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Ça pourra vous paraître saugrenu, je crois toujours qu’un neurotypique va finir par s’arrêter là, mais des fois, en bon autiste pour les quelques vrais clichés qu’on peut se représenter, je remarque des micros trucs à force de bugs sensoriels…

 

C’est le fameux sens du détail. On voit le détail avant l’ensemble, donc on repère aussi vite les brèches, les erreurs, l’anodin et l’infraordinaire sont mes terrains de prédilection. C’est dans les signes cliniques du continuum spectral. Attention, ça  ne veut pas dire que je remarque des choses toujours bien pertinentes ou utiles, (dit la fille qui se rappelle du générique de Mme Pepperpot et de tant de jingles des années 80, 17 ans plus tard), c’est juste un automatisme que quelques uns d’entre nous partagent, et qui donne un indicateur de plus sur le S.A, ça fait « pop-up » dans nos encéphales, sans qu’on ne contrôle rien, parfois c’est bien, parce que je te sauverai la vie en te faisant remarquer que ta braguette est ouverte, discrètement, avant le début du séminaire, d’autres fois c’est relou. Je n’aime pas voir des choses déplaisantes. Et malheureusement, je suis pas fournie sans antispam… Ni filtre de contrôle parental.

« Mon cerveau fonctionne comme Google Images. Vous entrez un mot clef; et il affiche des images » Temple Grandin. 

 

Nota : tu peux aller direct au Grand Titre 2, si la seule partie qui t’intéresse c’est le rap et que comme 99% de la population tu te contrecarres la couenne de savoir koiçéçé l’otissm’ en préférant rester nul sur ce sujet, descends juste un peu la page, tu verras que c’est bien indiqué.

Chez moi c’est aussi valable auditivement. Pareil pour les souvenirs. Et les autres sens suivent plus rarement ce courant, mais ça arrive aussi. Tu ne veux pas être au bout de ta vie à cause d’une crotte de chien à 20 mètres ou d’un pet de kebab ou de saucisson à 10 en train de moisir sur place dans les odeurs d’aisselles différentes de CHACUN, sur la ligne 9. Imaginez le système de la persistance rétinienne appliquée à tous les sens… et qui vous poursuit parfois des années plus tard. Mais parfois une odeur me renvoie à un souvenir, une image à des mots lus ou entendus, et tout se croise ainsi, sans cesse, dans une valse continue d’intersectionnalité apolitique des sens, où il faut sans cesse faire le tri entre le beau et le moche. J’ai de fait, malgré moi, peu de temps de cerveau réellement disponible, et comme son nom l’indique, le pop up ne prévient jamais, mais j’ai aussi appris depuis le temps à faire le vide complet, et mon sommeil ne s’en porte pas plus mal. La différence avec la neurotypie, c’est que c’est exacerbé et de fait plus facilement envahissant, à diverses échelles du léger à l’insupportable, parce que ça génère autant de fatigue… Et j’ai les connexions nerveuses… rapide, à un excès qui frôle vite le débordement… C’est vite le déluge, ça me demande donc une organisation de dingue, là où toutes les data de ma vie sont classées dans autant de tiroirs qu’un meuble d’imprimerie infini, d’images, en concepts, schémas types, sons, sensations, odeurs, TOUT. Mon besoin de routines est sûrement directement relié à ça pour compenser, réguler le flux et ne pas trop m’encombrer de données inutiles et/ou ingérables. Au cas où si vous daigniez vous renseigner loin de la TV et des journaux mainstream, on est pas fascinants du tout et il y a encore une explication pour chaque chose. Par exemple, je porte des charentaises de vieux (celles avec la semelle en laine et des gros carreaux marrons) chez moi, depuis mes 22 ans, tu vois, comme Warhol et ses slips qu’il choisissait toujours identiques d’années en années : pas fascinant. Ni sexy. Parce que je ne supporte pas de marcher pieds nus s’il y a la moindre poussière au sol, et la semelle en laine fait aussi un peu de job. Ensuite il faut passer l’aspi sur le sol, et la semelle des charentaises de temps en temps. Je change tous les 4 ans, mais je reprends les mêmes. Et puis c’est très confortable, et j’ai aussi besoin d’aménager du confort pour beaucoup de choses. Je dors avec 2 oreillers et demi en moyenne, et je n’aime pas les hauts serrés. Et c’est un peu comme ça pour tout. Bref, arrêtez de fantasmer sur l’autisme et renseignez vous un peu, et là je viens de t’épingler, petit rappeur blanc qui fait des concours de punchlines pour arriver premier dans Ok Podium, et choper des minettes, attation, mon armée de bisounours et moi on va venir te faire des gros poutoux d’autistes pour que tu calmes un peu ta oij’ au lieu de te faire des idées bizarres sur nous… On est fort en Ghost Hugs…

Donc déso, mais je vais devoir une fois de plus casser un mythe (après l’épisode d’Hitler, Asperger et les grands complots de la vie que les gens ont besoin d’inventer pour se sentir exister et buzzer un p’tit coup…), juste pour toi : le rappeur blanc. Si, si, on t’a vu, faut que ça cesse, c’est pour ton bien, et c’est aussi parce que va savoir pourquoi…  par recoupement, 90% du rap français que j’écoute est blanc. Sinon c’est que c’est un groupe Z’tazunien. C’est dimanche… et comme vous le savez, je ne m’ennuie jamais. J’ai tout mon temps …

 

Quand je dis qu’on remarque tout, c’est vraiment TOUT. Par exemple, pour ceux qui ont vu ET lu, l’Orange Mécanique. Même si j’ai fait cinoche à l’école, dites vous bien que lire les critiques et passer ma vie en salle alors que je kiffe pas trop être dans le noir et encore moins avec du monde autour était pas ma tasse de thé, alors lire Les Cahiers du cinéma…. Boaaaarf…Non. (Mais je suis allée voir quelques films à l’heure pas de pointe des fois, pour pas les louper, le genre de ceux où t’es jamais plus de trois dans la salle et tu sais qu’il va pas rester plus d’une semaine en diff’ au mk2) ; pour tout le reste le pear to pear et le streaming m’ont sauvé la culture, surtout quand tu peux mater par thème, par acteur ou par réal). Ça intéressera aussi les punks, tiens. Les punks aiment bien Orange Mécanique. Quand je mate un film, je me régale un peu, parce que là mon cerveau peut se satisfaire de tout découper, les images, les persos, les costumes, le décor, le scenar et recouper avec tant de choses, qu’en général je suis un peu vidée jusqu’au lendemain, ensuite.

Qui a remarqué l’analogie de L’Orange Mécanique du livre (dans le livre du même nom, c’est le titre d’un livre politique…) dans le film? Ne levez pas tous le doigt en même temps, c’est normal … Regardez bien bien bien l’image réfléchiassez un peu avant de lire la suite…

OrangeMécanique… CQFD.

 

Franchement c’est ce genre d’anecdotes qui alimente les conversations d’apéro (avant que l’on ne recommence à dire qu’on ne sert à rien). Ça date, est-ce que cette image aujourd’hui, serait validiste? Je sais pas, j’y vois surtout une métaphore visuelle du bouquin, et NoGod knows comme Stanley Kubrick était un incroyable metteur en scène plein de sens du détail… (même si après avoir vu la dernière saison de 13 reasons why, je suis un peu déçue que les petits millénials qui y jouent et vont voir 2001 au cinoche trouvent ça ennuyeux… mais vlà, y a des trucs générationnels qui se croiseront peut-être jamais, et on va pas tarder à y revenir aussi).

J’ai aussi un autre exemple rigolo, plus récent (voilà pourquoi tu préféreras peut-être aussi être mon ami, plutôt que mon ennemi, un jour… qui sait… dès que je mets un pied dehors, je fais vite des connexions faciles) :

L’autre jour, alors que j’étais en plein gin-to pistoche pour faire un dernier au revoir à une cop’s, d’un coup, en jetant un oeil au serveur, je me suis aperçu qu’il était visuellement la copie conforme de …  :

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Accroche-cœur et tête de champion inclus… Je ne m’ennuie jamais, donc.

Je faisais hier une petite recherche sur les chansons qui parlent de l’autisme, en bien (au cas où…), en mal… Et… d’un coup, j’ai pu faire quelques rapprochements sommaires, (aussi pour alléger un peu après la grosse merdasse en trois épisodes que j’ai raconté tantôt), et comme on m’a appris qu’il fallait toujours tout partager dans la vie surtout les trucs pourris, fallait que je les sorte…

C’est quoi votre problème, les rappeurs blancs, avec l’autisme, hm? 

 

On va essayer de comprendre et d’analyser tout ça, dans les textes. Et commencer par mes préférés. J’ai déjà dit, ce blog est truffé de citations de philosophes des temps modernes que représentent pour moi King Julien Barthélémy et AurélienSanKukaÏ Cotentin. Dont j’adore détourner les paroles de chansons dès que ça s’y prête bien dans ce blog. J’absorbe aussi les chansons auditivement assez vite et un peu malgré moi aussi… Donc si tu trouves ça sexy, je veux bien te filer mon 06, mais sache que c’est pas de tout repos et qu’il faudra t’habituer.

 

On fait Stupeflip en premier, parce que ça existe depuis avant. (En fait j’aurais jamais écouté de peuhra si y avait pas eu Stup, sauf peut-être Benny B. et Cypress Hill et « Tout pour le fric« , ou les trucs des inconnus pour se moquer… Vous ne verrez le rapport que si vous êtes nés vers l’an de grâce 1980). Ok un peu NTM, Iam et Assassin, j’aimais bien, forcément j’ai grandi avec M6 musique et MTV… et l’alternative et ses clips chelous aux heures tardives de retour de soirées ratées. Mais vite fait, j’apprécie mieux maintenant, on va pas se mentir. Donc finalement c’est un whito-white qui m’a fait me pencher sur le gangsta, mais je suis pas experte, et je connais mieux des groupes comme Casey, Cellule X, Hydra, Red Bong et Karlit et Kabok, que le reste… et une cops Finlandaise. qui me fait écouter du rap, de la soul et du hip hop US LGBTQ+ (je vous laisse pas en rade à la fin, je vous laisse  un ou deux liens, pour en savoir plus… pour étayer le sujet, ici on parle d’autisme, essentiellement, c’est pas radio nostalgie). Sinon j’écoutais du punk quand j’étais ado, donc forcément à part les Beastie et Benny B. et Cypress, j’y connaissais pas grand chose en rap ou en hip-hop, même si j’ai pas loupé un seul épisode du Prince de Bel Air. Ok, un peu de Seth Gueko à l’occase, j’aime bien, j’ignore pourquoi ça me fait faire le ménage plus vite.

 

STUPEFLIP – STUP MONASTÈRE  :

« J’entends les guerriers qui avancent
Des cris dans la nuit

Les autistes pleurent et le silence fait du bruit.

L’ère du Stup, pas si humoristique
Donne moi de l’argent, du courage et du plastique
Les humains sont amers
La musique s’amplifie

les Argémiones ont attaqué par défi

Les régions fédérées, créées dans la lumière
Le monastère du Stup et ses soixante prières »

Donc qu’est ce qu’il se passe dans la chanson?

  • Contexte : Stupeflip c’est un groupe qui a son propre univers intérieur, avec des pays, des régions, des personnages récurrents hauts en couleurs et plein de  thèmes qui reviennent souvent… Écouté dans l’ordre, c’est un peu comme un long cours d’histoire qui revisite le monde et le réinvente en même temps… Mis en random tous albums confondus dans la playlist, ça te rappelle les sagas des livres dont vous êtes le héros (ancêtre du jeu de rôle, si tu n’as pas connu). Au milieu il y a King Ju (le créateur de son royaume, et le chef d’orchestre, accessoirement), qui fait plein d’autres personnages avec ses copains, et pas mal de ce qu’on pourrait appeler de l’autofiction appliqué à la musique, c’est à dire que les paroles sont en grande partie autobiographiques ou inspirées de trucs vraiment vrais de la vie avec tout ce qu’il faut dedans, la mort, le pognon, l’amour, la famille, le taf et tous les trucs qui font chier mais sans que tu puisses jamais deviner vraiment ce qui est très très arrivé à Ju dans la vraie vie ou pas ; comme c’est bien chiadé, les gens s’identifient, et ça fédère sec parce que c’est très bien raconté. Et puis c’est un phénomène tentaculaire, parce que tous les mecs du stup font plein de trucs chouettes à côté de ça, y a Le nom du Groupe, Tatapoom, Bruno Candida, Vince, Mc Salo, et par extension plein d’autres vu que les copains des copines sont aussi des copaines, bref une folle équipe fort sympathique, une musique fabriquée à la main avec l’acharnement du travail bien fait et qui perdure, au point que  ce soit devenu un peu incontournable et incontestablement talentueux, en plus de bien vieillir en fût, à 46 brouettes de Ju. depuis 2003 que ça dure, ce qui à l’échelle des gens qui ont ouvertement refusé de vendre leurs âmes à des majors est loin d’être rien et change des gens qui depuis autant de temps, et parfois plus, c’est ça qui est grave, d’ailleurs, font toujours la même merde. J’ai dit, chuis fan, donc c’est clairement orienté.

 

  • Analyse : Donc là, la chanson nous parle du monastère du Stup, y a des fois un côté secte/religion, mais genre gentils avec des dogmes moins relous… En plus ils sont pas racistes, ni homophobes, même carrément un peu féministes, voir là, et tout (d’ailleurs c’est le seul truc que j’ai retenu de la Stup Party, à un moment, Julien,  il dit  « Ceux qui sont pas féministes vous êtes tous des chais pas quoi, et ceux qui sont venus déguisés blabla, pas mieux »…). Je suis une féministe (mais le genre basique, avec les crocs pas super affûtés non plus, j’ai trainé mes docs un peu chez les anars, un peu chez les punks, j’ai fait un peu de végétarisme pendant 10 piges, un peu de veganisme, un peu de syndicat aussi, et d’orga de festoches à prix libre, et y a un moment on peut pas tout, à la fin, j’ai décidé de trancher pour l’autisme, parce que dans la série des minorités dont tout le monde se branle le nœud en mâchouillant son chewing gum sans souç’ c’est encore à peu près là qu’y a le plus de boulot et que j’ai quelques compétoches, même si je renie pas complètement tout le reste) et j’étais pas venue déguisée, c’est bien flatteur tout ça… Mais voilà, d’un coup, au deux tiers de la chanson, BIM :

 

« Les autistes pleurent et le silence fait du bruit. »

Prends ça dans ta face, l’autiss’.

 

Ah bon. Pourquoi? On pleure, nous? Comment? Ok pour le silence qui fait du bruit, on est d’accord que nos troubles sensoriels sont effectivement de cet ordre et là c’est plutôt bien vu d’avoir grossi la chose pour que tout le monde comprenne bien de quoi c’est fait. Mais est ce qu’y a de quoi pleurer? Quel rapport avec l’avant et l’après et cette phrase au milieu? Les autistes PLEURENT. Euuuh non, Ju. Pas plus que vous, en fait, p’t’être même moins. Enfin juste pareil : c’est selon. Je veux bien que des fois faut des trucs pour meubler, mais des mots en « iste », y en a quand même des flopées. Tu mets à la place les mélenchonistes, les sarkozystes, les trapézistes, les clowns tristes, ce que tu’v’ mais pas nous, quand même… Je pense bien qu’il n’y a pas de mauvaise intention, ça fait référence aux autistes sévères et tout, la fabuleuse image de « référence » du petit garçon blanc non verbal qui se tape sur les murs avec un air tristounet et le regard de l’absence mentale que les assos spécialisées aiment bien mettre en affiche dans les métros franciliens pour avoir des sous. Mais ç’aurait pu être évité. Pétez, vos clichés. On a pas besoin de ça, les psychanalystes font très bien le job d’insulter nos mères, et de tous nous mettre dans le même panier, si les rappeurs voulaient bien se donner la peine de ne pas en rajouter, ce serait bien gentil.

Et google image, mon ami ne dément pas. Je tape « Autiste » et je tombe sur cette image. Cliché. En vrai, on s’amuse, on pleure, rit comme au pays de Candy, donc merde, tiens, vlà, même ceux qui n’aiment que les cailloux, alors d’où ça sort. Ce qui fait pleurer c’est la maltraitance. Et là ok, y en a chez nous, on peut pas dire, c’est encore mieux servi qu’au Domac. En plus t’as des assos qui veulent rien qu’à éradiquer et vaincre l’autisme, ou lutter CONTRE, au lieu de avec,  et absolument nous soigner comme si c’était une maladie, et trouver des explications farfelues comme si on était les Mesrine de la neurodiversité ou que c’était le Sida dans les 90’s. Il aurait mis « les autistes sur qui on pratique le packing, l’ABA, qu’on enferme dans les centres », ou « les gens qui coupent des oignons », ou  les gens qui viennent de se faire larguer ou de perdre leur chien ou un membre… Ménon. C’est encore les autistes du fond de la classe qui s’y collent. Je ne t’en veux pas. Le reste est très bien. Moi qui aime pas me tarter les itw des groupes que j’écoute, je trouve ça intéressant, je me renseigne un peu, le reste est cohérent. Mais celle là, on s’en serait passé. Juju??? C’est quand même mieux quand t’écris des lettres à Mylène. Mébon, comme beaucoup de gens qui ont écouté du punk avant tout autre chose, ça reste mon  chouchou, parce que c’est pas plus du rap, que d’autres trucs, parce que ça manie tout, et ça te le ressort en Stupchose, c’est la magie du groupe.

 

Mais… C’est pas le seul à le faire…

 

Sérieusement les rappeurs blancs, si vous pouviez stigmatiser des majorités, au lieu de minorités à peine plus grosse que vous, ce serait gentil.

 

Orelsan – Finir Mal :

Donc voilà, Orelsan y a que deux options : on aime ou on aime pas. J’ai pu constater que généralement ceux qui aiment pas c’est parce qu’ils ont pas bien compris le concept et tout pris au 1er degré. Alors que c’est moi l’autiste et qu’on a aussi cette tendance dans les signes cliniques, sérieux, les NT, qu’est ce qu’il vous a pris sur ce coup là? Et que souvent, ils ont un profil un peu réac, les gens qui n’aiment pas Orel. Et quand je dis réac, j’ai pas dit spécifiquement la pensée soixante huitarde sur le retour qui manifeste plus que pour ses points de retraite alors qu’ils sont largement devenu trois fois proprio rive gauche depuis et qu’en plus ils vont t’accuser le jeune de pas aller se faire démolir par la marée chaussée plus souvent comme il a fait lui en l’temps en comparant l’incomparable et si le jeune le fait, t’fasson, ils retourneront leur veste en disant que les jeunes c’est rien que des casseurs des blakblox qui font aucun effort pour taffer. (quoique). Même ceux qui s’croivent encore de gôch’. Nan ça agace aussi les féministes blanches bourges (je vais pas les citer, ça me brûlerait les doigts, par respect pour l’intelligence et ne pas propager plus de bêtises qu’il en existe déjà). Ou certains jeunes vieux réacs nés vers les années 90 qui ont des critères du même ordre que les deux profils précités et trouvent que ceux d’avant, (nous pis ceux qui sont nés vers 70, aussi) on est vraiment des Jean-Foutre, d’un monde qu’ils n’ont pas connu et qu’ils peuvent pas test’ de toute façon.

ET OH !?

  • Contexte : Orelsan (moi je prononce « Orelsang* »… est un XÉNIAL  je ne vais pas vous refaire le topo, j’en fais partie aussi. Je vous rappelle qu’il ne date pas d’hier qu’on sépare les riches des autres et qu’on s’est quand même tapé les doudounes Chevignon de ceux qui avaient les moyens d’en avoir pour nous snober dès le collège, les T-Shirts Imperial,  des heures de jeu Serpent sur Nokia avec nos forfaits AOL, qu’on a connu l’Amstrad et le Mac Performa, et aussi les jeux électroniques et la Game Boy, Le Club Do, on a eu des tattoo pour se rencarder (avant de se faire encrer des gnocchis et des avocats en style old school sur les bras), ET PRIMORDIALEMENT, on a pas eu la censure et toutes les suppressions de libertés y compris de dire de la merde et d’en penser que les générations qui suivent se tartinent depuis la naissance et dont on est pas refait vu comment on s’est tartés le Collaro Show après Jacques Martin tous les dimanches, »V » et les premiers épisodes de Star Trek, Palace et tout un tas de trucs très peu censurés à l’époque, du zizi de Treponem Pal en Live sur Canal + (dite affaire « Stouquette » dans les Guignols de l’Infos, quand c’était encore drôle et subversif avant Sarko) aux 1ère séries américaines où y a enfin des gens de couleur à la tévé. Donc Orelsan c’est ce mec qui pousse un peu ce truc générationnel au bout de son propre rouleau (et qui arrive à placer le fameux mot en « N » au milieu de rien « Je suis un blanc qui se prend pour un N… » sans se faire descendre par les médias et les collègues, tellement il se fout de cette espèce de bien pensance des temps mdernes qui juge les mots avant les actes, qui se fait plaiz’ en portant des blaz’ Waïkiki, et d’autres looks douteux de pré-ado de l’époque maintenant que ses parents ont plus rien à dire de ce qu’il fait dans sa chambre ou à l’extérieur, qui dit ce qu’il pense comme il pense sur l’instant (même s’il corrige, après vu qu’on est pas venus au monde avec l’auto correc’ non plus), en plus c’est un fils de prof’ middle class de l’époque, donc le mec forcément il en a un peu chié gamin avec ça en étant fils de dirlo, mais il a la méthodo que tous les fils de profs qui ont eu un peu la honte de l’être ont, et rattrapé le coup en bossant grave la zique, l’image, et les rézeaux soç’, il est allé voir les bons gars de la classe qui fument le bédo derrière l’église à la sortie du bahut en rêvant de Magic Johnson et de Mikaël Jordan, et qui vole les stylos plume creeks dans les trousses des bourges. Mais il aime sa mémé, et il assume d’avoir été un branleur lambda jusqu’à ce que le succès lui colle au derche. Lui, pour le coup c’est un peu un gros cliché du Xénial, ça peut énerver un tas de monde que ça marche aussi bien, mais moi c’est pile ma génération, et je kiffe. Perso, j’ai du mal à lui en vouloir, et des polémiques et tout. Disons je préfère un mec qui dit de la daube et ne frappe pas sa meuf, plutôt qu’un mec qui veut t’expliquer ce qui est juste,  bon, et moral, et qui trucide la sienne. Et j’ai tout écouté (plein de fois), ce mec est un gros nounours sexy (et oui, Orelsan ça fait mouiller les culottes de plus jeunes générations de féministes 2.0, j’ai pu le constater sur des groupes de féministes intersectionnelles où j’ai traîné ma geekerie, et  y a pas de mal aux contradictions, on en manque même un peu trop de nos jours), Encore plus du fait qu’au final il est avec la même meuf depuis un bail, qu’il dit, qui ne dit pas que de la merde si on a un peu de second degré et qu’on a connu l’époque dans un lycée de province standard à s’emmerder à cent sous de l’heure en attendant que ça se termine bercés par les crises et le chômage qui nous pendaient au nez depuis 1974, alors l’état d’esprit « à quoi bon », est devenu son style de référence, et carrément un emploi à temps plein qui demande une vraie énergie et un peu de créativité, quand ça repète pas ce qui disent les confrères outre Atlantique. Le type même de la feignasse intelligente que les cours ne passionnaient pas et qui fait le job pour qu’on lui foute la paix. Et comme Stup il fait des trucs avec plein de copains. Coup de bol, les féministes blanches ont un peu participé à sa gloire. À part ça il est pas raciste non plus, pour l’homophobie, c’est pas clair, mais bon, checke la culture rap, viteuf, où c’est limite institutionnel de chier sur tout, et c’est pas un phénomène nouveau de faire des concours de quéquettes entre rappeurs par flow interposé pour dire c’est qui qui ken le plus, qui a la plus grosse et qui est pas gay. Libre à chacun de prendre ça au sérieux. Ou pas. Mais si on ne comprend pas ça, on ne peut pas aimer le rap, ou disons qu’on peut pas dire qu’on aime ça et en écouter en en captant tous les tenants et les aboutissants. J’oblige personne à être d’accord, et je ne le défendrai pas plus, parce que jusque là, y compris dans Têtu (attention gros lien culture pop…. c’est Purepeople qui l’a dit), et d’autres itw, il s’en débrouille très bien tout seul. Ça n’empêche pas de poster des supers photos de famille et de copains et de chiens sur Instagram après, comme fait Booba… dont ils sont souvent tous un peu jaloux… Et comme l’autre plus haut, il laisse pas les copains crever dans leur cambuse, donc il emmène Guillaume avec lui (tu peux le croiser à Ménilmuche, des fois) et son copain Diamond Deuk’ (tu peux le croiser à Oberkampf, des fois, il m’a fait kikoo l’autre jour…). Et ce qui est appréciable, c’est que dans la vraie vie, ils sont un peu pareils que leurs images ou leurs itw, comme les gars du Stup, et ça ajoute en bonus sympathie. (Mais bon, moi j’ai un faible pour les mecs pétasses qui soignent leurs fringues pour que ça ressemble précisément à rien mais de manière très singulière tout en ayant la classe un jour de temps en temps, par respect pour nos pauv’ pop’s and ma’s à qui on les a toutes faites avant d’arriver enfin à faire quelque chose de nous). Et il a fait Bloqués, qui a fait marrer beaucoup de monde. Y a même un épisode sur le féminisme (pour en rajouter une lichette) et Bloqués, on peut quand même dire que c’était super bien foutu, niveau revival années 2000 de certains xéniaux qui en ont ramé après les études pour trouver un vrai job, que ça rappelle des souvenirs.

Mais… Quand même !?… What happened au 3ème couplet, Orel?

« Et j’erre sans but, comme un p’tit autiste

L’air triste, seul face à la nature comme Bear Grylls

J’tise, et j’passe les mêmes disques en boucle

Ces vielles chansons d’amour qui parlent de vivre en couple

Dépité, déprimé, déchiré, … « blabla

Il erre sans but COMME un P’TIT autiste (double cliché)

L’air triiiiste… (triple loots piqué…)

Pour Bear Grylls je sais pas s’il est autiste, mais s’il l’est pas c’est pas très gentil pour lui non plus, je te rappelle, que l’autisme en France, c’est pas la panacée, même si c’est cool qu’il ait grimpé l’Everest à 23 piges seul tout, Bear. Les autistes qui errent sans but… Alors ok, la société est actuellement pas ce qu’il y a de plus inclusif pour qu’on ait des jobs, du pognon, des humains de compagnie avenants, et un chien avec les vacances au Grau du Roi tous les étés qui vont avec, mais quand même… Orel… On est limite dans Rain man mit Forest Gump, là !? Le cliché absolu. Donc encore l’enfant autiste qui pleure et qui est pas au courant de qui il est et de ce qu’il fout, c’est un peu lourd, *Basique*, mais là t’atteins un sommet, en disant ça, toi aussi, et c’est pas les Deux Alpes. *Simple*. De quoi de où, tu nous mêles à tes déboires de meufs (tellement que c’est exactement là qu’on peut se douter que tu kiffes la zouz’, en fait) et PLOUF, tu nous balargues un ôtiss’ en plein milieu comme si tu savais kéçéçé l’autism’? La première fois que j’ai entendu ça, j’ai  failli recracher mon quinoa en spray.

 

COMMENT

 

Après voilà, que voul’voul’, comment je pourrais leur en vouloir, tout ce que je kiffe je le mets systématiquement sur Deezer en boucle pour faire mon ménage le dimanche et sans le Stup et les casseurs, mon appart’ ressemblerait à la Moldavie, pour citer d’autres Philosophes des temps modernes…  (j’ai le droit de citer la Moldavie, je suis slave du  côté de papa).

 

Mais j’ai envie de vous dire un truc, les deux, là, Stup et Orel : C’est ceux qui disent qui sont-ce. Allez vous faire diagnostiquer. Juste pour lever le doute, j’vous jure, des fois ça vaut le coup. En plus vous êtes des garçons, ça va plus vite, avec des intérêts restreints bien particuliers, comme la musiiiique, le basket, les aaaarts, touçaa… apparemment, ça devrait pas prendre 107 ans. Sinon, renseignez-vous. Juste.

 

Parce que le truc moche de tout ça, c’est de toujours faire cette confusion que l’autiste ne peut être qu’un petit garçon blanc tristounet qui ne communique pas avec l’extérieur, a le regard vide et si possible des troubles moteurs et qu’à l’âge adulte, pouf, pouf, il disparaît complètement du paysage urbain pour finir dans une prison psychiatrique, vous pouvez appeler ça un centre, si vous voulez. Sauf que celui là, s’il était correctement pris en charge dès le départ, peut-être il causerait plus vite, peut-être il trouverait un job aussi. Et s’il parle pas, il reste mon pote, parce qu’on partage le même fonctionnement chelou que si t’alignes 10 Mac Book et une babasse qui tourne sous linux à la fin. Chez nous la seule raison pour laquelle les config’ Linux deviennent jamais des Mac Book Pro, c’est uniquement parce que ce type d’image nous colle au derche comme les psychanalystes s’en mettent plein les fouilles grâce à nous et l’aide de gros lobbies en ne suivant pas les recommandations de la HAS, et diffusent exactement la même daube en accusant nos mères d’être des congélos. Et la psychanalyste pour l’autiste, c’est Satan, la France et ses 50 ans de retard. Moi par exemple, je suis juste une meuf qui voudrait qu’on la laisse bosser tranquille avec des converses fluos, et c’est exactement à cause de ces fakes informations pullulantes que j’y arrive pas et ça saoule, parce que le reste du temps, dans 90% des cas tu ne devinerais jamais que je suis autiste. Parce je ris, je cause, je mate, je trime, je baise, je tise et j’ai autant de swag que de classe ouvrière, que de flow et de neurones aware.

COMMENT (1)

Next.

 

VALD – AUTISTE.

Il a l’air, sympa, comme ça, hin?… Bah en fait… p’t’être qu’il l’est.

  • Contexte : Donc ce coco défraie la chronique comme d’autres en son temps, lui c’est carrément toute la chanson qui s’appelle AUTISTE. C’est la nouvelle génération. Il s’appelle Vald. [TW : je sais que les images peuvent en choquer certains, ça surfe sur la vague white trash, concept bien érodé dans la zique depuis les tous premiers pas du ponk, s’il en est, mais toujours efficace, vu que le truc est tombé récemment dans nos communautés d’autistes des réseaux soç et fut fort critiqué parce que les copains étaient choqués (et qu’on a rien compris aux paroles, c’est pas le top de l’audible, cette chanson là en tout cas, mais t’inquiètes je traduis tout après) donc rétines sensibles, filez direct dans les explic’ si vous avez peur que ça pique les yeux] :

Alors lui je connais pas bien, j’ai toujours un train de retard sur les musiques actuelles (kofkof, la Xéniale). Je vois qu’il est né à Aulnay en 1992, que Père est breton, et qu’il a eu son bac S, sa licence en informatique après 6 mois en médecine que ça l’a saoulé, et se rabattre sur une école d’ingé son. R.A.S. (bref, j’ai encore pécho l’info sur ouiki). Franchement, il aurait pu être Xénial aussi, mais à la fin il est venu au monde avec l’internet et tout ce qu’il faut, et je suis pas sûre qu’il ait eu le temps de faire assez de chômage pour être suffisamment balèze à Motus sur la 2 présenté par Thierry Beccaro. Disons que les paroles sont moins élaborées et référencées que les deux de l’étage au dessus, qui ont bien pris la relève de leurs propres pères musicaux, mais il est encore jeune et il a le temps.

  • Analyse :

« J’baise le monde comme un autiste, j’baise le monde comme un autiste, 

J’baise le monde comme un autiste, au lit, faire de l’ombre j’ai la notice, 

Oh, oui ! J’erre selon l’état d’folie, j’perce le tronc, c’est l’euphorie
J’baise le monde comme un autiste, homie, p’t-être que bon, c’est pas joli-joli »

 

Bon. Vald baise le monde comme un autiste. Et là j’ai envie d’dire : Ouiiii ! : là ça marche ! … Presque… Bizarrement.

Ça y est, on sort enfin des clichés. Les autistes ont une life, les autistes sont pas que des petits enfants blancs mâles et malheureux. Y en a des grands, y en a qui baisent. Qui ont une vie sexuelle, toussa, une vie tout court… MERCI. Après est-ce qu’il se met dans la peau de l’un de nous en disant ça, chais pas, il me faudrait plus d’explic’ (j’avoue j’ai pas lu d’itw encore, mais je vais me pencher sur la question). Et quand même… au cas où il dise des trucs décevants pour certains publics, il termine par une hypothèse lucide d’admettre que s’il assimile la sexualité des autistes à celle des fantasmes des psychopathes, « P’t’être que bon c’est pas joli-joli« . Lui, au moins émet l’hypothèse d’un doute quant à ses propres propos. Est-ce que François Fion, s’est excusé de nous insulter?  Non. Ni nous, ni le reste de la population pour toutes les bêtises qu’il a faites, d’ailleurs. Et homie, ça veut dire « copain ». Donc on peut pas l’accuser de mépris, non plus, à la fin. Traduction :

 « J’baise le monde comme un autiste, copaing’, peut-être c’est pas super de l’dire comme ça tellement faut que je joue le rap game en disant que c’est moi qui déchire les meufs en mode myso encore pire que mes petits copains du milieu du rap, t’as vu, ç’pas du joli, mais vlà, je suis peut-être autiste : tout le monde me fait chier, j’en fais appel à vous, qu’on en recause, un d’ces quatre, arrêtez moi si je ne m’abuse ».

Vald laisse la discutt’ ouverte. Le mec est ouvert d’esprit. Il se remet en question. Il dit pas qu’il est sûr de son coup, mais a priori on peut dialoguer, c’est introduit par le « Peut’être que bon… » (doute)… c’est pas « joli joli », donc il s’en vante pas non plus, tout est possible. Disque de platine. Je ne condamnerai pas tout de suite (en plus, une fois  que t’as fait une chanson complète qui s’appelle « Autiste », chais pas trop, voilà, le truc du rappeur blanc qui parle d’autisme, bim –> ça c’est fait, pouf, pouf,  up next, on peut passer à autre chose, a priori il va peut-être pas revenir tout de suite sur le sujet). Je sais pas. Je préfère des jeunes comme ça, qu’en costard cravate à te louer des apparts’ parisien au prix d’un organe en te demandant les réf de tes 11 garants, et qui sont pas aux normes en te faisant passer un reste de bidet pour une arrivée de machine à laver avec le sourire dans un costard Célio, pas vous?

Ouais, peut-être va te faire diagnostiquer aussi, homie Vald, je t’aime bien finalement, et t’as un parcours en dents de scie, ça c’est un peu notre lot à tous, c’est peut-être un indice. Moi par ex, j’ai fait audiov’ et ça m’a servi à rien et après je regrette de ne pas avoir fait neuro, l’inverse de toi… Apparemment faudrait voir à se renseigner, on a peut-être des points commun. Sauf que perso, je baise pas spécifiquement le monde, c’est plutôt le contrairement et quand je baise, une seule personne me suffit à la fois, mais chacun son truc.

J’ai des adresses pour les diags, si vous voulez, tous. On peut me contacter en privé.

Mais comme j’aime toujours bien savoir ce qu’il se passe de l’autre côté des Pyrénées ou de l’Atlantique ou du Cap de Bonne Espérance, comme d’hab je suis allée voir qu’est ce-y disent, les rappeurs blancs des autres pays, sur l’autisme. Parce que je le répète, on est pas très représentatifs, en France, avec nos 50 ans de retard sur ça et plein d’autres trucs, c’est pour ça que ce serait bien d’arrêter les clichés. Peut-être je devrais envisager une carrière  de rappeuse agressive de mon côté chais pas. (Je le redis je cherche du boulot, donc j’imagine qu’il vaut mieux pas que je m’y essaie ici, mais si tu veux me faire taffer dans la rédac oueb d’artik’ sur le rap, je prends toujours).

 

Et puis il y a les gens ordinairement mauvais qui utilisent l’autisme pour se justifier de l’être (mauvais). Il s’appelle MC Wack, la chanson s’appelle « Mon côté autiste »… Et le refrain fait « J’en ai rien à foutre de ce que les autres disent… j’assume très bien mon côté autiste » Je ne mets pas de lien, parce que c’est vraiment mauvais de fond en combles. En revanche je pense avoir un droit de réponse :

Ne nous assimile pas à ta soupe de mauvaise facture s’il te plaît, et va bien gentiment continuer à te griller les neurones, avec un petit peu de chance, t’arriveras peut-être à monter, et surtout ne plus jamais redescendre et nous fiche la paix. Et si ça peut te rassurer, personne n’en a rien  à foutre non plus de ce que tu racontes, ça tombe bien, t’es même pas obligé d’assumer d’être idiot et très inculte, apparemment, même les rimes elles sont pourries. De Rien, t’auras eu au moins une critique publique, pas de quoi faire la Une des Inrocks, mais je suis sympa, allez c’est cadeau.

 

Parce que quand même, on ne peut pas nier que le King des Rappeurs blancs du Monde à la fin, c’est qui?… C’est EMIMI !

D’ailleurs c’est sorti hier, je vais te dire sur le facebook de qui j’ai pioché ça : du Wu Tang official Himself (enfin ce qu’il en reste)… On peut-être d’accord ou pas… Mais ça fait quand même une bonne grosse majorité. J’en vois venir certains sur l’appropriation culturelle, le sondage concerne les rappeurs vivants, le débat Tupac vs Biggie reste ouvert.

eminem

… Une bonne grosse majorité de fans d’un aspie qui a réussi dans le rap blanc. T’as bien lu.

Et vous remarquerez qu’y a pas beaucoup de « smiley colère » là dedans… et Les smiley mdr sont en relative minorité (721 à l’heure où je vous écris). Alors que y a rien de plus minoritaire qu’être à la fois un rappeur blanc et un autiste. Chaud, comme cumul des mandats, quand même. Mais est-ce que les gens font chier Eminem pour autant sur le fait qu’il pleure, qu’il erre sans but, qu’il baise ou quoi? Non. Personne n’embête Emimi, si demain il se met à chanter « Et quand il pète il troue son slip », c’est la standing ovation assurée, tellement çui là a encore plus de moyens dans la bouche pour se défendre que tous les autres. Et niveau hyperverbal, c’est pas le bas du panier, çui là, en plus comme autiss’.

On peut prendre l’avis de 50 cent, pour se faire une idée des raisons du résultat du sondage et laisser la question du suprémacisme blanc de côté pendant trente secondes, même si Eminem avoue lui-même que s’il avait été noir, il n’aurait peut-être pas vendu la moitié de ses albums (bonus honnêteté et conscience de ses privilèges en tant que blanc).

 

Donc Eminem (…&M’s) est Asperger, même si je pense direct aux bonbecs (je mange que les bleus pour faire caguer Autism Speaks, c’est ça aussi, l’autisme)  ou à de la bouffe thaï dès que j’entends son nom. Et ouais les mecs. Je vais pas te mettre 122 liens, je te laisse checker sur google y a en a des kilos. Eminem est aspie, donc on va peut-être commencer à se calmer avec les clichés. Et il s’est mis à jacter à 2 ans dixit sa mère. La Susan Boyle du rap blanc, dis donc, pour la métaphore foireuse… Et il écrit même deux chansons assez  explicites où il en est question de manière assez évidente… Et où, lui au moins, il a pas honte d’être autiste et ne se sent donc pas obligé de dire de la m**** sur les personnes T.S.A.

EMINEM – Wicked Ways

« Guess I got a way with words I could get away with murder
Ever heard of Aspergers? It’s a rare condition
It’s what you’re suffering from when you simply don’t care if its an
Eighty degree day and there’s no fricken air conditioning
And you can’t see, the bitch’s hair is frizzin’
‘Cause you got the windows up blaring the system in your Chevrolet Prizm »

Traduc’ à la zob (corrigez moi si j’ai bourdé):

T’sais qu’d’avoir eu des affinités avec les mots m’a permis d’éviter d’en avoir avec le crime, 

Déjà entendu parlé d’Asperger? C’est une condition rare,

C’est ce dont tu souffres quand t’en as rien à foutre de savoir s’il fait 26 degrés 6 dehors et qu’y a pas d’putain d’clim, et que t’es aveugle aux cheveux crêpus de la voisine bonne (ouais, en fait ils utilisent « bitch » pour parler des meufs classes)

parce que t’as les vitres fermées et ta sono qui hurle dans ta Chevrolet Prizm. 

EMINEM – LEGACY (héritage)

Bon là je ferai la traduc’ que si vous insistez, mais en gros tous les signes des petits aspies qui se font harceler à l’école y passent… et à la fin il t’explique comment il a compensé pour qu’on arrête de l’emmerder, et encore un peu plus à la fin il est vénère et il t’explique qu’il t’emmerde si ça te fait chier qu’il existe et qu’il est plutôt content d’être lui qu’un autre, zobi, et que si t’es pas content t’as qu’à en faire autant.

 

Mais il n’est pas le seul excellente rappeur à être aspie, Chief Keef et Lil B le sont aussi :)… et encore Lil Wayne (qui a fait un feat avec M&M) et Gucci Mane… Je relaie cet article brillant de Elite Daily, pour les anglophones, qui parlent très bien de la nature assez avantageuse d’être autiste lorsqu’on est dans une société ou ça peut être pris comme une avantage.

 

Du coup, je pense aux trois d’avant et je me demande s’ils essaient de se faire remarquer par le boss, en tentant le coup du hachetague par lyrics interposés ou quoi (va falloir réviser vos bases en comm’ digitale, les gars, si c’est ça, ou vous payer des foutues campagnes adwords bien ciblées parce qu’après le coup de la Chevrolet Prizm, je suis pas sûre qu’il vous entende plus que ça). Mais je crois pas non plus… Ou alors c’est très maladroit (et au cas où, raison de plus d’aller vous faire diagnostiquer ou juste de vous renseigner). En allant plus à fond dans ce genre d’investigation, tu t’aperçois très vite que le rap traîne aussi son lot de handiphobie, de quelle couleur qu’il soit et qu’à la fin toutes ces considérations sont Gloubiboulguiesques au possible. Parce que c’est juste de la musique, c’est juste du rap… Et c’est tout le truc fun du rap, y a des trucs bien dedans, et d’autres fois c’est tellement n’imp’ que c’est bien pour ça que ça fait marrer tout le monde (sauf les 3 à qui ça fait tirer une tronche de dix pieds de long… ce qui fera encore plus marrer les autres). Mais y a aussi ceux qui pour toutes ces raisons trouvent tous les précités encore plus nuls que nuls, et je vais pas vous ressortir des émissions d’Evelyne Thomas pour capituler sur le fait que c’est votre choix.

 

Moi ça me fait un bon prétexte pour causer  des groupes que j’aime bien. Vu que c’est pas ça que j’écoute le plus non plus, et que plus personne écoute les autres trucs que j’écoute de toute façon, ça m’évite de faire un article sur les punks décédés. Et le rap c’est aussi le rap game, soit le concours de dire les pires horreurs sur son voisin d’en face en rajoutant le plus de caisses possibles sans obligation d’y aller tout en finesse, comprenez donc enfin, les gens de la censure, que tout ça est un jeu. Suranné, et pas toujours fin ni bien Charlie, certes, mais c’est à ça qu’on reconnait les réacs de tous les âges qui ne savent pas l’apprécier, et de toute façon je ne suis pas adepte de consensualité à tout prix, mais vous le saviez déjà. (ça fera d’autant plus plaisir de faire découvrir aux réacs’ ce que c’est que la rap game, dans dans Le Point, du coup, je pense aussi à vous, au cas où je rejoigne votre club un jour, on sait jamais. Ahem)

 

Du coup on va finir par le seul groupe qui est ni blanc ni noir ou juste les deux en même temps, ni ztazunien ni, francofranchouille… Et bien africain et un peu OVNI dans tout ça depuis le début. Et sera finalement le moins raciste, misogyne et handiphobe de tous, vu que la chanteuse a perdu un frangin handicapé qui faisait partie du groupe, que … bah c’est une meuf, et que l’Afrique du Sud dénombre tellement de cultures cohabitantes de base que ça deviendrait compliqué de faire son biz en crachant sur tous ses petits copains. Et qui remettra tout le monde d’accord au pays des bisounours, si vous le voulez bien.

Die Antwoord – I fink U freaky

Comme ça on sait qu’y en a au moins deux qui supportent à la fois les meufs, les noirs, les blancs, les arabes, les handicapés, les LGBTQ+ etc et se font un plaisir tout au long de leur zique de mettre à mal à peu près tous les clichés de la vie sans oppresser personne (à ce que je sache). Ça fait toujours plaisir. Jump modafakazz’ Jump. Et c’est pas très étonnant quand tu sais que l’afrique du Sud c’est 30 ethnies et 11 langues officielles sur lesquelles Ninja s’éclate beaucoup à switcher tout en nous faisant bien faire le tour du pays.

Traduction : « J’pense que t’es tout hors-norme et bizarre et je t’adore beaucoup ». Comme ça c’est dit, Freaks de tous les pays, unissons nous.

Finalement, les deux derniers  blancs (Eminem et Die Antwoord) ont un rapport au handicap réel et c’est ceux là qui rencontrent le plus de succès, donc peut-être c’est aux autres d’en prendre un peu de la graine et d’arrêter de se la péter, juste trente seconde, même sur une seule journée, pour voir, ça peut pas faire de mal, et moi ça me fait du bien que ce soit des handisensibles qui aient le plus de succès, pour une fois, déjà parce que ça :

Se moquer des handicapés  et des autiss’ quand t’es un rappeur blanc, c’est pas super classe, voire un peu la honte…  vu de là d’où tu sors toi même…

Mais si jamais si vous cherchiez un autre groupe d’Afrique du Sud hip hop bien subversif et qui fait pas dans la consensualité à sens multiples, il reste Dookoom, qui de ce que je sache, fout globalement la paix aux neurodivergents de tous bords et en a totalement ras le bol qu’on leur chie dans les bottes et l’expriment très bien tellement ils emmerdent juste tout, sans faire appel à la handiphobie, la misogynie et les autres trouilles bizarres que les cis het blancs ont (à part de perdre le pouvoir)… (c’est quand même des copains à Die Antwoord, parce qu’à la fin ils sont tous copains, donc flippez pas trop non plus, là encore, a priori ils font de la musique, y a peu de chances qu’ils soient foncièrement méchants).

 

 

Et être métisse en se foutant des rappeurs blancs et en faisant plein de blagues handiphobes en route… Bah même si j’ai quand même bien ri, à quelques tics près, c’est p’t’être pas joli joli, non plus, homie :

 

Mais bon, à la fin cet article avait surtout pour objectif de vous divertir un peu en vous rappelant que l’autisme est loin de vos préjugés et de vos clichés… Et en faisant passer plusieurs trucs que j’aime bien, en route. Et si une prochaine, le rappeur blanc qui doit être certainement du même ordre de minorité que les 1% de la population mondiale que l’autisme représente, à son échelle à lui de rappeur blanc dans son milieu, peut-être raconter des trucs plus intelligents sur l’autisme une prochaine fois ou juste nous foutre la paix, ce serait sympa. Ou demander à vos mères d’aller vous faire tester… 🙂 Sur ce je vais continuer mon étude passionnante des Residents, parce qu’à la fin mon kif musical, d’où que ça sorte, c’est surtout les musiques dissonantes, sur lesquelles je vous ferai peut-être un autre topo plus tard, dès que j’aurai fini de pleurer, ou d’errer sans but… ; )

Si vous en avez d’autres dans le même registre, et que vous voulez que je fasse une analyse sommaire pour compléter ce post, n’hésitez pas à me le faire savoir. ❤ Perso, j’ai surtout oublié de manger en concoctant tout ça et je vais donc devoir me sustenter d’un pauv’ sandwich triangle, vu qu’au départ j’avais mieux à fiche, comme chercher du boulot.

Parce que notre quotidien n'est pas une tasse de thé, merci de ne pas nous en rajouter _) (2)

Ah au fait, j’ai oublié de citer MC Hammer, dans les ancêtres… Donc je le dis là : MC HAMMER. Voilà, c’est fait.

 

Un grand merci pour le complément de rédaction de cet article à « Don’t Panic I’m Just Autist » @just_autist sur Twitter, pour m’avoir fait encore creuser un peu plus et rajouter un ou deux liens et quelques infos ; et Unan, la pirate magique, pour son aimable relecture correctrice et pédagogique 🙂 et quelques fun facts sur l’orthographe et certaines expressions/citations, en ligne, luv’ on u both. (et de me rappeler que nos unions font nos forces sans que les kilomètres, l’âge, ou n’importe quel critère soient un barrage…)

 

[EDIT 17/06] quelques jours plus tard, la polémique Médine au Bataclan sortira, et c’est une fois de plus mon ami Slate, qui en parlera le mieux. Bref, le rap, un vrai truc d’aspies loin des nunucheries mainstream.

 

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5 commentaires sur « L’Autisme et les rappeurs blancs. La fin d’un mythe. »

  1. Aaaah !

    Soupir de satisfaction de lire un article qui nous sort des nunucheries culturelles associées à l’autisme.

    Car tout le monde le sait, les zotisss n’écoutent et ne jouent que de la musique classique et consensuelle, ne font que de la peinture hyperréaliste ou sont juste copistes de mangas, n’écrivent que des essais sur l’effet des rayons gamma sur le comportement des fourmis… et puis d’abord, les zotiss ça baise pas, ça pète en silence et sans odeur et ça dit pas de gros mots.

    Bon. Moi je suis d’une génération de vieux qui écoutent du vieux Metal et autres fadaises des seventies. Donc le rap c’est pas mon truc, mais je fus une mère indigne qui offrit des CD d’Eminem à ses mômes quand ils étaient ados, et qui se paie des tranches de Die Antwoord à ses heures.

    Alors dans le genre « lézotiss sont conformistes », on repassera. Et j’aimerais bien qu’on arrête, dans les médias, de les présenter comme amateurs de formes d’expressions culturelles lénifiantes et non transgressives, même si la notion de jouissance transgressive, encanaillage bien répandu dans la neurotypie typique (yaka voir dans l’AC comme ça leur semble croustillant), est étrangère au fonctionnement de mon cerveau bien trop pragmatique pour se contenter de l’harmonie facile des coloriages qui ne dépassent pas du trait.

    Aimé par 2 personnes

  2. Qu’est ce qu’il est bien cet article. J’ai lu comme d’habitude de travers. Trop vite, comme happé. J’y reviendrai pour sur.

    Je kiffe quand ça discute d’autisme et de karlit et kabok dans le même texte. C’est rare. Et de bon goût. J’entends bien que le goût est affaire toute personnelle. Mais c’est rare. D’autant plus côté à côte avec Casey. Tout un univers de références personnelles.

    Et dire que j’ai ressorti l’album d’Eminem il y a peu. Ce phrasé. Et surtout cette sonorité. J’ai découvert l’album en pleine adolescence. À sa sortie. Et quand je réécoute plus de 10 ans après ça me projette en arrière. Ça me rappelle des souvenirs de la première écoute. Dont certains souvenirs olfactifs sans rapport direct à la musique mais plutôt à ses conditions d’écoute. Un discman. En Corse. La chaleur. Ça me ramène à ton début d’article et a cette rémanence sensorielle.

    Aimé par 1 personne

    1. Contente d’avoir ce retour et de tes nouvelles ! Apparemment c’est un article « Bonne humeur » pour ceux qu ont pris la peine de se pencher dessus. J’ai récemment vu le documentaire La Story Eminem sur Youtube assez récent et complet après l’avoir écrit et quoique je n’avais pas écouté M&M depuis longtemps, ça m’a confirmé que c’est un chic type qui a vraiment bien tourné et mérite bien son succès, avec une incroyable capacité d’introspection comme beaucoup d’entre nous. Pour K&K, j’ai eu Karlit en ligne un jour pour la venue dans un festival (ça ne s’est pas fait) mais je confirme que c’est un mec très sympa, et accessible (et il a l’air bien portant ne ce moment!)

      Aimé par 1 personne

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