Attention, le titre est ironique, si tant est que ça me fasse rire, ce qui n’est en réalité pas tellement le cas.

Quand tu pensais passer un mois de l’autisme tranquille, pour ne pas dire un peu pépouze, et faire ton petit post sur  ton 1er rendez-vous à la mdph pour ta demande de RQTH que j’ai du décaler pour raison de nouveau job (et oui, tu as bien lu)… et que soudainement le paysage se trouble par une grosse vision d’Hitler grâce à un article relayé dans tous les médias internationaux, et y compris (le comble!) sur le site informations handicap.fr. sous le charmant titre Le DR. Hans Asperger aurait ACTIVEMENT COOPÉRÉ avec les Nazis,

 

Mignon, n’est-ce pas?… Ironie encore. Sur le fond, je suis même plutôt en colère, mais je ne me formaliserai pas avant de vous avoir exposé ce qui suit. Bien entendu, l’info circule à vitesse éclair sur tous les réseaux neurotypiques comme neuro-divergents, avec un titre aussi accrocheur, c’est bien facile, tu penses… et dans nos communautés, on s’affole encore des conséquences que cette idée pourra encore avoir de nuisible à notre image déjà pas hyper reluisante à la base avec nos 50 ans de retard sur la prise en charge (alors l’inclusion, hein, c’est pas demain) où en plus de ne pas savoir combien d’entre nous travaillent malgré le Plan Autisme 4 qui ne va rien nous apporter de plus, il faudrait maintenant que nous devenions en plus d’être des mutants (oui parce que c’est le premier mot que Google France associe à asperger quand tu tapes dans la barre)…. des suppôts de Satan sur Terre. Niveau du Sexy : – 100 000 en 24h à peine…. Si seulement les infos sur notre valeur ajoutée à l’emploi pouvaient circuler aussi vite, mais je rêve encore un peu… Et si on analysait ça de plus près et qu’on allait chercher d’autres sources, au cas où on aurait encore dit n’importe quoi de Hans et par extension de nous dans les journaux?

Donc en substance, que nous dit l’article?

 

Selon un RAPPORT (sur lequel je reviendrai peut-être par la suite), d’un historien de médecine autrichien prénommé Herwig Czech, notre très cher Hans, dont les travaux précis et précieux pour décrire les TSA ont été déterré un peu tard alors qu’à la fin il a écrit des choses vachement plus novatrices et explicites sur l’autisme que son petit copain Kanner de l’autre bout du monde, qui ont notamment permis d’arrêter de vouloir nous psychanalyser et accuser nos mères à tout prix d’être comme on est tandis que c’est neurobiologique et que ça ne s’attrape toujours ni par vaccin, ni dans les choux… est un méchant nazi.

 

Donc, c’est encore l’autiste du fond de la classe que je suis, qui va devoir vous faire la leçon (je m’adresse aux journalopes qui ont diffusé ce torchon et aux neurotypiques qui en plus de nous prendre tous pour des Sheldon Cooper, vont avaler ça avec) et qu’il va encore falloir se justifier pendant mille ans et tout leur expliquer sur le continuum etc… BREF. Encore un article qui ne va pas nous rendre service.

 

On nous apprend dès les premières lignes  que Hans a collaboré activement à plein d’organisations nazies (pas bien), MAIS : pas au parti lui-même. (ça part mal, ON NE SAIT PAS… c’est louche). Donc ce bon historien a eu accès à plein d’archives que personne n’avait lues avant lui, ok, (là non plus je ne rêve pas de pouvoir les trouver facilement, si ç’t’ait caché, steak haché…) et un document en particulier daté de 1940 (on ne sait pas lequel non plus, archive nazie classée top secret, apparemment), qui  dit même chose, qu’il était en conformité avec plein d’idées nazies. On ne saura pas encore lesquelles, mais on nous laisse deviner. Et de fait, nous dit-on, il a fait allégeance à Hitler, et signé tout un tas de documents avec la formule Heil Hitler avant sa signature après l’annexion de l’Autriche à l’Allemagne en 1938. Point Godwin paroxysmique atteint… Là j’ai tiqué une fois, et je me suis dit que quand même… avait-il le choix quand ton pays est annexé par un autre et que tu veux continuer à travailler et éventuellement éviter de te faire tuer ou de passer pour un ennemi du mec qui te l’a collé bien profond… Parce qu’a priori, imaginons qu’il ait signé « Vas chier dans ta caisse svp Hitler », virgule, Bien cordialement, Hans Asperger« , mon petit doigt me dit que ça lui aurait valu des petits problèmes. Ou alors ce serait comme si les résistants s’étaient mis à jour en refusant le salut adolphien en cas de croiser la milice allemande dans les rues de chez nous, donc j’imagine bien qu’une poignée d’entre eux a du faire le salut à plusieurs reprises et/ou du s’exclamer Heil Machin, sans en penser un mot. Peut-être même Jean Moulin, qui sait, avant de ne rien dire du tout et de finir à son inexorable sort. Parce que parfois on est obligé pour le bien de tous de faire des trucs pas jojos qu’on veut pas. Shit happens. Par exemple, j’évite de flapper au boulot. Et quand j’ai besoin de me remettre d’un tacle aggressif ou d’une surcharge émotionnelle ou sensorielle, je faisais autrefois une pause aux toilettes, quitte à passer pour une droguée dans l’entreprise traditionnelle, mais bon, c’est un autre débat.

 

Dans le paragraphe suivant… Pour combler le tout, l’on nous dit qu’en plus d’avoir fait des croix gammées en bas de ses ordonnances, notre cher Hans aurait carrément envoyé deux petites filles en bas âge dans un centre où on a brûlé entre autres 800 autres enfants dont le seul crime était de n’être ni aryens, ni valides. HORREUR. BESTIALITÉ. CRUAUTÉ etc. QUEL SALAUD etc.  DEUX PETITES FILLES. On touche au summum du pire.

 

Pour conclure (paragraphe de fin), Au cas où ça ne suffisait pas, l’article enfonce le clou, et nous sert comme cerise sur le clafoutis qu’il a été demandé à Hans (qui n’était visiblement plus à ça prêt) de décider du sort de « 200 malades dans le département pour enfants d’un autre hôpital, dont 35 qualifiés « d’inéducables » qui sont morts par la suite » … On ne dit surtout pas si ces 200 malades sont tous des enfants, mais on le laisse largement supposer, comme ça on est certains que Hans Asperger était vraiment un comble de salaud hypocrite, moitié Nazi eugéniste, moitié à te découvrir des syndromes qu’il considère par ailleurs comme n’étant pas des handicaps majeurs mais au contraire avec plein de qualités intéressantes, comme d’être un peu savants mais qu’il qualifie quand même de « psychopathie autistique », là encore, on a à faire au Dr. Jekyll et M. Hyde du découvreur de la forme d’autisme sans déficience intellectuelle ou retard moteur qui est décrite aujourd’hui, et on s’en arrête là sans savoir sur quel pied danser avec un goût de malaise dans la bouche, et envie de se faire appeler Syndrome de La licorne cheloue ou n’importe quoi d’autre que le nom de ce type immoral. Que faire de tout ça? Sauf à constater la partialité totale de l’article, dont l’auteur initial a semble-t-il  peu fortuitement omis de préciser le contexte et en déduire que Hans était vraiment un sale gros nazi, ce qui je trouve est dramatiquement dangereux, je le répète pour notre inclusion, laissant la porte grande ouverte aux complotistes et illuminés de tous bords (surtout les extrêmes droites) pour nous sortir de nouvelles théories  farfelues sur l’origine du SA, sa validité, et les conséquences sur notre légitimité qui en découlent, histoire d’être toujours plus stigmatisés par la société normative, en PLEIN MOIS DE L’AUTISME. Chef d’oeuvre de nous descendre encore au meilleur moment, sans vouloir faire de mauvais jeu de mot. Sauf que là, le danger est réel. En ce qui me concerne, la pilule passe encore plus mal que l’ensemble de l’article indigeste que je viens de vous décrire.

 

Alors je dois être un peu une chercheuse d’aiguilles dans des meules de foin gras que je refuse d’avaler, parce qu’après tout ce décorticage… J’ai fait la recherche inverse en tapant dans Google des choses telles que « Asperger n’était pas Nazi »… parce que j’ai gardé une âme d’enfant, et que j’avais quand même très mal à ce mot qui est désormais largement employé à travers le monde et qui s’il a disparu du DSM-4 dans le DSM-5 au profit des T.S.A pour Trouble du Syndrome Autistique, en sachant qu’il existe encore dans des registres internationaux… et alors le monde ce serait un gros nazi, mais là non plus, j’ai trouvé la pilule encore grosse à avaler à me demander pourquoi on nous embête encore en plein mois de la tolérance des autistes en France dont tout le monde se fout et pour lesquels pas grand monde sauf les concernés font vraiment quelque chose. Et vous savez quoi… BINGO ! J’ai trouvé quelque chose que j’assimilerais au Graal, écrit par un autre spécialiste cette fois, spécialisé… en neurodiversité. DOUBLE BINGO.

 

L’article se trouve là : https://www.spectator.co.uk/2015/09/did-hans-asperger-save-children-from-the-nazis-or-sell-them-out/  (merci le Spectator, du reste je ne sais pas ce que vaut ce canard qui se démarque de ses petits copains avec un titre sensiblement très peu différent des autres,  tellement discret que j’ai failli ne pas le voir… Mais nous avons le sens du détail, alors voilà…). Il est daté du 12 septembre 2015 donc il est plus ancien que le précédent qui est tout frais et sort comme un scoop. Il est très long, très détaillé et en anglais. Mais rendons à César ce qui lui appartient, … Il est écrit par Simon Baron-Cohen lui même (qui a défini les tests cliniques de référence pour nous diagnostiquer), … qui cite à son tour des extraits d’un livre sur la neurodiversité et l’importance de l’inclusion qui n’est toujours pas paru en  France (tandis que c’est un best-seller Outre Atlantique) et dont j’ai déjà parlé ici avec la passionnante vidéo TED.com, au beau milieu, qui va avec, sur l’histoire OUBLIÉE de l’autisme… de… je vous le donne en mille : le même David Silberman de la vidéo… Et que nous dit (ou nous contredit) cet article sur ce cher Hans, du coup? C’est ce que je vais reprendre en condensant et en vous gardant les meilleurs extraits. (à moins que Google Traduction fasse partie d’un complot, je n’ai même pas eu besoin de tourner les phrases, et tu peux faire pareil si tu veux lire l’article en entier ou que tu n’as pas confiance en moi…. mais je te préviens, tu risques d’être déçu).

Contenu :

Après une brève présentation de David Silberman et de son travail sur l’inclusion des personnes avec autisme (telles que vous l’avez lu dans le lien wikipédia ci-dessus), Simon Baron-Cohen, nous parle d’un chapitre en particulier du dit livre « Neurotribes » qui nous replace exactement à Vienne à partir de 1930 et durant les années d’exercice de notre copain Hans.

 

Extraits : « Vienne, autrefois la maison de Sigmund Freud [NdA : apparemment je ne suis pas la seule à faire preuve d’ironie face à la bêtise humaine et à la mésinformation], était connue pour une communauté juive remontant au 12ème siècle et la musique du compositeur-chef juif Gustav Mahler, jusqu’à ce que les nazis l’interdisent. [NdA : donc déjà, t’écoutes plus ce que tu veux pour situer un peu le niveau de tolérance nazi] Dans les années 1920, plus de 200 000 personnes à Vienne (10% de la population) étaient juives. Vingt ans plus tard, presque tous avaient été tués ou déportés »… [ndA : et là t’as carrément compris, que quand adolph mettait les choses en application, il ne faisait pas les choses à moitié et que durant le temps où Hans y a exercé, il aurait eu selon D. Silberman un siècle d’avance]: « Il a été créé en 1911 par un médecin, Erwin Lazar, qui, au lieu de voir les enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux comme étant « brisés » ou comme ayant une « maladie », les considérait comme nécessitant des méthodes d’enseignement différentes adaptées à leur propre style d’apprentissage »… [ndA : Ce qui serait bien que la France fasse, parce qu’on était en 1911 quand même… j’dis ça, j’dis rien…] « La pédagogie progressiste  de Lazar était basée sur le concept du Heilpädagogische [NdA : donc pas du HeilHitler, on est bien d’accord que jusque là tout va bien] du 19ème siècle, ou « éducation thérapeutique », et son unité d’éducation spéciale était connue sous le nom de « Station Heilpädagogische » .[NdA, à ne pas confondre avec « Yo, Pas ta godiche » même si on ignore s’ils étaient féministes ou pas] Hans Asperger   y a travaillé avec soeur Viktorine en utilisant l’Art, le théâtre, la musique, la littérature et l’étude de la nature. Antithèse d’une institution de détention, c’était un lieu où les enfants et les adolescents pouvaient découvrir leur potentiel ». 

 

Décidément, un être sanguinaire, ce Hans… Ensuite, Silberman nous décrit brièvement les premières découvertes et rapprochements de caractéristiques autistiques des enfants qu’il étudiait (200 au total) comme quoi en l’temps on était peut-être pas si peu nombreux que ça… Disons qu’aujourd’hui encore, ce serait une sacrée étude de pas n’importe quoi… La suite…

 

« Quand Asperger soumit sa thèse en 1943 : « La belle Ville de Vienne était devenue un abattoir de brutalité surréaliste ». Il isole les changements clés de la scène médicale viennoise. Le premier était l’eugénisme et la stérilisation obligatoire – des idées importées des États-Unis par les nazis, parrainées par l’Académie nationale des sciences des États-Unis, qui organisa le deuxième congrès International d’eugénisme en octobre 1921 à Manhattan et promu dans des revues scientifiques. En Allemagne, en 1934, 62 400 personnes atteintes de schizophrénie, d’épilepsie, de cécité héréditaire et d’autres affections considérées comme des imperfections humaines ont été amenées au nouveau tribunal de la santé génétique et on subi des stérilisations forcées. »

 

Vous avez bien lu?… Non seulement Hans avait une sacrée paire de couilles de dire que les aspies sont l’avenir de l’humanité devant tout le monde en plein nazisme alors qu’il risque vraiment de s’en prendre plein les rouleaux s’il ne choisit pas bien ses mots, mais en plus nos libérateurs étaient eugénistes bien avant de débarquer sur la côte Normande… Quelle controverse…. décidément… Quel suspense…

 

La suite :

 

« L’ancien directeur de thèse d’Asperger, le professeur Franz Hamburger, et son collègue de confiance, le Dr Erwin Jekelius, devinrent d’ardents membres du parti nazi. [ndA : … quand ton mentor de fac et ton meillleur pote avec qui tu bosses adhèrent au parti mais que tu dois faire comme si de rien était… dur, dur pour Hans…] Trois semaines après l’Anschluss, la prestigieuse faculté de médecine de l’Université de Vienne a été transformée pour mener des recherches sur «l’amélioration raciale» [ndA : quand ta fac se transforme en camp de torture mais que t’as pas intérêt à ciller]. Un nouveau doyen de médecine a été nommé, qui a aryanisé l’école de médecine: tous les membres du corps professoral ont dû produire des certificats de naissance pour confirmer leur ascendance aryenne et signer un serment de fidélité à Hitler. [ndA : la fameuse allégeance, donc déjà, on peut pas dire que Hans avait le choix à moins de vouloir devenir cordonnier du jour au lendemain sans apprentissage ou juste de mourir après quelques tortures vu que le seul truc qui lui permet de continuer à exercer est de ne pas être juif, pas de quoi en mener large] Quatre-vingt pour cent de la faculté de médecine ont été congédiés, puisque sur les 5 000 médecins pratiquant la médecine à Vienne à cette époque, 3 200 étaient des Juifs. Beaucoup ont été traînés dans les rues par des gangs, brutalement humiliés et déportés dans des camps de concentration. » [NdA, quand on en a plus rien à foutre de la médecine, et qu’on a décidé de virer tout le monde parce qu’ils ont pas la bonne religion, je sais pas vous, mais je me dis que Hans a du passer pas mal de mauvais quarts d’heure en lisant les journaux de l’époque en temps réel et que même sans ça, le paysage a pris de drôles de tonalités mornes en bien peu de temps…].

 

Et je pense qu’il est compréhensible, que notre bon vieil Hans ne se soit pas trop posé de questions, après les recherches passionnantes entamées sur nos petits « psychopathes autistiques », personnellement, j’aurais du mal à lui en vouloir…. Voyons voir la suite, si ça s’arrange un peu :

 

« C’est dans ce contexte que le professeur Asperger a donné la toute première conférence publique sur l’autisme. Le 3 octobre 1938, [ndA : donc on est en plein dedans la Scheiße et on est pas près d’en sortir] dans un amphithéâtre de l’hôpital universitaire, il déclare: «Tout ce qui sort de la ligne et est« anormal »ne doit pas nécessairement être« inférieur ».» Pour comprendre à quel point cette déclaration était courageuse, nous devons connaître le climat politique. Cette nuit était Kol Nidre, la nuit avant Yom Kippour. Au cours des 24 heures suivantes, les stormtroopers brutalisèrent les quartiers juifs de Vienne. Un mois plus tard, Kristallnacht a eu lieu: 95 synagogues à Vienne ont été incendiées et des maisons juives, des hôpitaux, des écoles et des magasins ont été démolis avec des masses »… Bon, donc non. A priori, ça se dégrade encore…. pour ne pas dire c’est LE CHAOS TOTAL.. Mais Hans est vaillant et il porte toujours ses couilles bien au devant de tout ce contexte on ne peut plus merdique au risque de se les faire tirer à vue h24. Est-ce que ça pourrait être pire?

….Tristement… OUI :

 

« le deuxième grand changement dans la scène médicale viennoise: l’euthanasie obligatoire, à un pas de la stérilisation obligatoire, pour les patients jugés être un fardeau pour la société. Cela a eu lieu dans le propre département d’Asperger. [NdA : Quand les Nazis ont décidé de s’en prendre à TES PATIENTS de tous les jours à même ton service…] L’ancien collègue d’Asperger, Jekelius, a aidé les nazis à élaborer un plan secret pour exterminer des enfants neurologiquement différents […] [NdA : Et que ton ancien collègue vient de se transformer en kapo d’hosto]

le premier enfant à être assassiné au nom de la médecine, un bébé appelé Gerhard Kretschmar, déclaré par ses médecins «idiot». Né le 20 février 1939, Gerhard était aveugle et avait des difficultés d’apprentissage, avec seulement un bras et une jambe partielle, et avec des saisies. Le pauvre Gerhard était l’enfant qu’Hitler attendait. Il a autorisé son médecin personnel, le Dr Karl Brandt, à dire au neurologue que si l’enfant était «endormi», le Führer offrirait une protection juridique au médecin. Alors que le neurologue partait commodément en vacances et que les infirmières prenaient leur pause café, un de ses jeunes médecins a tué le bébé avec une injection létale » [NdA : quand le grand patron de l’annexion s’adresse directement aux membres du personnel hospitalier pour leur donner ordre de tuer tout ce qui dépareille de son plan pourri, on ne sait pas trop ce que fait Hans pendant ce temps là ni comment il poursuit ses recherches, n’empêche que ça doit pas être simple].

 

Pour ma part, j’en ai largement assez, mais semble-t-il qu’on en ait pas encore fini…

 

« En août 1939, Hitler a publié un décret obligeant les médecins et les sages-femmes à signaler tous les enfants nés avec des anomalies congénitales de toute nature au comité. Ils ont également été payés pour chaque cas qu’ils ont signalé. En octobre 1939, Hitler avait créé le programme Aktion T-4, abréviation de Tiergartenstrasse 4, ironiquement nommé d’après l’adresse de la Fondation caritative pour les soins curatifs et institutionnels à Berlin. Le programme T-4 a transformé des hôpitaux, des cliniques et des établissements de soins en usines pour assassiner ceux qui portaient des gènes pour des maladies et des incapacités chroniques. Hitler a antidaté l’ordre d’un mois pour couvrir les médecins et les infirmières qui avaient déjà commencé à assassiner leurs patients. » [NdA : quand subitement, il devient officiel que l’Hôpital devient un camp de tortures et d’assassinats au su de tous mais que t’es encore là, pieds et poings liés à ton allégeance de tes deux, à faire ce que tu peux avec ce que tu as… Tiens mais j’y pense, on a plus de nouvelles de Hans, pendant ce temps? Manquerait-on de preuves de son implication dans le programme T4… hmm…?]

 

« on enseignait maintenant aux étudiants en médecine le programme d’euthanasie et le T-4.  [NdA : quand t’as même plus le choix d’être un meurtrier ou non alors que ton seul plan basique c’était d’apprendre à soigner et sauver des vies humaines… Outch.] Les personnes handicapées étaient appelées «cas de thérapie réfractaire», les lois sur l’euthanasie étaient connues sous le nom de «politiques démographiques négatives» et l’abattage était appelé «assistance médicale finale». Les cliniques pour tuer les enfants handicapés étaient appelées Kinderfachabteilungen, ou «salles spécialisées pour enfants […]

Jekelius a assassiné 789 enfants à la clinique pour enfants Am Spiegelgrund de l’autre côté de Vienne, dont la plupart avaient ce que nous appelons aujourd’hui l’autisme, mais qui à l’époque était décrit comme un être faible d’esprit, ou ayant l’épilepsie ou la schizophrénie. Les centaines de cerveaux d’enfants récoltés pendant le programme ont été stockés dans la cave de la clinique pour enfants et utilisés pour la recherche médicale bien après la guerre. Au total, plus de 200 000 enfants et adultes handicapés ont été assassinés pendant les programmes d’euthanasie T-4 et d’enfants. Des crématoires ont été construits à côté des cliniques, des hôpitaux et des écoles, avec des bandes transporteuses pour transporter les corps vers les fours. C’est un euphémisme extrême de dire que cela mendie la croyance. » [NdA :  quand l’horreur devient un puit sans fond dans lequel tu n’as pas le choix de te noyer sinon tu y passes avec vu que tout le nécessaire se trouve déjà sur place… Mais que fait Hans pendant ce temps là, hm?? Je suis inquiète.]

« Asperger [ndA : Enfin le revoilà !] a inventé le terme Autistische Psychopathen (autisme psychopathique) ou Autismus pour décrire les enfants dans son unité d’éducation spéciale. En eux, il voyait des enfants avec des esprits de génies, excentriques, obsédés par leurs intérêts particuliers, certains avec des souvenirs étonnants qui pouvaient se rappeler tous les itinéraires des tramways viennois, d’autres qui pouvaient effectuer un rapide calcul arithmétique et d’autres avec de profondes difficultés d’apprentissage. Quand il soumit sa thèse décrivant ces enfants en 1943, il soutint que beaucoup d’entre eux avaient une aptitude naturelle à la science, par exemple en donnant le portrait d’un enfant obsédé par les expériences de chimie à la maison. Il les voyait comme des innovateurs potentiels, voyant le monde avec une nouvelle perspective, et les appelait ses «petits professeurs». Il a suggéré à ses supérieurs que ses «petits professeurs» feraient des casseurs de code supérieurs pour le Reich. Tout en reconnaissant l’ampleur du spectre de l’autisme, il a souligné leurs talents spéciaux, et non leurs «défauts dégénérés» [NdA : AAAh enfin, quand même !! Donc finalement, il en a peut-être sauvé pas mal… ]

 

Mais quand même, on est embêtés, parce que l’article de l’historien Médical est grosso modo daté d’avril 2018, qu’on nous disait… Attends voir, il m’en reste un peu de l’autre…

 

« Silberman conclut qu’Asperger était le contraire d’un sympathisant nazi [NdA : TIENS ! prends ça l’historien !] et que ce faisant, il a sauvé ces enfants d’une extermination presque certaine. Cette conclusion est contestée par Herwig Czcech, [NdA, ça ne vous rappelle rien et pourtant là on est pas du tout en avril 2018, paie ton scoop 3 ans plus tard…] professeur à l’université de médecine de Vienne et chercheur au Centre de documentation de la Résistance autrichienne. Il fournit de nouvelles preuves importantes dans le remarquable livre de John Donvan et Caren Zucker intitulé « In a different Key » dans lequel Asperger a participé à l’envoi d’enfants à la clinique Am Spiegelgrund, que tout le monde savait être un centre de mise à mort. [ndA : donc là oui, on peut être fortement déçus, du coup, mais après tout ce qu’on a lu avant, on est en droit de se demander s’il avait vraiment le choix et s’il l’avait pas fait, comment il aurait pu sauver les autres… ou juste lui-même en sacrifice sur l’autel de la recherche, ce qui rend l’histoire d’autant plus cruelle, même si on sait que tandis que d’autres ont peut-être moins hésité, Hans qui n’avait pourtant pas la conscience nette a fait… ce qu’il pouvait aussi triste en soit le constat…] le livre exceptionnel de Silberman va, à tout le moins, rouvrir le débat sur ce que Soeur Viktorine savait. »

 

Conclusion. S’il est établit qu’Hans Asperger ait activement collaboré au nazisme et que ce soit prouvé par divers documents, on ne saurait pas dire pour autant dans quelle marge de manœuvre il y était véritablement consentant ou obligé ou sciemment impliqué parce que quoi qu’il ait écrit dans un moment historique hostile à la vie, à la liberté et au libre arbitre, on est pas dans sa tête et que lui et ses confrères ont tous un peu pas eu le choix de faire ce qu’on leur a imposé, adhérant ou non du parti Nazi. Et si on revient à notre premier article, on peut largement affirmer que c’est un sacré tas de foutage de gueule, puisqu’on ne peut pas non plus nier qu’Hans n’a pas fait tout son possible pour sauver ses petits. Je n’irai donc pas conclure à ce qu’Hans fut un réel salaud ou pas, dans la mesure… où ça n’est pas parfaitement mesurable. Où les ordres étaient donnés aux médecins d’assassiner ou d’être assassinés sous la menace et où je ne peux pas prétendre savoir ce que j’aurais fait à sa place dans ce CONTEXTE qu’il était si important de citer. À la rigueur, j’aimerais juste que Slate.fr qui nous fait tout un tas d’articles élogieux et parfois très bien documentés (même s’il repompe un peu aussi sur ses copains anglophones) vienne reprendre celui du Spectator et nous étayer un peu tout ça comme je viens de le faire pour rétablir la réalité du contexte. En attendant, j’accepte tous les remerciements de ceux qui ont pondu ou juste repompé allègrement le premier article flirtant avec de la bonne vieille fake-news qui est venu perturber ma retraite, ma ligne éditoriale et ma RQTH l’avant-veille de reprendre le boulot juste pour faire des vues sur facebook en plein mois de l’autisme, sans le moindre respect, ça ne vaut pas mieux que de souscrire à des fermes à clicks, et nous taper dessus avec du racolage très low level, mensonger, aussi scandaleux que le reste de ce qu’on lutte pour survivre à vos quotidiens… une nouvelle fois sans mauvais jeu de mots (et par ailleurs : de rien, à toutes les équipes des rédacs’ concernées). Je sais que vous disposez également désormais tous de celui-ci (que vous pouvez allègrement partager en réponse, diffuser ou copier le lien dans tous les comms de l’article pourri précédemment cité relayé par tellement de canards qu’on en a pas fini de ces fadaises, qui m’a si bien tendu la perche pour rédiger celui-ci et contrecarrer ses foutus plans eugénistes Vous-mêmes! qui ne valent pas un balai de chiottes… à la prochaine fois qu’on voudra nous traiter de nazis ou nous faire alimenter des complots arriérés.

 

[edit du 24/04/18 + tard … Et tandis que je publie cet article, c’est l’Autistoïde (merci à toi) qui me renvoie chez nos copains d’Outre Manche, qui eux aussi, ont bien saisi l’arnaque… comme quoi, il n’y a bien qu’en France que l’on préfère afficher son ignorance en parlant de choses qu’on ne maîtrise pas pour effrayer les foules….]

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6 commentaires sur « Dr. Hans Asperger = Gros vilain Nazi… Ou pas. »

  1. Merci pour ce positionnement, merci d’être toi. Sans influence, entière et authentique. Ne change pas reste comme tu es, égal à toi même, « quelques grammes de finesse dans ce monde de brutes ».
    Je te remercie pour ce regard qui se veux neutre et objectif. J’avais bien besoin de lire un contenue de cette qualité, après tous les torchons qui se sont mis a fleurir pour buzzer……
    Bref, bon travail. 😊

    Aimé par 1 personne

    1. Merci à toi Asper-Gus pour ce retour et d’avoir pris le temps de l’écrire, c’est exactement grâce à ce genre de commentaires que j’ai envie de persister pour nous faire tous mieux connaître 🙂 Et surtout…. qu’il t’arrive le meilleur de ce que tu puisses attendre 🙂

      Aimé par 2 personnes

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