaisirs de la vie de célib’), en voguant sur les internets toujours à la recherche de tout ce qui se dit sur le sujet, et alors que je cliquais QUELQUE PART, je tombe sur un « Coup de gueule » d’autiste, largement relayé, sur…  (si vous êtes en train de manger de la semoule ou du quinoa, arrêtez tout sous peine de devoir recracher) :

« ceux qui ont le droit de l’ouvrir et les asperger et AHN (principalement CEUX LÀ parmi les autres, puisqu’il faut les nommer pour vous expliquer ce qui me ronge le cervelet aujourd’hui), qui feraient mieux de se taire que [1- silenciation] de parler « au nom des autt’ et qui rien qu’ à cause de ça mériteraient[2- PENDEZ LES… bref punissons ces ostrogoths bref BLAMING] d’avoir des enfants autistes avec des supers grosses difficultés et du D.I  [psychophobie bis] pour leur apprendre ce que c’est que l’autisme LE VRAI LE PUR, QU’ILS NE CONNAISSENT PAS » [classisme sous forme de hiérarchisation des handicaps] … Hm.

Tout ça est plus joliment écrit, de manière plus consensuelle même si le fond est stricto senso le même. Ça ne servirait à rien de nommer qui ni où, puisque je n’ai pas lu ce propos une seule et unique fois, mais bien à plusieurs reprises, de différentes personnes, neurotypiques la plupart du temps mais aussi d’ autistes parent.s d’autiste.s.  Et c’est précisément là que le discours est encore plus problématique. 

Encore quand des personnes tiennent ce genre de propos à titre individuel… Bon, bon, bon… je grogne dans ma barbe, bon, bon, bon, je passe et je ferme les yeux (sinon je me battrais toute la journée, et je n’aime pas ça, j’ai encore le droit de choisir les groupes auxquels je participe ou de m’en désolidariser pour des raisons qui me concernent, et je ne m’en prive pas)…

Généralement, je lis surtout des parents NT d’autistes au bout du rouleau qui en ont GROS, justement… Parfois ils s’égarent de temps en temps à engueuler les autistes adultes nullipares qui s’en sortent même juste un tout petit peu, d’être des ostrogoths qui ne comprennent pas ce qu’ils vivent et n’endureront jamais ce qu’eux et leurs enfants endurent, et quel enfer c’est  de NOUS Éduquer (alors là bizarrement, la plupart du temps ça les dérange pas de nous inclure dans leur galère perso, mais passons)… Je veux bien mettre ce genre de propos sur le coup de la fatigue et de l’épuisement… Mais quand même pas le justifier et certainement pas le défendre. Je ne suis pas d’accord que ce soit toute la faute des autistes quand des parents d’autistes ne s’en sortent pas à l’éducation de leurs enfants autistes au prétexte que malgré tout leur amour, tout leur combat, que je ne remettrai même pas en question, ils ont parfois besoin de décharger sur les Grands Autistes qui parlent… en oubliant trop souvent que du fonctionnement de leurs enfants ou de nous adultes plus ou ou moins autonomes qui nous évertuons à user de notre libre arbitre pour l’ouvrir, nous ne sommes que peu différents et que nous taxer de méprisants, snobinards, prétentieux, qui se sentent supérieurs, n’est pas réellement approprié dans le contexte, surtout quand la moindre demande d’explication polie de ce type de propos de notre part est prise comme une agression verbale, au cas où qu’on y peuv’ kekchoz’ que leurs enfants soient GROS GUILLEMETS plus sévèrement touchés par l’autisme  que nous qui osons parler par rapport à notre mini souffrance (à comparer de la leur et celle de leurs enfants)  RE FIN DE GROS GUILLEMETS

En une phrase je trouve ça  aussi fatigant qu’un concours de bites. Pour une raison simple : en autisme comme dans toute oppression systémique et sans confondre ou amalgamer ou comparer les unes aux autres : il n’y pas de PETITE souffrance vécue qu’on puisse minimiser au profit de la « Plus grosse » du voisin. Tomber dans cet écueil ne peut mener qu’à la division, et la division c’est du sabotage de lutte.

En résumé, et voilà quelque chose qui revient de manière récurrente, certains autistes se font régulièrement taxer de beaux parleurs, de méprisants, de sans-gênes à parler au nom de tous les autres, et de gens qui rassemblent les foules parce qu’ils s’expriment publiquement sur le sujet, bloguent, s’expriment, sans forcément cotiser aux assos, mais « ne connaîtraient par leur sujet » parce qu’ils compensent si bien ou ont si PEU de difficultés, et parfois je lis carrément qu’on déduit qu’ils n’en ont pas, parce qu’ils RÉUSSISSENT leur vie professionnelle sans adaptation particulière (qu’on sache, qu’on nous dit). Ce qui revient à dire : « Les autistes qui s’en sortent et qui réussissent, circulez, ça ne vous concerne pas » . 

Je vais encore utiliser la loupe grossissante pour étayer mon propos et bien me faire comprendre, en utilisant des exemples de gens connus. En Autisme, il y a en a trois de très connus, en France, à tout le moins plus médiatisés que les autres et qu’on voit sur les grandes chaines et dans les journaux mainstream (même si beaucoup d’activistes For the sake of the cause sont aussi très connus dans leur milieu, mais peut-être moins médiatisés), donc je vais faire appel à mes 3 Jokers, dont je suis l’actualité régulièrement comme beaucoup d’entre nous pour ne pas dire la plupart.

1 – Josef Schovanec.

2  -Julie Dachez.

3 – Hugo Horiot

1 – Josef.

Je vénère Josef, (comme beaucoup d’entre NOUS de ceux que je connais ou connais pas mais qui relaient ses différentes interventions sur les réseaux, s’cusez, hin, j’ai DIT NOUS!). Je serais incapable d’en dire le moindre mal. Pour moi c’est notre Eminem National  en version Dr. ès Autisme (Eminem est asperger, voir là). Il maîtrise parfaitement le sujet en se décrivant lui même comme un saltimbanque dans le paysage médiatique en général. Il a aussi écrit quelques recommandations très précieuses à notre gouvernement sur la prise en charge et la Responsabilité du dit gouvernement dans cette prise en charge. Il anime une émission de radio sur Europe 1, c’est un grand voyageur qui parle plusieurs langues, diplômé de sciences politiques, conférencier, etc… etc. Asperger, Autiste de haut niveau, T.S.A, personne avec autisme, peu m’importe l’appellation tant qu’on sait qu’on parle d’autisme. Son profil et son parcours commencent à être largement connus et reconnus y compris par une quantité de non autistes. La candeur et la verve. La micro précision chirurgicale de l’analyse et la simplicité oratoire dans un écrin de velours, la causticité juste et raisonnable en sus. Dur de critiquer Josef. Il raconte de plus son lourd passé non verbal étant enfant, l’acharnement psychiatrique subit par la suite pour le « guérir ». . . et puis, et puis. . . tout le reste, et comment il en est arrivé là. Ne pas avoir lu Schovanec aujourd’hui, serait comme avoir loupé le talent de Van Gogh hier en ne retenant que le fait qu’il se soit coupé une oreille, et se passer d’une intelligence motrice  fulgurante, de la finesse d’un travail de joaillerie en filigrane. (chacun son truc, moi c’est les métaphores et comment j’ai transformé toutes les expressions que je ne comprenais en passion de mots et des implicites… pour le petit charme des compensations de certains aspects du trouble : oups, je n’ai presque plus de difficultés dans ce domaine… sauf la concision… et vous savez quoi : je m’en fous, je préfère m’étaler que laisser quelque chose de côté… j’espère que ce sera assez « autiste » pour ceux qui estiment que j’ai « si peu  de difficultés » qu’il vaudrait mieux voir à me silencier 😉 ).

2 – Julie Dachez. l’autiste féministe militante intersectionnelle « qui parle », « a des choses à vous dire », et est doctorante en psycho spécialisée en T.S.A. Je ne vais pas présenter Julie, non plus. Non seulement que j’ai eu la chance de la rencontrer (ça je le dis parce que je suis fière d’avoir eu cet honneur, qu’elle m’a beaucoup aidé et dans mes recherches de diag, et d’y voir plus clair et de manière plus perso, à un moment extrêmement difficile) et d’échanger un peu avec elle, de propos qui ne regardent que nous et qu’en tant que personnalité publique, raison de plus que je n’en bave rien. Et aussi que le propos est pas que vous lisiez cet article ou que vous le plussoyez par affinitarisme ou non, mais voilà, je crois qu’elle vient en deuz’ en terme de notoriété. Josef a fait la préface de son excellent dernier recueil « Dans ta bulle ». Je ne crois toujours pas que parce qu’un autiste parle ou a moins de visibilité (et c’est aussi tout son propos) de son handicap visuellement ou auditivement ou sensoriellement vue de la fenêtre de tous les autres , qu’il n’est pas moins un autiste que celui qui s’en voit tous les jours de manière visible et a plus de difficultés. Fin sur Julie, sinon je vais me noyer en compliments. J’espère que son TED X va vite être diffusé de manière permanente sur sa page, sa chaîne youtube ou son blog, parce que pour l’avoir vu en live stream au moment où elle l’a fait, elle décrit encore très bien tout son point de vue sur l’autisme de manière savante et structurée ainsi que toutes les bonnes raisons de militer en faveur de l’inclusion des femmes autistes, donc vlà. Let’s wait for the TED X et je le collerai ici dès que… (et oui je reviens toujours sur plein de mes articles chaque fois que j’ai des compléments d’infos).

3 – Hugo Horiot.

Peut-être le seul à revendiquer qu’il n’a plus de difficultés liées à son autisme, ou qu’il est indétectable (là je ne connais pas ses livres, ni son travail au théâtre sauf toutes ses dernières interventions vidéos ou itw dans les journaux), mais je prends cette vidéo-ci pour délimiter mon propos, ayant cru lire de ci de là qu’il n’était pas représentatif des autistes du fait « qu’on ne voit pas qu’il est autiste », ou que s’il ne considère plus lui-même qu’il l’est… Bah l’a qu’à se taire!?… Je ne suis même pas très d’accord avec le fait qu’il « n’a pas l’air autiste », je trouve (et ça m’est personnel) qu’il a des expressions de visage très (trop) régulières et stéréotypées, des poses identiques sur les photos de presse, le regard parfois un peu vague et vide malgré ses yeux plissés qui sont souvent assimilés à une forme de malice, mais que soit, admettons, et que peut-être il fait donc partie de ceux qui feraient bien de la fermer selon d’autres… Attends… Au nom de quoi, en tant qu’enfant non verbal durant des années pour lequel sa mère a du se battre pour qu’il ait l’honneur de se faire harceler à l’école normale, il devrait se taire?…

Ça me dérange d’autant plus, quand dès le début de cette vidéo, on le voit enfant avec des difficultés de communication évidentes. Encore plus quand il les décrit et que c’est le parcours type de plein d’autistes diagnostiqués à l’âge adulte qui n’ont fait le rapprochement de leurs différences que sur le tard. Quand je comprends aussi qu’il a été non verbal très longtemps, et quand je lis dans beaucoup d’autres articles des témoignages d’autres anciens-non verbaux (dont Josef Schovanec… ils se connaissent et agissent parfois ensemble pour l’inclusion des personnes avec autisme) qui quand ils se mettent à parler sur le tard disent souvent « MAIS JE COMPRENAIS POURTANT TOUT ». (d’où le fait que ça me dérange qu’on qualifie automatiquement un enfant non verbal d’autiste « modèle Kanner » avec D.I quand on sait qu’avec un diagnostic tôt, *dans un monde inclusif des bisounours auquel nous aspirons… oups I did’nt it again, j’ai dit nous sans mea culpa… tous* pourraient plus facilement se rapprocher d’une forme d’autonomie et surtout faire beaucoup de progrès).

En gros j’ai beau réfléchir aux mots que je dénonce quand certains veulent qu’on différencie absolument les autismes, qu’on se mette d’accord sur qui a le droit de parler d’autisme en général au nom de qui… Et je trouve ce type de débat totalement stérile. Si l’on ne peut pas parler d’autisme comme on le souhaite alors qu’on vit en plein de dedans, si on ne peut dire des fadaises pour se les faire contredire, je ne vois pas comment on pourrait accéder à la moindre visibilité dans le paysage neurobiologique urbain.

Que les gens se qualifient eux-mêmes d’Asperger pour signifier qu’ils n’ont pas eu de difficulté à parler dès leur tendre enfance, ou alors qu’ils se sont affranchis de ces difficultés après avoir été non verbaux, ne me pose aucun problème. Que certains utilisent le mot Autiste de Haut Niveau pour désigner soit l’absence de déficience intellectuelle soit un QI plus élevé que la moyenne, et il en va de même pour Asperger. Ne me pose aucun problème. Que les plus au fait du regroupement des autismes dans les termes Trouble du Spectre Autistique du nouveau DSM-V (Manuel Diagnostic et statistique des Troubles Mentaux) par opposition au DSM-IV qui ne fait plus de distinction entre Kanner, Asperger et TED-NS (pour Trouble Envahissant du développement Non Spécifié), ne me pose aucun problème.

Si je relis mon propre diagnostic, en toutes lettres et dans les conclusions, voici ce qui est écrit : (je vous passe les 4 pages du psychiatre et les 12 du neuropsy) :

« … Trouble du Spectre de l’autisme sans déficit cognitif dans le sens du DSM-5 [détail sur l’édition etc] d’un Syndrome d’Asperger dans le sens du CIM 10 (OMS), chez une personne avec une intelligence supérieure »

(et oui j’ai un haut (lol) potentiel, mais il reste incalculable, parce que j’ai foiré complètement certains exercices parce que j’ai des galères avec des repères de formes et que sur d’autres je fais des gros pics très au dessus, parce que je ne sais pas évaluer mon niveau de stress sauf dans les deux extrêmes = no stress / stress ++++ , et je maintiens que ces données chiffrées chez les T.S.A sont pas hypers fiables parce que mal adaptés, donc je ne fais pas état d’un H.P.I d’une part parce que je ne me retrouve pas du tout dans les caractéristiques des H.P.I sans T.S.A, et d’autre part parce que comme j’ai pas prévu de bosser à la NASA dans les décennies à venir et que je vois pas l’intérêt non plus de me comparer à mes pairs pour voir si oui ou non j’en ai un plus gros, je laisse ces considérations à ceux pour qui elles ont de la valeur, vu que globalement, le dire ou en faire état dans la vie de tous les jours… ne me sert à RIEN (sauf sur ce texte, peut-être, et encore, ou sinon à énerver les NT, donc franchement, si quelqu’un a un tutoriel pour me faire préférer Hanouna à Koestler, on en reparle).

… Pire… JE ME RETIENS DE RIRE, quand on me dit « Oui bah arrête de te croire supérieurement intelligente etc« … alors que j’en fais pas état,  et que si jamais je donne cette image, loin de moi l’intention qu’on veut lui prêter (et dans ces cas là j’ai juste envie de dire « Je crois rien c’est le psy qui le dit », pour le plaisir de la répartie, du sarcasme et donner une vraie raison à la personne qui me jette ça à la figure de s’énerver vraiment, plutôt que détourner mon propos avec cette phrase lancée comme une insulte, et parce que ces accusations ne devraient jamais avoir lieu d’être du moment que je ne traite moi, personne d’imbécile ou d’inférieur, c’est déjà une manière de dire que certains feraient mieux de la fermer parce qu’ils sont hors normes et ce n’est pas correct ni juste, mais comme dans le fond, ce n’est pas quelque chose que je tente de mettre en valeur quand je fais quelque chose, la plupart du temps, je ne vois même pas ce que ce genre de remarque vient encore faire dans la discussion, et je passe dessus comme si de rien était). Je pars du principe que tout le monde est intelligent et que donc c’est pas une question de points, de score, de bataille de qui a raison, mais bien de rester OUVERT.

Parfois je dirai je suis autiste, d’autres que j’ai un T.S.A, d’autres fois encore que je suis aspie… Et je ne vois pas où est le problème. Parfois je dirai « Nous, autistes » pour marquer le fait que nous ne sommes pas des cas isolés même avec des particularités différentes, et pour insister sur le fait que je ne veux me désolidariser d’aucun, et une fois de plus je ne vois pas où est le problème. Qu’un Hugo Horiot se targue de ne pas souffrir d’autisme, et qu’il écrive sur le sujet, je trouve ça légitime et je ne vois pas où est le problème. De même que je ne vais pas m’excuser d’être heureuse et consciente d’avoir parfois moins de difficultés que d’autres, de même que j’ai de la compassion et de l’empathie pour ceux qui ont plus de difficultés, de même si je m’aventurais sur le même terrain, et que je commençais à avancer toutes les facilités qu’offre la vie de femme seule sans enfants et de maigres revenus, on a pas fini de concourir à qui-qui-galère-+, et donc je ne peux me rendre coupable de quoi que ce soit pour faire plaisir aux parents ou n’importe qui qui me souhaiterait d’être + dys, + « autiste » pour voir ce que ça fait, ou d’avoir un enfant avec de grosses difficultés pour voir ce que ça fait (rassurez vous, j’ai été enfant, et ma mère s’en est vu, ne me dites même pas que c’est incomparable, vous ne savez pas, je ne vous juge pas, vous n’avez pas à me juger non plus, de nouveau, hiérarchiser les autismes quand on sait le continuum que c’est qui n’est pas figé, est une hérésie). Si le Tallion améliorait la politique en matière d’autisme ou juste tout court, je ne donnerais cher de la peau d’ AUCUN d’entre nous. (voilà que j’ai encore dis « nous », j’attends les assos pour venir me lapider).

Je pourrais étayer plus, étendre en usant des Vermeulen, des Tony Attwood, Baron Cohen, Extraits d’études d’Hans Asperger, des Temple Grandin sur la pensée en images et le fait que nous pourrions être les acteurs du monde numérique de demain, que j’en arriverais à la même conclusion.

L’inclusion est pour tous. La parole des autistes n’est pas l’apanage d’un ou deux responsables d’associations, ni de trois autistes médiatisés, ni des seuls parents d’autistes dit sévères. La visibilité, l’inclusion, le droit à la parole en tant que concerné.e.s sous toutes ses formes possible en revanche, est l’affaire de chacun pour rendre la multiplicité des signes cliniques qui inscrivent certaines personnes dans les T.S.A l’affaire de tous, autistes ou non, sur une simple question de VISIBILITÉ. 700 000 personnes. 700 000 personnes qui ont le droit à la parole.

 

[EDIT du 2 juillet 2018], soit 2 jours après la publication de cet article, Hugo Horiot publiera en écho sur sa page facebook, ceci : 

HH

Serait-ce utile de préciser que je suis entièrement d’accord? (au cas où je précise que je ne fais partie d’aucune asso spécifique dédiée à l’autisme à ce jour, sauf à être adhérente de l’AFFA sur le principe évident qu’en tant que femmes autistes, je la sais pionnière, très informative et active sur la condition particulière d’être une femme  autiste dans un univers patriarcal tandis que les enjeux et le diag de l’autisme féminin ne sont pas du tout les mêmes que pour les assos mixtes, comprendrez comme vous le souhaiterez et peu m’importe).

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Un commentaire sur « Les bons gentils autistes et les méchants « Asperger » et « AHN ». »

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