Cet article fait suite  à la Partie 1, où comment je me suis faite exclure d’une entreprise soi-disant « Ouverte à la différence et à la neurodiversité » en voulant leur éviter des ennuis et grâce à la puissance d’un collègue Pervers Narcissique et manipulateur à souhait comme on les aime, en particulier en entreprise, quand la pollution est directe.

Comme  je l’évoquais précédemment, j’ai fait beaucoup de gestes vers mon Binôme pour qu’il se sente à l’aise à mes côtés et que notre équipe fonctionne. Je lui ai refilé des cigarettes le premier jour, car il n’en avait plus, j’ai monté et descendu les escaliers plus de cinq fois par jour pour lui être agréable rapport à son problème de claustrophobie. J’ai écouté toutes ses histoires, ses critiques et fait preuve de beaucoup d’empathie et d’écoute lorsqu’il m’a raconté ses malheurs en prenant toujours son parti. Je me suis dérangé chaque fois qu’il n’a pas su utiliser une fonction d’un outil de travail, lui ai communiqué une bonne adresse thérapeutique pour ses soins, lui ai fait faire le tour du quartier, et montré les bonnes adresses, j’ai aussi demandé un outil de planning qui visibilise pour tous ses intervenants les tâches à accomplir sur un projet car il se plaignait d’être incommodée par les diverses demandes de nos interlocutrices. Je l’ai écouté soupirer des journées entières sans ciller. J’ai partagé mes gâteaux, accompagné plus loin que le métro que je prends habituellement. Mais semble-t-il que je sois une personne négative et malfaisante.

Je réfléchis à ce qu’il a fait pour moi tout ce temps…

Ouais… Voilà : rien.

Bien souvent, il me claquait la porte au nez, oubliant que j’étais derrière quand je la lui tenais systématiquement. Se plaignait que je ne range pas mes affaires aussi vite que lui  à l’heure du départ, et pestait ouvertement. Et une fois compris que, dans l’enthousiasme, j’avais tendance à parler avec un débit rapide, utilisait tous mes défauts de langage pour me descendre en public. Et des « — Je n’ai pas fini de parler« , et me couper la parole sur l’air de « — Bon, mais tu vas pas nous raconter ta vie« , ne se privant en revanche jamais de me couper, et des remarques « — Comment tu lui as dit ça!?« , pour bien marquer ces petits tics de langage bien que globalement et compte tenu de mes petits a priori sur la bienveillance exprimés dans le tout premier article où je parle de ce job, qui se sont avérés exacts, je prenais pourtant tout le soin nécessaire à ne pas m’exprimer négativement, paraphrasant et précisant sans cesse mon idée, allant même jusqu’à me justifier que j’étais quelqu’un de sincère et sans arrière pensées et lorsque je disais les choses, c’était dans l’intention de régler les problèmes et de les améliorer. Je n’ai fait le décompte qu’après, encore une fois, tant je n’ai rien vu venir. Toutes ces pratiques visaient simplement à grossir mes difficultés pour les tourner en tares et marquer des points en échange de quoi, malgré la nonchalance permanente et non dissimulée de ce binôme, je ne faisais aucune remarque en retour et était immédiatement silenciée ou prise à partie si je tentais quoi que ce soit qui sorte de la neutralité. Bref, si j’étais globalement discrète, ce qui était attendu était que je sois transparente, voire invisible, idéalement. J’observais  dans le même temps, comment personne ne relevait ses sempiternelles demandes, d’un écran en plus pour palier à la difficulté de bosser sur le laptop, d’un téléphone fixe, pour éviter de se servir du casque comme tout le monde, et puis ces histoires d’abonnement à la salle de sport, et quand ceci, et quand cela et du télétravail, et des bonus en tout genre… De quoi se sentir bien oppressé, mais en silence.

Au travail, il commençait d’abord à vouloir qu’on fasse les choses ensemble et en même temps pour gagner du temps… sauf celles qu’il maîtrisait, où il ne montrait rien sauf qu’il passait quelques coups de fils superficiels dans le but d’être vu en action de résolution des problèmes… Tant pis, je m’acquittais au mieux des enregistrements de nouveaux XXXXXX (je ne peux pas vous dire quoi), tandis qu’il s’affairait à relire les procédures malgré qu’on nous les aient expliqué trois fois et que je les reformulais pour valider que je les avais comprises,  et traitait les tickets d’incidents à ma portée… Je ne sousestimerai plus la force d’inertie des gens et le talent dont ils savent fair preuve pour l’entretenir. Le fait qu’il y ait des réunions, des points à faire, des micros formations, de ci de là, des pots festifs l’arrangeait toujours… Je venais toutefois au plus tôt pour traiter certaines affaires, dans un mois de parsemé de jours fériés. Un soir nous étions retenus pour envoyer à la volée plusieurs messages en urgence à des XXXXX… et tandis qu’avec le renfort d’un troisième manager nous faisions partir plus de 40 messages automatiques à nous deux, il n’en traitait qu’une dizaine, péniblement… Certaines personnes excellent dans ce domaine. Le reste du temps dès que j’étais affairée à une tâche, il m’arrêtait sans cesse ne sachant pas utiliser telle ou telle application ou faire un click droit sur le Touchpad et ainsi de suite… Mais si j’avais fait la moindre remarque, je savais m’attendre  à son agacement et ça se serait immédiatement retourné contre moi, en toute pseudo complicité feinte, de sa part depuis le début, et plus tard la mienne… Et le 1er incident eu lieu. Puisqu’il ne parlait à voix haute parmis ses messes basses uniquement pour me faire des reproches.

Un jour, mon binôme faisait carême. Je m’en souviens encore. Il avait peur d’arrêter de fumer durant cette période et de l’état dans lequel il serait les premiers jours. Il avait prévenu. Qu’il serait irritable, et certainement fatigué. En préventif, je l’ai emmené faire une pause quand je l’ai senti tendu, pour qu’il vide son sac et que nous puissions reprendre la tâche, j’ai essayé d’avoir des mots appropriés : « — Ne t’inquiète pas, c’est normal, c’est les premiers jours, ça ira mieux ensuite, je comprends… » On est allés faire un tour au parc à la pause déjeuner. Prendre l’air. Je l’écoutais encore critiquer le Monde. De retour, il maugréait encore sur les un.e.s et les autres collègues, revenu à son refrain habituel… Nous plaisantions, et d’une phrase, exagérée et perceptible en ce sens, pour en rire avec lui et les trois sur place de retour de la pause déjeuner, il se vexait subitement. Et ce fut le mutisme d’une après midi complète. Le jour où je demandais un outil de suivi, en début d’après midi pour lui éviter les sollicitations des uns et des autres sur un projet qui prenait du retard, sur lequel depuis le départ et avant notre arrivée, TOUT avait été fait de travers, des données à enregistrer sur divers sites auprès de nos contractants, il se vexait carrément. J’ai cru qu’il serait content d’obtenir ce soulagement, ne cessant de se plaindre, de se moquer et d’écorcher le nom d’une personne d’un service tiers qui venait le voir toutes les trente minutes, quand le Manager acceptait de créer cet outil de deadlines et de planning et de tâches pour chaque intervenant et m’en félicitait. « — C’est exactement pour ça qu’on vous a embauchés » disait le chef… Et ce fut une après midi de longs soupirs à entendre encore… à remuer dans tous les sens, sans trop produire, pendant que je m’affairais à traiter concrètement les tickets d’incidents, et enregistrer les nouveaux XXXXXX ou envoyer quelques documents urgents et attendus à nos contractants… et Gare à moi, si j’essayais de toucher au courrier en attente depuis 15 jours, qu’il protégeait comme une louve ses petits, en sachant que beaucoup d’urgences à traiter se trouvaient là aussi, mais là encore il avait des petites lacunes sur l’usage du scanner et de la photocopieue et autant je faisais pendant qu’il n’en ramait pas la moitié d’une, autant à chacune de mes actions, il me demandait si j’avais bien fait ci ou ça, même sans savoir de quoi il s’agissait, pour se donner encore plus de poids auprès de ceux qu’il bernait avec grand talent. Cet après-midi là, mon binôme est descendu seul prendre l’air, ce qui m’a bien soulagé quelque part, et est parti bien plus tôt sans un au revoir à l’équipe, pour sa petite journée de 7h au lieu de huit, bien ordinaire. Au sms, le soir : « Repose toi, ça ira mieux demain ». Pas de réponse, mais le lendemain il était de nouveau avenant. Enfin il le feignait. Et très fier de me raconter avoir expliqué au collègue dont il écorchait le nom aussi, et qui ne « cessait de l’importuner » les 48h précédentes, que si il continuait ainsi, lui ferait sans doute d’un coup, « de la merde », fier de l’avoir sommairement terrorisé, en aparté… Mais ce sont les personnes comme moi qui sont négatives et malpensantes, qu’il paraît.

Un autre jour, nous traitions des états de présence que nous devions aux contractants du secteur public, sous peine de faire perdre des droits et certaines allocations aux  concerné.es, et une nouvelle fois, j’en faisais les deux tiers… Et laissés là, je terminais le matin suivant seule avant son arrivée, qu’on en finisse puisqu’il s’agissait de documents urgents et que c’était la date limite pour les envoyer… Je les faisais partir au courrier avant son arrivée, que l’on passe à autre chose jusqu’au mois suivant. Inutile d’attendre un merci, après tout les bonjours et les au revoir étaient déjà optionnels.

Ce qui fut compliqué dans cette entrée en matière, c’était les jours fériés. Il n’y avait qu’une semaine complète de travaillée, entre tous les jours chômés, et l’entreprise fonctionnait avec beaucoup de réunions en tout genre et de mises au point dans tous les sens pour faire « avancer les choses« . Tant et si bien qu’en sus des jours fériés, le réel temps de travail se retrouvait facilement divisé par 2 ou 3. Je me souvenais d’un temps de réunionites aiguës lors d’une autre expérience, en particulier quand il a été confirmé que le chiffre d’affaires s’était effondré, de cette propension à vouloir tout régler en réunion, pour se sauver un peu au risque d’en plomber d’autant la productivité… Mais là le cas de figure était inverse, en pleine expansion, on faisait des mises au point sur tout, tout le temps, mais entre le dire et le faire le temps s’écoulait plus lentement, pour parfois ne revenir sur rien de plus ou reporter. Autant d’heures à ne pas appréhender les tâches et écluser le retard qui s’accumulait, ce qui expliquait bien pourquoi, finalement, les jours de présence, nous ne terminions, enfin là je parle pour moi qui arrivais une heure plus tôt, rarement  à l’heure. Mais mon binôme avait une manière différente de compter les heures.

Moi je compte sur 8h/jour à 40h sur une semaine normale, une journée en départ plus tôt le vendredi, si la charge le permet. J’ai beaucoup travaillé en bureau d’étude, ce qui fait que je suis accoutumée à ce rythme, et que par rapport à ce que j’ai connu, je n’avais aucun stress, et c’était même plutôt des vacances. Mon binôme comptait au mois : 169h et pas une de plus. Il anticipait déjà sur le fait qu’il finirait à 17h30 tous les soirs de la dernière semaine pour faire le compte juste. Mon binôme décriait que le salaire présenté à l’entretien ne précisait pas qu’il était pour 39 et non 35h. Partant de son principe qui ne tient pas la route, il aurait plutôt dû travailler 8h45 par jour… sur les 20 de ce mois ci… puisqu’il arrivait une heure après et que nous partions en même temps, ce qui me faisait plus facilement une demie heure à une heure sup’, et lui une de moins ou l’horaire normal. Drôle d’entrée en matière tout ça.. Je demandais de fait à officialiser ces heures, dans le but de rester carrément plus tard, qu’on applique enfin ce qu’on apprenait en formation et commencions à rattraper le retard et réparer les erreurs passées, mais ça m’était strictement refusé, en raison du « principe de la formation en cours« . Franchement tout était sur le papier, et vu les quelques postes où je me suis trouvée peu ou pas formée du tout, et ait retourné les dossiers moi-mêmes pour en faire mon affaire, de formation théorique sans grandes application, tout ça était encore un peu inutile, mais il fallait accepter le rythme et rester un peu passif, vu que vouloir en faire plus et mieux outrageait mon manager, qui écarquillait grand les yeux comme si je venais d’égorger un petit poussin chaque fois que je tentais d’évoquer le sujet sans le heurter. Je crois juste qu’il n’avait pas la mesure du retard pris ou alors peut-être chez eux ils trouvaient ça normal. Là, je dois dire que vu les facturations non présentées depuis parfois plus de six mois j’étais un peu choquée, moi, qu’on laisse tout ça sur le carreau au risque de dépasser les délai limites de règlements, mais apparemment ça ne dérangeait que moi. Maudite conscience professionnelle… ahem.

Le principe du binôme  était de pouvoir se substituer l’un à l’autre en cas d’absence de l’un, en toute logique. Mais après le 1er épisode de « La tronche toute l’après-midi », il demandait quand l’occasion se présentait, en réunion, à travailler par portefeuille d’Organismes Paritaires… Et surtout chacun de son côté. Ce qui n’était d’aucune logique, dans le contexte. Et surtout révélateur de son envie d’invisibiliser ses actions et sa lenteur auprès de tous afin qu’on ne sache pas trop ce qu’il fiche de ses journées et qu’on lui fiche la paix au profit des belles paroles pour lesquelles sont incroyable talent restait incontestable. Parfois j’envie vraiment les gens qui savent faire montre d’un tel écran de fumée pour se valoriser et qui y parviennent… Juste au bout de 17 ans de salariat, je n’arrive toujours pas à me résoudre à apprendre ces techniques. Ne sachant plus quoi faire de tout ça, je n’avais plus qu’à attendre que nous soyons un peu plus rodés au job, et que j’ai surtout l’occasion d’avoir plus de pratique et laisser tomber toutes ces considérations, maintenant qu’à quelques détails près et à force de pratiquer un peu dès que j’en avais l’occasion, ce qui me permettait de comprendre les tenants et les aboutissants de chacune des tâches, je me sentais opérationnelle pour tout prendre à bras le corps, même seule. Vraiment c’était peu de choses après d’autres expériences où j’avais facilement la charge de trois personnes, sans demander mon reste, tant qu’on ne m’en rajoutait pas pour m’éprouver à l’endurance ou qu’on oubliait pas de me donner mes congés à temps. Travailler, faire mes preuves, faire mieux connaissance avec mes nouveaux collègues et laisser vivre… C’est tout ce que je voulais.

J’avais l’envie de redresser toute cette situation de ne plus me laisser berner par ce faux-prophète qui prétend à tout, et ne compte en réalité pas en ramer une… La semaine qui suivit et qui fut la dernière fut d’autant plus éprouvante. Mais je n’aurais pas cru à un coïtus-interruptum de si bonne heure… Et pour cause, puisqu’il n’aurait même pas du avoir lieu. Oh et au cas où j’avais dû m’excuser de la plaisanterie de l’autre midi au restaurant suivant, alors qu’il faisait une trêve de Carême, le lendemain de son mutisme, d’avoir ostensiblement offusqué sa sensibilité exacerbée…  Sacré, Binôme.

Suite et fin mercredi 6 juin…

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